TOME I
taillis de 20 ans, essence de chêne et de hêtre; 30 ans après, on pratique sur les mêmes souches une seconde coupe, dite taillis sous futaie, et qui ne. donne encore que des hêtres et des chênes; la 3° succède sur l’ancienne souche après un siècle de végétation, c’est ce qu’on appelle la coupe de haute-futaie. Les souches existantes depuis un siècle et demi périssent alors, et on les voit remplacer sans semis ni plantations, et même sans voisinage immédiat, par de jeunes bouleaux qui, après avoir dohné à leur tour trois coupes successives d'environ 20 ans chacune, périssent et cèdent la place à des chênes nouveaux. — Près de Hautefeuille (Seine-et-Marne), c’est le tremble qui remplace les vieux chênes; on l’y trouve mêlé, selon les localités, aux ajoncs, au saule marsault, et surtout à l’alisier et au prunier épineux. — En divers lieux, aux chênes on n'a pu faire succéder avec avantage que les pins. — Dwicur, dans son Voyage à la Nouvelle-Angleterre, cite des exemples nombreux d’une succession analogue. Tantôt il a vu des arbres toujours verts remplaçant des essences feuillues, tantôt le contraire.— Toujours à une espèce en décadence, lors même que le terrain serait jonché de ses graines, succède une espèce ou plusieurs espèces différentes.
En présence de tels faits il était difficile de pe pas reconnaitre une loi générale ; — on s’est efforcé d’en chercher l’explication dans les phénomènes de la chimie et de la physique.
Et d’abord, on a avancé que des végétaux de familles différentes pourraient bien ne pas puiser dans le sol les mêmes sucs nourriciers, sans faire attention queles plantes les plus dissemblables absorbent indistinctement, avec l’eau, toutes les substances solubles qu'elle contient, lors même que ces substances peuvent nuire à leur existence, et que si, dans l’acte de la végétation, il se fait un choix des matières minérales tenues en dissolution ou en suspension dans le liquide séveux, ce ne peut être, ainsi que le démontrent des expériences positives, qu'à l’intérieur de la plante. — On a supposé aussi que La direction pivotante ou traçante des racines devait exercer une certaine influence en modifiant la profondeur à laquelle elles vont chercher la nourriture ; mais il est facile de comprendre que cette explication pourrait tout au plus s’appliquer à des plantes qui croitraient simultanément à la même place, ou aux lieux où les labours ne mêlent pas sans cesse la masse du sol. — Lorsqu'on eut acquis la certilude que certains végétaux fatiguent la terre moins que d’autres, les agronomes crurent avoir trouvé une explication satisfaisante du phénomène chimique de l’allernance ; toutefois 1l fallut reconnaitre qu’elle était encore incomplète; car, si elle rendait suffisamment compte de l’appauvrissement plus où moins grand du sol, elle laissait inexpliquée une partie des faits précités, et elle n'aidait en rien à reconnaitre les causes de la difficulté marquée qu'éprouvent les végétaux même les moius épuisans à croître sur le terrain qui a fourni pendant longtemps à la végétation
de leurs congénères. — Les cultivaiteurs son- |
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
ETVUL.
talent bien que ce dernier effet, en quelque sorte accidentel, différait essentiellement de l'épuisement du sol qui réagit indistinetement dans toutes les circonstances et sur toutes les cultures. — Voici comment un de nos physiologistes les plus distingués a expliqué leur pensée.
« L'épuisement du sol a lieu lorsqu'un grand nombre de végétaux ont tiré d’un terrain donné toute la matière extractive, et l’effritement, lorsqu'un certain végétal détermine la stérilité du sol, soit pour les individus de méme espèce que lui, soit pour ceux de méme genre et de même famille, mais le laisse fertile pour d’autres végétaux.
» L'épuisement a lieu pour tous les végétaux quelconques : il agit en appauvrissant le sol, en lui enlevant la matière nutritive. L’effritement a quelque chose de plus spéceifique ; il agit en corrompant le sol et en y mêlant, par suite de l’excrétion des racines, une matière dangereuse. Ainsi, un pêcher gâte le sol pour lui-même, à ce point que, si, sans changer de terre, on replante un pêcher dans un terrain oùil en a déjà vécu un autre auparavant, le second languit et meurt, tandis que tout autre arbre peut y vivre. Si le même arbre ne produit pas pour lui-même ce resullat, c’est que ses propres racines, allant ioujours en s’alongeant, rencontrent sans cesse des veines de terre où elles n’ont pas encore déposé leur excrétion. Où conçoit que ses propres excrétions doivent lui puire à peu près comme si l’on forçait un animal à se nourrir de ses propres excrémens. Cet effet, dans l’un et l’autre exemple, n’est pas borné aux individus d’une même espèce mais les espèces analogues par leur organisation doivent souffrir, lorsqu'elles aspirent, par leurs racines, une matière rejetée par des êtres analogues à elles, tout comme un animal mammufère répugne à toucher aux excrémens d’un autre mammifère.On concevrait ainsi assez facilement pourquoi chaque plante tend à effriter le terrain pour ses congénères; pourquoi certaines plantes à suc âcre, comme les pavots ou les euphorbes, le détériorent pour la plupart des végétaux.
