‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 162 sur 357 · DES TRAVAUX NÉCESSAIRES POUR L'IRRIGATION · texte numérisé non relu

DES TRAVAUX NÉCESSAIRES POUR L'IRRIGATION

passer de rigole principale d’irrigalion, parce qu’on peut arroser le terrain à grande eau, sans craindre de le raviner, en pratiquant des ouvertures temporaires chaque fois, pour l'irrigation, à travers le relevé des terres du canal de dérivation.

Ainsi, ce n’est que dans Les pentes intermédiaires que l'établissement des rigoles principales d'irrigation devient indispensable pour se garantir de la surabondance des eaux et régler le volume suivant la saison.

Le tracé de ces rigoles est indiqué par la penie générale et celle particulière du terrain à inonder, et subordonné à la vitesse convenable qu'il faut procurer aux eaux d’irrigalion; on peut suivre les limites données pour le canal de dérivation.

Quelle que soit la forme que l’on donne à ces rigoles, il est nécessaire d’en diminuer la largeur à mesure qu’elles s'éloignent de la prise d’eau, afin que les eaux, en diminuant progressivement de volume, puissent y conserver la même vitesse.

$ V. — Des rigoles secondaires d'irrigation.

Ces rigoles servent à distribuer les eaux des rigoles principales sur tous les points qu'on veut arroser, au moyen d'ouvertures que l’on pratique de distance en distance, ou de petits barrages qu’on forme le plus souvent avec des gazons.

Dans le Valais, on se sert pour cet usage d'une petite vannelette en tôle( fg. 356) fort

Fig. 356.

commode, qu’on place et transporte facile- :

ment partout où l'on veut.

Les rigoles secondaires sont embranchées sur les rigoles principales dont elles forment les ramifications, et font avec elles des angles plus ou moins ouverts, suivant la pente parüculière du terrain. On les multiplie autant qu’il est nécessaire pour arroser complètement les différeus points de chaque division (Ag. 357). Ces rigoles ne doivent pas être trop longues, afin que l’eau parvienne à leurs extrémilés.

Pour le tracé des rigoles secondaires on suivra les mêmes règles que pour celui des rigoles principales, c’est-à-dire qu’il est subordonné à la pente qu’il convient de donner aux eaux qui doivent y être introduites, afin que dans les irrigations d'eaux troubles, leur vitesse ne soit pas assez grande pour retenir les engrais dont elles sont chargées et qu’elles les déposent sur les diflérentes parties de la prairie qu’elles parcourent, et que dans les irrigations d'eaux claires elles ne puissent les raviner. ‘La pente convenable est celle indiquée pour les rigoles principales d’irrigation.

248 AGRICULTURE : LES ARROSEMENS ET IRRIGATIONS. Fig. 357

dE N—

. “AER nous apprend que ces rigoies se font tres-promptement avec une espèce de bèche légèrement recourbée que l’on nomme pelle à rigole, et une espèce d'outil destiné

Fig. 358. trancher la terre des deux côtés, qu'on appelle éranchoir pour les rigoles ( fig. 358), ou bien encore avec une charrue adaptée à cet usage:

$ VI. — Des canaux d’écoulement.

Les canaux où rigoles d'écoulement sont destinés à conduire l’eau dans le lit naturel du cours d’eau; ils doivent être proportionnés à ceux d’arrosement. Il n’est aucune partie du terrain arrosé dont l’eau ne doive être recueillie par une rigole d'écoulement.

C'est la promptitude de cet écoulement qui distingue un terrain arrosé d'un terrain marécageux ; et c’est une condition absolue du haut produit qu'on peut espérer d’une entreprise d’arrosement.

$ VII. — Des vannes de décharge.

Si les travaux d’art que nous avons décrils suffisent pour donner aux cultivateurs les moyens d’arroser leurs prairies, ils sont insuffisans pour les garantir des dommages el des pertes que des crues d’eau extraordinaires peuvent leur causer.Le déversoir, en arrètant le cours des eaux de la rivière, les accumule au-dessus de lui, et malgré sa largeur, ne pouvant contenir les eaux, celles-ci débordent, leur surabondance dégrade sa relevée, comble les rigoles d'irrigation, et si ce malheur arrive pendant Ja végétation des herbes, leur rouille sera inévitable.Pour prévenir ce désastre, il faut construire sur le cours du canal, de distance en distance, el de préférence vis-à-vis des coudes de la rivière qui s’en approchent davantage, des vannes de décharge garnies d’empellemens, dont on lève toutes les pelles pendant les grandes inondations, ou lorsqu'il faut mettre

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