‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 345 sur 357 · LEZ · texte numérisé non relu

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force qu'auparavant, j'ai fait de nouvelles.

recherches pour les éclaircir, et, avec l’aide principalement de M. I. LINDrEY, bolaniste très-exact, qui a bien voulu faire pour moi, dans l’herbier de Linné, les confrontations nécessaires, je suis parvenu à connaître que, non seulement notre fétuque ne se rap-

portait pas à l'échantillon de celle de Linné,

cHaAP. 18°.

mais qu’elle n'existe même pas dans son herbier. — Elle a été décrite par Sibthorp, sous le nom de Festuca tenuifolia, qui désormais . devra servir à la distinguer. »

« À l'égard de la vraie fétuque ovine, la même vérification m'a fait reconnaître que c'était la plante que j'avais recommandée et culiivée depuis longues années, sous les noms incertains de fétuque rouge et ovina major.

On a pu voir, dans les éditions précédentes du Bon Jardinier, que, sans la reconnaitre alors sous son vrai nom, je la regardais comme une espèce précieuse pour élablir des pâtures sur les mauvais terrains. — Elle n’a peut-être pas cependant en France, pour la nourriture des moutons, le dégré particulier de mérite que Linné et Gmélin ont cru lui reconnaître en Suède et en Sibérie. J’ai remarqué chez moi que les moutons ne la pàturent bien qu’en hiver, et qu’en été ils ne mangeaienl guère que les pieds isolés, ce qui paraît êlre une indication pour la semer plutôt mélangée que seule. Je l’emploie souvent de cette manière, mais J'en fais aussi des pièces séparées, à raison des ressources qu’elle offre pour l'hiver, et de l’avantage qu’elle possède éminemment des’établiravec vigueur sur des terres arides, soit calcaires, soit siliceuses, et de les couvrir d’un gazon épais et durable... Si l’on sème la fétuque ovine seule, il faut environ 30 kilog. de graines à l’hectare. » VILMORIN.

La Fétuque à fenilies fines (Festuca tenuifolia , Sibt.) (fig. 668), vivace, croit en

Fig. 668. touffes épaisses et serrées. — Ses feuilles très-fines sont roulées en tubes d'un vert blanchâtre ; — ses iiges ne s'élèvent guère au-delà des à 10 pouces ( 0" à 217 0271 ; elles sont grèêles, nombreuses, et supportent des panicules assez serrées. Les balles ne portent point d’arêtes.

( Voy. a, fig. 668.)

Cette espèce comme la véritable Féluque ovine de Linnée, a l’avantage de croitre sur les sables et les sols crayeux les plusarides:

mais, comme on vienl de le voir, elle plait moins qu’elle aux moutons qui la mangent cependant durant l'hiver.

Quelques personnes ont cru remarquer que les vaches la refusaient : notre confrère Vilmorin s’est assuré que chez lui elles la paissent au contraire fort bien, d’où il résulte que lors même qu'elles auraient contracté l'habitude de meilleurs herbages, il ne serait pas difficile de les accoutumer à celui-là.

La Fétuque tracante ( Festuca rubra, Lin.) vivace (vor. b, fig. 668), létuque duriuscule de quelques auteurs, mais la véritable Fétuque rouge de Vherbier de Linné et du Jardin des Plantes de Paris.— Elle produit annuellement des taces nombreuses ; — ses tiges, peu feuillées, sont susceptibles de prendre

DES PRAIRIES

dans les bons terrains un assez grand developpement ; — ses feuilles sont étroites, roulées, pubescentes en dedans, assez longues ; — ses épillets, réunis en panicules volumineuses, se composent de 4 ou 5 fleurs plus souvent vertes que rougeûtres, et ses balles sont très-longues ; — ses touffes radicales ne tailent pas autant que celles des deux espèces précédentes.

Cette Fétuque est propre à former des pâturages sur les terrains les plus ingrats et aux expositions les plus arides où elle croit naturellement. Dans les prés plus frais. où on la rencontre aussi quelquefois, elle devient presque méconpaissable. La elle donne un foin fauchable de bonne qualité; toutefois c'est une des Fétuquesles moins productives hors des mauvais sols ; — 35 kil. environ de graines par hectare.

Parurin (Poa). Tandisque dansla plupart des fétuques les balles sont garnies d’arêtes, elles en manquent constamment dans les poa ; ce dernier genre se distingue encore du précédent par la forme moins aiguë de ces mêmes balles ; — le nombre des fleurs varie de 2 à 20.

Le Paturin flottant ou Fétuque flottante ( Poa, ou Festuca fluitans, Lin.) (voy. fig.

669 et page 409), s'élève à 2 ou 3 pieds;

ses tiges sont Fig. 669.

épaisses, molles, les unes

droites, les autres flottantes ; ses feuilles sont larges ; — ses épillets contiennent de 8 à 12 fleurs et plus, et forment comme autant de petils épis à deux rangs sur chaque pédicelle ; ses balles sont sansarêtes.

(Foy. es détails de la figure.) Nous avons fait connaitre ailleurs les usa- 828 Ééconomiques de cette plante et indi- > qué déjà qu’elle peut être employée aussi comme fourrage. En effet, tous les ruminans el les chevaux la mangent en vert avec avidité,el on la voit croître, prospérer même dans les présles plus marécageux, sur les bords des étangs, et autres lieux où il serait difficile de demander à tout autre végélal aquatique de meilleurs et de plus abondans produits.

Le Péâturin commun ( Poa trivialis, Lin.), vivace, est en effet une des plantes les plus communes des herbages naturels. Il est facile de le confondre, au premier aspect, avec le pâturin des prés, dont il diffère cependant par la languette alongée et comme déchiquetée, qui se trouve à la base externe des feuilles, par la forme plus aiguë de cellesci, la rudesse de leur gaine et par ‘a racine fibreuse.

