La Fève de Wind
sor est la plusgrosse de \ toutes,mais non la plus productive. On la cultive peu en grand.—Diverses aulres variétés, telles que la verte, la violette, la Fêve à longue cosse, elc., ne sont recherchées que dans es Jardins.
$ I. — Choix et préparation du terrain.
Les fèves, à l’aide d’une culture convenable, réussissent fort bien sur Les terres arpileuses rendues par leur trop grande Lenacité impropres à la végélalion de la plupart des auires plantes qu'il est possible d’intercaler aux récolles de blé. Sous ce seul ‘point de vue, leur importance est fort grande, car elles facilitent singulièrement l'admission d'un bon assolement, dans les localités où le trèfle vient mal, en préparant la terre, au moins aussi bien que lui, à recevoir un froment. A la vérité, le trèfle. pour féconder le sol, n'exige presque aucuns frais de main-d’œuvre,tandis que la féverolle nécessite des façons d'autant plus dispendieuses pour nos exploitations agricoles qu’on n’y possède encore ni les semoirs, ni les houes ou les charrues
| perfectionnées qui abrégent et simplifient | d’une manière si remarquable les semis et les cullures en ligne. À la vérité encore, le ! trèfle laisse plus à la terre qu'il ne lui enlève,
tandis que les fèves, quoiqu'on ait remarqué qu’elles épuisent beaucoup moins le sol que toute autre récolte portant graine, enlèvent cependant plus qu’elles ne rendent d'engrais. Mais, d’une part, la première de ces plantes ne vient pas partout assez bien pour remplir le but qu'on se propose en la semart ; — de l'autre, les cultures sarclées sont indispensables dans tout bon assolement, —et enfin, des diverses récoltes auxquelles on est dans l’usage de donner une fumure, celle des féverolles Jaisse probablement le plus d'engrais après elles, ainsi que l’atteste, à côté de bien d’autres preuves, la beauté des céréales qui lui succèdent.
A ne considérer que la culture, indépendamment de l'emploi des produits des fèves, ces diverses considérations devraient leur assurer une place daus presque tous les assolemens des terres fortes; mais leur utilité ne se borne pas là. — Elles viennent fort bien,sous notre climat, aux latitudes les plus méridionales et les plus septentrionales, el on peul dire qu’elles s’'accommodent de presque tous les terrains, pour peu qu'ils ne soient pas trop légers, par conséquent lrop arides dans le midi, trop humides dans le nord; car,quoique ces plantes, en général, aiment la fraicheur, en dépit de leur vieille qualification (lèves de marais), elles redoutent beaucoup une humidité stagnante.
Les fèves suivent ordinairement et précédent une récolte céréale.— Dans l’assolement quadriennal, elles commencent le plus souvent la rotation. Après elle vient un froment suivi d’un trèfle, ou, si l’état de ténacité du sol l'exige, d’une nouvelle culture sarclée, à laquelle succède un second froment où une autre céréale. — Malgré le retour continuel des deux mêmes espèces, il est des lieux où l’on suit depuis fort longtemps avec succès l'assolement biennal : fèves fumées et froment sans engrais. Toutefois, cette pratique ne peut être recommandée que comme exceplion, car elle pèche à la fois contre les théories physiologiques et contre les préceptes d’une sage économie, qui veut qu'on évite l'application trop fréquente des fumiers.
Depuis ur certain nombre d’années, il parait que la culture des féverolles (2orse beans) a pris en Angleterre une étendue jusque là insolite, et qu’elle est passée des glaises riches et fraîches, qu’on avait cru lui convenir exclusivement, sur toutes les variétés du sol.
Elle s'est aussi perfectionnée en raison de l'importance qu’elle acquérait aux yeux d’un plus grand nombre de cultivateurs. Là, on donne jusqu’à 3 labours de préparation: le
remier, aussi profond que possible, avant es gelées, dans le sens de la pente du terrain, afin de mettre le sol à même d'être plutôt sec au printemps ; — le second, en travers, dès que la terre est accessible apres les pluies ou les froids de l'hiver ;—enfin, le troisième, immédiatement avant le semis. Apres le deuxième labour, on exécute les hersages nécessaires pour bien niveler le terrain, de sorte qu'il est ensuite facile de donner la troisième façon à la charrue à double versoir et de former des rayons qui, d’après ROBERT Browx, doivent être généralement espaces
de 27 pouces(0®731).« Dans les sitlons ouverts, 1
AGRICULTURE : DES LEGUMINEUSES À SEMENCES FARINEUSES
ajoute le même praticien, déposez votre semence avec le semoir à brouettes, puis refendez vos raies pour recouvrir les graines, et votre opération est achevée pour le moment.
10 où 12 jours après, suivant l’état du sol, hersez vos raies en travers, afin de niveler pour le binage; tracez ensuite proprement vos sillons d'écoulement, et curez à la pelle eta la bèche toutes vos rigoles, ce qui termine la préparation du sol.»
Cette méthode, regardée comme la meilleure de toutes chez les Anglais, n’est cependant pas la seule à laquelle ils recourent de préférence. Souvent, au labour d’hiver, ne succède qu’un seul labour de printemps, sur lequel on fait passer le semoir à brouette dans chaque troisième sillon, puis on herse avant la levée des jeunes plantes.
