‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 30 sur 357 · LIV. x · texte numérisé non relu

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meline, la gaude, etc., etc., parmi les plantes propres aux arts.

Au nombre des arbres qui y croissent le mieux, on peut citer, après le saule marsault, l’osier des sables, le peuplier blanc et le bouleau, les chêneset particulièrement lerouvre el le tauzin, l’orme,le charme, l’érable commun et celui de Montpellier, le frêne à fleur, le hêtre et la plupart des pins.

II. Terres quartzeuses et graveleuses. — Le quartz,pierre à base de silice,se rencontre. dans une foule de roches, et par suite dans un grand nombre de terrains. — On donne le nom de quarizeux, non pas à tous ceux qui en contiennent, même en proporüon assez cousidérable, des fragmens plus ou moins volumineux, mais à ceux qui en sont composés en majeure partie. Ils ne se dislinguent pas alors sensiblement, sous le point de vue de la culture, des sols graveleux; seulement les petites pierres roulées de la grosseur moyenne d’une noisette, qui composent ces derniers, ne sont pas toutes de même nature; selon la formation géologique des montagnes dont elles ont été détachées, elles sont tantôt siliceuses, tantôt alumineuses, et tantôt calcaires. Cependant presque toujourslesgravierssiliceux prédominent dansla masse, et presque toujours aussi ils y sont mêlés à une certaine quantité d'argile, produite, soit par la propre décomposition des roches, soit par les sédimens entraînés parle cours deseaux. Lesterrains graveleux doivent donc être considérés dans la plupart des cas, comme des sols sablo-argileux. Lorsque les cailloux qui les caractérisent sont volumineux, et qu’ils ne sont pas unis par une quanüté suffisante de terre végétale, on ne peut guère les utiliser autrement que par des plantations. Les bouleaux, le saule marsault, et quelques autres, l’orme, et, quand ils offrent un peu plus de consistance à une certaine profondeur, les chènes y réussissent communément. — À leur défaut, les coniferes y croissent parfaitement. — Les arbres fruitiers y donnent des produits exquis. — La vigne à bonne exposition y procure en petite quantité un vin d'excellente qualité.

Si les sols graveleux sont composés de fragmens moins gros et mélangés à une plus grande quantité de terre, on peut leur confier diverses plantes annuelles parmi lesquelles on devra choisir de préférence celles qui arrivent à maturité avant la grande sécheresse, comme le seigle, l'orge, ete., etc., ou celles qui donnent des produits de jardinage d'un prix assez élevé pour indemniser des frais inévitables d’arrosement.—Du reste, les terres de graviers fins rentrent tout-à-fait, quant à leur culture, dans la classe des terres sablonneuses ou sableuses dont j'ai parlé au commencement de ce paragraphe avec des détails suffisans pour y renvoyer le lecteur,

III. Terres granitiques.—EÆElles sont encore à peu près dans le même cas.La décomposition du granite donnenaissance à un sable argileux très-aride par lui-même et assez peu susceptible d'amélioration , à moins d’amendemens calcairesouargilo-calcaires,et d’abondans engrais.—Le seigle, l'épeautre font la base de la grande culture des pays granitiques.—Il faut, pour que lesprairies naturelles et artificielles

cHap. 2°.

y réussissent, qu’elles se trouvent dans les vallées, et par conséquent dans une posilion

ui n'exclut pas toute humidité à l’époque des chaleurs estivales. Bosc, qui avait parcouru en tous sens la plupart des contrées granitiques de la France, recommandail le turneps comme une des plantes les plus propres à y donner aux bestiaux une nourriture à la fois abondante et très-suçculente. « Ce qui doit encore plus engager à le semer dans ces sortes de sols, c’est, dit-il, que les bestiaux, quoiqu’en général de petite taille, y réussissent fort bien. Les chevaux y sont fins et vifs, voyez ceux du Limousin; les bœufs ardens au travail, voyez ceux de l'Auvergne; les moutons y ont la chair savoureuse, voyez ceux des Ardennes. Sous le doùble rapport de la production des engrais qui manquent surtout aux terres graniliques et de la valeur des animaux, les habitans de ces pays doivent donc se livrer de préférence aux spéculations qui ont pour but l’education des bestiaux, même des volailles, puisque, comme chacun sait, c’est du revers des Cévennes et du Limousin que sortent ces excellentes cuisses d’oies dont on fait un fort grand commerce. »

Presque toutes les montagnes granitiques de l’est de la France sont couvertes de beaux chênes et de châtaigniers dont les fruits font, pendant:une partie de l’année, la base de la nourriture des hommes et de certains animaux, comme les cochons et la volaille, auxquels ils donnent en peu de temps une fort bonne graisse.

