VI. Sulfate de chaux (plätre cru, gypse
Ce sel, très-peu soluble, est composé d’acide sulfurique et de chaux (oxide de Calcium) ; il se trouve naturellement dans quelques sols en faible proportion, mais c’est surtout comme stimulant de la végétation de certaines plantes qu’il nous intéresse, et qu’on l’ajoute à dessein sur les trèfles, les luzernes et toutes les légumineuses : nous y reviendrons en parlant des sels stimulans.
Plusieurs autres sels offrent des stimulans spéciaux pour d’autres plantes : nous nous en occuperons plus loin. A. PAYEN.
SECTION ir. — Des différentes sortes de terres et ae leur classification.
Selon que l’alumine, la silice ou le carbonate de chaux domine dans la masse du sol arable, on distingue trois principales espèces de terres, auxquelles on a donné le nom d’argileuse, sableuse ou calcaire; elles se subdivisent, comme nous allons le voir,en un grand nombre de variétés, dont la connaissance, assez difficile à acquérir dans un livre, est cependant d’une haute importance pour le cultivateur, puisque, d’après les proportions variables de chacune de leurs parties constituantes, elles exigent des travaux et donnent des produits parfois tout différens.
À ces trois sortes de terres s’en joignent quelques autres, moins importantes pour nous, parce qu’elles n’existent pas en France en masses aussi considérables, mais qui devront cependant fixer notre attention dans l'intérêt des localités où elles se rencontrent ; telles sont les terres tourbeuses, magnésiennes, eLC.
$ 17. — Des sols argileux.
Généralités. L'argile pure est composée de silice, d’alumine, et presque toujours d’oxide de fer, dans un élai de combinaison assez intime pour qu'aucune de ces parties ne puisse être séparée des autres par suite de l’ébullition dans l’eau. — Celle qui a été analysée par ScuusLer contenait 58 pour 100 de silice, 36,2 d’alumine et 5,2 d’oxide de fer.
Par suite de leurs propriétés physiques, les sols dans lesquels l'argile se rencontre seule ou presque seule, sont tout-à-fait impropres aux cultures économiques.— Lorsqu'ils contiennent au plus un quinzième seulement de sable sépansLE par l’ebullition, l’auteur que je viens de citer leur donne le nom d’argileux auquel on substitue fréquemment celui de glaiseux. — Eu pratique, on reconuail à ces sortes de sols les ërconvéniens sutvans, qui s'étendent, à divers degrés, à toutes les terres dans lesquelles l’argile surabonde :
Les terres glaiseuses sont humides et froides pendant les trois quarts de l’année; elles procurent parfois d'assez abondans produits, mais des produits tardifs et presque toujours de qualité médiocre. — Les arbres y donnent des bois moins durs, moins sains, conséquemment de moindre prix que partout ailleurs; ils y sont plus impressionnables aux fàcheux effets des fortes gelées et de diverses maladies ; — les fromens, dans les années favorables, peuvent y végéter; ils y présentent même parfois de belles apparences; mais ils grènent peu, et leurs grains, gonflés d’eau avant la maturité, diminuent considérablement de volume à cette époque.— Certains herbages y croissent assez bien , mais leurs foins sont peu succulens. — Enfin, les racines, les légumes et les fruits y acquièrent du volume, mais ils sont d'ordinaire peu savoureux et peu nourrissans.
Les cultures qui conviennent le mieux aux
sols argileux sont celles des grands végétaux ligneux, dont les racines, plus fortes que nombreuses, ont la propriété de s'étendre sans pousser, dans certains cas du moins, d’abondans chevelus; celles des plantes annuelles ou vivaces qui jouissent de la même propriété, comme les féves de marais, les luzernes, etc.
Du reste, des terres de diverses natures dont nous allons nous occuper, celles qui contiennent de l’argile en excès, moins que toute autre peut-être, se prêtent à l’adoption d'un bon système d’assolement, et plus que toute autre se montrent rebelles à la culture. — Il est presque toujours fort difficile de trouver le moment de les labourer. — En hiver, elles forment une pâte tenace, que la charrue soulève sans la diviser autrement qu'en longues lanières. — Le même inconvénient se fait sentir au printemps. — En éle, elles deviennent d’une dureté souvent insurmontable , et lors même que les circonstances se montrent les plus favorables, les labours qu’elles exigent sont encore laborieux et très-coûteux.
Cependant un des meilleurs moyens de rendre les terres argileuses productives, c’est de les /abourer. fréquemment et de les diviser par tous les moyens possibles.
Tous les amendemens susceptibles de concourir physiquement à ce but sont bons. Le sable, les graviers, les marnes calcaires, la chaux, largile elle-même amenée à un état voisin de la calcination, peuvent être employés avec succès.
Les marnes calcaires qu’on peut répandre sur ces sortes de terres, en proportions considérables, agissent mécaniquement sur elle en les divisant. Elles agissent de plus chimiquement , comme tous les calcaires, par leur propriété stimulante.
Quant a la chaux, dont les effets remarquables sur la végétation devront nous occuper plus tard, il faut avoir été témoin de ceux qu'elle produit sur les sols argileux, pour concevoir toute son importance. Plusieurs de nos départemens lui doivent en grande partie la prospérité croissante de leur agriculture.
Les récoltes enfoutes produisent un excellent effet sur les terres trop tenaces , parce qu’elles sont à la fois des engrais et des