‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 343 sur 357 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

eu quatte fois l’année dans les parties méridionales de la France. »

AGrosris {4grostis), genre très-nombreux que M. pe CaNLoOLLE a divisé en deux sec- Uous ;— l’une dont toutes les espèces se rapprocheraient beaucoup des pâlurins, si leurs épillets n'étaient uniflores ; tels sont les Agrostis vulgaires, stoloniféres, etc. ;—l'autre à balles, portant une arête sur le dos et offrant par conséquent plus de rapport avec les avoines, dont elles diffèrentégalement par leur fleur unique, comme les A4grostis paradoxa, rubra, etc.

L’'Agrostis vulgaire (Agrostis vulgaris) (fig. 653). vivace, a les tiges longues de 1 à 2

Fig. 653. pieds. assez droites; les feuiiles peu longues ; — la panicule finement ramifiée, ovoïde, de couleur violâtre ou roussâtre, el à pédicules sensiblement plus alongés que dans l'espèce suivante.— Elle est également commune dans les prés, les bois et les champs. Son fourrage est fin el délicat.

L’Agrostis stolonifére où tracante ( Agrostis stoloniferu, Lin.) (Jig. 654), vivace, a des tiges

nombreuses, couchées , rameuses à leurs bases, el poussant des racines detousles nœuds qui se trouvent en contact avec le sol.Cette plante, vulgairement connue sous les noms de Trainasse,Terre nue, elc., n’est sutre : chose que le Froréa, OÙ du moins qu'une variété peu distincte du . Fiorin ant van- /té des Anglais.

D’après GEor- GES SINCLAIR , c’est l’Agrostis stolonifera latifolia. Chez M.

VILMORIN , on cultive sous le nom de #iorir deux variétés , lune dont les panicules étaliées au moment

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

eo go

de la floraison se resserrent ensuite, l’autre dont les panicules restent toujours ouvertes. Toutes deux ont des dimensions plus fortes que notre Agrostis stolonifera.— Dans les champs, cette plante est à bon droit redoutée des culUvateurs. — Comme fourrage, attendu qu'elle a la propriété de croître sur presque tous les mauvais terrains de nature fort diverse, et notamment dans les localités Lourbeuses, froides, humides, et qu’elle procure un loin de bonne qualité, on peut en tirer un parti avantageux.

Sa graine est si fine qu'il ne faut presque pas la recouvrir et qu’on ne doit pas en répandre au-delà de 4 1,2 à 5 kilog. par hectare. —On peut la semer en septembre ou en mars.

En Angleterre, on propage généralement le fiorin en écialant ses touffes ou mème à l’aide de ses tiges non enracinées. Pour cela, après un labour préalable, on creuse à 9 ou 10 pouces de distance les unes des autres de petites rigoles de moins de 2 pouces de profondeur, au fond desquelles on étend longitudinalement les tiges de manière que leurs extrémités se touchent. — On recouvre au râteau et on roule la surface du sol.—Six mois après elle se trouve verdoyante, et si cette sorte de bouturage a été fait de bonne heure au printemps, on peut compter sur une abondaute récolle en automne.

Quoique j'aie dit que cette plante s’accommode de presque tous les terrains, elle croît beaucoup moins dans les localités sèches et élevées ; là on ne peut guère espérer la faucher, mais elle produit encore, ainsi que la suivante, un bon pâturage.

L'Agrosus d'Amérique (Agrostis dispar, Mich.) (fig. 655), vivace, a, comme l'espèce précédente, Ja héeléleree Pet un peu dure; — sa panicule làche, forme une pyramide régulièrement verticillée.— C'est le

Herd - Grass, herbe aux troupeaux, ou le

Red-top-grass des Etats-Unis, où elle produit sur les terrains

humides et

tourbeux un fourrage abon-, dant et de bonne qualité. Dans les essais quiont été faits en France, notamment par M. Virmo- RIN, pour y propager cet agrosüis,ilatres-bien réussi sur des terres saplo-argileuses et même calcaires fraiches, sans humidité. Comme en Amérique, il y donne des masses de fourrage considérables. ù

À cause dela très-grande finesse de lagraine

Fig. 655.

Cifsp.yia.

et de la lenteur du premier developpement de Ja plante, on a proposé de la repiquer comme ous avons vu qu'on le fait pour quelques aulres espèces, et c’est d'autant plus facile pour celle-ci que ses touffes tallent considérablement, et qu'on peut en diviser une seule en une foule d'éclats. — Si l’on aime mieux semer, il ne faut répandre que 7 à 8 livres de semences par hectare et les recouvrir fort eu.

