‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 342 sur 357 · DES DIVERSES PLANTES FOURRAGERES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES PLANTES FOURRAGERES

moins abondant, il possède en compensation la propriété de miéux réussir sur les terrains élevés, de qualité même médiocre. On le voit souvent croitre spontanément dans les champs cultivés. Après la moisson des céréales. il procure aux troupéaux un pâturage excellent. — Yvarrt s'est bien trouvé de le mêler parfois à des trèfles et à d’autres prairies artificielles.

Le Vulpin genouillé(4lopecurus geniculatus, Lin.) (#g. 647), vivace, a les panicules plus courtes que les deux Fig. 647.

espèces précédentes;sa couleur est d'un vert plus franc; —ses fleurs, quelquefois tout-à-fait giabres à la base de l’épi, sont iégèrement velues à la sommité, — ses tiges sont fortement genouillées.

Ce vulpin, qui croît naturellement au bord des étangs et dans beaucoup de lieux humides, est particulièrement propre aux terrains marécageux. Son fourrage est de meilleure qualité que celui de beaucoup d’autres plantes de semblables localités. Les vaches, ) les bœufs et les chevaux s’en acconmodent et s'en trouvent fort bien.

FLÉOLE (Phleun). Glume à deux valves tronquées et surmontées de deux pointes, à une seule fleur; - balle plus petite que la glume. (Por. les déiails de la fg. 648.)

Fléole des prés (PAleum pratense, Tin.),Thimotky des Anglais, fléau, elc. (fig. 648), vi-

Fig. 648.

vace; sa lige, articulée, droite, feuillue, s’élève au-delà de 3 pieds (1 mètre); —l'épi, cy-

lyndrique, grêle et serré, est long d’environ 4 po.; —les balles sont petites, blanches à l’extérieur, vertes sur les côtés.

Ce gramen, justement vanté par les Anglais à cause de l'abondance de $es fanes et de la bonne qualité de son fourrage pour les bestiaux de toutes sortes, a depuis longtemps été semé isolément pour en faire des prairies artificielles. — Il se plait de préférence et donne ses meilleurs produits dans les terrains humides, quelle que soit d’ailleurs leur composition, argileuse, sableuse ou même tourbeuse. — « Dans les terres sablonnenses de Bonny (Loiret), j'en ai vu, dit M. Vicmonrin, des pièces excellentes chez feu M. le comte pe CHAZzAL, qui en obtenait depuis 1009 jusqu'à 1400 bottes de 5 à 6 kilog. par hectare. Le foin de cette plante, quoique gros, est très-bon. Le thimothy étant une des graminées les plus tardives, si on l’emploie pour former le fonds d’une prairie permanente, on doit éviter de lui adjoindre les espèces très-hâtives. Les agrostis, les fétuques des prés et élevée, sont celles qui, sous ce rapport, iraient le mieux avec lui. — On peut encore employer très-avantageusement le thimothy en pâlure, même sur des terrains médiocres, pourvu qu'ils aient de la fraicheur ; M. de Chazal en faisait également un grand emploi de cette manière. — La graine se sème en septembre et octobre, ou en mars et avril, à raison de 14 à 16 livres parhectare.»

La Fléole noueuse (Phleum nodosum, Lin.) est facile à distinguer par ses racines bulbeuses, par ses tiges remarquablement coudées aux arliculations, par sa panicule plus courte et ses glumes parfois purpurines encore plus distinctement ciliées.

Cette espèce, qui se plait dans les mêmes terrains que la précédente, n’est ni plus précoce ni aussi productive.

PraLaRis (Phalaris).Glume uniflore, à deux valves égales creusées en nacelle, et non tronquées comme dans le genre précédent ; — balle à deux valves inégales, pointues et de moindre longueur que la glume; — fleurs en panicule ou sorte d’épi cylindrique. (7'oy. les détails de la fg. 649.)

