‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 173 sur 357 · DIV: A · texte numérisé non relu

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les stériles jachères, et de retirer du sol, à peu de frais, de précieuses récoltes; d’un autre côté, il peut étendre à son gré les prairies ou les pâturages naturels: sauf le cas où la nature du sol s’y oppose il peut multiplier à son gré les prairies artificielles et varier leur succession de la manière la plus avantageuse pour ajouter à leur produit et augmenter celui des cultures suivantes; enfin, il peut les intercaler non seulement aux céréales, mais à la plupart des végétaux les plus recherchés par leurs qualités nutritives ou leurs propriétés dans les arts.

$ VI. — Influence de la consommation locale.

J'ai dit qu'après la connaissance du sol et du climat dont je crois avoir assez fait sentir l'importance par les exemples précédens, on devail aussi prendre en considération les besoins de la consommation locale. Cette proposition n’a guère besoin de développemens.

Il est tout simple en effet de calculer la valeur des produits d’après la facilité plus ou moins grande des débouchés, et de choisir, entre toutes les productions, celles dont la vente est le plus assurée et doit entraîner le moins de frais. Une telle question se rattache à deux autres : la proximité des populations agglomérées ou des fabriques industrielles; — l’état d'entretien des routes et des chemins de communication. — Au nombre des frais les plus fâcheux dans une ferme bien

rganisée, il faut sans contredit mettre ceux de transport lorsqu'on est dans la nécessité de les trop multiplier. Si l’on considère d’une part combien le temps est précieux pour le cultivateur qui le sait employer, et combien de l’autre il est important dans diverses saisons de ménager la force et la santé des animaux de trait; —si l’on songe que dans un pays comme celui que J'habite (Maine-et-Loire) où les journées d'hommes ne sont estimées, selon l'époque de l’année, que 20, 25 et 30 sous, les mélayers, lorsqu'ils viennent faire à prix d’argent les labours des terres de la vallée, demandent au moins 12 francs pour le travail d’un jour de charrue, on comprendra combien la distance, et les moyens plus où moins faciles de la parcourir, peuvent influer sur le genre de production qu’on doit demander au sol, quelle différence il doit exister entre un pays coupé de canaux ou de routes, de toutes parts accessible au commerce et couvert de fabriques diverses et celui qui ne jouit d'aucun de ces avantages. — La construction d’une sucrerie de betteraves, d’une distillerie, de moulins à huile, la seule proximité d’un routoir vaste et commode pour les chanvres ou les lins, et bien d’autres circonstances analogues, peuvent changer entièrement l'aspect de l’agriculture de toute une contrée; et déjà, depuis que l'emploi des prestations en nature a permis aux communes les plus pauvres de réparer les chemins vicinaux, on peut juger de l'avenir que préparent aux départemens arriérés de la France la facilité croissante des transports et des communications.

Dans le voisinage des grandes villes où les engrais abondent, on peut se livrer avec beaucoup plus d'avantage que partout ail-

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leurs aux cultures industrielles qui exigent presque toutes des terres richement fumées.

— On trouve un débit plus facile des fourrages surabondans et des plantes potagères dont les récoltes, très-productives en pareille position, ne pourraient l'être ailleurs sur une aussi grande échelle. — Dans le Nord, la fabrication de la bière et de l’eau-de-vie de grains ajoute beaucoup à la valeur vénale de l'orge et du seigle. — Près d’un four à chaux ou à plâtre, d’un dépôt de marnes, d’une tourbière dont les cendres s’obtiennent à vil prix, il devient facile d'améliorer la qualité du sol et de varier les assolemens; tandis qu’en des lieux reculés et privés de ces ressources, toutes choses égales d’ailleurs, il ne reste souvent à spéculer que sur l'élève, l'entretien et l’engraissement des animaux de trait, de lainages et de boucherie. — On concoit que chaque localité doit avoir. sous ce point de vue, des besoins particuliers et des ressources différentes.

$ VII.—Influence du manque de bras etde capitaux.

On a pu remarquer qu’en général l'accroëssement de la population dans les campagnes a amené tout naturellement des améliorations dans la pratique des assolemens. C'est que partout où il a fallu répartir plus de travail sur un même espace, ce travail à été d’abord mieux fait, plus productif, et qu’on a successivement senti je besoin et reconnu la possibilité de l’étendre sur loutes les parlies de la ferme. A mesure que les propriétés se subdivisent en petiles exploitations, il ne resle plus de place pour les jachères périodiques; les cultures fourragères remplacent de toute nécessité les maigres pâturages que les bestiaux cherchaient sur ces dernières, et la production augmente, en pro-

ortion de l’industrie du cultivateur, avec ’impérieux besoin de produire davantage.