En France, on donne assez rarement plus de deux labours, et l’on trouve souvent profitable de remplacer le second par 2 ou3 traits d’extirpateur.
Il est de bonne pratique de fumer les féves.
Tanlôt cette opération se fait avant le premier labour, tantôt seulement avant le dernier, sans qu’on puisse approuver ou blâmer d'une manière absolue l’une ou l’autre méthode; car, avant de se prononcer, il faudrait connaitre l’état de décomposition plus ou moins avancée du fumier, et les propriétés physiques de chaque sol sur lequel on opère.
En enterrant les fumiers de prime-abord, on les mélange mieux dans la couche labourable ; mais, d’un autre côté, si les dernières facons sont moins profondes que les premières, on court risque de les enfouir trop avant, et d’ailleurs on ne doit pas perdre de vue que la famure donnée aux fèves a aussi pour but de profiter aux récoltes suivantes.
Je ne suis donc pas éloigné de croire que, malgré l'emploi des fumiers longs, le retard qu'on met à les répandre offre généralement plus d'avantages que d’inconvéniens, au com:
mencement d'une rotation de 3 ou de 4 ans.
— S'il ne s'agissait que d'obtenir des fèves le plus de produits possible, on pourrait calculer autrement. — J’ai acquis la certitude que les engrais pulvérulens,et notamment le noir animalisé, profitent d’une manière toute particulière à la plante utile qui nous occupe, et que je voudrais voir plus généralement appreciee.
$ III. — Des semis.
On croit généralement, et je pense que c’est avec raison, partout où le ciimat n’y met pas empêchement, que, pour les fèves, l’ersemencernent le plus hätif est le meilleur, parce que, conformément à un principe déjà plusieurs fois rappelé dans le cours de cet ouvrage, sauf un bien petit nombre d’exceptions, la production des plantes annuelles est en rapport direct avec le temps plus où moins long qu'elles occupent le sol. En conséquence, j'ai vu souvent commencer, dans le midi de Ja France, les semis de féverolles immédiatement aprés Les semailles d'automne, c’est-àdire de la fin d'octobre à celle de novembre. En pareil cas on répana lengrais sur les chaumes, el on donne un seul labour. S
Tuaer rapporte qu'en 4/lemagne on les
chap. 16°, DES
sème en décemsre, sans s'inquiéter beaucoup du froid, parce qu'on croit que, si une gelée les atteint, les feuilles jaunissent à la vérité, mais qu'il en pousse d’autres, de sorte qu’on s'aperçoit à peine que les plantes aient souffert. Toutefois il ajoute que les fèves semées tard lui ont particulièrement réussi.
En Angleterre, on attend que les plus grands froids soient passés. Selon la disposition des saisons et l’état des terres, on commence vers la fin de janvier, et on ne finit jamais plus tard que la fin de mars. Communément on saisit /a première occasion favorable apres la Chandeleur.— Dans le centre et le nord de la France on suit la même coutume. Il faudrait un concours assez rare de circonstances atmosphériques favorables, pour que les semis d’avril donnassent d'aussi abondans produits que ceux d’hiver. — Si on voulait semer en automne, il faudrait choisir les variétés que J'ai fait connaître comme Îles plus rustiques ; encore succomberaient-eiles a des hivers un peu rigoureux.
La quantité de semence change selon les lieux et l’espacement qu'on croit devoir donner aux lignes, cet espacement étant plus considérable dans les localités naturellement humides ou sur les terrains très-fertiles; la proportion de semence doit être moindre dans ces deux cas que dans les circonstances contraires. En général, cette proportion varie entre deux et trois cents litres.
Il y a deux manières principales de semer Les fèves : le semis à la volée, dont on fait rarement usage autrement que pour les cultures fourragères qui nous occuperont ailleurs; —- les semis en lignes, de beaucoup préférables aux autres, et qui se praliquent de diverses façons.
Quelquefois le semeur suit la charrue et laisse tomber les graines une à une au fond de chaque sillon, où de chaque deuxième ou troisième sillon, ce qui porte l'écartement des lignes de 9 ou 10 pouces (0% 244 ou 0" 271) à 28 ou 30 pouces (0 * 659 ou 0 * 663).
D’autres fois, comme l'indique RoBerT Browx, on dépose la semence avec Le semoir dans les sillons, et on refend les raies pour les recouvrir ; puis on herse quelques jours après.
Avec le semoir de M. Hueues, la terre étant préalablement ameubiie et nivelée, en une seule opération 07 répand la semence, on la sème et. on La recouvre parfaitement, à la distance el à la profondeur les plus convenables, eu égard à la nature du sol.
$ IV. — Soins d’entretien.
Quel que soit le mode de semis qu'on aura adopté, des binages d'autantplus fréquens que le sol contient davantage de semences de mauvaises herbes, seront plus tard indispensables. Souvent la première de ces opérations se fait à la herse, peu de jours avant la levée des fèves, de manière à faciliter leur sortie et à détruire à leur naissance les plantes adventices qui se montrent dès-lors sur le terrain. Un pareil travail est d'une très-grand : utilité sur les sols argileux, surtout lorsque les pluies en ont tassé la surface avant ‘e moment de la germination.