‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 163 sur 357 · LIV, I · texte numérisé non relu

LIV, I

le canal à sec pour y faire les réparations nécessaires.

Dans les eaux moyennes, ces vannesservent aussi à maintenir celles du canal au même niveau, et dans les crues ordinaires elles empéchent les eaux de s'élever dans le canal à une hauteur plus grande qu'on ne le désire, le trop plein se divisant par-dessus les pelles de la vanne, retombant dans Je canal de décharge, et s’écoulant dans le lit naturel de la rivière.

Celles que nous représentons ont divers avantages et plusieurs destinations : l'une (fg. 359) est un conduit en bois qu'une bonde ouvre ou ferme à volonté; cette disposition est nécessaire dans les cas où deux cours d’eau doivent se croiser sans mêler

E leurs eaux.

la disposition et les usages des autres vaines (ie. 360, 361, 362 et 263) n’ont pas Fig. 360. Fig. 361.

besoin de description ni d'explication.

$ VII. — Des digues latérales au lit des rivières.

Les vannes de décharge garantissent bien les prairies de l'inondation du canal d'irrigation ; mais, par l’écouiement rapide des eaux et leur volume réuni à celui de la rivière, elles peuvent en occasioner les débordemens. Si l'inondation arrive en saison convenable et que les eaux soient de bonne qualité, la prairie en sera bonifiée ; mais, si elle arrive en été, les herbes seront rouillées, el si les eaux sont de mauvaise nature, dans quelque saison que ce soit, la prairie en sera détériorée.

Pour obvier à ces inconvéniens, on peut élever avec le sol même des digues latérales au lit de la rivière. On les établit à une distance de ses bords qui ne doit jamais être moindre que la largeur du lit du cours d’eau, et toujours suffisante pour que ce lit supplémentaire puisse contenir les eaux des plus grandes inondations. Avec des terres de consistance moyenne, il suffira de donner aux sommets de ces digues une épaisseur égale

car. 9°.

à leur élévation au-dessus du niveau du terrain ; et cette élévation doit toujours dépasser un peu le niveau connu des plus fortes inondations. On leur donne ordinairement 33 cent. et jusqu’à {/2 mètre de hauteur de plus que ce niveau, afin que les digues ne puissent Jamais être submergées; et, pour prévenir les effets des tassemens des terres de remblai, leurs talus extérieurs et interieurs seront réglés d'après la consistance des terres. Si les terres étaient Lellement lésères que malgre un grand talus elles ne pussent pas résister à l'action des eaux, 1l faudrait consolider les digues par les moyens indiqués ci-devant à l'art. Endiguement.

La construction des digues latérales esl peu dispendieuse le long des ruisseaux et des peiles rivières. Le plus souvent une élévation «de 66 centim. à 1 mètre suffira pour préserver les prairies riveraines des dommages des inondalions.

Mais l'établissement de ces digues presente des obstacles à l'écoulement des eaux intérieures de la prairie. Pour éviter leur stagnalion préjudiciable, il faut pratiquer, à travers les digues, des passes en maçonnerie par lesquelles ces eaux , rassemblées dans des riyoles destinées à les recueillir, s’écouleront dans Ja rivière ( voy. ci-dessus, la fg. 359, d'une vanne qui peut remplir cette destinalion); et, pour empécher les eaux de l'inondation de pénétrer par ces mêmes passes dans l’intérieur de la prairie, on les garnira de petites portes nommées en Normandie portes à clapeis.(Voy. fig. 82, p.125.)

SEcTION v. — Moyens artificiels de se procurer de l’eau.

$ I1%.— Des réservoirs artificiels.

Lorsque lon est propriétaire d’une prairie privée de cours d’eau, mais située à l’ouverture d’une vallée dont on possède les pentes, ou lorsqu'on peut s'arranger à l'amiable avec les propriétaires de ces pentes pour construire des rigoles destinées à réunir les eaux pluviales tombant daus leurs parties supérieures, on peut encore se procurer des arrosages par le moyen des réservoirs artificrels. Ces rigoles sont de la construction la noins dispendieuse; la seule attention qu'il faut avoir en les tracant, c’est de leur procurer une pente assez douce pour que les eaux n'y prennent pas une trop grande vitesse.

Nous en avons précédemment déterminé les limites, en traitant du canal de dérivation.

Les eaux pluviales seront dirigées sur la parte la plus élevée de la prairie; elles y seront réunies dans un réservoir de dimensions proportionnées au volume des eaux à recueillir el à la quantité nécessaire à la prairie que lon veut arroser. Ce réservoir pourra être construtten terre si les terres sont assez consislantes pour ne permettreaucuneinfiltration,et la chaussée de retenue sera revétueintérieurementen pierressèches comme celles des étangs, saufles maçonneries dela vanne d'irrigation et des vannes de décharge qui doivent être en ciment. CARENA a décrit ce genre de travaux assez usité en Piémont, dans un mémoire spécial imprimé à Turin en 1811; il en cite

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