Tel est, il faut le reconnaitre avec joie, l’état nouveau de plusieurs de nos départemens ; cependant il est impossible de ne pas voir qu’en trop de lieux, tandis que les populations ouvrières surabondent dans les grandes villes, les bras manquent encore dans les champs; leur rareté, et l'absence du matériel propre à les remplacer, est peut-être l’un des plus grands obstacles à l'introduction ou à la propagation, sur une échelleraisonnable, des cultures binées et sarclées, élément on peut dire indispensable des récoltes jachères.

A côté du manque de bras, il faut placer celui des capitaux, qui en est souvent la première cause, et qui s'oppose d'une manière encore plus absolue à un changement subit de système. Ce n’est pas seulement pour payer les.frais de main-d'œuvre, assez considérables, qu’exigent les binages, les butages, les sarclages, etc.; pour acquérir les instrumens perfectionnés dont on ne peut se passer dans une exploitation où l’on a adopté ce genre de culture, que le besoin d'argent se fait sentir; c’est aussi, et surtout, pour l’acquisition et l'entretien d’un plus grand nombre de bestiaux ; car, s’il est vrai que Île principal avantage d’un bon assolement soit de produire en abondance des récoltes desti-

THÉORIE DES ASSOLEMENS.

nées à la nourriture des animaux et, selon les localités, à l’engraissement d’un plus ou moins grand nombre d’entre eux, afin de donner les moyens de fumer copieusement les terres et d'augmenter leur fertilité, tout en ajoutant aux récolles de végétaux les produits souvent plus lucratifs d’un autre règne; il l'est aussi qu’on ne peut arriver là sans dépenses premières, et que le capital d’une ferme doit être plus élevé lorsqu'on veut la cultiver sans jachère, que lorsqu'on persiste dans l’ancienne routine, ou, en d’autres termes, que les avances doivent être proportionnées aux profits, comme dans toutes les autres branches d'industrie.

Du reste,ces avances re sont pas toutes de nature à étre faites par le fermier. Le propriétaire ne s’apercoit pas toujours assez qu'il doit y contribuer pour sa part. Les anciennes constructions rurales, par leur exignité, sont presque partout fort en arrière des besoins de l’époque actuelle; non seulement des locataires plus nombreux y seraient fort mal à l'aise, mais ils n’y rencontreraient ni les greniers vastes et aérés indispensables à la conservation de leurs récoltes, de sorte qu'ils se verraient, plus encore qu'aujourd'hui, dans l'obligation de livrer parfois a vil prixles denrées dont ils trouveraient cependant avantage à différer la vente; — ni les granges qui leur permettraient de reporter une partie des travaux de la récolte au moment où ils pourraient les effectuer sans nuire à leurs autres occupations ; — ni les étables et les bergeries susceptibles de recevoir commodément et sainement les bêtes bovines et ovines que la ferme peut nourrir.

Cette dernière circonstance mérite d’être signalée d'autant plus sérieusement que l’excellente coutume de nourrir les bestiaux à l'étable, et de faire parquer le moins possible les troupeaux, commence à se répandre parmi nous. — Je dois renvoyer à ce sujet le lecteur au livre II, et à l’article Bétimens ruraux du VI: livre de cet ouvrage.

La durée des baux, qui devra aussi nous occuper ailleurs, est un autre point fort important dans la question que je traite. Les améliorations qu’un bon système d’assolement peut apporter au sol ne se font sentir que lentement. Il est juste que le fermier ait Je temps d'en profiter; d’ailleurs, en bornant outre mesure la durée de son bail, on le prive souvent d’une partie des ressources que lui offriraient autrement les cultures industrielles et les plantes fourragères; on le contraint à ramener trop souvent les mêmes espèces sur les mêmes soles, au détriment de la propriété. |

Tout considéré, on s’est donc souvent éleve avec plus de véhémence que de raison contre ce qu’on a cru devoir appeler la routine et l’entèlement des gens de la campagne, et l’on peut juger, d’après ce qui précède, que les améliorations ne sont pas toujours aussi faciles qu'on peut le croire en examinant superficiellement les questions agricoles. Les paysans tiennent certainement beaucoup, souvent beaucoup trop, à leurs anciennes habitudes; cependant, s’ils prêtent peu l'oreille aux raisonnemens abstraits, ils savent très-bien ouvrir les yeux devant l’exemple

du succès, et si les nouvelles pratiques ne se répandent pas partout aussi promptement, cela tient surtout à ce qu’elles ne sont pas partout aussi profitablement applicables.

$ VII. — pe l'étendue relative de chaque culture dans une ferme.

Ce n’est pas encore tout de trouver un assolement qui convienne à la terre, au climat et même à la localité; il faut ie coordonner de manière à pouvoir en suivre toute l’année les travaux avec régularité, et ne pas être surchargé dans certains momens et inoccupé dans d’autres. — IL faut aussi que l'étendue relative de chaque sole soit calculée de manière à élablir une balance favorable entre les produits de la terre et ceux des animaux qu'elle nourrit et qui doivent la fertiliser. Cette seconde question, plus que la première, a besoin de développemens.