1’ Agrostis des chiens (Agrostis canina, Lin.) s'élève à peu près à la même hauteur que le précédent; ses feuilles sont plus longues, mais moins nombreuses sur chaque tige. Il apparlient à la section des agrostides fausses-avoines. Je l'ai vu parfois réussir passablement sur des sols assez secs, quoiqu'il préfère les prairies basses et humides.— Selon qu'il occupe la première ou la seconde position, il donne un foin remarquable, comme celui du fiorin, par la propriété qu'il possède de conserver longtemps sa fraicheur après avoir élé fauché, ou procure un fort bon pâturage pour les moutons.

L’Agrostis paradoxale (Agrostis paradoxa, Lin) s'élève davantage que les deux précédens. Dans les localités abritées des provinces du midi, où il croit spontanément, telles que la Provence. l'Hérault, etc., il est trèsfourrageux ; aussi suis-je disposé, en consullant mes souvenirs, à croire avec M. BorraRp, qu'il serait plus productif que la plupart de ses congénères. — Son foin, quoiqu'un peu dur, plait aux chevaux et aux ruminans.— Cette plante, particulièrement propre à nos contrées méridionales, se trouve cependant aussi dans celle du centre, et il serait facile et utile de l'essayer au moins en petit.

Jusqu'ici, sans exception, toutes les graminées dont j'ai parlé sont à épillets uniflores. On pourra facilement en distinguer les genres suivans, dont les épillets, également disposés en panicules, sont à plusieurs fleurs.

SorGuo (Sorghum vulgure, Wild. — Holcus sorghum, Lin.)\(Foy. pag. 405, fig. 571). Fieurs géminées, l’une mâle ou stérile, et l’autre hermaphrodite, dont la glume est à deux valves, et la balle à trois valves, la seconde aristée, la troisième portant un nectaire velu.

Lorsqu'on se propose de cultiver le sorgho comme fourrage,on le sème presque toujours à la volée, et très-épais, dès que les gelées printanières ne sont plus à craindre.— D'autres fois, après l'avoir semé en ligne ou à la volée, on éclaircit progressivement les pieds de manière à ne laisser en définilive sur le terrain que ceux que l'on destine à donner leurs graines.— Il n’est pas difficile d'obtenir ainsi, sur de petites étendues de terrain, deux récoltes différentes, l’une et l’autre assez productives dans les cliinats méridionaux.

Le sorgho coupé ou arraché en vert avant que ses tiges deviennent dures, est un excellent fourrage pour tous les ruminans, mais surtout pour les juimens nourrices, les vaches laitières et tous les jeunes animaux.

Houque (Holcus). Glume bivalve, tantôt à deux, tantôt à trois fleurs, dont une ne contient le plus souvent que des étamines; — balle à deux valves dont l’extérieure porte sur ie dos une courte arête, sur l’une des

DES PRAIRIES

fleurs seulement, (Foy. les détails de la fig. suivante. )

La Houque laineuse (Holcus lanatus, Lin.) (Ag. 656), vivace, se distingue au premier

abord par le duvet colonneux qui abonde sur la gaine des feuilles ;: la couleur blanche ou violètre de la panicule, et la disposition particulièrement velue de ses glumes; — ses feuilles sont larges et tendres;--ses tiges s'élèvent peu dans les lieux arides, mais elles atteignent près d’un mètre dans les prés bas qui paraissent lui convenir de préférence. Elle fait le fonds des meilleures prairies d’une partie du centre de la France, où je l’ai vue fort belle, mème dans des terrains très-secs, tels que beaucoup de ceux des environs de Paris.

Les personnes qui ont entrepris de la cultiver seule, et qui n'ont pas craint de bien préparer le terrain, ont toujours obtenu des ré- | suliats fort satisfaisans. — On peut aussi

mélanger la houque à la plupart des autres gramens, sans craindre qu'elle ne les devance ou ne reste beaucoup en arrière à l’époque de la maturité, parce qu'elle tient le milieu entre les espèces tardives et hâtives, et qu'elle a d’ailleurs l'avantage de se conserver encore verte et succulente quelque temps après la fructification. — Toutes ces circonstances réunies en font une de nos plantes les plus précieuses pour la formation des prés et des pâturages;— ajoutons qu’elle convient à tous les bestiaux.

La Houque molle (Holcus mollis, Lin. — Avena mollis, D. C.) (fig. 657), vivace, quand

on la voit en panicule, Fig. 657.

a un aspect fort diffé- à rent de la précédente. | NZ Par la disposition de V7 ses épillets, elle res- l LUS Be aux avoines \KE7 < NL parmi lesquelles M, DE À NU 2 Canoe l'a placée.— \\ LEZ | La gaine des feuilles N QE est sensiblement gla- NU bre, et les articulations NZ des liges sont garnies SN | de houpes soyeuses. RE Ces mêmes tiges sont NY; LL éparses et traçantes, 1 UE ainsi que les racines. FAN A Cette espèce, qu'on le NZ ne devrait employer Î \(£

u’à défaut de la précé- | ente, attendu qu'elle moins productive peut - êlre aussi

d Es

moins avidement recherchée des bestiaux, paraît être cependant moins difficile encore sur le choix du terrain et des expositions.

