‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 291 sur 357 · CHAPITRE XVI. — DES LÉGUMINEUSES À SEMENCES FARINEUSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES LÉGUMINEUSES À SEMENCES FARINEUSES

SEcrTion 1"°.— Des féves.

Si les féves, ou plutôt les /éverolles, dont nous devons nous occuper d’une manière spéciale dans un Traité d'agriculture, ne sont pas plus généralement cullivées en France, cela lient surtoul à ce que, dans beaucoup de lieux, on ne trouverait pas à vendre avantageusement leurs produits, el on ne saurail pas les utiliser, comme ils peuvent l'être, à la nourriture journalière et à l'engrais des animaux domestiques.

Chacun connaît l’enploides fèves à la nourriture de Lhomme. — La féverolle ou fève de cheval, ainsi que ce nom l'indique, est particulièrement jropre à celle des chevaux, qui la mangent mêlée à de l’avoine ou à des four-

rages hachés, sans nulle autre préparation.

— Réduite en farine grossière, elle peut faire partie de leurs breuvages, et servir très-avantageusement à engraisser rapidement tous les ruminans, les pores et les animaux de basse-cour. Cette farine, facilement obtenue au point de finesse voulu, à laide du petit moulin Molard, est une des plus riches en parties nutritives.

Dans le département de Lot-et-Garonne, les fèves sont, après le froment et le maïs, le principal objet de la rulture. Celles qui cuisent bien, dit M. ne PÈR&, ont une valeur égale à celle du froment ; elles forment presque exclusivement k soupe des habitans de la campagne, qui les emploient à cet usage en si grande quanlité, qu'elles remplacent en

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bonne partie les autres alimens. Celles qui ne cuisent pas, entrent pour un douzième dans la formation de leur pain.

M. Gauyac, dont on a inséré un très-bon Mémoire sur la culture des fèves dans le 37° vol. des {nnales d'agriculture francaise, rapporte qu'il a zourri des grains de cette plante ses chevaux et autres bestiaux, et surtout ses brebis pleines et nourrices. ses vaches, ses veaux el ses porcs, auxquels il les donnait concassées, ou en purée, ou en eau blanche un peu tiède.— « Lorsque les veaux ont tété pendant une douzaine de jours, ajoute le même auteur, on ne leur donne qu'une partie de lait de leur mère mêlée avec 3 parties de fèves délayées dans 2 ou 3 litres d’eau tiède, et cette boisson, qu’on leur disiribue 3 fois par jour, à des doses convenables, leur procure une excellente nourriture et un engrais suffisant pour être livrés à 6 semaines au boucher, à un prix élevé. — Un veau engraissé suivant cette méthode ne coûte que le quart du prix de la vente, et on conserve pendant longtemps le lait des vaches, qui couvre infiniment au-delà de ce qu'il en a coûté en farine de feves.»— Quant aux chevaux, YvART, qui élait mieux que personne à même de vérifier un pareil fait, a reconnu souvent qu'ils étaient aussi bien nourris avec les trois quarts d’un boisseau de fèves qu'avec un boisseau d’avoine.

$ 1°". — Espèces et variétés.

La Féve (Faba, De Cand.); en anglais, Bean; —en allemand, Bohn;—en italien, Fave,—et ctrespaenol, 4{verjanas(fis 574),se lrouve dans Fig. 574. la famille des Légumi-

: peuses, tout à côlé des l’esces, dont elle diffère principalement par sa gousse grande, coriace, un peu renflée,et par ses graines oblongues,dont l’ombilic est terminal. — Elle a les tiges droites, les feuilles ailées, ordinairement à 4 folioles entières el semi-charnues; —le pétiole est stipulé; les fleurs sont presque sessiles, réunies 2 ou 3 ensemble aux aisselles des feuilles; —]a corolle “est blanche ou rosée, avec une tache noire au milieu de chaque aile.

Cette espece, que l’on 1 {4 sait origivaire des ena

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virous de la mer Caspienne, a donné naissance en Europe à deux races principales qui se subdiviseut à leur tour en plusieurs autres variélés; Ce sont: la grosse Féve de marais (Faba major) et la Féverolle (Faba equina), qui se distingue particulièrement de la précédente par ses moindres dimensions, l’abondance plus grande de ses produits, et qui parait se rapprocher davantage du type ori:

mitif.

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