On considère ordinairement chaque ferme comme divisée en deux parties inégales : une réservée aux prairies ou autres pâturages naturels, la seconde soumise à un assolement plus où moins régulier. Cette dernière se subdivise assez souvent en autant de soles seulement que l’assolement compte d'années; ainsi, dans la rotation triennale avec jachère (fig. 380), le terrain se trouve partagé annue}-

Jachère. Blé. Avoine. Année.

jme — Année.

Avoine. Jachère.

SL Année.

lement par Liers. —Dans la rotation quadrienuale(/g.381), on obtient chaque année quatre Fig. 381.

Cult.sarcl. Avoine.

Année. i |.

jme Année.

Trèfle. Blé. Cult. sarcl. Avoine.

MANN 31? LL NN cl Année. 1/7" h il CIIKI ï — Blé. Cult.sarcl. Avoine. Trèfle.

sx NL ET = 7277 JEPS oi nn L me | A CU

recoltes, de sorte que plus l’assolement est à long terme, à moins qu'il ne comprenne des

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.

DEV LC

piantes vivaces qui occupent le sol plusieurs années de suite, plus les produitsannuels sont variés.

Il est pourtant des cas où chaque sole est elle-méme subdivisée en plusieurs autres soles portant des récolles de même nature, mais ion identiques. — Ainsi, il peut arriver que l’une des soles de céréales, dans l’assolement quadriennal, se compose d’orge et d’avoine; — que la sole des plantes sarclées soit cultivée partie en pommes-de-terre et partie en navets ou en betteraves ; que celle des prairies artificielles ne soit pas enfin exclusivement occupée par le trèfle.

Il peut également arriver que tardis, qu'on laisse à certaines soles toute leur étendue relative, comme par exemple le tiers des terres assolées régulièrement dans une rotation de trois ans, le quart dans une rolation de quatre ans, el ainsi de suite, on trouve néanmoins convenable der partager certaines autres, couformément au priucipé déjà posé de modifier les produits selon les besoins de la consommalion et du commerce local, et surtout selon la quantité de fourrages artificiels dont on a besoin. C’est ainsi que les céréales peuvent faire place en partie à quelques autres plantes utilisées dans les arts, telles que le lin, le chanvre, etc.; que les racines fourragères, comme les pommes-deterre et les betteraves, peuvent être détournées de leur destination ordinaire, la nourriture des bestiaux, dans le voisinage des féculeries ou des fabriques de sucre; qu’elles peuvent disparaitre presqu’entièrement devant des récoltes également binées et sarclées, mais plus épuisantes et plus productives ,comme celles du colza, de l'œillette,ete., dans les localités où les engrais abondent; enfin que les prairies artificielles, en des circonstances analogues, peuvent être réduites à très-peu de chose. Un exemple rendra ceci plus clair ; je le prendrai chez moi : — La petite ferme de Saint-Hervé, siluée sur les rives de la Loire, se compose de: six hectares et demi de terres labourables ; — deux hectares de päture plantée en tétards de frêne et de saule; — deux hectares et demi de prairies naturelles; —et un hectare de lursette où plantation de bordure du fleuve, jardin, verger, bâtimens et cour.

Sur ces douze hectares, 5 1/2 sont donc hors d’assolement ; — 2 1/2 produisent une herbe fauchable, de bonne qualité; — 2, disposés de manière à ne pouvoir être défrichés sans inconvéniens, à causé des inondations fréquentes du fleuve, servent de pâturages aux vaches laitières ou nourrices et aux élèves destinés à la boucherie ou au marché ; — enfin 6 1/2 sont cultivés par parties inégales en lin, chanvre, céréales, et une très-pelite quantité de pommes-de-terre pour les besoins du ménage et l’engraissement des pores.

Sans aucuns frais de culture, à l'aide de Ja prairie, de la pâture dont je viens de parler et du brout, ou,en d’autres terres, des feuilles d’orme et de frêne dont il fait dépouiller les arbres, à la fin de l’été et au commencement de l'automne, pour ajouter à la nourriture du bétail, le fermier actuel conserve, selon les années plus ou moins favorables, de six à

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huit vaches; il élève deux génisses et deux taureaux, et le plus souvent, outre la jument destinée à faire ses charrois, il nourrit encore un jeune poulain.

On concoit qu’en des circonstances semblables les prairies artificielles ou les racines fourragères occuperaient une place utilement réservée aux plantes panaires et surtout aux plantes filamenteuses ci-dessus indiquées. — Il en sera de même partout où les herbages croissent spontanément avec succès, car peu de produits fourragers peuvent êlre comparés à ceux d’une borne prairie, parce qu'aucun ne s'obtient à moindres frais.