» Si cette théorie est admise, on comprendra aussi sans peine comment cerlaines plantes à suc doux pourront excréter par leurs racines des matières propres à améliorer le sol pour certains végélaux qui vivraient avec eux ou après eux sur le même terrain, et l’on comprendrait ainsi comment toutes les plantes de la famille des légumineuses, par exemple, préparent favorablement le sol pour la végélalion des graminées. » ?4ysiologie végétale de M. De Candotle, 1832.
Gn trouverait sans doute encore des cas où une lelle explication donnée primitivement, je crois, par BRuGMAw, l'epruduile depuis, appuyée de faits nombreux et recueillis sur la culture des arbres par divers écrivains, ne serait pas entièrement salisfaisante; mais, quelles que soient les exceptions qu'on puisse rencontrer, il n’en faut pas moins reconnaitre que siles sécrétions, parfois les produits de la décomposilion des racines, n’ont pas toujours une importance aussi grande que l'admet M. DE CanpoLer, et que le croyait
ANDRÉ Tnouix, elles exercent au moins dans
cap. 10°.
certains ças une action assez marquée pour
ue, conformément aux vœux du premier
e ces agronomes, les chimistes cherchent à reconnaitre dans le terrain la nature des excrétions des divers végétaux, et leur action sur la vie des autres plantes. — Déjà M. F1- GuiEr, de Montpellier, a trouvé une quantité de sel marin beaucoup plus grande dans un champ voisin de la mer qui avait porté de la soude, que dans un autre champ également silué, qui était resté en jachère nue ; et mon collaborateur PaAyEN a en partie expliqué l'influence désastreuse des vieilles racines de chêne, en démontrant qu’une solution infiniment faible de lannin peut arrêter presque complètement la croissance des végétaux qui se trouvent en contact avec elle.
$ II. — Théorie physique des assolemens.
La théorie physique des assolemens esi plus claire que leur théorie chimique. Elie consiste en effet tout entière à tâcher d'entretenir la terre, par la combinaison de cultures variées, dans un état convenable d’ameublissement et de propreté.
De lout ce qui précède on a déduit les principes suivans :
$ II.— Principes généraux déduits des deux théories précédentes.
1° JL faut faire précéder et suivre les cultures épuisantes par d’autres cultures propres a reposer le sol et à lui rendre sa fécondité. — Les cultures considérées comme les plus épuisantes sont, en général, celles des céréales et d’autres plantes, telles que le colza, je lin, le chanvre, etc., dont on laisse mürir les graines, parce que, vers l’époque de la maturité, leurs feuilles, déjà en partie desséchées, cessent d’absorber les principes nutritifs dans l’atmosphère, et laissent aux seules racines le soin de fournir aux besoins de la végétation. — Les cultures considérées comme reposantes ou fertilisantes sont celles qui doivent être fauchées avant l’époque de leur fructification, telles que les trèfles, le sainfoin, la luzerne, les graminées perennes dont les racines et une partie des fanes substantielles sont enfouies par les labours ; — à plus forte raison, les arbres et les arbrisseaux dont les feuilles couvrent annuellement le sol de leurs dépouilles; — les récoltes enterrées en vert lors de leur floraison, comme les lupins, les sarrasins, etc. ; — celles que l’on est, en certains lieux, dans l'usage de faire pâturer sur place, comme les rutabagas, les navets, etc.; — celles enfin qui exigent le concours d'engrais dont elles ne consomment qu’une partie, comme les choux, les betteraves, elc.
2° À une plante d’une certaine espèce, d’un certain genre,ou méme d'une certaine famille, til faut faire succéder autant que possible une plante d’une autre espèce, d'un autre genre et d'une autre famille. — Var ce moyen on a moins à redouter les effets de l’effritement. Il existe à la vérité quelques exceptions à cette règle, mais elles ne sont ni assez nombreuses ni assez expliquées pour faire loi. C’est ainsi que dans certaines contrées
THEORIE DES ASSOLEMENS.
du Midi on voit les bonnes terres produire d’abondantes récoltes de blé froment et de mais, sans aucune intercalation; que M. ne GaspaRIN Cite une terre semée en blé depuis 40 ans sans interruption, et qui, après avoir porté 25 fois la semence, la reproduit encore 15 fois habituellement, sans qu’on lui ait donné aucun engrais pendant tout ce temps; —que feu M. Yvarr, auteur du traité le plus complet sur les assolemens, a obtenu des résultats satisfaisans en cultivant l'orge hivernale sur le même terrain pendant 6 années consécutives,commeobjet d'expériences comparatives; — que dans le pays des Basques les terrains bas et humides sont ensemencés en maïs pendant 3 années après lesquelles on laisse ces terres pendant 3 autres années en prés, et ainsi successivement ; — que le chanvre, et, au moment où j'écris, j'en ai un exemple sous les yeux, peut prospérer un grand nombre d’années de suite dans le même champ ; — que le lin, considéré comme une des plantes les plus effritantes, puisque presque partout où on le cultive on a tou- Jours conseillé de ne le ramener sur les mêmes soles que tous les 6 ou 8 ans, se sème cependant, dans quelques îles de la Loire, de deux années l’une, après le froment, et cela depuis plusieurs siècles, etc.
