‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 253 sur 357 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

10 cent. (2 à 4 pouces) d’epaisseur, sur le sol du chemin; on roule ensuite cette couche avec le cylindre de compression, pour la lier et la bien tasser; et alors, elle fait une espèce de plate-forme que les eaux pénètrent difficilement ; elle empêche que les pierres dures qu’on place ensuite par-dessus ne s’enfoncent dans la terre, et elle sert à lier les pierres qui, pénétrant facilement par leurs angles dans cette couche, font remonter el serrer dans leurs joints les matériaux dont elle se compose.

Quand on n’a pas de cylindre de compression, il faut laisser passer les voitures quelque temps sur la première couche de maüères tendres, pour la tasser et la lier; mais ce moyen ae compression est bien inférieur à celui du cylindre, parce que les roues, portant sur de petites largeurs, enfoncent el écrasent les matériaux plus qu’elles ne les compriment.

Cette première couche améliore déjà beaucoup les chemins, et on peut la laisser subsister iongtemps sans addition d’autres matériaux, pourvu qu’on l’entretienne convenablement, en la roulant de temps en temps pour lui rendre la fermeté que lui ôte la LM nétration des eaux ; mais il vaut mieux, dès qu'on le peut, la couvrir de pierres dures avant qu’elle soit trop broyée.

Les pierres dures destinées à couvrir ces chaussées doivent varier de volume, depuis la grosseur d’un œuf de poule jusqu’à celle d’une‘noix. Les pierres arrondies ne sont pas bonnes, parce qu’elles se lient difficilement, et laissent toujours entre elles beaucoup de vides; on peut cependant en employer une partie, que l’on doit alors placer de préterence en première couche sur le lit de matières tendres, parce qu’en y pénétrant elles perdent leur mobilité, qui estleur plus grand inconvénient. Quand on n'a que du caillou arrondi de gravelière ou de ramassage, il faut faire casser avec soin tous ceux dont la grosseur dépasse celle d'un œuf de pigeon. En général, les cailloux roulés, dont les éclats ressemblent à la pierre à fusil, et qu’on nomme silex, sont le moins favorables pour leschemins, parce qu’ils éclatent et se broient faciiement sous une pression modérée, et que, leurs éclats étant très-vifs et Lrès-secs, ils ne peuvent se lier que par le mélange de matières plus tendres. Quand on n’a que du silex et aucune des matières liantes désignées ci-dessus, pour servir de ciment, on peut employer utilement dans ce but la terre dure dont nous avons parlé plus haut; mais on ne l’'emploie que dans la couche inférieure, el seulement en quantité suffisante pour remplir les vides. |

La meilleure pierre pour les chaussées est la pierre meulière compacte, mélangée avec un tiers de pierre meulière poreuse. Dans les pays granitiques, les fragmens de granit se liant mal entre eux et s’égrenant souvent, il convient de les mélanger avec des fragmens de schiste, que l’on trouve ordinairement près des granits. |

On doit faireapprovisionner el faire casser Les pierres hors du chemin, pour ne pas géner la circulation ; à mesure qu’on casse ces pierres, il faut employer, pour les meïtre en

tas, des râteaux de fer à larges dents, pour séparer les débris de cassage, qu'il faut réserver avec un grand soin.

L'emploi des pierres dures doit se faire, autant que possible, par un lLemps humide, c'est-à-dire après des pluies, parce que les matériaux se lient mieux. Ométend la couche de pierre dure sur le premier lit de pierres de matière tendre, avec plus ou moins de largeur et d'épaisseur, selon la quantité que lon a, parce qu'on peut à volonté ajouter à la largeur ou à l’épaisseur, sans aucun 1nconvénient, attendu que les nouvelles couches se rattachent et se lient toujours trèsfacilement avec les anciennes; ainsi, on peut d’aboid n’étendre les pierres dures que sur la largeur d’une voie ou de 2 mètres (6 pi.), et sur une simple épaisseur de 6 à 8 centim.

{environ 3 pouces); ou bien, quand on a beaucoup de pierres, garnir toute la largeur de la chaussée sur une hauteur de 10 à 12 centim.

(4 pouces environ); mais où ne doit jamais employer à la fois une plus grande épaisseur, parce qu'elle serait alors trop difficile à tasser, qu'on aurait pendant longtemps une mobilité très-incommode pour les chevaux et les voitures, et qu'elle ne commencerait à se lier que quand il y en aurait la moitié d’écrasée.

