‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 254 sur 357 · TOME Î · texte numérisé non relu

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Fig. 491.

sans transports, et ces tranchées deviennent par cel exhaussement de 20 à 28 centim. (8 à 10 pouces) de profondeur totale. Si on a des sierres ou des matières tendres, on en garnit le tranchées jusqu'à la moitié de leur hauteur; on fait passer des charrettes à large jante, quelque temps, pour tasser cetle première couche; puis on remplit le reste des tranchées avec de la petite pierre dure bien cassée. Si on n’a que de la pierre dure, on pose d’abord un rang des pierres les plus larges et les plus plates, en appliquant les faces plates sur le fond, et on remplit tout de suite le reste en petites pierres. On engage à mettre des pierres plates au fond, parce que ces petits massifs étant étroits et ne présentant pas, comme ceux des chaussées, de larges plates-formes bien unies,on aurait à craindre que la pression des roues ne fit enfoncer dans la terre leurs bords qui ne sont pas épaulés; et on diminue cet inconvénient d'autant mieux que les pierres plates du fond sont plus larges. ; L'entretien de ces rouages séparés doit toujours 5e faire, comme ceux des chaussées en cailloutis, en piquant la surface des flaches, et les regarnissant avec de la petite pierre, recouverte avec le détritus.

ART. Ir.—Considérations générales sur les obstacles qui arrétent l'amélioration des chemins vicinaux et sur les moyens de les vaincre.

Le plus grard obstacle à l'amélioration des chemins vicioaux est, comme nous l'avons déjà fait observer, dans l'opinion généralement répandue qu'il n’est pas possible d’obtenir de bons chemins sans y consacrer des sommes considérables. Cette conviction a produit le découragement que cause toujours une impossibilité reconnue ; il importe donc essentiellement de détruire cette prévention et de prouver qu’on peut obtenir de bons résultats à peu de frais.

La seule difficulté réelle consiste à trouver des hommes capables de bien diriger et de bien surveiller l’exécution des procédés économiques et de perfectionnement que nous avons indiqués, non que leur application soit réellement difficile, wiais parce qu'ils exigent une cerlaine instruction et des soins particuliers. Le meilleur moyen d'assurer le succès des applications des méthodes nouvelles el des perfectionnemens, est assurément de former des hommes spéciaux, en les leur faisant pratiquer sous les yeux de ceux qui ont déjà une expérience acquise, et nous pensons que, pour bien reniplir le bul proposé, il faudrait s'occuper de former de bons inspecteurs-voyers des chemins vicinaux; mais il serait fàâcheux d’ajourner leur amélioration jusqu'à l’époque à laquelle on aura pu former des sujets pour cette destination.

LIv. 1°

L'importance d'avoir de bons chemins étant actuellement bien sentie, on doit espérer que, dansun assez grand nombre de communes, il se trouvera des hommes éclairés et animés de l’amour du bien public, qui, convaincus par la lecture attentive des explications qui précèdent, de la possibilité et de la facilité d'appliquer utilement les moyens d'exécution décrits ci-dessus, se chargeront volontiers de diriger des travaux d’amélioration; on doit espérer également que parmi les jeunes gens, actuellement en assez grand nombre, qui ont des notions élémentaires de géométrie et quelque connaissance des travaux, on en trouvera quelques-uns qui seront disposés à prendre la carrière nouvelle de conducteurs-voyers des chemins vicinaux, et à conduire et surveiller les travaux d’amélioration sous la direction supérieure et l’inspection des ingénieurs ou des propriétaires instruits qui voudront bien s'en charger.

Il n’est nécessaire d’avoir recours aux hommes de l’art que pour les tracés, ou pour les rectifications de pentes qui présenteraient des difficultés, ainsi que pour les pavages, pontceaux et aquéducs ; l'exécution des terrassemens et des chaussées en cailloutis,et leur entretien, n’exigent que de l'intelligence et des soins, et dès qu’on aura commencé, on verra que les difficultés sont beaucoup moindres qu'on ne le pense généralement, surtout pour les 1°" travaux qui sont les plusnécessaires,et, qui consistent à assurer d’abord l’écoulement des eaux et à établir simplement de bons chemins en terre. Il suffit, pour atteindre ce pre-

| mier but, que quelques propriétaires éclairés,

sans se laisser arrêter par la crainte exagérée des difficultés, prennent la résolution de s'occuper sérieusement, avec activité et persévérance, de ces améliorations, disposent, de concert avec les autorités locales, les moyens d'exécution et de surveillance, et se chargent de diriger l'emploi des moyens économiques et l’inexpérience des ouvriers qui en feront les premières applications.

