Le Haricot de Lima fig. 595) appartient
Fig. 595. à l'espèce que les botanistes ont désignée sous le nom de Phaseolus lunatus. «Son grain est très-gros, épais, d’un blanc sale ; sa cosse large, courte, n peu rude et chagrinée comme celle du haricot d'Espagne. C'est une variété remarquable par son énorme produit et la qualité farineuse de son grain; mais il est délicat et tardif pour le climat de Paris, où l'on n'oblient la maturité d’une partie des gousses qu’en l’avançant sur couche dans de petits pots, pour le planter ensuite en mai, un à la touffe. Ou le mange écossé ou en vert. Il rame très-haut el pourrait devenir précieux pour le midi de la France. — M. Vilmorin à reçu d'Amérique, sous le nom de siéva, une variété du précédent, un peu plus petite et beaucoup plus hâtive. » (Bon jardinier. 1835.)
24. Le Haricot d'Espagne ou à bouquets (Phaseolus coccineus) est encore une espèce distincte, remarquable par la grosseur de ses grains. Outre les deux variétés à fleurs et à grains blancs (fig. 596), et à fleurs rouges et à grains gris Jaspés de noir (fig. 597), il pa-
Fig. 596.
Fig. 597.
rait qu'il en existe quelques autres voisines de la première, et qu’on a, dans ces derniers temps, préconisées peut-être outre mesure. Le haricot d'Espagne peut deveniren quelque sorte vivace par ses racines.
Cette année même, M. RENpuen a donné une nouvelle preuve à la Société d’horticullure de Paris. — Cette espèce est, à mon gré, plus remarquable par l'abondance de ses gousses qui se prolongent jusqu'aux gelées, et le volume de ses grains, que par leur qualité.
SI. — Du climat et du terrain.
Les haricots, en géneral, ont besoin à la fois de chaleur pour fructifier abondamment
AGRICULTURE : DES LÉGUMINEUSES A SEMENCES FARINEUSES
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et pour amener leurs graines à bien; de Jfraïcheur dans le sol, pour entretenir leur luxueuse et rapide végétation. Ce sont des plantes plutôt du midi et du centre que du nord de la France, où cependant on les cultive encore, mais beaucoup moins en plein champ que dans les jardins ou à des exposilions choisies.
Un sol léger, et pourtant substantiel etfrais, leur convient particulièrement. — Dans les terres argileuses, leur culture est plus difficile et presque toujours moins productive.
Ils y grèenent peu, parce qu'ils fleurissent moins abondamment, et parce que leurs fleurs sont plus sujettes à la coulure. — Dans les terres sablo-calcaires, les haricots donnent des produits très-abondans, si l’on peut féconder la chaleur naturelle à ces soertes de sols par des arrosemens ou des irrigalions. — On sait queles terrains gypseux ont l'inconvénient de produire des graines d’une cuisson d’autant plus difficile qu’ils abondent en sulfate de chaux.
$ IJ. — De la préparation du terrain.
Quelle que soit l’aridité naturelle du sol, on parvient toujours & le rendre propre à la culture des haricots, en lui donnant des engrais et surtout de l'humidité; car l’eau et la chaleur sont les deux agens les plus puissans de leur belle végétation.—Dans les lieux où des infiltrationsnaturelles humectent le sous-sol, pendant les chaleurs estivales, jusqu’à portée des racines, comme on leremarqueassez fréquemment dans le sud-est de la France, la Toscane et bien d’autres lieux, des graviers
ui, partout ailleurs, resteraient inféconds, deviennent alors d’une fertilité prodigieuse, notamment pour la précieuse légumineuse qui nous occupe en ce moment.
Sur les terres légères, deux labours de preparation suffisent. Le premier, donné en automne ou pendant l'hiver, peutêtre profond, car il ne faut pas perdre de vue que plus la couche labourée sera épaisse, et mieux la fraicheur s'y conservera pendant l’époque des sécheresses; —]lesecond labour sert à enfouir les engrais et à disposer le champ à recevoir le semis. Celui-là doit pénétrer d’autant moins avant que le sol est plus perméable, et que les eaux pluviales pourraient entrainer par conséquent plus promptement les sucs nourriciers au-delà de l'atteinte du chevelu des racines.