IV. Les terres volcaniques sont aussi plus communes dans l’est que dans toute auire partie de la France. C’est en Auvergne el en Languedoc, c’est-à-dire dans le Cantal, le Puy-de-Dôme,la Haute-Loire, l'Hérault,etc. qu'il faut aller les étudier. Généralement ce sont encore des terres légères, faciles à distinguer par leur couleur noire ou noirâtre, souvent pulvérulentes, et qui exigent les mêmes cultures que les terres sableuses ou sablo - argileuses. — Jusqu'ici, sans qu'on ait pu se rendre bien compte du pourquoi, elles sont, lorsqu'on peut leur procurer en été une humidité suffisante, d'une fertilité qui dépasse de beaucoup, non seulement celle des sols granitiques avec lesquels elles offrent cependant d’assez nombreux rapports, mais encore celle de la plupart des autres sols connus. — Les cendres de laves, pendant long-temps impropres à toute végétalion, acquerraientelles, et conserveraient-elles après des siècles une propriété stimulante? — Quoi qu'il en soit, dans des circonstances ordinaires, les céréales, les plantes fourrageuses, et tous les végétaux économiques des terres légères, croissent avec plus de vigueur sur les débris des anciens volcans que partout ailleurs. — Il n’est personne qui nait entendu parler des châtaigniers monstrueux du mont Eina.

V. Terres sablo-argilo-ferrusineuses.—Elles ont deux inconvéniens de plus que les terres simplement sablonneuses. —La couleur brunâtre ou violâtre qu'elles doivent à l’oxide de fer,et qui les caractérise autant au moins que leur fâcheuse disposition à s’agglomérer en

LA

SOLS SABLEUX

espèces de pouddingues plus où moins compactes, les rend d’un accès plus facile encore a l’excessive chaleur, et la surabondance de cel oxide s'oppose parfois complètement à toute végétation. — Il est presque toujours préférable de les cultiver en iv que de toute autre manière. Les taillis de châtaigniers y donnent de lents, mais de bons produits. Les bouleaux y croissent bien, et divers autres arbres peuvent, sinon y prospérer, du moins y végéler avec assez de force pour acquérir de la valeur.

À force d'engrais peu chauds, on peut aussi risquer sur de semblables terrains la culture du seigle, mais on doit s'attendre à le voir manquer complètement, pour peu que les pluies ne soient pas fréquentes pendant la belle saison. — Au moyen d’arrosemens plus multipliés qu’abondans, on obtient généralement dans les sables ferrugineux, en fruits maraîichers et en racines légumineuses, des produits d’une excellente qualité.

VI. Terres de sable de bruyéres. Ces terres, que je placerais au rang des meilleures et des plus utiles en jardinage , sont , au contraire, des moins fertiles pour la grande culture.— Elles contiennent cependant, uni à un sable ordinairement très-fin , à une petite quantité d’alumine et d’oxide de fer, une quantité de terreau considérable, dû à la décomposition successive des plantes qui les recouvrent.— Quand elles se trouvent dans des circonstances favorables, leur fertilité est très-grande, au moins pour beaucoup de plantes ; mais, d’une part, comme il n’est que trop facile de s’en convaincre en parcourant les vastes landes de Bordeaux, celles de la Bretagne, de la Sologne, etc., elles offrent rarement assez de profondeur, ou elles reposent sur un sous-sol argileux qui retient l’eau de manière à ce qu’elles deviennent de véritables marais pendant l'hiver, tandis qu’elles se dessèchent complètement pendant l’été; de l’autre, elles onttrop peu de consistance.—Le seul moyen de remédier à ce double inconvénient, c’est de faciliter l'écoulement des pluies, et de défoncer.