Phalaris roseau (Phalaris arundinacea, Lin.), Ruban d'eau; — Rubanier; — Alpiste roseau, etc. (f£g. 649), vivace: tiges droites de 4 à 5 pieds, poussant facilement des racines de chacun de leurs nœuds; -— feuilles lisses, larges et longues; — panicules blanchâtres nuancées de violet. Il existe une variété bien connue par ses feuilles rubanées de vert et de blanc.

Quoique cette belle graminée ait en quel-

ue sorte l’apparence d'un roseau, elle en diffère cependant essentiellement par le fait. Ses tiges, dans leur jeunesse, produisent sous la faulx un fourrage tendre et nourrissant. — Elle abonde à la vérité dans les prairies humides cu arrosées de la Lombardie, de la Suède, et on la retrouve fréquemment en France dans des lieux analogues ou sur les bords des fleuves ; mais, bien qu’elle ne croisse spontanément que dans les terrains presque aqualiques, des expériences récentes dues à MM, Vizmorin, dans le Gàtinais, JACQUEMET-BONNEFONDS, près d’Annonay, et DEscoLomBIERS, aux environs de

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES. LA. 19° Fig. 649.

Moulins, ten dent fortement à faire croire que la méme plante peut utiliser des terres calcaires assez maigres , des terrains granitiques très secs, et qu’elle résiste même mieux que beaucoup d’autres à des étés peu pluvieux.

Le Phalaris, ou Alpiste des Canaries (Phalaris canariensis, Lin.), dont il a été parlé

ailleurs sous d’autres rap ports(Foy.pag.

410 et Jég. 650, peut aussi servir de fourrage.

Les chevaux s’accommodent assez bien de sa paille fauchée après la maturitédesgraines, quoiqu’elle soit en cet état dure, et qu’elle doive communément être préalablement brisée. En Angleterre, où on R cultive çà et à

ceite plante

pour sa graine,

et où on la regarde sous ce

point de vue

comme une ré-

colte fort incer-

laine, eu égard au climat, on se console en partie de la voir manquer, parce qu’elle donne toujours au moins un fourrage vert plus estimé, d’après Loupon, que celui de tous les autres végétaux culmifères.

Le Phalaris Fléole ( Phalaris phleoïdes, Lin.) est beaucoup moin élevé que le rubanier; — ses feuilles sont larges et courtes; — ses fleurs, réunies en une sorte dépi grêle assez semblable à celui de la fléole des prés, mais dont les épillets sont portés sur des pédoncules rameux. — On le rencontre ordinairement sur les terrains élevés et peu fertiles; aussi est-ce en pareille situation qu'on peut recommander de lutiliser.

Il fournit un herbage recherché de tous les bestiaux, et surtout des bêtes à laine, qui le broutent avidement sur les pâturages où ils le rencontrent encore jeune.

Panis (Panicum).Glume uniflore, bivalve, a la base de laquelle se trouve une troisième valve placée en dehors du côté plane de la

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char, (ST.

fleur. — fleurs en panicules. (Foy. la fig. suivante.)

Le Panis élevé (Panicum altissimum, Vilm.), Herbe de Cuinée (fig. 651), vivace, a les tiges

Fig. 651.

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droites, lisses, Inarquées d’une pervure longitudinale blanche, s'élevant parfois à plus de 4 pieds; il forme des touffes fort larges d’un vert gai; — sa panicule est lâche, a-

EN A , NA longée ; — RC : ses fleurs verdètres.