Sur les terres plus compactes, trois labours sont souvent de rigueur. Nous ne reviendrons pas ici sur la nécessité de les commencer avant les fortes gelées, pour la bonne préparation de ces sortes de terrains, et l’economie des façons suivantes. On sait qu'un seul labour d'automne, donné à propos, en vaut souvent plusieurs autres.
Tous les engrais convienrent aux haricots.
Quand la terre est légère à l'excès, les fumiers de vache lui donnent quelque consistance, et sont par conséquent préférables sous ce rapport. Les terres qui s’échauffent facilement n'ont pas, d’ailleurs, besoin d'engrais très-actifs. Il en est tout autrement des argiles compactes, naturellement froides. Là, le fumier de cheval, de mouton, et les engrais pulvé-
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rulens d’une décomposition rapide, tels que lenoir animalisé, la poudrette, etc.; lesamendemens ou les stimulans d’une grande énergie, tels que la chaux, produisent de meilleurs effets et peuvent jusqu’à un certain point remédier aux dispositions physiques de la masse terreuse. Par leur moyen, la proportion des fleurs et des gousses augmente sensiblemeni, ainsi que nous pouvons l’attester par expérience.
Les haricots enlévent à la terre beaucoup de parties nutritives. Lorsqu'on veut les faire entrer dans un assolement comme culture préparatoire, il faut donc les fumer copieusement. — Il est des lieux où, à cette condition, les fermiers cèdent gratuitement leur terrain, l’année de jachère, a des cultivateurs spéciaux, qui en tirent un fort bon produit:
car, Pneenne est favorable, leur récolte rend quelquefois plus que celle d’un beau blé; et après elle, le champ n'en est pas moins en meilleur état qu'après une jachère morte. — Dans ce cas, les haricots succèdent à une avoine ou à une orge, et précèdent un froment ou un seigle. En Toscane, comme nous l'apprend M. pe Sismonpr, leur place est la même. « Le blé, dit-il, alterne avec les haricots, le maïs ou les fèves, dans les métairies qui ne sont pas assez fertiles pour être propres au chanvre; on les entreméle de quelques grains de blé de Turquie, pour leur tenir lieu de rames. Ils réussissent assez bien, même pour alterner avec le blé, dans le terrain des montagnes où l’on peut les arroser, comme on le fait fréquemment dans les Apennips, où les sources sont communes. »
Yvarr a vu cultiver très-en grand, avec beaucoup de succès, le haricot blanc dit rognon de coq, sur le territoire de la commune de Bazoche, près de Montfort-l'Amaury, entre deux cultures de grains. Elle y rapporte souvent au-delà de 150 fr. net par hectare, année commune. Aussi, les cultivateurs qui ne connaissent pas de meilleur moyen de détruire le chiendent et toutes les autres plantes nuisibles aux récoltes, au lieu de céder comme ci-dessus leurs terres, les louent jusqu'à 80 fr. l’hectare, pour cette culture, à des particuliers qui en retirent un grand bénéfice et les rendent très-nettes et très-améliorées pour les semailles subséquentes. — On y reconnait que cette culture est la meilleure préparation que la terre puisse recevoir pour la culture dela luzerne,qui suit avec une graminée; et, au second binage queles haricots reçoivent, on sème quelquefois, entre les rayons, des navets dont la récolte dédommage en grande partie des frais de culture.
Les céréales paraissent donc être pour les haricots, et ceux-ci pour les céréales, de bonnes cultures préparatoires.
$ IV.—Du choix de la graine et du semis.
On a souvent recommanae de choisirun à ur les haricots, pour rejeter ceux qui sont ou plus petits ou moius bien conformés, parce qu on s’est aperçu qu'ils donnaient de moins beaux produits. Cette prescription est fondée sur ce que, lorsque les cotylédons