Pour atteindre le premier but, on fait des fossés, ou, si le terrain ne présente pas une pente suffisante, on creuse, de distance en distance, aux endroits les plus bas, de petits étangs, qui n’ont pas d’ailleurs l’unique avantage d’assainir la surface du sol.—Lors même qu'ils ne sont pas susceptibles de recevoir du poisson , ils donnent naissance à des plantes aquatiques que les cultivateurs ont grand soin de relirer pour les transtormer en engrais , et ils se couvrent sur leurs bords d'herbes, que leur mauvaise qualité n’empêche pas d'utiliser, faute de meilleurs où de suffisans paturages.— Quant aux moyens d’augmenter la masse de terre labourable, nous reviendrons nécessairement sur cet important sujet en traitant prochainement des défrichemens.

Dans la piupart des pays de landes, après avoir ensemencé deux ou trois ans de suite une petite partie du sol en seigle, en sarrazin, en pommes-de-terre, etc., on le laisse en jachères beaucoup plus long-temps.—Cependant, dans la Campine, où de vastes landes d’un sable très-maigre reposent sur un fond

argilo-terrugineux, on est parvenu, malgré leur stérilité naturelle, à les transformer en champs fertiles par l'adoption de l’assolement suivant : aux bruyères défrichées succèdent les pommes-de-terre, puis l’avoine et le trèfle, du seigle, de la spergule, des navets, assez souvent pâturés sur place, ou du sarrazin enterré en vert; et enfin une seconde récolte de seigle, qui fait parfois place à un bois taillis. —Dans le Hanovre, sur un défrichement fait à la pioche par des colons pauvres auxquels le terrain était concédé à peu près gratuitement pour de longues années, un assolement analogue a produit des effets aussi satisfaisans. — Bien d’autres preuves attestent que les landes les plus maigres sont susceptibles de devenir d’une culture productive. Si l’on en tire communément un si mauvais parti, il ne faut pas pourtant toujours en accuser l’incurie des propriétaires; car, quelque facile que soit théoriquement leur amélioration, en pratique elle est souvent rendue impossible par les frais qu’elle occasionerait dans des pays d’autant moins peuplés qu'ils sont naturellement plus improductifs.

Lorsque lesterres de bruyères ont une certaine profondeur,elles se prétent à la culture du bois. — Les Bouleaux, les Chênes rouvre et tauzin, le Châtaignier même , si les eaux ont de l'écoulement, y réussissent assez bien. —Le Pin maritime procure dans les landes de Bordeaux de riches produits par la résine, le goudron qu’on en extrait, et par son bois.— Le Pin sylvestre contribue à l’amélioration des bruyères de la Campine presque aussi puissamment qu’à celle des craies de la Champagne.—Le Pin du lord ou Weimouth réussit de préférence dans des sables un peu frais. Grâce à M. ne MoroOGUES, il commence, je crois, à être cultivé avec succès dans la Sologne. — Enfin le Pin rigida, qui vient également dans les graviers arides et dans les terres marécageuses, s’accommode surtout de ces dernières, et pourrait ainsi couvrir certaines landes d’une végétation productive.

VII. Sols de sable pur.—Ils se présentent tantôt en monticules qui bordent les rivages de la mer sous le nom de dunes ; — tantôt en masses plus ou moins régulièrement planes et mouvantes, que les vents poussent de proche en proche dans l’intérieur desterres; — tantôt enfin en plaines dont la surface mieux abritée se couvre de quelques plantes d’une végétation chétive, qui donnent au sol un premier degré de stabilité.

Conquérir à la culture de semblables terrains, c’est une opération difficile, dont les résultats sont lents, parfois douteux, mais dont l’inrportance exige que Jj'entre ici dans quelques détails.

Des dunes. Presque partout, entre la laisse des hautes marées et la base des premières dunes, se trouve un espace assez vaste, à peu près plane, sur lequel les sables, entrainés par le vent, glissent sans s'arrêter. — Tous les cultivateurs qui ont cherché à fixer les dunes sont à peu près d'accord sur ce point, que c’est par celte partie qu'il faut commencer.—On fera bien de ne pas opérer à la fois sur une trop grande étendue.

Les végétaux qui conviennent particulière-

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