On élèvera peut-être des doutes ou des objections relativement à l'usage et aux frais des instrumens que l’on conseille d'employer? La réponse est facile : on observera d’abord que l'usage de ces instrumens n’est pas absolument indispensable pour l'application des procédés recommandés, et que ce sont simplement des moyens de faire les travaux indiqués, et surlout ceux d'entretien, mieux, plus vite et avec le plus d'économie possible, et que la différence entre le travail exécuté par ces 2rstrumens sur les routes, et le même travail exécuté & la main, est tout-à-fait comparable à la différence qui existe entre la culture faite à la charrue et au rouleau, avec la culture faite à la bêche. Ainsi, un chevron tiré par un cheval coûtant 10 à 12 francs, rabattra et comblera plus d'ornières en un jour que cent ouvriers qui coûteraient 150 francs. De même, un cylindre tiré par 4 chevaux et conduit par deux hommes el coûtant de 30 à 35 francs par jour, aplanira et tassera plus vite et mieux, une licue de chemin, que ne le pourraient faire 200 piloneurs, qui coûteraient 300 francs. De plus, comme ies régalemens et les tassemens s’opèrent rapidement sur de grandes longueurs avec ces

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instrumens, ils peuvent toujours s'achever dans les circonstances les plus favorables pour leur bonne exécution et pour leur durée, c'est-à-dire quand la terre n’est ni trop humide ni trop sèche; et il résulte encore de la célérité du travail ainsi fait, qu'il suffit de quelques jours de surveillance, et que les dé-

radations n’ont pas le temps de s’accroitre

‘un côté pendant qu’on répare de l’autre, comme il arrive fréquemment dans les travaux à la main, qui, à raison de leur lenteur, se font souvent en temps contraire, et exigent une surveillance continuelle. IE faut encore remarquer que dans les travaux exécutés avec des instrumens conduits par des chevaux, on a bien moins à redouter les pertes de temps et la paresse, parce que généralement l’homme craint beaucoup moins la fatigue pour ses chevaux que pour lui-même, etaime mieux donner un coup de fouet, qu'un coup d'épaule, ou un coup de pioche.

Il y a donc à la fois avantage pour la bonne exécution et bénéfice à employer des instrumens. Nous ajouterons que nous ne concevons pas la possibilité d'entretenir & peu de frais des chemins en terre constamment en bon état, autrement qu’en y employant des moyens mécaniques; en effet, l'inconvénient principal de ces chemins est de s’amollir par les temps humides et de se rouager alors facilement ; et comme les ornières qui sont d’abord des effets de cet amollissement, servant de réservoirs aux eaux, deviennent bientôt elles-mèmes des causes très-actives de l'accroissement du mal, le seul moyen de l’arréter est de combler les ornières dès qu’elles se forment : le travai: à Ja main est trop leut et trop cher, et d’ailleurs il n’opère Le comblement des ornières qu'avec de la terre divisée et ameublie, que l’eau pénètre et que les roues repoussent de nouveau, en y enfonçant avec la plus grande facilité, tandis que le cylindre de compression tasse immédiatement la terre refoulée et efface les frayés (ce qui est utile

our empêcher les chevaux de suivre toujours a même voie), et qu’il aplanit et raffermit en mêuie temps tout le sol du chemin.

La conduite de ces instrumens n’exige aucun apprentissage, car le chevron s’attèle et se traine comme la herse, et le cylindre s’attèle et se conduit comme une voiture lourde qui tournerait difficilement, c'est-à-dire qu’il faut seulement éviter de tourner court; cependant, quand on y est obligé, on le peut encore facilement en faisant monter le cylindre sur une planche, ou sur une pierre

late, ou sur un petit monceau de sable, sur sis il pivote facilement (1).

Quant à la dépense première, elle n’est pas très-considérable ; un cylindre de compression, de 2 mètres de diamètre, peut coùûter de 5 à 600 francs, un chevron 50 francs, et leur entretien est peu de chose. Il y a assurément peu de communes qui ne puissent faire cette dépense, pour un objet d'une aussi grande importance que l'amélioration de

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