‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 186 sur 357 · LIV. 1%, Fig · texte numérisé non relu

LIV. 1%, Fig

A THIERALET,

moyeu d’une de ces roues est armée d’une surface circulaire dentée et donnant le mouvement à une lanterne qui, elle-même, fait

corps avec l’essieu du râteau circulaire.

« Celui-ci, dit un auteur, se compose d'un grand tambour ou hérisson pouvant s’élever ou s’abaisser à volonté, et formé de 8 ràteaux particuliers à dents de fer recourbées. Le hérisson est assujetti à deux mouvemens, Pun de progression dans le sens horizontal, et l’autre de rotation autour de son axe. Cette machine, traînée par un cheval marchant d'un pas ordinaire, c’est-à-dire parcourant 200 pieds par minute, fait faire aux roues 20 à 21 tours ,et au hérisson ou râteau continu 60 à 63 tours dans le même temps; ce qui fait, à peu de chose près,pour celui-ci,un tour par seconde. Alors la vitesse des extrémités des dents est de 17 à 18 pieds par seconde, vitesse prodigieuse, qui projette le foin à une grande hauteur. Ainsi cette machine peut éparpiller et retourner le foin sur une étendue de 10 perches en moins de 4 minutes, ou d’un arpent en 40 minutes » (1 hectare dans 1 heure 40 minutes). Les dents, en s’approchant du sol, s’abaissent et ràclent, pour ainsi dire, la terre; ce qui remplit parfaitement l'office du râteau. Jusqu’à présent l’usage de ces machines est très-restreint. Nous en avons donné les figures, non pas pour en conseiller l’emploi, mais pour engager les cultivateurs à les imiter et à en simplifier le mécanisme.

Quel que soit l'instrument qu'on adopte pour relourner le foin, il est essentiel que cette opération soit faite avec activilé et avec beaucoup de soin. Lorsque le foin est en couches un peu épaisses, les faneurs ne font pas plonger le râleau jusqu’à terre, de sorte que la couche inférieure n’est jamais ramenée à la superficie pour profiter de la chaleur des insolations.

Dès que le chef de main-d'œuvre s'aperçoit que le soleil descend sur l’horizon, et qu'il ne reste plus que le temps suffisant

cHap, 11°.

pour mettre en mOonceaux ou chevrottes tout ce qui est coupé et éparpillé, on doit cesser toute autre besogne pour se mettre à celle-ci avec ardeur. On doit avoir pour principe de pe laisser exposé à la rosée que ce qu'on ne peut soustraire à son influence. À

Aussitôt qu’on s'aperçoit que le foin a acquis un degré suffisant de siccité, on

s'occupe de le rassembler et de le mettre en monceaux. Si on l’enlève immédiatement, on peut se contenter de le disposer en bondins ( fig. 397), qui ne sont autre chose que des

Fig. 397.

prismes de foin disposés sur toute la longueur de la prairie. Si le fourrage est destiné a passer la nuit ou un espace de temps plus long , il est nécessaire de l’amonceler d’une manière plus régulière, et qui le mette à l'abri des accidens qui peuvent survenir.

Moins le foin est sec, plus petits seront les monceaux , et vice versä. On les dispose souvent en z#7amelons, qui présentent la forme d'une demi-sphère. 1l serait bien plus avantageux de leur donner celle d’un cône alongé (fig. 398). La pluie a moins de prise, glisse

Fig. 398 sur les parois extérieures, pourvu que l’on ait pris la précaution de les rendre lisses au moyen du râteau.

Ce dernier instrument est celui que l’on emploie généralement pour rassembler Je foin et le mettre en tas. Les Anglais connaissent, sous le nom de réfleur ( fig. 399),

Fig. 399.

un instrument qui fait économiquement la majeure partie de la besogne. Il se compose de deux traverses horizontales, maintenues entre elles, à la distance de trois pieds ou environ, par des montans verticaux, de sorte

ue l’assemblage imite assez bien le dos die chaise. Quatre chaines attachées aux quatre coins se réunissent en un point où s'attache le palonnier. On conçoit que l’acson d’une pareille machine, trainée par un

RECOLTES DES FOURRAGES

cheval, doit être très-prompte, mais aussi très-imparfaite. Au total, pour que ces instrumens ne fonctionnent pas avec une telle défectuosité qu'on doive renoncer à les utiliser, il est indispensable que la prairie soit parfaitement nivelée,

On a dpéiquerois proposé, pour hâter la dessiccation des foins, de les étendre sur une sorte de claie ou treillage. Cette méthode serait assez dispendieuse pour l’achat des lattis, mais elle retrancherait toute maind'œuvre ultérieure. Un vice radical s’opposera toujours à l’adoption de ce mode, c’est que le fourrage est exposé à la pluie et à la rosée, et nous ne saurions lrop répéter que l'humidité, de quelque part qu’elle vienne, est un agent puissant d’altération pour tous les fourrages.