l'est donc quelques végétaux qui semblent se soustraire au besoin de l’alternance pendant fort long-temps, au moins dans certaines localités ; — :/ en est d'autres qui peuvent se succéder à de courts intervalles; de ce nombre sont heureusement les céréales. — Enfin il en est qui refusent de croître avec succès à la même place, à moins d’une longue interruption, surtout si on a mésusé des avantages que présente leur culture en la faisant durer au-delà d’un certain temps ou en la ramenant trop fréquemment, comme cela est arrivé déjà sur plusieurs points pour les trèfles, et d’une manière bien plus sensible encore pour les luzernes, au grand dommage du cultivateur d’une partie de la Beauce. — Je reviendrai ultérieurement sur ce fait important. — On a remarqué sur plusieurs terres du Gâtinais que le safran ne peut se renouveler avec avantage qu'après un laps de 15 à 20 années ; — que le colza et divers autres végétaux à graines oléagineuses exigent un intervalle de 4 ou 5 ans et plus. Au point où nous en sommes, 1l serait, Je crois, superflu de multiplier davantage des exemples semblables, qui trouveront naturellement place dans la seconde section de cet article.
Il est bien reconnu, disait YVART, que certaines plantes nuisibles, comme la cuscute, l’orobanche et diverses cryptogames, se multiplient d’autant plus sur les champs callivés en légumineuses, en tabac, en cardère et en safran, que le retour de ces dernières plantes y est plus fréquent, et que l’on ne peut faire disparaitre ces fleaux redoutables qu’en interrompant, pendant plusieurs années, les cultures qui y donnent lieu: — que certains insectes nuisibles s’attachent particulièrement à certaines espèces de plantes, et que la prolongation de la cullure de ces dernières multiplie quelquefois prodigieusement ces animaux.
Enfin, considérant la chose sous un dernier point de vue, il est aussi hors de doute que telle eu telle plante réussit mieux ou plus mal après telle ou telle culture. C’est ainsi que le trèfle, dans les terrains où sa végétalion est vigoureuse, les fèves, dans les sols argileux, sont une des meilleures préparations pour le froment ; — ainsi encore l'orge ou l’avoine vient plus sûrement que le froment après une récolte de pommes-de-terre ; — l’avoine et le seigle donnent relativement de meilleurs produits que le froment et que l'orge sur un pré nouvellement rompu, sur une vieille luzerne, une défriche ou après un écobuage, etc.
3° Aux cultures qui facilitent la croissance des mauvaises herbes, et notamment à celles des blés, il faut, faire succéder d'autres cultures qui les détruisent ou les empéchent de se développer.— €es cultures sont de deux sortes : certaines plantes, telles que le trèfle par exemple, par la multiplicité de leurs tiges et l'abondance de leurs feuilles, empéchent à la surface du sol toute autre végétation. En interceptant presque entièrement l'air et les rayons lumineux, elles étouffent les plantes plus jeunes ou plus faibles qu'elles. Toutefois, pour que leurs effets soient tels qu'on les désire, il est Indispensable que leur végétation soit rapide ef vigoureuse. Si l’on semail un trèfle dans un champ mal préparé et mal fumé; si, par un calcul mal entendu, on voulait le faire durer trop longtemps, de manière à laisser reprendre le dessus aux mauvaises herbes, on courrait le risque d'arriver à un résultat 0pposé, et il serait très-possible qu'il laissàt encore plus sales les terres qui étaient déjà sales avant lui. — Les récoltes que l’on doit biner ou sarcler sont aussi tres-propres à précéder et à suivre celles qui ne comportent pas de telles facons. On peut en effet les considérer comme une sorte de Jjachère, puisque pendant leur durée on Jaboure le sol pour le pulvériser, l’exposer aux influences atmosphériques et détruire les plantes adventives ; mais c’est une jachère productive qui vaut quelquefois autant qu’aurait valu ia récolte de grains, et qui prépare au moins aussi bien une culture céréale que leût fait une jachère stérile.