Mézique (Melica). Glume à deux valves scarieuses, renfermant le plus ordinairemert deux fleurs hermaphrodites, et le rudiment imparfait d’une troisième, porté sur un pédicelle; — valves de la balle ventrues. (For. les détails de la Zg. 659.)

La Mélique cuiée ( Melica ciliatu, Lin.) { fig. 658 ), vivace, ne s'élève pas habituel-

Fig. 658. lement au-dessus de { pied à 18 pouc. (0® 325 à 0 “ 487). Ses tiges sont gréles,garnies de feuilles étroites, glabres; ses fleurs sont réunies en uue panicule, ie plusordinairewent simple; chaque épillet en comprend deux fertiles dont l'une a les balles soyeuses, et une stérile.

Les méliques croissent naturellementsur les coteaux pierreux, arides, et c'est là leur principal avantage; car, sur les bons terrains, il est facile de les remplacer par de meilleurs fourrages.

Celle qui nous occupe ici convient à tous les bestiaux, mais elle esl

peu fourraseuse et peu nutritive. Ms La Mélique élevée (Melica altissima)

fig. 659), vivace, se distingue aisément de

la précédente à sa panicule très-rameuse el à ses fleurs sans barbes. Elle est originaire de Sibérie.

Yvanr en faisait un cas particulier. « Elle

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÊRES

LV: 198 nous paraît, disait-il, être une piante précieuse, par la vigueur et la précocilé de sa végélation; elle élève quelquefois ses tiges, nombreuses et droites, jusqu’à la hauteur de 1 mètre, et elle s’accommode deterrains peu fertiles. — En somme, je la crois préférable aux espèces indigènes. »

AVOINE (Avena). Glume bivalve, renfermant deux où un plus grand nombre de fleurs hermaphrodites ou polygames ; — balle à deux valves, dont l’extérieure porte une arète plus ou moins genouillée, qui manque cependant quelquefois sur une des fleurs ; — fleurs en panicule,.

Ce genre, dont on a indiqué ailleurs les espèces et les variétés semées en grand pour lcurs grains, en renferme plusieurs autres propres à l’être plus spécialement comme tourrages. La plus importante detoutes, sous ce point de vue, est sans contredit la suivaute *

L'Avoine élevée (Avena elatior, Lin.), Fromental ( fig. 660), vivace, improprement connue, sur quelques points de la France, sous le nom de ray-grass, S'élève à plus d’un mètre; sa lige est garnie de feuilles larges; sa panicule est longue, mais étroite; ses épillets sont à deux fleurs, dont une seule "{72)201$e trouve communement fertile et à barbe nulle ou très-courte ; et l'autre (8), stérile ou im- Ne à bare fort longue.

— Elle redoute davantage l’excessive humidité que la sécheresse;aussi,c'est une des meilleures plantes pour les prés hauts et moyens. — Dans ces derniers, lorsqu'ils sont établis sur une terre argilo-sableuse, fertile, elle donne des produits d’une abondance remarquable, et son foin, quoiqu’un peu dur, comme celui de la plupart des graminées très-élevées, et quoique sujet à sécher sur pied, est de bonne qualité; mais cette double disposition doit engager à le faucher de bonne heure.— On a proposé avec raison de la semer dru, et de la mêler à des plantes de la famille des légumineuses, telles que le trèfle, la lupuline, le sainfoin, etc. On peut répandre sans inCOnvé« nient jusqu’à 100 kil. de graines par hectare.

L'Avoine jaunätre (Avena flavescens, Lin.) ( fig. 661), Avoine blonde, petit fromental, vivace; — elle a des tiges grêles qui s’élèvent d'un tiers moins environ que celles de la précédente, et dont la panicule ordinaire,

ca:r. 18°.

Fig. 661.

ment moins làche, d'une couleur qui a donné son nom à l'espèce , est composée d'épillets au moins moilie plus petits que ceux du véritable fromental, et qui renferment deux ou plusieurs fleurs

hermaphrodites, dont toutes les valves externes des balles sont aristées et pellement divisées , au sommet, en deux pointes acérées.

(Por. les détails PS de la Ag. 661.) Cette aoine, qui croli nalurellement sur les coteaux et dans les prés secs, se sème rarement seule. Mélée à d’autres herbes, dans lesterrainsélevés, sans aridité, elle augmente à la fois la quantité et la qualité des foins, avantage qui lui est du reste commun avec les deux espèces suivantes. —On la sème au printemps.

L’ Avoine pubescente(Avenapubescens, Lin.), Avoine velue, Avrone (fig. 662), vivace, s'élève de 2 à 3 pieds (0 " 650 à { mètre ); ses feuil-

DES PRAIRIES

Fig. 662.

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