‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 224 sur 357 · LEVAL · texte numérisé non relu

LEVAL

Jours ouvertes, pour empêcher l’engouffrement du vent.

Toute cette construction, contenant, pour les 5 travées dont elle se compose effectivement, une superficie d'environ 36 toises ou 137 mètres, a coûté, aux prix des environs de

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15,000 gerbes y ont été serrées et battues avec la plus grande commodité, sans que le blé, constamment aéré, ait contracté aucun mauvais goût, et sans en perdre un seul grain; les pailles s'y sont conservées tou- Jours fraiches et entières pendant une et même deux années ; enfin, depuis sa construction en 1812, le bâtiment lui-même n’a éprouvé aucun altération.

M. pe MoreL-Vinpé estime qu’une grange en maconnerie Coûterait, proportionnellement, trois fois autant qu'un gerbier du genre de celui-ci.

Cette opinion nous paraît, d’après quelques calculs à ce sujet, peu éloignée de la vérité; mais nous sommes en même temps portés à penser, d’une part, qu’il ne pourrait qu'être avantageux d'adopter, pour l’exécution d'un gerbier dü genre de celui dont nous venons de parler, un mode de construction qui offrit plus de chances, sinon de plus de solidité, au moins de plus de durée, notammenten faisant usage, au lieu de peuplier, soit du chêne, soit d’un bois résineux, tel que les pins, les sapins, les mélèzes, etc.; et, d'autre part, qu'il serait possible d'adopter, pour les granges en général, des dispositions en même temps moins dispendieuses et plus convenables que celles qui sont ordinairement suivies. Peut-être essaierons-nous dans la suite de cet ouvrage de préciser nos idées à cet égard, et en même temps de les généraliser en les étendant, autant que possible, aux divers matériaux, dont on peut avoir à disposer pour la construction des divers bâlimens ruraux.

GOURLIER.

ART. II. — De la conservation des grains battus.

$ 1°°.—Des greniers à blé.

Dans la plupart des exploitations rurales, on emploie comme greniers à blé ou à avoine les étages supérieurs des bâtimens d’habitation ou autres, en faisant en sorte qu'ils satisfassent le mieux possible aux conditions que nous allons poser ci-après, pour le cas où l’on ferait construire un bâtiment spécialement destiné à servir de grenier.

Dans l’'emmagasinement des grains er grenier, on doit se proposer principalement :

1° d’en hâter la dessiccation, afin de prévenir l’échauffement qui pourrait résuller de lPhumidité qui s’y concentrerail; 2° et de les soustraire, autant que possible, aux attaques des animaux granivores, et principalement des rats, des souris, des oiseaux, etdes charançons et autres insectes.

Le contact de l'air sec offrant un moyen de dessiccation tout naturel, on le favorise d'abord en n’amoncelant le blé qu'à une hauteur peu considérable, et qui doit être d’autant moindre que le blé est moins âgé, c’està-dire d’à peu près 40 à 50 centimètres (15 à 19 pouces) à un an; 60 cent. (22 pou.) à 2 ans; 70 cent. (26 pou.) à 3 ans; et au-delà, autant que possible, de 80 cent. (2 pi. et 1/2) au plus.

Cette dernière dimension est, par exemple, celle qui est ordinairement observée dans les greniers de Corbeil, près Paris; cependant, dans quelques années où les approvisionnemens aboudaient, et notamment en 1512, on x élé jusqu’à 1 mètre 13 centimètres (3 pl. et demi).

Plusieurs autres raisons exigent d’ailleurs que la hauteur d'amoncellement ne soit pas op grande: d'abord, le poids assez considérable du blé. Ce poids varie beaucoup, soil suivant la qualité du blé, soit suivant son âge; il est, moyennement, de 750 kil. le mètre cube. Ensuite, la nécessité, dans l’intérêt de la dessiccation et de la conservation, de remuer périodiquement ces grains par le vannage, le pellage.

La facilité de ces manutentions exige qu’on réserve, de distance en distance, des espaces vides; il est bon, en outre, d'en réserver également le long des murs de face.

Si l’on tient en outre compte des emplacemens nécessaires pour les escaliers, les trappes, etc., il est facile de reconnaitre combien est considérable l’éterdue que réclame un approvisionrement un peu important. Elle ne peut être moindre que d'environ 2 ou 3 mètres carrés de plancher pour un mètre cube ou 10 hectolitres de blé.

En conséquence, dans des bétémens construits ad. hoc, il sera nécessaire de multiplier, autant que possible, le nombre des étages, et, à cet effet, de réduire la hauteur de chacun d’eux au strict nécessaire, dont la limite est ce qu exige la facilité du pellage, c’est-à-dire environ 2 mètres (6 pi.) (1).

La charge considérable de chaque plancher, celle surtout qui résulte, pour les points d'appui inférieurs, de la superposilion d'un nombre plus où moins considérable d'étages, oblige d'abord à ne pas écarter ces points d'appui au-delà d’uue certaine limite, et eusuite à donner à chacun d'eux une force proportionuee.

Quant à leur écartement, il est assez généralement reconnu convenable qu'il n'excède pas à peu près 4 mètres ou 12 pieds d’axeen axe. Il suffira, du reste, qu’ils soient en bois de grosseur convenable.

Les planchers devront être généralement composés : 1° de poutres traversant d’uue face à l’autre et reposant sur les poleaux ; 2° de solives portanL sur les poutres, saus assemblage; 3° et enfin, d'un planchéiage général, le bois convenant mieux dans notre climat, pour recevoir le blé, que la terre cuite, le plâtre, etc., et étant aussi d’un entretien moins dispendieux et plus facile.

Les faces pourraient également être con-

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