Il croit dans les plainesles plus arides, où il n’acquiert à la vérité qu’une faible hauteur, et dans les prés naturellemient frais où il s'élève souvent au-delà de 2 pieds, partout son fourraze est un de ceux que préfèrent les bestiaux. Quoique plus tardif d’une quinzaine de jours que l'espèce suivante, il doit être fauché de bonne heure, attendu qu’il sèche promptement sur pied après sa floraison. — Pour le semer seul, il faut répandre 18 kil. environ de graines par hectare.

Le Pâäturin des prés { Poa pratensis, Lin.) ( fig. 670), vivace, porte à l'ouverture de la gaine de chaque feuille une

membrane courte et trèsobtuse ; sa racine est traçante.

— Il croit comme le premier, tantôt grèle et chélif sur, le bord des routes, les berges desséchées des fossés, etc., tantôt succulent et fourrageux dans les prés bas. — Il est précoce et d'une dessiccation très promple; aussi, dans les mélan- \ ges naturels ail vec des herbages plus tardifs, a-t-il presque toujours perdu une parlie de ses qualités quand il tombe sous la faux: c’est d'autant plus fâcheux , que,

Fig. 671. cultivé seul ou associé à des plantes également précoces, il peut donner un foin de première qualité. — La quaulité de graines est à peu près la méme que pour le pâturin commun.

Le Pâturin des bois (Poa nemoralis, Lin.) ou l'éturin à feuilles étroites (Poa angustifolia (fig. 671), a les tiges greles, faibles et penchées lorsqu'elles croissent dansleslieux ombragés, moins élevées et mieux soutenues dans les localités découvertes; — ses feuilles n’ont point de membranes à leur origine.Cette plante, condamnée à chercher l'air et la lumière à l'ombre des taillis,conserve en rase Campa-

Fig. 670.

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÈRES

LIVES

gne la même disposition à pousser verticalement ses tiges; aussi n'est-elle pas ce qu'on appelle gazonneuse, mais, en compensation de cet inconvénient qui n’en est.

un que lorsqu'elle est semée seule, elle presente des avantages précieux. — Sa précocité est telle que, dès le mois de mars, elleoffre déjà une masse assez importante de verdure lorsque les autres espèces commencent à peine à végéler. — Son foin est abondant et trèsnourrissant, mêémedansles terrains denature sèche et de qualité médiocre. Ce poa robuste est fort durable; associé à d’autres graminées également fines, nul n’est plus propre à procurer partout, excepté peut-être dans les localités humides à l’excès, le meilleur foin connu.

Le Pâturin à crête ( Poa cristata, Lin.), qui a aussi des feuilles très-étroites et sensiblement plus courtes que celui des bois, forme une touffe gazonneuse, mais peu élevée. — Sa panicule en épis est beaucoup plus serrée que dans les espèces précédentes. IL se rapproche un peu, sous ce rapport, du Péturin comprimé (Poa compressa), qui n’aétérecommandé par les auteurs que parce qu'ils ont cru à tort reconnaitre en lui le Bird-grass des Américains, qui paraît être plutôt l’Agrostis dispar, et dont il ne possède nullement les qualités. Je dois dire cependant que cette espèce est regardée par G. SINGLAIR et Davy comme une des plus nutritives.

Le pâturin à crète a pour principal mérite de croître sur leslerrains sablonneux de peu de valeur. Il est fort inférieur aux autres comme fourrage, non qu'il soit moins recherché des bestiaux, mais parce qu’il est moins productif.

Le Päturin aquatique (Poa aquatica, Lin.) (fig. 672), vivace, s'élève de 1 à 2 mètres. Sa tige épaisse, succulente, à feuilles larges et tendres, marquées d’unetache brune à la gaine, est M

surmoniée { d’une panicule | diffuse. |

Cette espèce habitante des terrains marécageux, des jhih bords desétangs et des fleuves, {x est très-propre à ji} utiliser les loca-Æ lités longtemps Al

submergées. ji!

Ainsi que la fé- RU tuque flottante,| elle fournit une quantité considérable de fourrage vert succu- R}lRa lent et fort duféiii goût des ani-% maux.

on doit commencer à la faucher de bonne heure, il est rare qu'on n'en obtienne pas au-delà de deux coupes par an,

cHaP. 18°.

Le Péturin canche { Poa airoides de D. C.

Aira aquatica de Lin.) (fig. 673), vivace , est Fig. 673. facile à distinguer des

précédens, à la seule inspection desestiges :

les unes couchées, donnant naissance, à tous leur nœuds, à une touffe de racines ; les autres s’élevant, perpendiculairement aux premières, au-dessus de chacune de ces touffes ; à la forme de ses feuilles planes, larges, arrondies au somimet,elc. C’est une des plantes de marais qui

laisent le mieux aux estiaux. On les voit souvent aller la chercher jusque dans l’eau; aussi, lorsqu'elle est 1 fauchée verte, la mangent-ils avec grand plaisir à l’étable et au ràtelier; — sèches, elles ne sont plus guère propres qu’à servir de litière.

Le Päturin des marais( Poa palustris, Lin.) est sinon lamêmeespèce venue dans l'eau que le pâturin commun, au moins une espèce infiniment voisine qui en diffère seulement, d’après M. pE CANDOLLE, par ses feuilles proportionnellement plus étroites, et dont la gaine n'est pas rude au toucher ; ses épillets parfaitement glabres et ses balles dont la valve externe porte 5 nervures dorsales.—Comme le précédent, il est propre à utiliser des terrains excessivement humides, ou couverts, ure parlie de l’année, d'eaux stagnantes.

Brize (Briza).Ce genre diffère des pâturins parce que les vaives des balles sont très-ventrues et à peu près cordiformes; — panicule divergente : — épillets pendans d’une extrême mobilité.

La Brize tremblante ( Briza media, 1Tin.), 4mourette ( fig.

674), a des tiges hautes de 1 à 2 pieds (0 325 a 0" 650 ); elle a élé surnommée tremblan- Le, parce queles pédoncules, qui supportent les épillets de forjme ovale arrondie, sont telle- | ment déliés qu'ils s’agitent

au moindre souffle du vent.