Dans la pratique habituelle, es céréales commencent encore souvent la rotation. On les sème immédiatement après une fumure, et, pour être juste, il faut reconnaître que, selon les lieux et les circonstances, cette méthode discréditée en théorie, d'une manière trop générale, présente parfois des avantages. Avant de L condamner d’une maniere absolue, il faudrait avoir étudié non seulement ia nature plus où moins riche et l’état de propreté plus où moins grande du sol dans chaque localité, mais aussi la qualité des engrais, le point précis de leur décomposition, et, par suite, la durée au moins approximalive de leur action dans le sol. — Cependant, dans les terres d'une fécondité ordipaire, et sur les champs où l'on est dans la bonne habitude d'employer ies fumiers de liliere peu consommés, on regarde avec raison comme profitable de faire succéder les blés sans engrais à une culture fumée,
DES ASSOLEMENS. LIV, 1°,
sarclée, binée ou butée, pour peu qu’elle ne soit pas trop épuisante par elle-même, —ou à une culture à la fois reposante et étouffante, ce qui vaut encore mieux. Les raisons qu’on peut donner decctte coutume sont de plesieurs sortes : d’abord une surabondance de matières putritives peut faire verser les biés; dans tous les cas elle favorise le développement du chaume au détriment de la grosseur et de la qualité du grain. Ceci se remarque surtout pour le froment. En second lieu, les fumiers déterminent et favorisent la croissance de beaucoup de mauvaises herbes que la culture usuelle des blés ne permet de détruire qu’'incomplètement, et qui nuisent souvent à leur réussite au point de compenser par leur multiplicité, de faire même tourner à mal par leur rapacité et la rapidité deleur végétation, les bons effets de la fumure.
Les récoltes racines qui exigent à la fois de profonds labours de préparation et de nombreuses facons d’entretien, comme les betteraves, les carottes, les navets, les pommesde-terre, etc., Les autres cultures fourragères qu’on est dans l’usage de biner, comme les choux, ontau contraire le quadruple avantage de ue jamais redouter la surabondance d’engrais; de ne consommer qu'en partie celui qui se trouve dans le sol à l’état convenable ; d'ameublir, de nettoyer la couche labourable ; et, tandis que les céréales épuisent la terre en raison de leurs riches produits, celles-ci, consommées en partie, souvent en totalité sur la ferme, doivent procurer, concurremment avec les prairies naturelles et artificielles, à l’intérieur, la nourriture nécessaire aux animaux de travail et les fumiers indispensables à la fécondité du sol, à l'extérieur, le laitage, le beurre, les laines et la viande qui seront transformés en numéraire.
D'habiles praticiens pensent que sur la plupart des terres un intervalle de quatre ans est Ie plus long qu’on puisse mettre entre deux récoltes sarclées.
Dans beaucoup de nos meilleurs assolemens, conformément à ces principes, les cultures fourragères ou industrielles fumées, sarclées et binées, se présentent les premières. Elles sont suivies d’une céréale, à laquelle succède une prairieartificielle, et lannée suivante une autre céréale.
Toutes les autres conditions chimiques et physiques d’un bon assolement me semblent rentrer dans les trois principales que Je viens d'indiquer, et qui pourraient ellesmémes se résumer en ce seul théorème : £7tretenir le sol dans un état de fertilité constante en employant le moins d'engrais possible; — lut confier à chaque époque les plantes à la végétation desquelles il se trouve le mieux en état de fournir; — enfin empécher que ces plantes ne soient gérées dans leur croissance par l'envahissement des mauvaises herbes.
Mais à ces considérations premières s’en joignent d’autres d’une non moindre imporlance que nous devons examiner successivement.
Partout où l’on peut varier beaucoup les preduetions de la culture, il n'est pas difficile
GHAP. 10°
de trouver de bons assolemens ; malheureusement cela n’est pas toujours aussi aisé qu'on pourrait le croire au premier apercu. La qualité du sol, — le climat, — les besoins de la consommation locale, — la difficulté et par conséquent le prix élevé du transport, — celui de la main-d'œuvre, — la rareté des bras ou des autres moyens de travail, — et le défaut de capitaux sont autant de causes qui peuvent gêner les meilleures combinaisons en théorie et s’opposer mème d’une manière absolue à leur appli-
cation.
$ IV. — Influence de la nature du sol.
YvarrT, dans son important article intitulé Succession de culture du Cours d'agriculture de Déterville, a établi trois grandes classes ou divisions principales de terres sous lesquelles il me semble, comme à lui, que chaque cultivateur peut placer toutes les nuances intermédiaires qui les séparent, en rapportant à chacune de ces divisions toutes celles qui s’en rapprochent le plus, tant par la nature générale de leur composition que par celle des productions auxquelles elles sont le plus propres,et par loutes les autres circonstances qui peuvent influer sur leurs qualités.