Dans la plupart des cas il en est toutefois autrement. Les prairies naturelles ne pouvant suffire, la première condition de succès doit ètre de proportionner l'étendue des fourrages à celle des cultures fumées. — La règle générale à cet égard est qu'une moitié environ des terres consacrées aux végétaux herbacés soit conservée ou cultivée en plantes fourragères. Ainsi, Sur une exploitation de 20 hectares en suivant un assolement quadriennal, voici quels seraient à peu près les résultats : — Betteraves, pommes-de-terre, navets, choux ou autres cultures binées et sarclées, 5 hect. formant la 1'* sole de la 1" année (voyez la fig. 381); — avoine, 5 hectares formant la 2° sote de la 1°* année ; — trèfle, 5 hectares formant la 3° sole de la 1'* année; — blé froment, 5 hectares formant la 4° sole de la 1° année. — En tout, 10 hectares céréales el 10 hectares racines ou plantes fourragères, dont quelques-unes sont également propres à la nourriture de l'homme ou à divers usages économiques ou industriels.

La seconde année, les cultures sarclées succéderont au bié, de sorte que la dernière sole de la 1'° année deviendra la première de la 2°; — le blé prendra la place du trèfle, — le trèfle celle de l’avoine, et ainsi de suite, de manière à donner tous les ans les mêmes résultats.

Les calculs précis que M. nE MorEL-ViNpÉ a établis d’après un grand nombre de recherches faites avec soin dans beaucoup de lieux différens et RU A bien des années, ne s’éloignent pas beaucoup de cetteapproximation.

« Sous la main du moissonneur ordinaire, dit-il, la gerbe de blé donne la botte de paille, poids marchand de 10 à 11 livres, — Les deux gerbes d'avoine font la botte de paille, poids marchand de 18 à 20 livres, — L'hectare de blé froment produit environ 720 gerbes et par suite 720 bottes de paille, — L’hectare d'avoine produit 600 gerbes et par suite 300 bottes de pailles. — L’hectare de bonne prairie artificielle produit, tous regains compris, 1200 bottes de fourrage, poids marchand de 10 à 11 livres. — Toute bête bovine ou cavalière, ou sa représentation par 12 bêtes à laine, bien nourrie et empaillée, donne un tombereau de fumier par mois, soit 12 par an. — Pour fumer convenablement une bonne exploitation, il faut compter par chaque hectare, l’un dans l’autre, six tombereaux de fumier par an.

» En faisant l'application de ce qui précède, je crois pouvoir avancer qu’en toute bonne exploitation é{ faut, pour chaque double hectare : 1° une béte bovine ou cavalière, ou leur

THEORIE DES ASSOLEMENS.

spripien en bêtes à laines ; — 2° pour chacune de ces bétes bovines ou son rempnla-

cement, les pailles d'un hectare, dont moitié en paille de blé, l'autre en paille d'avoine et de plus le fourrage tant vert que sec d’un demi-hectare en prairie artificielle. »

» D’après ce principe, de quelque manière qu'il soit retourné, il faut toujours #7 quart en Jroment,--vun quart er avoine,—unr quart en prairies artificielles; — et un autre quart en culture nettoyant le sol.

» Appliquant à cette division de l’exploitation la proportion constante d’une bête bovine pour deux hectares de terre, dont 12 hectare en blé, un autre en avoine et us troisième en prairies artificielles, je trouve ce qui suit : — la bête bovine ou cavalière, ou leur remplacement par douze bêles à laine, exige en paille de blé 360 bottes, et c’est juste ce que le demi-hectare de blé produit ; — elle demande en paille d'avoine 150 bottes, et c’est Juste ce que donne le demi-hectare en avoine ;—elle veut en fourrages secs d'hiver 360 bottes, plus, en fourrages verts d’été, à l’étable, l'équivalent de 240 bottes, et c’est encore jusle ce qu’on récolte sur un demi hectare de prairies artificielles; — enfin, elle donne au fermier 12 tombereaux par an, et c’est précisément ce qu’exige la fumure de deux hectares.

« Il est donc évident que, dans les proportions que je viens d'établir, tout et de toutes parts se trouve en rapports cerlains et rigoureux..…..» (Mémoires de la Société royale et centrale à Agriculture.)

Sr toutes les terres étaient également fertiles et toutes les saisons également favorables, un tel calcul démontrerait suffisamment la possibilité de détourner, à peu près en entier, le dernier quart de la ferme, de l’usage auquel la plupart des agronomes recommandent de l’emiployer, la culture des plantes sarclées fourragères. Malheureusement il faut sans cesse répéter que rien n’est absolu en agriculture, Les calculs les plus précis dans un lieu peuvent manquer de justesse dans un autre, et chacun doit être en élat de les refaire pour son compte. — Dans bien des lieux on jugera que les prairies sont moins productives que celles qu'a eu en vue M. png Vinpé; le fussent-elles autant, on trouvera encore non seulement que la masse d'engrais, en dépit de l'abondance des litières, est insuffisante, mais que le nombre des bestiaux peut être augmenté avec facilité el profit.