Cette plante } peu fourrageuse | n’est remarquable que par la | finesse et la bonté de son foin particulièrement recher-

DES PRAIRIES

ché des moutons. J'ai vu des terrains sablo argileux très-arides dans lesquels elle crois. sait abondamment. Sa présence ajoute beaucoup,aux yeux des cultivateurs, à la bonne qualité des herbages.

BROME (Zromus). Glume à deux valves renfermant de 5 à 18 fleurs.— La valve extérieure de la balle est grande, concave, et porte une barbe ou arète qui part un peu au-dessous du sommet où du milieu d’une petite échancrure ;— l’intérieure, concave en dehors et ciliée sur les deux bords (voyez les détails de la fig. 675.)

Le Brome des prés (Bromus pratensis, Koel.) (fig. 675), vivace, qui présente quelque ana-

Fig. 675.

logie avec rarement au-

le suivant, s'élève dessus de 2 pe di: les gaines des feuilles,

surtout de celles qui se tronvent à la partie iuférieure de la plante, sont velues ; — les feuilles lesont aussi, quoique beaucoup moins hérissées que dans > figure ; — la panicule est étalée; — les 5 à 8 fleurs que contient chaque épillet sont très-pointues et surmontées d’arètes égales à leur propre longueur.

Au nombre des défauts que l’on reproche aux Bromes comme fourrage, il en est deux qui méritent surtout de fixer l’attention des cultivateurs. Les Liges de plusieurs d’entre eux, une fois désséchées, sont dures, et les barbes longues et aiguës qui accompagnent les balles, non seulement repoussent les besliaux dès le moment de la floraison, mais peuvent les incommoder beaucoup plus t&rd, lorsque, mélées avec le foin, elles s’arrétent à leur palais, sous leur langue, ou se fixent dans leurs gencives. Aussi doit-on considérer ces plantes bien plutôt comme fourrages verts que comme propres à donner du foin. « Mais il est des terrains et des circonstances où une plante, médiocre d’ailleurs, peut devenir très-utile ; c’est ainsi que sur un sol calcaire, trop pauvre mème pour le sainfoin et où il s'agissait d'obtenir des

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fourrages quelconques, le Brome des prés n'a donné des résultats plus satisfaisans qu'aucune autre espèce. II s’y est établi vigoureusement, de manière à fournir une bonne pâture et même à devenir fauchable, mieux que le Fromental et le Dactyle. Il en a été de même sur des sables fort médiocres. On peut donc ranger cette plante au tiombre de celles qui, par leur vigueur et leur rusticité, sont en état de réussir sur les plus mauvais terrains, et d'y offrir des ressources et des moyens d'amélioration que l’on n’obtiendrait pas d'espèces plus précieuses. Sa durée paraît étre longue ; elle a été chez moi de 5 à 6 ans en très-mauvaises terres... Un hectare emploie 90 à 109 livres de graines. » ViLMoRIN.

Le Brome des seigles (Bromus secalinus, Lin.) (fig. 676), a la ige simple, haute parfois

Fig. 676. d’un mètre et plus, glabre ; — ses feuilles ont aussi la gaine glabre et le limbe à peine velu.

— sa paniCcule est peu garnie ; — les 5 ou 8 fleurs de chaque épillet sont presque cylinques et à arête moins rude que dans le Brome des prés.

Cette espèce, moins rustique peut-être que la précédente, donne un fourrage vert aussi abondant; mais en mûrissant elle devientencore plus dure.— Il est important de faire observer qu’elle est annuelle, et que, quoiqu’elle se ressème d’elle-même comme presque toutes ses congénères avec une facilité trop souvent désespérante pour le cultivateur, cette circonslance n’est pas ici à son avantage, à moins qu’on ne veuille la faire entrer dans un assolement où elle ne doit occuper le sol qu'une année. Autrement, il faudrait ou la ressémer annuellement, ou ne la faucher que beaucoup trop tard.

Le Brome doux (Bromus mottis, Lin.), qui ressemble beaucoup à celui du Seigle, en diffère cependant essentiellement par ses dimensions, en tout presque moitié moindres, par le duvet cotonneux et épais quicouvre les feuilles, les épillets et Jusques aux nœuds de la tige. — C’est encore une espèce annuelle que l’on peut trouver parfois avantageux de mêler à quelque légamineuse de semblable durée, pour ajouter à la masse de tourrage vert ou coupage qu'on cherche à récolter sur des sols légers et peu féconds. — On peut en dire autant du Brome des champs (Bromus arvensis, Lin.),quia peut-être même l'avantage

d'être un peu moins dur que la plupart des |

autres.

Le Brome stérile (Bromus sterilis, Lin.), peu connu en France comme fourrage, est considéré en Angleterre comme une des graminées les plus riches en matières nutritives.

G. SiNcLaAIR et Davy le mettent sur la même ligne, sous ce rapport, lorsqu'il est fauché en fleur et non en grains, que les meilleurs pàturins, la Fétuque élevée, etc.

DacryLe (Dactylis). Genre qui diffère fort peu des Bromes par ses caracteres et surtout

ses usages comme fourrage.—La glume est à

deux valves inégales, courbées en Carène; elle

renferme de 3 à 8 fleurs ; les valves de la balle

Sont aussi courbées en caréne; l’une d’elles

porte à son sommet une arête très-courte.

Le Dactyle pelotonné (Dactylis glomerata,

Lin.) (fig. 677), vivace, s'élève de 2 pieds à

Fig. 677.

{ mètre ; ses feuilles, larges d’un centimètre environ, sont rudes au toucher; sa panicule est composée d’épillets petits, mombreux, ramassés par pelotons et tournés presquetous du même côté de chaque pédicule.

Cette plante est, comme les Bromes, fort peu propre à la formation des prairies à faucher, parce que ses tiges durcissént outre mesure après la floraison; mais, comme les Bromes aussi, soit qu'on la coupe en vert ou qu'on la réserve en pâturage, elle présente l'avantage réel de réussir sur les terrains les plus médiocres et les plus secs.— Le Dactyle gloméré est robuste, précoce; de toutes les graminées, c’estune de cellesquirepoussent et se maintiennent le mieux sur de mauvais sols.