L'herbede

Guinée est fort estimée en Amérique comme fourrage. Il y a longtempsqu'on a cherché à l'introduire en France, où elle a été plusieurs fois confondue avec d’autres panis; mais ce n’est que depuis une quinzaine d'années que les essais sont devenas fructueux, puisque jusque là on n'avait pu parvenir à la faire grainer. Maintenant, la plupart de ses graines arrivent à maturité ; et le petit nombre de celles qui sont fertiles se ressèment et lèvent fort bien d'elles-mèmes, non seulement dans nos départemens méridionaux, mais sous le climat de Paris. — Ce n’est que la seconde année que chaque touffe acquiert toute sa force. Elle estalors tellement féconde en tiges eten feuilles, qu’elle présente une masse on peut dire extraordinaire d'un fourrage particulièrement propre à être donné en vert aux chevaux, aux vaches et aux bœufs. C’est une excellente acquisition pour nos pays.

En Amérique, c'est par la division et la plautation des touffes qu'on multiplie fréquemment celte graminée, afin d'avancer d’une année le moment de ses plus riches produits. Le même mode pourrait ètre adopté en France. — Quand on veut semer, ce ne peut être, dans nos régions du centre, avant la fin d'avril ou le courant de mai; encore choisit-on une exposition chaude et abritée.

— Si l’on semait en place, ce devrait être fort clair ; mais. jusquà présent, dans la crainte de compromettre l'avenir de cultures encore si précieuses, aulant que pour régulariser mieux leurs résultats, on repique en juin chaque plant, en rayons espacés les uns des autres de 12 à 15 po. (0 m. 325 à O0 m. 406).

Le Panis ou Millet d'Italie (Pañicum italicum, Lin.), vor. p.404, fig. 569,—et /e Millet à grappes oucommun(Panicum miliaceum,\An.), voy. même pag., fig. 568,—sont plutôt cultivés pour leurs graines que pour leur fourrage.

DES PRAIRIES

Cependant, semés épais enterrains légers et à exposition chaude, ils produisent un fort bon fourrage vert réservé, dans quelques contrées, pour les vaches laitières dont il augmente et anéliore les produits.

Le Moha, Millet de Hongrie (Panicum altissimum, Willd.),dontil a été parlé aussi (vor. pag. 404, fig. 570 ), est cultivé depuis quelques années sur divers points de fa France, notamment à la ferme-modèle de Grignon.

Vantée d’abord outre mesure, celte espèce, étudiée depuis comparativement avec celle d'Italie, s’est cependant montrée constamment supérieure comme fourrage, parce que ses tiges sont à la fois plus nombreuses et plus minces. Le moha esttrès-fourrageux sur les fonds légers et substantiels de nature sableuse ousabl o-argileuse. M. ViLMoriN a éprouvé que dans les terres calcaires, même d'assez bonne qualité, il ne donne pas à beaucoup près d’aussi riches produits.

La culture de ce millet ne diffère en rien de celle des autres. Il aime des champs richement fumés. On l’y répand à la volée de la fin d'avril au milieu de mai.

PasPaLe (Paspalum).— Ce genre diffère du précédent, dont il se rapproche sous divers autres rapports, par l'absence de la troisième valve qui caractérise les panis. (Voyez les détails de la figure suivante.)

Le Paspale stolonifére (Paspalum stoloniferum, Bosc; — Milium latifolium, Lin.)( fig. 652), vivace, est une plante du Pérou que Bosc a fait connaitre en France et recommandée à l’attention des

cultivateurs du midi du royaume comwe un excellent fourrage ; elle existe de-

puis longtemps dans les carrés du Jardin des plantes deParis,où elle ne donne malheureusement que peu de graines, parce qu’on ne doit la semer que tard, et que les

froids arrétent sa végétation avant l'entière maturation.—«Cetle espèce, disait l'agronome que je viens de citer, est vivace, s'élève de 2 à 3 pieds, et chacun de ses nœuds inférieurs prend successivement racine, de sorte que, dans le courant d’une année, une seule graine peut fournir de quoi couvrir plusieurstoises carrées en fourrages; ses feuilles larges sont si tendres et si sucrées. ainsi que les tiges, que j'ai trouvé du plaisir à lesmächer.On peut sans doute les couper trois

Fig. 652.

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