Aussi n'est-il nullement rare de le voir de plus du double, même dans les fermes dites à grains, et peut-on, Je crois, poser en fait, comme on doit l’induire de ce que j'ai précédemment avancé, que, dans la plupart des cas, le quatrième quart de l’exploitalion, à moins que l’étendue des prairies ou des pâturages naturels ne permette d'admettre une autre marche, devra être cultivé, au moins partiellement, en racines ou autres plantes fourragères. Le cultivateur exploitant saura. seul s’il est assez riche en engrais pour consacrer le reste à des récoltes sarclées plus productives et plus épuisantes, telles que celles de la plupart des végétaux propres aux arts; —s’il doit porter au marché une partie de ses pommes-de-terre, de ses foins, etc., ou

les faire consommer en entier sur la ferme.

$ 1X. — Des jachères.

Dans le paragraphe précédent, j'ai mis en regard deux assolemens, l'un avec jachère, l’autre sans jachère. Dans celui-ci je chercherai à développer Les avantages respectifs de l’un et de l’autre. I\ ne me restera plus ensuite, avant de faire connaître les exemples des meilleures successions de culture, qu'à dire quelques mots des récoltes mélangées et multiples sur le même sol.

Afin d'apprécier convenablement ce qui a été dit pour et contre les jachéres, il n’est pas indifférent derappeler d’abord que, selon les lieux et les circonstances, elles n’ont ni le ième but, ni la même durée.

Dans l'assolemeut biennal, usité encore de nos jours dans une partie du midi, et dans l’assolement triennal qui le remplace sur plusieurs points du centre de la France, les jachères reviennent périodiquement de deux en deux ou de trois en trois ans. — Leur but principal est de reposer la terre en l’empéchant de porter continuellement des céréales; — de donner le temps et les moyens de la faconner convenablement, de manière à prévenir l’envahissement des mauvaises herbes ; — enfin, accidentellement, de ménager quelque dépaissance aux troupeaux.

Sous le premier point de vue, si ces sortes de jachères ont un but d'utilité incontestable, il n’en est pas moius vrai qu’elles ne remplissent qu'imparfaitement ce but, d’abord parce qu’elles n’éloignent pas assez le retour des blés; ensuite, parce que les plantes qui croissent spontanément sur le sol ne sont presque jamais celles qu’il importerait de lui faire porter comme culture reposante, — parce quelles ne couvrent qu'une parlie de sa surface; — qu’enfin les débris dont elles enrichissent la couche labourable sont le plus souvent d'un effet peu appréciable.

Sous le second point de vue, l'avantage est plus marqué. Ce qui a été dit, à l'article Zabour, des heureux résultats de l’ameublissement du sol, me dispense d’entrer ici dans de longs détails à ce sujet. — Sur une grande partie du sol de la France, le cultivateur, après la récolte d'orge ou d'avoine qui précède le froment, commence immédialement à préparer sa terre pour le semis qui aura lieu vers la fin de l’année suivante. Le labour qui succède à la moisson et le hersage dont il est ordinairement suivi, contribuent à détruire les plantes vivaces à racines traçantes, en exposant ces dernières à l’action énergique du soleil d'août; ils enterrent les grains des herbes annuelles qui sont tombées par suite de l’action de la faucille. — Le second labour donné aussi avant l'hiver ramène ces graines près de la surface, et les met pour la plupart dans les conditions les plus favorables à la germination; — il ouvre la ‘erre aux in:

filuences des gelées. — Le troisième n'a lieu qu'après les semailles de printemps; il détruit les plantes qui ont levé ou qui recommencent à végéter de leurs racines: — il fait germer une parlie de celles qui se trouvent encore dans la terre, et qui devront

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.

LIV. 1°" éire détruites à ieur tour par les labours subséquens. On en donne parfois deux ct trois dans le cours de l'été. — Nul moyen ne serait préférable s'il ne s'agissait que de nettoyer complètement le sol de tous les végélaux adventices.

Disons toutefois qu’une simple jachere d'hiver qui n'exclut pas les semis de printemps, ou une jachére d'été qui n'empêche nullement les semis d'automne, et qui ne reviennent, l’une et l’autre, de loin en loin, que lorsque l’impérieux besoin d’amender ou d’ameublir extraordinaireraent le sol, ou de le purger des plantes nuisibles se fait sentir, suffit le plus souvent pour obtenir le résultat désiré.

Quant au troisième but, celui d’obtenir momentanément un peu de pâlurage, il est évident qu'on ne peut l’atteindre en suivant la méthode que je viens d'indiquer; aussi n'est-il pas rare de restreindre "le nombre des labours à trois, même à deux, et de les différer jusqu'aux approches des semailles.