La dessiccation n’est pasle seul moyen que nous ayons pour conserver les substances végétales. On a tenté, mais sur une trop petite échelle pour accorder pleine confiance à des essaisincomplets,ona tenté,disons-nous, de faire, avec des herbages coupés verts, une sorte de chou-croûte, en empilant et tassant le produit des prairies avec des couches alternatives de sel. On sait que l'addition, en certaine proportion, de cette dernière substance, empêche toute fermentation et la putréfaction qui en est la suite. Il est hors de doute que de foin ne puisse ainsi se conserver indéfiniment. Mais quels silos, quelles constructions ne faudrait-il pas pour conserver une grande masse de fourrage? L’excès du sel ne nuirait-il pas à la santé des animaux? C’est un moyen, d’ailleurs, auquel il ne faut pas songer dans l’état actuel des choses. Le prix du sel permettrait tout au plus de faire quelques essais. — Ce n’est pas que le sel ne soit d’un grand secours pour paralyser les effets d’une dessiccation incomplète. Si l’on rentre du foin naturel ou artificiel qui ne soit pas assez sec, on fera bien, en l’entassant dans le grenier ou dans la meule, de saupoudrer chaque couche de sel gris ou de rebut de salines, lorsqu'on peut s’en procurer à bas prix. Ce procédé est préférable à celui qui consiste à saupoudrer le fourrage avarlé immédiatement avant de le donner aux animaux. Le sel, dans cecas, ne peut en détruire la mauvaise qualité, mais seulement la masquer, tandis qu'employé comme nous le conseillons, il prévient toute altération.

En Allemagne, on fait ce que l’on nomme du Join brun. Lorsque l’herbe est à moitié sèche, on la met en meule en la foulant et la tassant dans tous les sens. L'air extérieur n’a point de contact avec le fourrage. Il y a bien ensuite une sorte de fermentalion, mais cette fermentation est lente, insensible et tout-àfait analogue à celle qu’éprouvent les plantes agglomérées des sols tourbeux. Aussi le foin brun a beaucoup de ressemblance avec la tourbe, et pour le donner aux bestiaux, on est forcé de le couper en prismes avec un instrument tranchant. Le foin n’est pas du tout du goût des chevaux, mais, au dire de tous ceux qui en ont fait usage, les bœufs le préfèrent à tout autre, et s’engraissent promptement avec cette nourriture. On connait peu en France cette manière de faire le

foin, et si elle ne présente pas le danger de s’échauffer au point de brûler, il est à désirer qu’on l’adopte partout où l’on se livre à l’engraissement du gros bétail.

Dans ce que nous avons dit jusqu'ici, nous avons supposé que latempérature et Les localités favorisent la dessication du foin; il n’est pas rare que a pluie, les orages viennent déranger les calculs du cultivateur : celui-ci sera toujours prêt à faire face aux changemens les plus brusques, les plus imprévus de l’atmosphère : si des pluies d’orages, si des eaux boueuses, des rivières débordées parcourent ses prairies et couvrent les herbages d’une vase impure, il est nécessaire de retarder le fauchage jusqu’à ce qu’une pluie douce vienne laver les feuilles des végétaux ; si cela ne suffit point pour rendre le fourrage propre et sain, on n’en fera pas moins la fenalson comme à l'ordinaire; mais, en préparant le foin, on aura la précaution de le secouer souvent et énergiquement, afin de faire tomber la poussière; avant de l’emmagasiner on le battra au fléau : cette besogne s’exécutera avec plus de perfection et de succès si on Je fait passer par une machine à battre, dont la ventilation emportera au loin a poussière. Ce travail est malsain pour les ouvriers, et on aura soin de les relayer de temps en temps.

Lorsque la température se dérange tout-àcoup, au moment où l’herbe est déjà coupée, on se gardera bien de la répandre, mais on la laissera en andains ou en chevrottes.

Du reste, on se persuadera bien que, pour que la dessiccation soit arrivée à un degré convenable, il n’est pas du tout nécessaire que la totalité de l’eau de végétation soit évaporée. Tous les bons praticiens savent que le foin emmagasiné, pour être de bonne qualité, doit subir une fermentation légère et insensible, qui manifeste sa présence dans le tas par une sueur qui en couvre la surface. Ainsi, lorsqu’un foin n’est pas parfaitement sec, et que la pluie menace, ne craignez pas de le rentrer, il n’en sera que meilleur. Si vous avez des doutes sur sa conservation, mélangez-le par couches alternatives avec du foin vieux et bien sec, ou stratifiez-le avec de la paille d'orge ou d'avoine. Avec l'emploi de ce moyen, vous pouvez être sans inquiétude.

Dans les prés marécageux, dans les endroits ombragés, la dessiccation s'opère lentement, et le foin court beaucoup de chances d’être avarié. Il est prudent, lorsqu'on le peut, de l'emporter de ces fonds humides aussitôt qu’il est coupé, et de le transporter dans un endroit où il se sèche plus promptement et plus sûrement. Pour cela faire, on emploiera avec succès le râfleur dont nous avons parlé, ou un traîneau.

Dans le Tyrol, on fait de très-bon foin dans les prairies très-humides où même inondées, au moyen de perches ( fig. 400) de 5 à 6 pouces de circonférence, et de 4 à 5 pieds de longueur, qui portent vers leur extrémité supérieure trois ou quatre ”etites traverses en croix. Après la fauchaison, on nene ces

perches dans la prairie, on réunit le foin en

assez gros tas qu'on pose sur les perches sans les laisser toucher à terre. La forme

sert a rejeter les eaux

côtés, et le foin peut ainsi rester plusieurs semaines sans le moin-

Page 1