‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 184 sur 357 · TOME Î · texte numérisé non relu

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qui la propagea le premier. Elle se fonde sur un principe de physiologie végétale bien connu aujourd'hui : que les plantes n’abandonnent leur eau de végétation que lorsque la vitalité est détruite. Plusieurs causes, plusieurs agens peuvent opérer cetle destruction : la dessiccation à l’air libre, la trituration, la cuisson, la fermentation, les combinaisons chimiques au moyen de substances étrangères. Si l’on prend des plantes bien sèches, qu'on les fasse tremper dans de l’eau, après un certain temps et en raison de la porosité de leur tissu, elles se chargeront d’une plus grande quantité de ce liquide qu’elles r’en contenalent à l’état vert et herbacé’; lorsqu'elles sont ainsi mouillées artificiellement, si on les expose à l’action du vent et du soleil, elles seront complètement sèches après 20 à 25 minutes, tandis que pour les réduire au même état de siccité, il a fallu 36 à 48 heures de beau temps pour évaporer l’eau de végétation.

Pour anéantir les principes de vie, Clapmayer s'est servi de la fermentation. Quelques heures après que le trèfle ou tout autre fourrage est fauché, on l’amasse en gros monceaux tassés médiocrement, afin que l’air,qui est un agent essentiel à la fermentation,

uisse y pénétrer. La fermentation se mani-

este quelquefois après 12 heures, le plus souvent après 24 à 30, rarement elle tarde jusqu’à 60. Elle marche tantôt rapidement, tantôt avec une grande lenteur. Dans tous les cas, lorsque la chaleur qui se développe à l'intérieur est telle qu’on ne peut plus y tenir la main et que le gaz s'échappe d'une manière sensible à l'œil, il n’y a plus de doute que le principe de vie ne soit détruit dans les végétaux. On rassemble un grand nombre d'ouvriers, on démonte le tas, on l’é-

arpille au loin; et, après une heure où une crée et demie de beau temps, le tout est sec et a conservé ses feuilles. Quoique les gaz qui s'échappent lorsqu'on disperse les tas échauffés ne soient pas bien nuisibles, parce qu’ils sont emportés et mélangés avec la masse ambiante, il est bon de prendre quelques précautions. Les ouvriers se plaignent que cette opération les rend ivres sans avoir eu le plaisir de boire. Cette méthode parait très-commode et très-simple au premier aperçu; mais, appliquée sur une grande échelle, elle ne laisse pas que d'offrir des difficultés réelles. Ainsi, dans l'incertitude du moment où la fermentation sera arrivée au degré convenable, on ne sait trop à quoi employer les ouvriers. D’un autre côlé, si la fermentation se manifeste dans plusieurs tas à la fois, on n’a pas assez de bras, el on risque de perdre beaucoup; car, lorsque cette fermentation dépasse certaines limites, le fourrage se moisit, se champignonne et devient cassant ; il s’est opéré des réactions, des combinaisons chimiques, qui en ont altéré l’arome et détruil la qualité. Si une meule vient, en outre, à s’échauffer démesurément pendant la nuit, on est en danger de la perdre. h

Quelles que soient les préventions des valets contre le fourrage séché à la Clapmayer, on nue doit s’en rapporter qu’à la réalité. Il est de fait que les militaires qui ont fait la

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