Dans ce cas les frais de main-d'œuvre sont moins considérables; — la jachère donne quelque produit, mais l'objet qu’on devait principalement se proposer est en partie manqué; car deux labours sont loin de suffire pour faire périr les chiendents, une grande part'e des mauvaises graines restent intactes, au détriment de la céréale suivante, et la terre n’est pas divisée comme elle devrait l'être; à mon gré, quelques brins d'une herbe médiocre ne sont pas une compensation suffisante à un tel inconvénient.

Je pose donc en fait que de semblabies jachères ne peuvent étre considérées comme productives. Il serait déraisonnable de ne pas reconnaître leurs bons effets sur les cultures dont elles sont suivies; mais voyons si ces effets ne sont pas trop chèrement payés.

Dien qu'il soit approximativement possible d'estimer le prix des labours dans chaque localité particulière, il devient à peu près impossible de le faire pour toute la France, à moins de prendre un terme moyen dont le résultat serait plus satisfaisant pour les esprits purement spéculatifs qu'utile aux praticiens. Ce prix varie en effel en raison de Ja nature du sol, — du degré de perfection des charrues, — de la rapidité plus ou moins grande du travail, — du prix de main-d'œuvre dans chaque localité, et du nombre d'hommes et d'animaux de trait employés aux opérations agricoles. — Il varie aussi nécessairement de ferme à ferme, et souvent d’année à année, par suite de la facilité plus ou moins grande avec laquelle on peut pourvoir à la nourriture du bétail. — Enfin il varie encore accidentellement, eu égard au moment où le travail doit être effectué; car il est évident que s’il était possible de trouver un instant où les animaux fussent complètement inoccupés, comme il faut néanmoins pourvoir à leur entrelien en pareil cas, le labour devrait être estimé moins cher. Il devrait l’étre au contraire d’aulant plus qu'il entraverail d'autres travaux d’une plus grande imporlance.

Dans tous les cas, les labours sont toujours des opérations dispendieuses, d'abord parce qu'ils prennent beaucoup de temps ; — qu'ils

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fatiguent les hommes et les animaux de trait — qu'ils ajoutent aux frais d'entretien de ces derniers; et, d’un autre côté, parce qu ils forcent à en élever le nombre et à diminuer d'autant celui des vaches laitières où nourrices, des élèves ou des bœufs à l’engrais, de tous les animaux enfin qui donnent à la ferme d’autres produits que leur travail, et dont la quantité est nécessairement proportiounée à celle des fourrages.

Ce que j'ai dit prématurément ci-dessus, du prix effectif d’une journée de charrue sur quelques points de la France, prouve limportance que les paysans attachent au travail de leurs bœufs. À 12 fr. par jour, un 1‘ labour de jachère coûterait, selon la nature du sol, de 40 à 50 fr. par hectare; — qu'on juge d’après cela des frais d’une jachère complète; — à la vérité les dernières facons sont moins penibles et plus rapides que les premiéres el les labours, ne sont pas partout exécutés aussi chèrement que dans l’ouest; mais, de cet exemple on peut conclure que M.Prcrer de Genève ne s'écarte pas des bornes du vrai, au moins pour beaucoup de nos départemens , lorsqu'après avoir calculé sur un nombre moyen de 3 animaux de trait à 2 fr.

chèque, et de 2 hommes à 1 f. 50 c., en tout 9 fr. pour la journée, il ajoute : « J’estime que l’étendue moyenne de terrain labouré dans une journée de charrue, répond à l’espace nécessaire pour semer 5 myriagrammes I quintal de ffoment) : or, comme ce terrain (environ 26 ares) est labouré six fois dans le cours de la jachère, il faut multiplier 9 fr. par 6, ce qui donne 54 fr. pour le prix du travail de la charrue, Je suppose quatre hersages seulement, y compris celui de semaille, dans tout le cours de la jachère; un cheval et un homme suffisent à herser ce que quatre charrues peuvent labourer ; la journée de ’homme et du cheval peut s’estimer 3 fr, 50 c. Le nombre des journées de hersage) se trouve égal au nombre de quintaux de blé que l’on à à semer, c’est 3 fr. 50 cent. à ajouter à 54 fr., soit 57 fr. 50 cent. — 51 l’on suppose que, dans le cours de la jachère, on ait fait ramasser les racines de chiendent, si l’on a lait casser les mottes après la semaille, si l’on ajoute les frais du semeur et ceux des rigoies d'écoulement, on verra que les frais de la Jjachère complète montent au moins à 60 fr.

pour un espace de terrain qui reçoit 5 myriagraimes de blé.Je ne fais entrer dans ce calcul oi le prix du fumier, ni son charroi sur les terres, parce que ces deux objets de dépense sont les mêmes lorsqu'on ne suit pas le syslème des jachères. »

En continuant ce calcul, on trouverait que les frais de culture seulement d’un hectare 4 ares s’élèveraient à 240 fr.