CyNosurE (Cynosurus). Genre qui diffère particulièrement de ceux qui le précèdent et le suivent, par la présence d’une bractée foliacée et découpée qui accompagne chaque épillet à sa base; — glume bivalve contenant de 2 à 5 fleurs ; — les valves de la balle enüières.

Cynosure où Cretelle des prés (Cynosurus cristatus, Lin.) (fig. 678), vivace ; tiges de 15 à 18 po. (0° 406 à 0487), assez feuillées ; —Epillets sessiles, en forme de erête on plutôt de peigne conique et à deux rangs de dents.

Cette plante a le mérite de croître dans les terrains secs,quoiqu'’elles’accommode mieux des autres.—En général. elle ne convient pas à la formation des prairies fauchables, parce qu’en se desséchant,ses épis à bractées rudes larendent peu agréableaux bestiaux : mais elle est assez productive et fort du goût des moutons comme pâture.

cHaAP. 18°.

FROMENT (Zriticum). ( Foy. pag. 365.)

Nous avons dit que les fromens pouvaient accidentellement, et sans diminution notable de la récoite suivante, être fauchés ou pâturés au printemps, et nous avons indiqué dans quelles circonstances une telle pratique devenait avantageuse; Je dois seulement la rappeler ici, bien plus comme une exception à la règle générale que comme une coulume qu'on puisse élendre et généraliser sans inconvénient ; mais, à défaut des fromens annuels, on a recommandé de eultiver comme fourrage des fromens vivaces, el, malgré l’anathème porté contre lui par tous les cultivateurs, on à fait voir que le Chiendent n'était pas sous ce point de vue sans quelques avantages. Il n’est pas inutile d'indiquer le parti qu'on peut tirer d’une plante aussi commune.

Le Chiendent (Triticum repens, Lin.), dont les racines longues et rampantes poussent avec une si grande facilité des tiges de chacune de leurs articulations, s’élève parfois jusqu'à un mètre et plus; ses feuilles sont vertes, molles, velues, fort du goût des bestiaux. Il fait en partie la base des prairies justement célèbres connues sous le nom de Prévalaie, et on le retrouve communément dans un grand nombre de pâturages estimés principalement pour la nourriture habituelle des vaches laitières ou nourrices. — II parait que les chevaux s'accoulument fort bien à manger les racines de chiendent, ramassées à la surface des champs nouvellement labourés, et qu'ils se trouvent à merveille d’une semblable nourriture, ainsi que te démontre la pratique de diverses parties de l'Espagne et de PItalie.

Ce végétal, dont la rusticité fait si souvent le désespoir du laboureur, s'accommode surtout des terrains substantiels, plutôt humides que secs. Il résiste facilement à d'assez longues submersions, et donne, en pareille position. un fourrage aussi abondant

DES PRAIRIES

et meilleur que bien d’autres plantes aquatiques où semi-aquatiques. Sur les bords des fleuves, de toutes ls eaux à cours rapides, ses longues et flexueuses racines retiennent les Lerres d’une manière efficace; ses tiges nombreuses arrêtent le limon qui ajoute annuellement à l'élévation du sol, et n’en donnent pas moins de fort utiles produits au moins en vert.

SEIGLE(Secale). (Foy. pag. 383 et suivantes.)

Le Seigle d'hiver, ainsi que le froment et surtoul l'orge, peut être cultivé spécialement comme fourrage. Semé en automne, il procure l’une des premières, et, dans quelques lieux, la principale nourriture verte dont on puisse affourrager les bestiaux après la consommation des racines hivernales. — Il donne même un assez bon coupage pendant les hivers doux, et l’on sait que, dans ce dernier Cas, une pareille récoite n'exclut pas celle des grains.

Le Seigle de la Saint-Jean, semé vers l’époque dont il a pris le nom, est particulièrement propre à cette destination. Dans les contrées où l’on en fait usage, notamment en Saxe, on commence à le faucher en automne; on le fait ensuite päturer jusqu’à la fin de l'hiver, puis on le laisse monter au printemps.

La précocité du seigle, et la facilité avec laquelle il pousse dans les terres légères qui ne conviennent ni au froment ni même à l'orge, devrait le faire rechercher plus généralement pour créer des fourragères semblables à celles que l’on remarque encore fréquemment en Italie et aux environs de quelques-unes de nos grandes villés, pour la nourriture des vaches que les nourrisseurs tiennent à l’étable.

IvVRAïIE (Zolium). Epillets aplatis, solitaires sur chaque dent de l’axe, et à peu près parallèles à cet axe; glume bivalve contenant un grand nombre de fleurs.

L’Ivraie vivace (Lolium perenne, Lin.) (fre.

679), — ray-grass d'Angleterre, a les tiges droites , hautes Fig. 679.

de 1à2pi.(0" 325 à 0 " 650 ), à feuilles glabres, longues, assez étroiles: les épillets sans barbes. — C'est le |

gazon anglais ulilisé si fréquemment dans nos jardins pour former ces tapis de verdure qu'aucune autre graminée ne pourrait égaler en finesse el en fraicheur. 11 est moins employé dans la grande ue dans la pe- Ute culture, et parait mieux conveuir aux climats du Nord qu'à ceux du sud de FEurope,

—On peut, je crois, poser en fait que cette Ivraie ne convient en France, comme prairie à faucher, que dans les fonds bas et frais où elle dépasse ses dimensions ordinaires, et où elle donne un très-bon fourrage si elle est associée à d’autres gramens d’une végétation aussi rapide quelasienne; car on doit la couper de bonne heure, sous peine de la voir sécheret durcir au point d'êlre rebutée même par les chevaux.—En des circonstances moins favorables, elle s’élève rarement assez pour donner un foin passable; mais sur les terres argilo-sableuses qui ne se dessèchent pas trop rapidement, elle peut encore procurer des pâturages précieux, par suite de leur précocité; de leur aptitude à s’épaissir et à se fortifier d'autant plus qu'ils sont broutés de plus près, et foulés davantage par le piétinement des troupeaux. — Cette plante est à Juste titre considérée comme l'une de celles qui-contiennent, sous un pelit volume, Île plus de substance nutritive; aussi, lorsque, dans la vaste plaine de la Crau, les moutons soulèvent les cailloux pour y chercher les üges grêles et déliées qui croissaient à leur ombrage, une très-petite quantité leur suffit, et les bergers ont coutume de dire que bouchée fait ventrée (bouccado vao ventrado),. — Néanmoins, le ray-grass, dans les siluations ou les terrains arides, est d’une faible ressource et peut presque loujours être remplacé avantageusement par quelque autre graminée. — Pour semer un pré, on emploie environ 50 kilog. par hectare.