La couche de pierres dures de 12 centim.

élant étendue sur le premier lit en pierres lendres, on le couvre d'une couche légéere de 2 à 3 centimètres (8 à 10 lignes) de petites pierres tendres où de quelqu'une des malières que nous avons désignées pour le premier lt, afin de garair et former liaison ; puis, où étend par-dessus les débris de cassage que nous avons recommandé de réserver, et, à défaut de ces débris, ou lorsqu'ils sont insuffisans, du gravier ou du sable un peu liant.

Cette seconde couche ainsi disposée, on la roule bien avec le cylindre, el on a immédiatement une bonne chaussée unie, ferme et bien roulante, sur laquelle les eaux glissent, et qu'elle ne peuvent pénétrer que difficilement. Les pierres qui la composent, n'étant ni pénétrees par les eaux, ni mobiles, ni en porte-à-faux, résistent bien au roulage.

Les chaussées construites de ceite manière, n'éprouvant plus, par l’action des roues, que l’usé progressif et inévitable de leur surface, durent plus longtemps et exigent moins d'entretien que les autres.

Nous avons supposé qu'on ne mettait qu'une couche de 8 à 12 centimètres (3 à 4 pouces) de pierre dure; et en efiet, cette épaisseur, bien entretenue, esl suffisante pour les chemins qui sont peu fréquentés ; cependant, si lon à la faculté d'augmenter celte épaisseur, 1l y a un avantage, mais ce ne doit toujours être que par une seconde couche, qui ne doit être placée qu'après que la première est bien tassée et bien liée par le roulage du cylindre ou des voitures, et on l’exécute de même. Si on met cette seconde couche sur la première aussitôt après son achèvement, il n’y a aucune précaution à prendre ; si au contraire on ajoute la seconde couche après que la premiere a servi quelque temps, et lorsque sa surface est aplame et durcie, il faut, pour faciliter sa

DES CHEMINS CANTONNAUX ET COMMUNAUX

liaison avec la seconde, la piquer à la pioche ou plutôt l’écorcher avec une griffe. Cet instrument est composé de 4 ou 5 dents en fer, courtes et très-solides, plates par-devant et fortifiées par une arête en arrière, en sorte que leur section est triangulaire; il opère beaucoup plus vite que la pioche, et suffit pour ce travail, quand la chaussée est un peu humide. On met à part le détritus que l’on extrait par le piquage à la pioche, ou le grattage à la griffe, et on l’étend par-dessus la dernière couche, pour faciliter sa liaison; on roule ensuite cette seconde couche au cylindre, comme la première.

On voit, par ce qui précède, qu’on peut amener progressivement un chemin vicinal de l’état de simple chemin en terre à l’état d’une route parfaite, sans gêner la viabilité; que les améliorations peuvent se faire par partie, et s'étendre à volonté, en augmentant successivement les longueurs, les largeurs et les épaisseurs des chaussées, et qu'il est tou- Jours facile d'employer utilement les pierres à mesure qu'on peut les obtenir.

Pour faciliter les approvisionnemens de matériaux nécessaires pour l'exécution ou pour l'entretien des chaussées, il convient d’assigner, soit sur le chemin lui-même, aux endroits où son excès de largeur le permet, soit à proximité des places publiques, ou sur des terrains vagues ou incultes, soit enfin sur le bord des champs, au moyen du consentement des propriétaires, des emplacemens de dépôts, pour que ceux qui doivent des prestations en nature, ou des fournitures de pierres, par suite de marchés passés par les communes, ainsi que les propriétaires qui veulent contribuer volontairement aux approvisionnemens, et ceux qui sont embarrassés de décombres de carrières, de pierres de ramassage sur les champs, ou encore de débris de démolitions, puissent y déposer en tout temps et quand 1l leur convient, les matériaux utiles pour les chaussées, sans embarrasser la voie publique. On /ait trier et casser convenablement ces matériaux, surtout dans la inauvaise saison, par des indigens, des vieillards et des enfans; puis, quand le temps est favorable pour l'emploi, et qu'on a des voitures, on fait transporter ces matériaux préparés aux endroits désignés, et on les fait étendre et rouler immédiatement.