Que l’on ajoute à cette somme le prix de deux années de ferme, puisque celle de jachère coûte beaucoup sans rien produire ; — celui des engrais, loujours moins abondans d’après ce système que d’après celui des cultures allernes ; — celui de la semence; —enfin, celui des travaux de récolte, d'emmagasinement et de transport, et que l’on juge, en comparant les produits, de combien le cultivateur sera en déficit s’il veut estimer à leur plus basse valeur, je ne dirai pas même

THÉORIE DES ASSOLEMENS.

son industrie, mais le travai! de ses bras, celui de ses domestiques et de ses animaux de charrue.

. Du reste, il est fort rare que l’on dcnne jusqu’à six labours de jachère, ou du moins que l’on emploie ce procéde autrement que de loin en loin sur des terres que l’on veut à tout prix débarrasser des mauvaises herbes qui lesont envahies.Le plusordinairement on se contente de trois labours et de quelques hersages. Les frais se trouvent ainsi considérablement diminués; mais tels qu'ils sont, on peut encore les considérer comme exorbitans.

L'évaluation des frais dans les circonstances les plus favorables de l’assolement triennal doit donc reposer sur les bases suivantes : —Prix de location d’un hectare pendant 3 ans ; — 3 labours au moins de jachère; — un labour au moins pour la seconde ceréale:; — une fumure.

Celle des bénéfices ne peut porter que sur deux récoltes ordinairement assez chetives de céréales.

Dans l’assolement quadriennal on aura :

— prix de location pendant 4 ans ; — 4 labours, 2 pour la culture sarclée, 1 pour la céréale qui lui succède, et 1 pour le blé qui remplace la prairie artificielle; — façons d'entretien et d’arrachage des racines four-ragères ; — fauchage de la récolte verte; — une fumure ; — et pour les bénéfices quatre récoltes.

De quelque manière qu’on envisage les résultats comparatifs, il résulte incontestablement de ce qui précède que, tandis qu'avec le premier assolement on donne deux fumures en 6 ans, on n’en donne pas plus en 8 ans avec le second ; et que, toutes choses égales d’ailleurs, grâce à la propriété reposante et fécondante d’un trèfle rompu et ea partie enfoui, au renouvellement de la rotation, on peut être cerlain que la terre sera cependant moins épuisée qu'après les deux céréales de l’assolement avec jachère; — que le nombre des labours doit êlre considéré comme à peu près le mème dans les deux exemples, puisque, en suivant l’assolement triennal on en compte au moins quatre pour 3 ans : ce nombre est même souvent insuffisant, tandis qu'avec l’assolement quadriennal on peut également n’en donner que quatre: de sorte que les facons indispensables aux racines ou autres plantes sarclées et binées de la première année comptent pour la différence de la quatrième; — qu’en suivant la 1° méthode on paie 3 ans de fermage pour ne récolter que deux fois, au lieu qu’en suivant la seconde, chaque année amene sa récolte; — que, dans le premier cas, il faut être particulièrement favorisé par la localité pour posséder, en dehors de l'assolement , les herbages naturels nécessaires à l'entretien, à l'éducation et à l’engraissement des animaux, et à une suffisante production des fumiers, tandis que, dans le second, les’ cultures destinées à procurer des fourrages alternant avec celles qui ont pour but de pourvoir à la nourriture de l'homme, on ne doit, sauf les obstacles que peuvent présenter les saisons, éprouver à cet égard aucun embarras. Si l’on objectait qu’en 12 ans, avec

l'assolement quadriennal on n’obtiendrait que 6 récoltes céréales, tandis qu'avec l’autre on en obtient 8, je répondrais , avec la conviction de l'expérience, qu’en portant un tiers seulement de grains en sus par chaque rotation de 4 ans, on doit se trouver presque partout au-dessous de la vérité, et qu'ainsi, sous ce seul rapport, la balance serait au moins égale au bout de 12 ans, tandis qu’on devrait compter, en faveur de l'assolement sans jachère, tous Les autres produits.