La première division comprend toutes les terres siliceuses, calcaires ou crétacées, plutôt sèches qu'humides, meubles que compactes, élevées que basses, essentiellement propres à la production du seigle, de l’épeautre et de l’orge parmi les graminées annuelles ;—du sainfoin, de la lupuline, du mélilot, du fenu-grec, de la lentille, de l’ers, du lupin, du pois chiche et du haricot parmi les légumineuses;—de la rave ou du navet, de la navette, de la cameline parmi les crucifères,—et du sarrasin, dela gaude, de la sper-
ule, de la pomme-de-terre, de la patate, Et topinambour et du soleil parmi les autres familles naturelles, indépendamment de plusieurs autres plantes vivaces, propres à l'établissement des prairies permanentes, telles que la flouve odorante, la houque laineuse, le dactyle pelotonné, les avoines pubescente, jaunâtre et des prés, la fétuque ovine et plusieurs autres, divers paturins, des canches, des méliques, etc.
La seconde division renferme toutes les terres argileuses naturellement tenaces, plutôt humides que sèches, basses qu'élevées, compactes que meubles, particulièrement convenables à la culture du froment, de l’avoine et de la plupart des graminées vivaces, propres aux prairies dans la première famille ; — des trèfles, des féves, des pois, des vesces, des gesses, et aussi de quelques autres plantes légumineuses vivaces, propres aux prairies permanentes, telles que les lotiers, les orobes, etc., dans la seconde ; — des choux proprement dits, des choux-raves, choux - navets, rutabagas, colzas ou autres variélés, davs la troisième; —enfin, de Ja chicorée sauvage dans la famille des chicoracées.
La troisième division est consacrée à toutes les terres qui, douées de cet heureux état mitoyen, si convenable en toutes choses,
THÉORIE DES ASSOLEMENS.
s'éloigne des deux extrêmes compris dans les deux premières divisions; à toutes celles
ui, Jouissant des proportions convenables de consistance, d’ameublissement, de profondeur et de fraicheur, sont presque également propres à toutes les productions que le climat comporte, et peuvent admettre avec avantage dans leur sein la plupart des plantes précédemment indiquées, mais réclament plus particulièrement l’escourgeon.
le millet, le panis, l’alpiste, le sorgho, le maïs et le riz dans la première famille ; — Ja luzerne, l’arachide, la réglisse et l’indigotier dans la seconde;—le pastel, la moutarde, etc. dans la troisième; — le chanvre, le lin, la garance, le tabac, le cotonnier, la courge, le safran, le pavot, la betterave, la carotte, le panais, le houblon, etc., dans d’autres familles.
On concoit qu'une classification aussi simple ne peut présenter une exactitude bien rigoureuse, eu égard à la variélé presque infinie des divers terrains. D'ailleurs, les plantes qui préfèrent l’un ne refusent pas absolument de croître sur tout autre ; mais alors on devra calculer si l'abondance de la récolte pourra indemniser des frais d’une culture plus dispendieuse ou des casualités plus grandes d’une position moins favorable.
Non seulement il importe de faire choix des végétaux qui réussissent le mieux sur chaque sol; mais, selon sa nature trop légère ou trop forte, pour remédier, dans le premier Cas, a son défaut de cohésion et à son artdité, dans le second , à sa ténacité et à son humidité excessive, on doit préférer les cultures les plus propres à lier les molécules et à ombrager la surface, ou celles qui absorbent beaucoup d’eau et qui nécessitent des Opérations aratoires destinées à diviser la masse et à faciliter en même temps l’évaporalion Je ce liquide et l'introduction de Ja chaleur solaire.
. La position particulière d'un champ peut influer autant parfois que sa qualité sur le choix d'un assolement. Dans les plaines unies, d’une culture facile et productive, il serait déraisonnable de ne pas préférer les plantes du plus grand rapport, telles que les céréales, les fourrages légumineux, les récoltes sarclées, les végétaux propres aux arts, enfin tous ceux qui peuvent répondre par la richesse de leurs produits aux soins laborieux qu'ils exigent. — Sur des landes infécondes, sur des terres peu traitables, des pentes peu accessibles à la charrue, où les engrais sont en parie dissipés par les fortes pluies ; — dans les terrains sujets aux inondations et qui courraient le risque d’être minés par les eaux s'ils étaient fréquemment divisés par les labours ; — en des sols d’une grande médiocrité, le contraire arrive. Là, non-seulement le choix des objets de cul- Lure est beaucoup plus restreimt, mais les frais de main-d'œuvre étant plus considérables comparativement aux bénéfices de la récolte, on doit chercher à simplifier les premiers le plus possible. Il faut que la proportion des prairies ou des pàäturages permanens, avec les terres labourabies, soit toujours telle, que d une part les opérations aratoires deviennent moins multipliées et plus faciles,
et que, de l’autre, le besoin d’engrais soit moins général et le moyen de s’en procurer aussi assuré que possible. — En général, l’étendue des péturages doit être, dans toute exploitation, en raison inverse de la fécondité du sol et de la facilité de subvenir par la culture des prairies artificielles à l'entretien des bestiaux.
Toutes choses égales d’ailleurs, l’état de fertilité dans lequel le fermier trouve Le sol à son entrée en jouissance, doit avoirune £grande influence sur le choix d’un assolement.
