‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 294 sur 357 · FEVES · texte numérisé non relu

FEVES

Les binages qui se font ultérieurement à la levée des jeunes féves, commencent, dans beaucoup de lieux, douze à quinze jours après qu’elles se sont montrées. Lorsque les rayons sont suffisamment espacés, c’est-à-dire lorsqu'il se trouve entre chacun d'eux au moins 18 pouces (0 * 338), on se sert avantageusement de la houe à cheval; — s'ils n'étaient distans que de 9 à 10 pouces (0 ® 244 à 271), il faudrait recourir à la houe à main. — Les deux méthodes présentent leurs avantages.

— La première, comme plus expéditive, est mieux appropriée aux babitudes de la grande culture; on peut la préférer dans les localités où les bras manquent. La seconde, en ne la considérant que dans ses rapports avec la plante qui nous occupe actuellement, est à la vérilé plus dispendieuse,et pourtant, dans presque tous les cas, plus lucrative, non que la perfection soit plus grande, mais parce que, en augmentant le nombre des lignes, on augmente sensiblement les produits de la récolte. — Si, dans les localités humides et froides ou d'une fécondité plus qu'ordinaire, on trouve utile d'adopter le plus grand espacement, Je pense que plus généralement 12 à 15 pouces (0 ® 325 à 0 ® 334) suffisent pour les plus grosses espèces. — Ajoutons que, de même que le semoir Hugues permet

e modifier àvolonté l’écartement desrayons, le sarcloir ingénieux inventé par le même agronoine (voy. pag. 225 fig. 326) permet aussi, avec uue économie notable sur le temps ordinaire employé aux binages à la main, de labourer entre les lignes peu espacées, même des cultures céréales.

On doit biner et sarcler les fèves au moins deux fous pendant le cours de leur végétation. Ilest des localités où, après le dernier binage, on sème des navets, soit pour les récolter, soit pour les enterrer à la charrue comme engrais; mais il ne faut pas perdre de vue qu’un des grands avanlages de la culture des fèves est d’en préparer une de froment.

A cet effet, on les enlève dès qu’elles sont suffisamment müres, pour donner tout de suite un premier labour.

En beaucoup de lieux, on est dans l’usage de pincer la sommité des fèves au moment de la floraison. Celte opération a pour but, soit de détruire les pucerons qui endommagent gravement ces sortes de cullures lorsque la saison favorise leur rapide propagation; — soit de faire mieux nouer les fruits. Dans le preuiier cas, le pincement est incontestablement nécessaire, mais il est douteux qu'il le soil également dans le second. Je manque d'expériences comparatives pour mieux asseoir un jugement à cet égard.

Quant au butage, fort bon dans les terrains légers pour maintenir la fraicheur au pied des touffes, je ne me suis jamais aperçu qu'il fût, sauf cette circonstance, aussi avantageux sur les cullures de fèves que sur celles de maïs, de millet, etc.; cependant je dois dire qu'il est généralement ulile et jamais noible, à moins qu'on ne veuille plus tard faucher la récolte, ce qui devient plus difficile, à cause des inégalités du terrain.

$ V. — De la récolte et des produits.

Les fèves semées à l’automne, dansle midi,

se récoltent fort souvent avant la moisson de : l'été suivant. — Celles que l’on sème dans le courant de l'hiver ou du printemps oceupent le sol jusqu’en septembre ou octobre, Dans quelques pays, on les coupe à la faucille ou à la faulx, on les lie en petites gerbes après les avoir laissées quelques jours en javelles, la graine en haut, ei on les dispose en meules.

— Dans d’autres, onles arrache par poignées.

— Presque partout on les bat au fléau, soit en plein champ aussitôt après leur maturité, soit en grange pendant l'hiver.

Le produit en grain des fèves est tout aussi variable que celui de la plupart des autres plantes culüvées.— Dans le Midi, où l’on détruit à la vérité une quantité considérable de gousses vertes pour la consommation des pauvres et des riches, vers le mois de juin, le baltage des gousses sèches donne rarement au-delà de quatre fois la semence. — Ailleurs, avec une culture en ligne soignée, il n’est pas rare de voir doubler ce produit. — Rosertr Brown regarde 32 hectolitres par hectare, comme le produit moyen de ses récoltes sur un /oam de bonne qualité. Ce résultat me semble un des plus heureux qu'on puisse atteindre dans la grande culture.

SECTION 1. — Des Haricots.

De toutes les semences farineuses, après les blés et souvent à côté des biés, /es Aaricots sont sans nul doute une des plus généralement utiles el dont les usages économiques ont le moins besoin d’être rappelés. Aussi sont-ils devenus, partout où le climat favorise leur production, soit dans les champs, soit dans les jardirs, l’objet de cultures fort importantes.

$ 1°"— Espèces et variétés.

Dans le genre Haricot (Phaseolus); en angl., Kidneybean ; en allemand, Schminkbohne, et en italien, Fagiuolo ( fig. 578), on remarque

Fig, 578.

DES LÉGUMINEUSES A SEMENCES FARINEUSES. Liv. 1,

quelques espèces reconnues comme telles par les botanistes, et un très-grand nombre de variétés et de sous-variétés plus ou moins fixes, dont je crois ne devoir indiquer ici que celles qui ont ou peuvent avoir quelque mérite dans la grande culture.

Les caracteres du genre sont, d’après M. DE CANDOLLE, un calice à 2 lèvres, dont la supérieure échancrée el l’inférieure à 3 dents; — une carêne et des organes sexuels contournés en spirale; — des gousses oblongues, à plusieurs grains.

Les cultivateurs divisent les haricots en haricots à rames et haricots naïrs : les premiers ne pouvant soutenir leurs longues tiges sans appui ou sans ramper à Ja surface du sol; — les autres qui supportent plus ou moius bien leurs tiges par eux-mêmes.

Toutes les variétés qui composent ces deux groupes semblent appartenir à l'espèce commune. À côlé de celle-ci il en existe quelques autres dont deux seulement me semblent devoir trouver place dans ce traité: le haricot de Lima et celui à bouquets.

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