En Angleterre, 1] n’est pas rare d'associer cette graminée à diverses légumineuses, et notamment au trèfle rouge où blanc, pour former des prairies qui peuvent se conserver au-delà de 4 ans, et qui sont considérées comme d’un excellent produit.

L'Zvraie d’Italie(Lolium Italicum)( fig.680;, vivace, que divers au- Leurs considèrent comme une simple variété de la précédente, en diffère cependant, non seulement parce qu'elle ne talle ou ne gazonne pas aulant, ais parce que ses Uges sont plus élevées, ses feuilles plus larges, d'un vert plus blond, et ses fleurs

constamment barbues.— Comme le Zolium perenne , celui-ci est vivace; cependani, d’après des observatious précises, dues à M. pe Dompbasze. M.

Vizmonix el plusieurs autres, il ne parait pas qu'on puisse en obtenir des produits satisfaisans pendant plus de 2 ans, du moins comme prairie fauchable.

On a prétendu que cette plante cullivée depuis un certain temps, avec un succès fort remarquable dans le pays qui lui a donné

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

son nom, par sa propriété de croilre dans |

les localités arides, devait être au sud ce que la précédente est au nord de l'Europe; et ilest de fait que je l'ai vue sur des sables où je doute que l'autre eût réussi pareillement.

Toutefois, je ne pense pas qu'année commune ontrouve grand avantage à la cultiver, sans le concours des irrigations, sur les terrains secs et médiocres pour lesquels on l’a si fort préconisée. — Dans les sols frais et substantiels, l’Zeraie d'Italie végète avec une vigueur des plus remarquables; sa croissance est si rapide qu’on peut obtenir, même au centre de la France, la première année d’un semis différé jusqu’en mai, trois fortes coupes d'un excellent fourrage. On citerait peu d’exemples d'une pareille abondance sur d’autres graminées. — L’ensemencement d'un hectare exige de 40 à 50 kilogrammes de graines.

ELYME ( Ælymus ). Chaque glume renferme de deux à quatre fleurs; est à deux valves unilatérales ; — les épillets sont géminés ou ternés sur chaque dent de l’axe.

L'Ælyme des Sables (Elymus arenarius, Lin.) (fig. 681), est daus loutes ses parties d'une couleur blan- Fig. 681.

châtre; ses feuilles sont nombreuses, longues; — ses tiges, qui ne sont pas beaucoup plus hautes, se terminent par un long épi pubescent. Elle croit ualurellement sur les dunes dont elle coutribue puissamment à fixer les sables.

L'äplitude avec laquelle cette plante et quelques-unes deses congénères sUpportent les sécheresses les plus continues, et peuvent prospérer dans les

sois les moins 77, substantiels, 7-7 da

ont fait désirer

de la voiressayer comme fourrage.A la vérité, les bestiaux refusent de la mangersèche,mais ses faues vertes leur procurent une nourriture saine, et qui, d’après les expériences des chimistes, abonde en parties assimilables. Ces réflexions me semblent de nature à être méditées par les habitans des bords de la mer, et les propriétaires des terrains ensablé;.

Malheureusement,pour qui voudrait faire des essais sur la culture de cette élyme ou de toute autre, il faudrait trouver d’abord le moyen de s’en procurer des graines. Quelque petite qu’en fût la quantité, en peu de temps on pourrail, grâce aux racines traçantes de la plante, et à ses féconds épis, élendre l'expérience à une plus grande étendus de terrain.

ORGE (Hordeuri).(Foy. page 386).

Orge escourgeon ( Foy. page 387), l’une des espèces d'hiver les plus hâtives et les plus productives en tiges et en feuilles, est aussi celle que l'on cultive le plus ordinairement comme fourrage, pour le douuer en vert aux chevaux, aux jeunes poulains , surtout aux vaches laitières et à tous les animaux fatigués où malades. Voici ce qu'en dit OuiviEr DE SERRES : « Avec le seul orge chevalin ou d'hiver, fait-on aussi de bon farrage. On sème cestorge quand et en semblable terre que l’autre farrage; et de imésme, le bestail le paist en campagne durant l'hiner. Si de ce l’on se veut abstenir, gardé jusques au printems, cest orge est fauché ou moissonné en herbe ; mais petit-à-petit pour de jour à autre le faire manger aux chevaux, dont profitablement ils se purgent, de là prenans le commencement de leur graisse. Tout autre bestail gros et menu s’en porte aussi très bien, si on le paist modérément de ceste herbe : car, de leur en donner à discrétion seraient en danger de s’en trouver mal, par trop de replection, tant aboudante estelle en substance. Couppé à la fois, cest orge en herbe, séché et serré au grenier comme autre foin, est aussi bonne viande pour tout bestail en hiver, et, avenant que la coupe en soit tost faicte, comme sur la fin d'avril ou commencement de may, le reject de ses racines couservé, produira gailiardement nouvelle herbe et grain avecque, le tems n’eslant extraordinairement chaud. »

La grosse Orge nue (Foy. page 388) est aussi cultivée fréquemment comme fourrage. Elle se sème au printemps; ses produits sont regardés par la plupart des nourrisseurs de Paris comme préférables à tous autres pour rafraichir les vaches ou les ânesses laitières, renouveler leur lait et augmenter à la fois sa qualité et sa quantité. :

L'Orge notre ( Foy. page 387), par suite de la propriété singulière qu’on lui a reconnue de ne pas monter, sion attend, pour la semer, le mois de mai ou seulement la fin d'avril, paraitrait très-propre à remplir Ja double destivation de plaute fourragère et à grain.

