‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 229 sur 357 · DES FOSSES DE RESERVES OU SILOS · texte numérisé non relu

DES FOSSES DE RESERVES OU SILOS

. Couverts d’une toile imperméable, étaient à l'abri des injures du temps, sans être privés d'air; bientôt, desséchés par une chaleur douce et uniforme, on pouvait sans crainte les enfermer dans les silos.

Les Chinois emploient à cet usage leurs étuves où hangs : ces appareils se composent d’un fourneau placé dans une cave, d’un conduit de chaleur qui se rend dans l’étuve, et de conduits pour la famée ; la chaleur produite dans le fourneau, poussée par l’air extérieur et attirée par la raréfaction de celui de l’étuve, s’engouffre avec rapidité dans ce conduit de chaleur, se répand dans l’étuve, échauffe toute la chambre et le blé qui y est renfermé; celui-ci y sèche parfaitement; les insectes qu’il renferme sont détruits, et il devient incapable de germer, de fermenter ou d’être altéré dans les silos.

En Hollandé, à Haarlem, par exemple, on emploie à cet usage une tourelle construite en briques, au milieu d’un pavilion attenant au magasin général des vivres; sa hauteur est de 5 m., son diamètre de 2 m. 20. Au bas de la tour est un fourneau, d'où partent des conduits pour la fumée et pour la chaleur ; ce dernier est un tuyau carré de cuivre rouge, qui s’élève en spirale jusqu’au sommet de la construction, en suivant le contour du revêtement intérieur; ce tuyau, destiné à l’épuration du grain, a une ouverture supérieure pour le recevoir, et une inférieure pour le déverser. Tout l’intérieur de la tourelle, au reste, est une véritable étuve. On a ménagé les moyens de retarder ou accélérer la marche du blé dans le tuyau, de l’ébranler pour prévenir les engorgemens, enfin, d’en connaître la température au moyen du thermomètre, afin de la maintenir entre 45 et 50°.

Ces dispositions ne peuvent convenir qu'aux grands établissemens ou aux greniers de réserve fondés par le gouvernement ou par des villes; mais il sera facile aux propriétaires et fermiers qui voudraient enfouir leurs grains, dans les années de baisse, afin de les conserver pour celles de disette, de leur faire subir une préparation analogue dans les fours, ou dans les petites étuves que toute exploitation bien ordannée doit posséder.

IT. Principales formes des silos.

En Egypte, on a trouvé un lieu de réserve composé d’un vaste vestibule ayant, à droite et à gauche, sept chambres contiguës. Les murs, très-épais, sont en granit et parfaitement joints et cimentés. On y trouve aussi des silos de petite dimension, de forme carrée; une seule dalle de granit forme le fond; quatre, les côtés ; et l'ouverture supérieure est fermée par un bloc de même matière et mis parfaitement à l'abri par un dallage en pente qui rejette les eaux.

Les Romains avaient aussi des fosses de réserve pour la conservation des grains (fig. 458); elles étaient en meulière enduite d’un excellent ciment ; ils en creusaient aussi dans le roc comme à Amboise,mais dans des positions à mi-côte et à des expositions favorables, afin d'éviter l’humidité. Cette pratique MEMTOUYS dans l’Inde, l’Arabie et la Bar-

arie.

324 AGRICULTURE : CONSERVATION DES RÉCOLTES

Fig. 458.

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Dans beaucoup de contrées, et notamment en Chine, les cavernes naturelles furent les premiers greniers de réserve; on les remplissait dans les années d’abondance, et on en fer-

mait l'ouverture avec de gros rochers, de la,

terre et du gazon. Ces cavernes étaient choisies dans un sol bien sec et bien compacte, ou plutôt dans le roc sans crevasses ni humidité, ayant ouverture au nord.— L'intérieur avait été préalablement tapissé de paille, et le grain parfaitement séché au soleil le plus ardent. Il parait que du blé a été très-bien conservé de cette manière pendant plusieurs siècles.

Souvent on creusait à mi-côte des puits nommés Xiar, dans es endroits les plus secs, et où le terrain avait le plus de consistance. Quand un puits avait la largeur et la profondeur nécessaires pour contenir les grains qu'on y voulait mettre, on le remplissait de branchages secs qu'on allumait pour dessécher et durcir les parois. Comme l'humidité du fond pouvait encore être à craindre, on laissait les cendres de ce qui avait été brûlé, et, pour plus grande sûreté, on y ajoutait quelques pouces de balle de riz bien sèche, ou on le couvrait de nattes de paille; souvent toutes les parois étaient garnies de ces nattes, où bien simplement de paille. — L'ouverlture du puits était d’abord fermée avec une natte, sur laquelle on étendait une couche de 10 à 15 centim. de balle de riz ou de paille hachée; on couvrait le tout de terre grasse humide, qu'on battait à plusieurs reprises pour la rendre plus compacte el empêcher l’eau d'y pénétrer. Au niveau du terrain on ajoutait encore de la terre ordinaire pour former un mamelon.

D’autres fosses avaient la forme d'un cône ; leurs ouvertures étaient au sommet, ce qui était un obstacle pour l'introduction de l'air extérieur, et offrait alors plus de sécurité pour'la conservation des grains. Ces fosses étaient aussi plus faciles à fermer ; on recouvrait ces ouvertures avec du gazon, que l’on meltait au niveau de celui qui était à l’entour, en sorte que les dépôts se trouvaient cachés et en süretédans les temps de guerres ou detroubles.

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