V. Direction et surveillance des travaux. — Pour assurer la bonne exécution de ces travaux, il faut, comme pour tous ceux qui exigent des soins, une bonne direction et une surveillance constante, c’est-à-dire qu’il faut que, dans chaque commune, une personne ayant les connaissances, le zèle et l'activité nécessaires, et nommée par l'autorité municipale, soit chargée de diriger et de surveiller les terrassemens ainsique les fournitures, cassages et emplois de matériaux. Cette personne peut être salariée par la commune, à titre de voyer, ou remplir ces fonctions volontairement et gratuitement. On doit espérer que, dans les communes qui ne pourront pas avoir un voyer, On verra les propriétaires aisés et libres de leur temps, en consacrer volontiers une partie à cette branche si importante d'intérêt public et communal.

Ce qui importele plus,c’est de ne Jamais faire

de mauvais travail, sous le prétexte d'obtenir desrésultats plus prompts; ainsi, il vaut bien mieux ne faire chaque année qu’un quart de lieue de bon chemin, que de faire des réparations grossières et imparfaites, ou de jeter, comme on le fait la plupart du temps, dans les ornières, de grosses pierres qui s’enfoncent dans la boue et rendent le chemin plus raboteux; tandis qu'avec ces mêmes pierres cassées et bien employées, on peut faire une bonne route ; il n'y a d’ailleurs jamais urgence à faire la chaussée, puisqu'on peut toujours assurer une bonne viabilité sur un chemin en lerre, convenablement réglé et bien entretenu.

Quand on n’a que de faibles moyens, il faut les appliquer d’abord et uniquement à détourner les eaux pluviales, et à empêcher qu’elles suivent le chemin, où qu'elles y séjournent.

Quand on peut faire un peu plus, on remplit les bas-fondsavec la terre la plussahleuse ou la plus graveleuse qu'on pourra trouver à proximité; autant que possible pour former ces remblais, on pread les terres sur les hauteurs des pentes du chemin qui descendent au basfond, pour adoucir ces pentes en même temps ; puis il faut bomber le remblai et le couvrir de sable, de pierrailles ou de toute autre matière analogue que l’on pourra obtenir, le bien tasser et l’entretenir dans cet état jusqu’à ce qu’on puisse le couvrir d’une chaussée.

On ne doit jamais commencer une nouvelle amélioration sans avoir assuré complétement l'entretien de celles qui sont faites; car on aura toujours une meilleure viabilité sur un chemin simplement en terre, exécuté avec soin, comme on l’a prescrit, et couvert d’une couche légère de sable ou de pierrailles, en l’entretenant avec soin, qu'avec une chaussée épaisse et exécutée à grands frais, qui ne serail pas entretenue.

$ IL. —- De l'entretien des chemins.

L'objet le plus important pour les chemins vicinaux, comme pour toules les routes, est l'entretien. Ce travail n’est nullement difficile, mais il exige des soins conslans, et c’est une des choses qu’on a le plus de peine à obtenir des ouvriers; on ne peut y parvenir que par la surveillance active et journalière de personnes qui s’en occupent spécialement par devoir ou de bonne volonté; mais, comme la bonne volonté est de sa nature facultative et temporaire, et attendu qu'il est difficile d'espérer un concours constant des personnes aisées, qui seules peuvent avoir du temps à consacrer à une surveillance gratuite, et qui rarement voudront s’assujetlir à ces fonctions autant qu'il est nécessaire pour les bien remplir, il vaut généralement mieux, toutes les fois que les ressources pécuniaires des communes ou des cantons Île permettent, en charger des personnes salariées, desquelles on puisse exiger des visites fréquentes et Lous les soins que nécessite la direction et la surveillance constante de ce genre de travaux.

Le premier soin pour le bon entretien d'un chemin doit être, comme on l’a déjà dit, mais comme on doit sans cesse le répéter, d’assurer l’écoulement des eaux pluviales, et d’em-

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pêcher leur stagnation sur les côtés, en tenant constamment les rigoles bien curées.

On peut charger de ce soin le garde champéire. Il y a des communes où il remplit bien ces fonctions, moyennant un supplément'de traitement de 50 francs par année. Ces travaux sont irop faciles à comprendre pour avoir besoin d’explication.