Ilest probable qu’on pourrait la faucher plusieurs fois la première année, sans nul inconvénient pour l’année suivante.— Elle occuperait ainsi deux ans de l’assolement et donnerait double produit sans exiger double culture.

L'Orge des prés ( Hordeum secalinum, Schreb.), Orge faux seigle,etc., est une des espècessauvages que l'on rencontre le plus souvent dans les prairies basses; — ses tiges sont gréles, ses feuilles assez rares ; — ses épis diffèrent de ceux de l’Orge queue de souris où de murailles, parce qu'ils sont plus courts et garnis de barbes moins longues et beaucoup plus fines. ( Voy. fig. 682.)

Fauchée de boune heure, cette espèce produit un foin fin et de fort bonne qualite, Si on la laissait approcher de la maturité, ses barbes acquerraient une rudesse désagréable aux bestiaux, et ses feuilles radicales jauniraient promptement. En résumé, comme fourrage annuel fauché ou pâturé, elle est Join de valoir celles de ses congénères que je viens de citer. Tout au plus peut-elle une

DES PRAIRIES

premièreannée, mélangée en petite quantité à d’autres fourrages plus durables quelle ,augmenter leurs produits sans nuire à leur succès futur, puisqu’elle laisse le lerrain entièrementlibre dès la seconde année.

Pour cela il est clair qu'il faut qu’elle soit coupée avant la formation de ses graines.

Mais ( Zeamais), Voy. pag.

396 et suivantes.

— Plante monoïque à fleurs mâles rameuses et terminales,

dont chaque glume est bifore. — Les fleurs femelles sont serre: en épis axillaires cachés sous des spathes el dont les styles sortentenhouppes soyenses ; —leur glume est unifiore. — La tige est haute de 1 à 2 inètres, selon les variélés; — les feuilles longues, succulentes et larges.

Non seulement dans beaucoup de lieux le maïs en grains fail une partie essentielle de la nourriture des hommes et des animaux de travail et d'engrais, mais ses fanes vertes et ses feuilles même desséchées prodnisent un fourrage dont on ne connait pas assez généralement l'importance. — Quand on commence à le couper avant la sortie des fleurs mâles, aucune plante des prairies n'est autant du goût des bestiaux et ne les nourrit mieux à dose égale. Aussi évile-t-on de leur en donner à discrétion dans la crainte d’accidens assez graves quiserenouvelleraient d'autant plus fréquemment qu'on ne prendrait pasla précaution de le laisser se faner, après l'avoir coupé, pendant assez de temps pour lui enlever par l’évaporation une partie de ses sucs aqueux.

L'usage modéré du maïs vert est également profitable à tous les herbivores ; il les rafraichi, les maintient frais et luisans au milieu des chaleurs de l'été. Les bœufs et les vaches en sont particulièrement avides; ilaugmente la quantité du lait de ces dernières et lui donne un goût exquis.

Dans le midi. quelques cultivateurs font macérer les feuilles sèches de maïs en versant dessus de l’eau bouillante tantôt pure, tantôt légèrement salée, ce qui ajoute beaucoup à la quaiité du fourrage. -— Après la récolte des grains, les tiges écrasées, hachées et humectées sont encore du goût des bestaux; et, si l’on ajoute foiaux analyses curieuses de Sprengel, elles contiennent en cet état 74 pour centde parties nutritives, c’est-à-dire presque autant que les tiges sèches du millet et beaucoup plas que la paille de froment.

Onsème le maïs-fourrage épais, à la volée, depuis ja fin d'avril jusqu’à celle de juin el méme le milieu de juillet, cependant, quoique cette méthode soit la plus ordinaire, d'habiles cultivateurs préfèrent les semis en lignes. Ils fument le terrain au printemps et le sèment par petites parties de 15 en 15 jours, se ménageaut ainsi pendant 5 ou 4 mois une ample récolte de l’un des meilleurs fourrages verts connus,touten disposant leur sol, par les binages, à recevoir l'automne suivante une belle culture de froment.

$ IL. — Des plantes légumineuses (1).

Lupin ( Lupinus). Calice à deux divisions ; — carène bipétale; — étamines soudées à la base et à anthères, les unes rondes, les autres oblongues ; — gousses coriaces, oblongues, à plusieurs grains; —fleurs en épis ; — feuilles digitées et à stipules adhérentes au péliole.

Le Lupin blanc (Lupinus albus, Lin.), annuel, se distingue suffisamment du lupin bigarré, dont il se rapproche le plus, par la couleur blanchâtre de ses fleurs alternes, disposées en grappes droites el dépourvues de bractées ; par la lèvre supérieure de son calice qui est entière, etc.; il s'élève à plus de 2 pieds (0 " 650). — Cette plante, qui a l'avantage incontestable de croître fort bien sur les sols de très-médiocre qualité, daus les graviers et les sables ferrugineux, comme sur les argiles les plus maigres, et de résister partout à la chaleur, vient au contraire assez mal à l'humidité et dans les terrains calcaires à l'excès ; elle craint les froids du nord et du centre de la France; aussi ne peut-on l'y semer que vers la mi-avril, à raison de 10 à 12 décalitres par hectare.

Le lupin en veri estu:: assez bon pâturage pour les moutons; lorsqu'on Île cultive sur une terre de la nature de celles dont je viens | de parler, c'est ordinairement ou pour le | faire péturer sur place par ces animaux, où pour l’enfouir au moment de la floraison. Dans l’un et l’autre cas, il présente ün moyen puissant et peu coûleux d'amélioration. — On a quelquefois donné les tiges sèches de lupin aux bœufs, qui mangent les sommités en cas de pénurie d'autres fourrages, mais qui rejettent toujours la partie inférieure, à moins qu'elle n'ait été préalablement pilée ou hachée. — Les grains macérés dans l’eau sont un excellent aliment pour les ruminans.