Je pourrais citer tels exemples où, comme dans la plaine de Nimes, on se croit dans l'obligation d’épuiser le sol à chaque fin de bail, de manière qu’il faut ne lu confier que des cultures réparatrices pendant plusieurs années, en commencant une nouvelle rotation. Le fermier sortant ayant toujours intérêt à mésuser, sous ce rapport, de sa position, on ne peut prévoir avec trop d’attention et prévenir trop efficacement un pareil abus. — Un terrain non épuisé peut être envahi par les mauvaises herbes : cet inconvénient n’est guère moins grave que le précédent. Les récoltes des céréales y seraient peu productives et ne feraient qu’empirer le mal. Là, il faut encore un assolement particulier dans lequel reviennent fréquemment les plantes étouffantes et les cultures sarclées. — Il en faut un aussi sux une terre nouvellement défrichée ; — sur celle qui contient en surabondance des sucs nourriciers, etc.
$ V.— Influence du climat.
Le climat doit surtout être pris en grande considération. « Le tort de ceux qui ont établi la théorie des assolemens en France, dit M. pe GaspaRiN, est d’avoir généralisé des pratiques locales et d’avoir cru la science complète, en observant l’agriculture seule des pays où fiait la région de la vigne. En étendant nos vues plus loin, nous verrons que les principes proclamés jusqu’à ce jour sont bien loin d’être absolus, et que la considération des climats est celle qui domine toute recherche sur ceite matière. »
En France, en effet, il y a deux climats bien distincts quise fondent, pour ainsi dire, en un troisième.—Celur «lu nord est le mieux connu sous le point de vue qui nous occupe.
C'était, en effet, en Belgique, en Alsace, en Angleterre, dans ces contrées de la plus riche agriculture, que la science des assolemens a dü prendre naissance. C’est de là qu'elle a pénétré en Europe. — Celur du midi a èlé moins étudié; on l’a tellement négligé dans les livres, que les habitans de la région des oliviers ont pu se croire entièrement oubliés de la plupart de nos agronomes. — Ze climat du centre, comme il est facile de le prévoir, participe aux avantages et aux inconvéniens des deux autres. Toutefois, il se rapproche davantage du premier que du second.
La chaleur et l'humidité étant les deux grands agens de la végétation, c’est leur répartition entre les saisons qui constitue un climat agricole. — Dans les pays voisins de l'équateur, où les saisons sont très-régu-
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
lières, la saison des pluies est toujours celle où le soleil parcourt la portion du zodiaque qui est du même côté qu'eux de la ligne. — Dans les zones tempérées, on ne trouve plus cette régularité propre aux contrées intertropicales ; mais la moyenne de plusieurs années présente quelque chose d’analogue.
— Dans les pays situés en plaines et loin du voisinage des hautes sommités, la saison des pluies et celle des sécheresses se nartagent l’année par deux séries continues plus ou moins égales, comme sous la zone torride, mais limitées avec moins de précision par les influences solaires; le voisinage de grandes chaînes et d’autres causes locales viennent troubler cet ordre et introduire parfois quatre séries au lieu de deux ; de sorte qu'il est vrai de dire alors avec M. DE GASPARIN, à qui je dois en partie ce qui suit, que sous le rapport des pluies on a quatre saisons. Ces anomalies peuvent s’observer même en France.
St nous divisions notre continent en deux portions par une ligne qui passât par les Pyrépées, dontelle se détacherait vers le milieu de la chaîne pour passer à l’ouest de Toulouse, qui suivrait ensuite la chaîne des Cevennes, irait se rattacher aux Alpes,en Dauphiné, en se prolongeant ensuite avec cette chaine vers lorient, nous aurions deux climats, l’un septentrional et l’autre méridional. Dans le premier, les étés sont pluvieux; ils sont secs dans le second.et c’est l'automne qui est la saison des grandes pluies; et, comme si cette ligne faisait en Europe le même effet que la chaîne de montagnes qui sépare la côte de Malabar de celle de Coromandel, les saisons de pluie et de sécheresse se succèdent au nord et au midi de cette ligne. Voilà le fait capital qui établit la principale différence entre les deux climats que nous avons le plus intérêt à connaître et à étudier ici dans leur rapport particulier avec la théorie des assolemens.—M. ne GASFARIN fait connaitre les exemples suivans : 1° Paris, climat à pluies estivales, à deux saisons régulières ; — 2° Genève, climat à pluies estivales, à deux saisons irrégulières, le voisinage de plusieurs grandes chaines y introduisant de nombreuses causes d’anomalie ; — 3° Montpellier, climat à pluies automnales, à deux saisons ré-
gulières; — 4° Toulouse, climat à pluies
automnales, à quatre saisons ; — 5° Joyeuse, climat à pluies automnales, à quatre saisons; — 6° Padoue, climat à pluies automnales, à
uatre saisons, le voisinage des montagnes
ans ces trois derniers exemples agissant pour introduire les saisons intermédiaires ; — 7° Marseille, climat à pluies automnales, à deux saisons irrégulières, la saison de la sécheresse l’emportant autant sur l’autre par sa durée que celle des pluies dans le climat de Genève.