Entretien des chemins en terre. — Yes travaux d'entretien des chemins proprement dits diffèrent suivant leur état et leur na- Lure. Quand ils sont simplement en terre réglée et bombée convenablement, il ne s'agit que de aire disparaitre les orniéres à wesure qu'elles se forment, en rabattant les bourrelets dans les cavités. Quand ona laissé les dégradations s’accroitre, il faut faire les premiers lerrassemens de grosse réparation à la pioche et à la pelle, ce qui est long et dispendieux, où mieux avec des instramens conduits par des chevaux. On peut employer, pour couper et diviser les terres, une charrue légére où une houe à cheval, où bien encore uu cultivateur. Quand ïl ne s’agit que de combler les ornières en y rabattantles bourrelets qui les bordent, on peut se servir avec beaucoup d'avantage d’un instrument simple et peu dispendieux, en forme de cherron, dont il convient de lui donner le nom. Il se compose de deux fortes pièces de bois de 3 mètres (9 pieds) de longueur chacune, assemblées, d’un côté, par une traverse d’un mètre, etréunies, ducôtéopposé, par l'assemblage de leurs extrémités, fortifié au moyen d'équerres en fer.On attèle sur la traverse un cheval qui

marche dans l’ornière à combler (/£g. 490 ).

L'ouverture de l'angle que forment les deux pièces marche en avant et embrasse l’ornière et ses bourrelets,et son sommet marche en ar rière directement au-dessus de l’ornière. Les faces qui frottent sur le sol sont garnies intérieureunent de deux lames de fer saillantes pour couper les bourrelets; les faces verticales intérieures poussent, au moyen de leur inclinaison, ces terres divisées dans l’ornière, et l'angle, en passant par-dessus, les force à y entrer. Une caisse ouverte est fixée sur le milieu des deux pièces du chevron, pour augwenter, au besoin, sa pressiomwsur le sol, au moyen d’une charge de terre ou de pierres qu'on met à volonté dans cette caisse. Il est facile de juger que ce moyen d'exécution est beaucoup plus économique que le rabattage des bourrelets à la main.

Soit que le rabattage se fasse par l’un ou par l’autre procédé, ilne suffit pas, parce que des terres ainsi ameublies et divisées, ayant peu de consistance, sont bientôt creusées de nouveau ou rejetées de côté par les roues, surtout si le temps est humide ou très-sec,

cHAP. 13°.

Pour leur donner de la consistance et de la fermeté, et les rendre plus difficilement pénétrables à l’eau, il faut les comprimer avec de cylindre, qui a encore l'avantage d’empécher, en effaçant les traces des ornières, que les chevaux suivent toujours la même voie.

Quand un chemin est bien surveillé et bien entretenu, on ne doit pas attendre, pour le réparer, que Les bourrelets soient prononcés, mais s’en occuper dès queles traces des roues, que l’on nomme rayés, commencent à se former. Alors il suffit de faire passer le cylindre seul en temps favorable, c’est-à-dire lorsque, le sol étant encore humide, la surface commence à sécher, parce que, dans ce cas, l'action de ce roulage suffit pour refouler les bourrelets naissans dans les frayés et pour les y bien tasser. Lorsqu'on a quelques ressourceset qu’on veut commencer à améliorer un chemin, en attendant qu’on puisse y faire une chaussée, on peut répandre, de temps en temps avant les roulages , du sable ou du gravier, qui, pénétrant dans la terre par l'effet de la pression, augmentera beaucoup sa consistance. Ce répandage se fail avec un tombereau derrière lequel on suspend avec des cordes une large planche inclinée en arrière. Un garçon placé dans le tombereau fait couler le sable sur la planche qui le sème par l'effet de balancement que produit sa suspension.

Il est très-facile,en employant les moyens que l’on vieut d'indiquer, d'entretenir un chemir en terre constamment en bon état, à peu de frais; car on peut, avec le chevron conduit par un homme et un cheval, et coûtant, tout compris, 8 à 10 francs par jour, et avec le cylindre tiré par 4 chevaux et conduit par deux hommes, lesquels coûteront de 30 à 35 fr. ou 40 fr. au plus, c’est-à-dire avec une dépense totale de 60 francs, aplanir et tasser deux lieues au moins de chemin en terre par jour, ce qui fait 25 fr. par lieue. Cette opération étant facile et peu dispendieuse, on pourra, en la répétant 15 à 16 fois par an, prévenir totalement la formation d’ornières profondes, et par conséquent maintenir un chemin en terre constamment en bon état, avec une dépense annuelle de 400 francs par lieue.