Dans quelques parties du midi, uolamment aux environs de Bordeaux, on cullive aussi le Lupin à feuilles étroites ( Lupinus angustifodius, Lin.).

ANTHYLUDE (Anthyllis). Calice à cinq divisions, renflé à partir de sa base, et rétréci vers son orifice, velu, persistaut; — étendard plus long que les ailes et la carène ; — gousse petite, reufermée dans Île calice, el à une ou deux graines seulement; — feuilles ternées ou ailées, avec impaire plus grande

(1)Lafleur des légumineuses est composée de deux

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÈRES

| le calice, et de deux

que les autres folioles, et à stipules adhéren- Les au pétiole.

« L'Anthyllide vulnéraire ( Anthyllis vulneraria, Lin.), vivace (/g. 683), est une plante Fig. 653.

indigène que nous avons souvent rencontrée dans les prés et

les pâlurages secs; que les bétes à laine, les

chevaux, les

chèvres et les bœutfs mangent, et qui nous parait propre à utuliser Les sols les plus ingrats.

Ses racines, vivacesetpivolantes, fournissent des tiges herbacées, un peu velues, couchées dans l’état de patnre, et formant une touffe étalée d'environ 34 centimètres.

Ses feuilles ailées ont peu de folioles, et ses L fleurs jaunes sont ramassées en têtes géminées. » YvarrT( Cours complet d'agriculture théorique et'pratique ).

TeÈrLE (7rifolium ).Calice tubuleux, à cinq divisions; — carène d’une seule pièce, plus courte que les ailes et Fig. 684.

l'étendard; — gousse pelite, renfermée dans

à qualre graines; —feuilles ternées; fleurs réunies en tête ou en épis serrés.

, Le Tréfle commun ( Trifolium pratense , Lin. ), grand Tréfle rouge, Trèfle de Hollande, etc., en anglais, Ciover ( fig 684 ), vivace, a des tiges | plus ou moins rameu- | ses, longues de 1 pied |# à 1p. 1/2 (0 325 à O0" 7 487 ), redressées, peu \ ou point velues dans l’état de culture; ses 3 folioles sont elliptiques, glabres ou trèspeu velues,à peine deniées; ses fleurs sont d’un rouge pourpre, disposées en têle ser-

| rée, portant à sa base

parties : un calice qui correspond à la glume des

céréales, c'est-à-dire qui forme lenveloppe extérieure de la seconde partie ou de la corolle. Pour l’intelligence de ce qui va suivre, il est nécessaire de sayoir que cette dernière est formée de 4: divisions ou

pétales, savoir : un à la partie supérieure posés sur les côtés, carène.

appelée étendard : c'est ordinairement le plus long; — 2 Opappelés les ailes, et un en bas recourbé et parfois divisé, désigné sous le nom de

cHaAp. 18°,

deux feuilles formant une sorte d’involucre ; la division inférieure du calice est presque double des autres en longueur. ( Foy. les détails de la figure. )

De toutes les légumineuses fourragères, celle-ci est la plus répandue dans la grande cullure. Ses avantages nombreux ont à peine besoin d’être rappelés.

La culture du trèfle paraît avoir été complètement inconnue d'Olivier de Serres, et, longtemps après cet écrivain, elle était encore fort peu répandue en France, si lon en juge à la manière dont eu parle Duhamel. Ce fut, je crois, l'Allemand ScaousarT qui enseigna l’un des premiers à le semer parmi les céréales de printemps, afin de le récolter pendant l’année de jachère. Ses efforis durant une partie du siècle dernier furent couronnés d’un succès si national, qu'ils lui valurent le titre de noble de AZéefeld (champ de trèfle) chez nos voisins, peu de temps avant que PARMENTIER Ss’immorlalisät chez nous en y répandant la culture de la pommede-terre. — On peut juger par la lecture des auteurs allemands qu’à cette époque de l’apparition du trèfle dans les assolemens trienuaux, On ne tarissait pas sur ses éloges. Ce végélal précieux, disait-on, n’épuisait nullement le sol, il laméliorait au contraire par ses racines et par ses feuilles pleines de sucs, que la troisième coupe rendait à la terre, el d’ailleurs il lui aidait à absorber les sues nourriciers de latmosphère. — Jl tenait le terrain teilement meuble et propre, qu'un seul labour y assurait aussi bien, si ce n’était mieux que ne l’eût fait une jachère, la réussite d'une récolte de blé.— Le fourraze abondant et succulent qu'on oblenait ainsi de la jachère procurait par la nourriture à l’étable et l’'excédant de foin qu’on avait à sa disposition, une rente du bétail beaucoup plus élevée, et une véritable surabondance d’engrais. — On croyait pouvoir, à l'avenir, se passer de prés, de pâturages et de tous autres moyens de nourrirles herbivores. — Le trèfle élait enfin considéré comme le tout de lagriculture; sur lui et sur labolition du pacage et de la jachère,reposait le bonheur du genre humain!

Or, à cette époque, un semblable engouement était tout naturel; car les inconvéniens inhérens à la culture du trèfle sont en grande partie la suite de son trop fréquent relour surlesméêémessoles,et l'expérience seule pouvait les faire connaitre. On s’aperçut depuis qu’en effet, s’il z’épuisait pas le terrain sur lequel on voulait le ramener de 2 en 2 ou de 3 en 3 ans, il l’effritait au point de ne pouvoir plus s’y soutenir; — que par suite de cet inconvénient fort grave en lui-même, il cessait d’être une culture nettoyante, et qu'il ne pouvait plus en aucune facon remplacer en pareil cas la jachère, attendu qu’il était souillé de mauvaises herbes; — que son fourrage, consommé sur pied dans les lieux où l’on conservait l'usage des pâturages, offrait des dangers, à moins qu’on ne l’associât à quelque autre, et qu’il était assez difficile de le sécher convenablement. — Enfin, on trouva aussi que l’impossibilité de le conserver plus de 2 ou, à la rigueur, de 3 ans, était une chose fâcheuse; mais, sous ce point de vue, la faci-

DES PRAIRIES

éii

lité que donne ia rapidité de sa croissance de le faire entrer dans les assolemens à court terme, sans perdre pour ainsi dire un seul instant de la rente du sol, dut paraitre dans tous les temps, comme elle l’est en effet, une compensation suffisante à sa courte durée.