C'est avec intention que j'ai choisi les deux exemples précédens (voy.f£.380et 381). Il fallail,en regard de l’ancienne pratique, prouver qu'on pouvait s’en écarter facilement sans rien changer pour ainsi dire à la production principale, celle à laquelle le fermier tient le pius, parce qu'elle lui représente un capilal monétaire, et qu'il ne calcule pas si bien la valeur des denrées qui se consomment dans son exploitation, et qui doivent cependant lui rapporter, sinon aussi directement, au moins aussi sûrement, des produits d’une vente également assurée, teis que le beurre, la laine, le lard, la viande de boucherie, etc. — La rotation quadriennale offre d’ailleurs un de ces assolemens à court terme qui Joint au mérite de pouvoir être adopté dans un très-grand nombre de cas, celui de donner des bénéfices satisfaisans, dès qu'il est bien établi, et de tenir les terres constamment en bon état sans augmenter bien sensiblement les frais de culture. Du reste, cet assolement pourra être modifié selon les lieux, soit en substituant le seigle, l'orge, le froment même à l’avoine, soit en remplaçant les pommesde-terre par des betteraves, des rutabagas, des navets, des choux, etc., soit enfin en mettant à la place dutrèfle, de 8 en 8 ans, un autre fourrage légamineux annuel, si l’on s’aperçcoit que sa végétation s’affaiblisse après un certain temps.

A côté des jacheres biennales ou triennales, dont Yétendue diminue progressivement sur presque toute la France, il existe d’autres Jachères également périodiques ou semi-périodiques qui doivent nous occuper aussi quelques instans. Celles-là surtout sont le résultat de l'insuffisance ou de la difficulté des moyens de culture. — En des contrées peu peuplées, privées de débouchés ; — sur des fermes trop vastes pour le fermier qui les dirige, dans l'impossibilité de cultiver annuellement toutes les terres, on assole seulement les meilleures, et on laisse les autres en jachère pendant un nombre d'années d’autant plus considérable qu’elles sont d’une cullure moins productive. Parfois, après quatre ou cinq ans de repos, on rompt le pàäturage dont elles se sont couvertes, et on les soumet à une rotation de quelques années seulement, puis on les abandonne de nouveau à ellesmêmes dès que les bons effets de la végélation herbagère et du pâturage des troupeaux cessent de se faire sentir. — D'autres fois, après un écobuage, on leur demande deux ou trois récoltes successives de pommes deterre, et de céréales ou de sarrasin, qui paient tant bien que mal les frais de culture. Certes une telle pratique ne peut être recommandée d’une manière générale, mais il est telles circonstances où l’on ne doit pas non plus

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.

la condamner trop absolument; d’abord; parce qu'il est toujours vrai qu'il vaut mieux répartir la faible quantité d'engrais que produit une ferme sur une petite que sur une grande étendue de terrain, afin d’évilér au moins des frais de main - d'œuvre inutiles ; ensuite, parce qu’on rencontre certaines localités où, sans dépenses excessives, on peut regarder comme impossible de régler un assolement. Or, pour prêter beaucoup à la terre, il faut être sûr de le faire à un intérêt raisonnable.

Au moins si une jachère de plus d’une année ne donne pas de bien riches produits pendant sa durée, elle en donne toujours quelques-uns, souvent même d’assez imporans, soit qu’elle se couvre d’herbages fourragers, soit qu’elle fournisse spontanément à la végétation des genèêts ou des ajones dont ilest facile de tirer parti. — Reste à comparer ces produits, obtenus sans travail, au prix de location du terrain. Je le répète, un pareil système n'est pas recommandable, mais on doit parfois le considérer comme une nécessité.

Au reste, cette difficulté d'établir une rotation à court terre sur quelques parties de la propriété, n’est pas un motif pour ne pas assoler convenablement le reste. Il est même assez rare que l’on ne cultive pas diverses parcelles hors d'assolement, tantôt en bois ou en pâturages, tantôt en prairies naturelles ou artificielles d’une longue durée. — Il est plus rare encore que l’on puisse adopter le même assolement sur toute une propriété d'une certaine étendue, parce que presque toujours la qualité du sol et son exposition varient; —enfin,il n’est que trop ordinaire que les combinaisons les mieux calculées soient entravées par suite des vicissitudes des saisons. C’est au cultivateur qui connait bien la ferme qu'il exploite, à se rappeler les principes el, dans ces cas exceptionnels, à modifier la pratique au gré des circonstances. Ce qui suit pourra le guider parfois utilement.

$ X.— Des récoltes mélangées et multiples.

S’il est vrai que les plantes d’une méme espêce où de plusieurs espèces analogues se nuisent dans leur rapprochement, parce que leurs résidus excrémentiliels ne peuvent se transformer en alimens qui leur soient propres, on devrait naturellement en conclure que les récoltes mélangées seraient préférables, en principe, aux cultures homogènes; et, eneffel, il est tels faits qui semblent appuyer cette théorie. — Sans parler des semis mélangés de seigle et de froment, d'orge et de froment, d’orge et d'avoine, sanctionnés dans plusieurs de nos départemens par une pratique de plusieurs siècles, on peut ciler avec plus d'assurance les mélanges fourragers connus en divers lieux, et depuis tout aussi longtemps sans doute, sous les noms d’Aivernages, coupages, dragées, elc., etc.

Les semis hétérogenes faits simultanément sur un même sol, peuvent présenter divers avantages et divers inconvéniens. Afin de

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