Entretien des chaussées pavées. — L’entretien des chaussées pavées où en blocage ne peut être fait que par des paveurs de profession et à la tâche, ou par abonnement; il est donc inutile de donner à ce sujet des expiications détaillées.

Entretien des chaussées en cailloutis.—L'entretien des chaussées en cailloutis consiste dans le comblement des ornières, qui doit se faire de la même manière que celui des chemins en terre, c'est-à-dire qu'on coupe et divise les bourreiets lorsqu'ils sont encore humides, et on les rejette dans les ornières avec un chevron fortement chargé, à cause de la résistance du gravier, puis on roule avec le gros cylindre.

Quand il n’y a pas de bourrelets, mais seulement des frayés creusés par l’usé des roues et des flaches déterminées par des affaissemens partiels, où quand le RARE.

est usé ou trop affaissé, il faut, pour les réparer, de nouveaux matériaux et un travail

AGRICULTUP,

DES CHEMINS CANTONNAUX ET COMMUNAUX

particulier, afin d’assurer leur liaison avec les anciens; pour cela, il faut piquer à la pioche la surface des parties à garnir ou à recharger; on met à part le détritus provenant du repiquage. On met un premier lit de pierres dures, bien cassées à la grosseur d’un œuf de pigeon, on élend dessus une couche trèslégère de matières tendres ou du gravier, puis on couvre avec le détritus extrait par le repiquage. Quand les ornières ou les flaches sont profondes, on met la pierre dure en deux couches, dont la première doit être composée de pierres plus fortes que celles de la seconde.

Lorsqu'on a fait une certaine étendue de ces réparations, on les roule au cylindre pour les tasser et les affermir, afin que les roues ne divisent et ne rejettent pas trop aisément les petits rechargemens, comme il arrive souvent lorsqu'on n’a pas eu le soin de les tasser. Quand les réparations sont peu étendues, on se borne à les piloner.

En ayant soin de réparer les petites dégradations à mesure qu’elles se forment , et de regarnir journellement en petites pierres, avec les soins que nous avons indiqués, les ornières et les flaches dès qu’elles commencent à paraitre, on n'a jamais besoin de faire des rechargemens de quelque étendue ; ils ne sont nécessaires que quand on a laissé un chemin long-temps sans entretien habituel, ou quand le bombement est trop usé: alors, il faut faire ces rechargemens de la même manière el avec le même soin que quand on ajoute une seconde couche de pierres dures à une chaussée, pour augmenter son épaisseur, c'est-a-dire qu'il faut exécuter ce travail en temps humide, commencer par piquer la vieille chaussée, retirer le détritus enlevé par le piquage, étendre la pierre dure en mettant d'abord des pierres un peu fortes au fond, et les plus petites par-dessus; couvrir d’un peu de pierre tendre, cassée menu, puis de détritus, de gravier ou de sable, et rouler.

ART. II. — Des chemins ruraux.

Les chemins ruraux sont ceux qui ne servent pas aux communications entre les communes, mais seulement aux travaux de la culture; ils n’ont ordinairement qu’une seule voie et sont presque toujours en terre : on peut donc appliquer pour leur amélioration et pour leur entretien, les procédés indiqués ci-dessus pour les chemins vicinaux en terre ; mais il arrive souvent, et surtout dans les pays humides et glaiseux, qu’on a besoin de leur donner plus de résistance, sans cependant vouloir y établir une chaussée, Alors, comme ces chemins n’ont ordinairement qu'une seule voie, que les voitures s’y croisent rarement, et qu'on est obligé de mettre une grande économie dans leurs travaux d’amélioration, on peut se borner à empierrer seulement le passage des roues, sur 45 à 50 centim. (15 à 18 pouces) de largeur, de chaque côté (/£g. 491). Pour cela, on fait aux emplacemens de ces rouages, de petites tranchées de 15 à 20 centim. (6 à 8 pouces) de profondeur. On emploie les terres de ces tranchées à remblayer le milieu et les côtés du chemin, qui se trouve ainsi relevé et bombé

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