Dans les climats à pluies d'automne il y a un très-petit nombre de jours pluvieux en été, et par conséquent la sécheresse est d’autant plus grande que les pluies de cette saison tombent par orages en laissant de longs intervalles entre elles. — Dans le climat de Paris, les pluies sont encore fréquentes jusqu'en juillet inclusivement; on conçoit de quel avantage peut être pour plusieurs cul-
Gyap. 10°. THEORIE DES
tures économiques, et notamment pour la culture si importante des diverses plantes fourragères, une semblable disposition. — A la vérité, on sait que les rosées sont plus abondantes dans les pays chauds que dans le nord, mais il est démontré par des faits positifs que dans aucun cas elles ne peuvent suppléer aux pluies, du moins dans nos régions; d’ailleurs, il est de fait qu'elles deviennent moins fortes en juillet et août, mois pendant lesquels on en aurait le plus besoin dans le midi de la France.
J'ai déjà eu occasion de dire ailleurs (voy.
J’art. Labours) combien ces circonstances réunies apportent de difficultés dans les travaux de préparation des terres. — Dans les climats à pluies d'automne, le printemps est une saison sèche ou à pluies fort irrégulières ; les semis de mars y étant d’ur succès on ne peut plus incertain, les blés trémois y sont a peu près inconaus. — Les blés d'automne y croissent au coutraire fort bien. Si leur végetation est quelquefois contrariée par le défaut de pluie au printemps, elle est rarement entravée par des brouillards lors de la floraison; par l’effet des vents et du soleil, la paille” acquiert une force qui la rend peu sujette à verser ; aussi voit-on assez fréquemment des exemples de fécondité bien rares dans les pays à pluies d'été, parce que la tige ne pourrait y soutenir des épis aussi chargés sans se coucher entièrement. Cependant, dans l’état actuel de cette culture qui deviendrait bien plus avantageuse si, à l’aide ‘de recoltes jachères, on pouvait augmenter la masse des engrais et entretenir le sol dans un élat d’ameublissement plus parfait, on ne peut se dissimuler que le midi serait pauvre si elle y existait seule. Aussi dans beaucoup de lieux n’occupe-t-elle qu’un rang en quelque sorte secondaire à côté de l'olivier, de la vigne et même du mürier. — Le premier de ces végétaux offre une des manières les plus avantageuses d'utiliser les terrains d'une nature médiocre; — lesecond, qui ne couvrait d’abord que les coteaux les plus favorables à la production du vin, s’est peu-à-peu étendu à la plaine, surtout depuis que l’art de la distillation a fait de nouveaux progrès. Les vins de table sont récoltés en grande partie sur les terrains pierreux et caillouteux; ceux à eau-de-vie, dans les fonds gras et fertiles où l'abondance supplée à la qualité.
« C'est ainsi, dit M. pe Gasparin, que la vigne s’est étendue sur une grande surface, deslinée auparavant à la culture des grains qu’elle a remplacés avec avantage. La quantilé d’engrais s’est trouvée réduite, les vignes pouvant même s’en passer tout-à-fait ; la sécheresse n’a plus été regardée comme un fléau avec ce robuste végétal, qui va puiser si profondément les sucs et l'humidité de la terre ; les cultures d’hiver de la vigne se sont bien associées avec celles des terrains à blé environnaps, et ont offert un utile emploi de temps aux ouvriers des pays qui ne cultivaient que le blé, et qui étaient oisifs dans celte saison. La récolte qui tombe également avaut les semailles, a donné les mêmes avan-
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tages.…. La sécheresse de nos étés favorise la maturité etne nuit pas àla quantité; les pluies ne surviennent guère qu'après les vendanges, et elles ne sont jamais assez continues pour qu'on ne trouve toujours le temps de les faire; les produits, surtout ceux des vignes à eau-de-vie, s'écoulent facilement et sont payés comptant au moment de la livraison, ce qui permet de réaliser sur-le-champ la rente de l’année; enfin, il n’y a plus de jachère, beaucoup moins de cultures, et le produit net des vignes, dont lexploitation est aidée par tous les progrès des sciences physiques appliquées à l’art de la distillation, est plus considérable que celui des terres à blé, soumises encore à l’ancienne routine.
Dans les régions à pluies d’été, une culture aussi simple serait impraticable (1)... » — Le mürier s’est aussi emparé, depuis une quinzaine d'années surtout, de l’intérieur des champs dont naguère il ne formait que la bordure (2); ses produits sont, selon la réussite habituelle des vers-à-soie dans les différens cantons, ou supérieurs ou égaux à ceux de la vigne, et sa multiplication paraît cependant a peine proportionnée aux besoins croissans de la consommation.
Parmi les plantes herbacées la garance est une de celles dont la culture se lie le mieux à toutes les convenances agricoles du midi.
Elle s’associe très-bien au blé, remplit l’intervalle de repos qui est nécessaire à la terre pour devenir susceptible d’en porter avantageusement de nouvelles récoltes, et donne ainsi les moyens d'établir un assolement régulier. Malheureusement, si elle réussil parfaitement dans les terrains légers et profonds du bassin central de Vaucluse, grâce aux infiltrations naturelles de la Sorgues; sur les bords de la Durance, et dans quelques autres lieux dont la position particulière combat et détruit les effets du climat, il ne peut en être partout ainsi. — Le safran n’occupe qu'une faible étendue de terrain. C’est plutôt un produit de petite que de grande culture.
— On peut en dire autant du chardon à bonnelier, quoique cette plante, très-lucrative et qui résiste bien à la sécheresse, ait : gagné du terrain depuis quelques années. — Le chanvre est d’une certaine importance pour plusieurs parties des départemens de la Haute-Garonne, du Tarn, du Gers, etc.
Mais autant au moins que la garance, il exige des terrains de choix. — Enfin, il est encore un petit nombre de végétaux propres aux arts, dont on peut obtenir des récoltes avantageuses dans quelques localités privilégiées, sans qu'aucun présente une ressource générale pour les assolemens du midi. Les uns ne peuvent résister aux chaleurs printanières et estivales; les autres exigent plus d'engrais qu'on ne peut leur en donner dans des contrées où les herbages naturels offrent la principaie, presque la seule ressource pour la nourriture des bestiaux.
Le grand problème serait donc de trouver des plantes fourrageres qui pussent s’uccommoder au climat. Partout où l’on a pu le résoudre à l’aide des irrigations ou de tonte
(1) Ce que dit ici M bE GasPARIN s'applique surtout au Bas-Languedoc.
(2) Principalement en Dauphiné et en Languedoc,
autre manière, il est devenu facile d'établir de bons assolemens. Depuis fort longtemps, on cultive de la luzerne, du sainfoin et surtout des vesces et des orges coupées en vert, dans nos départemens méridionaux. Toutefois, le premier de ces fourrages, semé sur une petite étendue de terrain, plutôt comme une nécessité, pour avoir quelque peu de bonne nourriture à donner aux brebis nourrices ou aux bêtes de iravail dans les temps de travaux, que pour arriver à un système d’assolement général, ne donne pas la moitié des produits qu'on en retire dans le nord et le centre ; — le sainfoin, cultivé surtout dans la vallée du Gardon où l’on prolonge sa durée autant que possible, et jusqu'à ce qu'il soit remplacé en grande partie par les graminées vivaces, parcourt peu-à-peu les différentes parties du domaine dont il occupe à peine lehuitième ou le dixième de la surface, parce que les sécheresses du printemps rendent la récolte presque nulle un an sur trois au moins; plusieurs années se succèdent même trop souvent sans qu’on en obtienne aucun produit, et dans tous les cas le maximum 1 ce produit se fait attendre jusqu’à la troisième année. — Le trèfle réussit assez ordinairement quand on parvient à le faire bien lever; mais là se trouve la difficulté.
Semé au printemps sur le blé, on ne peut espérer de le voir germer que dans les années particulièrement humides; semé en automne, les froids de l'hiver le détruisent dans ces climats sans neige plus souvent encore que dans les contrées du centre; — le trèfle incarnat semble admirablement constitué pour le midi, mais, outre qu'il exige un terrain assez riche pour prospérer, au lieu de lui donner de la fertilité il l'épuise au point d’être suivi d’un blé très-médiocre. Enfin, dans beaucoup de lieux il est entièrementi dévoré par les limaces. — Les raves ne peuvent être cultivées en seconde récolle à cause des sécheresses estivales et des ravages des insectes; semées au printemps, elles n’ont pas le temps de grossir; — la pommede-terre donne rarement une pleine récolte, parce que la fraicheur lui manque pendant sa croissance. — Enfin, on peut dire d'une manière presque absolue que toutes les plantes à végétation printaniére ne réussissent en quelque sorte complètement que dans des cas d'exception. Or, si l’agriculteur doit nécessairement s'attendre à être frustré quelquefois de ses espérances par des saisons extraordinaires, peut-on espérer qu'il luttera sans cesse contre l’ordre naturel de son climat, quand il n’aura que ces mêmes saisons extraordinaires pour chance de réussite ?— Dans le midi, pour changer la face de l'agriculture, il faudrait donc trouver des plantes dont la végétation eût lieu en automne, pendant la saison pluvieuse. — Nous verrons que les carottes et surtout les betteraves, qui remplissent au besoin cette importante condition, ont déjà rendu et sont, je crois, appelées à rendre d’importans services.
Dans les climats à pluies printanières, les ressources du cultivateur sont incontestablement beaucoup plus grandes. Si l'olivier, la vigne et même le mürier ne lui présentent plus les moyens de supprimer sans labour
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
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