— Quoi qu'il en soit, en se défendant de l’abus, et en prenant les diverses précautions qui ont été indiquées à l’article 4ssolement, et dans le cours des premières sections de ce chapitre, les pompeux éloges de Schoubart et de ses contemporains sont bien près de la réalité.

Le trèfle se plait de préférence dans les terrains frais et profonds de nature sablo-argileuse; et, quoiqu'il soit parfois assez difficile d’en obtenir de beaux semis dans les terres fortes, une fois qu’il y a établi ses longues racines, il y vient bien.— Sur les sols dans lesquels le calcaire ne se trouve pas en proportion excessive, il réussit aussi, pourvu que le fonds en soit argileux.— Quant aux sols trèslégers, ils lui conviennent moins qu’à la lupuline. Celle-ci y pousse plus vigoureusement, et n’a pas au même point que lui l’inconyénient de soulever et de diviser à l’excès la couche végétale.

Le plus souvent(Fory. p.487 etsuiv.)onsème le trèfle au printemps, avec les avoines, les orges, les blés de mars ou d’automne, le mais; —d'autres fois avec le lin, ce qui exige, comme je l'ai rappelé en parlant de cetie plante, quelques précautions; — avec le colza, eic. — L'automne ne convient pas dans nos régions moyennes. Elle ne convient guère mieux dans les départemens méridionaux. Là, les hivers sans neige détruisent fréquemment le trèfle, ou,s’ilssont fort doux, ils lui permettent d'acquérir un développement tel, et sa précocité devient si grande au printemps suivant, qu’il peut fleurir avant la moisson, et causer un notable dommage à la céréale, Afin de parer autant que possible à ce double résultat, on choisit donc gépéralement le printemps, quoiqu'il soit rare que les pluies soient assez abondantes dans la France méridionale, à cette époque, pour assurer le succès des semis. — Cependant, divers eullivateurs, parmi lésquels je cite avec confiance M. Louis DE VILLENEUVE, ont trouvé préférable de semer clair dans les 15 premiers Jours d'octobre, avec le blé, et, lorsque le froid acquiert plus tard une certaine intensité, de répandre de nouveau, à la fin de février, un tiers environ de semence en sus de la quantité ordinaire. Lorsque le trèfle d'automne nuit au blé par son rapide développement, chance du reste fort rare, on peut se procurer une sorte de dédommagement en coupant ce dernier très-haut, et en fauchant de suite le chaume. « On obtient

ainsi un mélange de trèfle et de paille qui fait un excellent fourrage. Si on doit avoir

une assez grande quantité de terre en trèfle, il est prudent d’en semer une partie en automne, et l’autre au printemps. » (Essai d’un manuel d'agriculture, etc. Toulouse, 1825.) De la fin de février à celle de mars ou même d'avril, selon les localités et la température des saisons, on fume quelquefois le trèfle. Toutefois, cette précaution est rarement nécessaire dans un bon assa-

lement et sur des terres d’une fertilité moyenne.

Partout où les frais de transport n’ajoutent pas excessivement à la valeur du plâtre, c’est aussi après la cessation des gelées qu’on répand ce puissant stimulant, en choisissant un temps calme, et au moment où les feuilles sont humectées par la rosée où par une pluie. Dans tous les lieux où le plâtrage a pénétré, on le regarde, en principe, comme

indispensable à la culture du trèfle; ilest cer-

tain qu'aucun engrais ne peut mieux assurer la réussite de cetexcellent fourrage, et, par une conséquence désormais bien appréciée, le succès de l’assolement dont il fait partie.

Autrefois on laissait assez souvent le trèfle occuper le sol 3 années, y compris celle du semis ; mais alors il était rare que la 3° il pût être employé autrement qu’au pàlurage. On regarde aujourd’hui avec raison comme beancoup plus profitable de le rompre à la fin de la seconde année, el même, quoiqu'il fût le plus souvent possible d'obtenir 3 coupes, on enfouit la dernière pourajouter à la fécondité du sol. Il y a loin de cette pratique raisonnée à la coutume de quelques cantons de l'Allemagne, d'utiliser mème les racines de celte légumineuse'à la dépaissance du bétail : à la vérité, elles lui procurent une nourriture de bonne qualité; mais si l’on met en ligne de compte les frais d'extraction et le tort qu'on fait au sol, on se convaincra facilement qu’en définitive il y a plus de perte que de profit à agir de Ja sorte.

Dans beaucoup de contrées on ne cullive le trèfle que comme plante fourragère — dans d’autres on le fauche une seule fois de bonne heure au printemps de la seconde année et on le laisse monter et fleurir pour en récolter la graine ; — dans d’autres, enfin, on ue spécule que sur la production de celle-ci et, dans la persuasion qu’elle est infiniment plus belle et plus marchande lorsque la fructification n’a pas été retardée par une coupe, on ne fauche pas du tout cette seconde année. — Dans ces deux derniers cas, la culture du trèfle devient véritablement cullure économique et ne peut plus être considérée comme améliorante, mais ses produits sont parfois considérables. «Il n’est pas rare, dit Bosc, qu'un arpent de trèfle en bon fonds donne 1500 kil. de graines neltoyées, qui, à 50 centimes le kilog., font 750 fr., revenu énorme, vu que les tiges et les feuilles, quoique alors épuisées de matières nutritives, peuvent encore être employées à la nourriture des bestiaux.» J'ai vu rarement des récoltes qui approchassent de semblables produits. Cependantelles sont ordinairement assez lucratives pour indemniser richement le cultivateur des soins qu'elles nécessitent, des difficultés de l’égrainage et des frais d'acquisition de machines propres à l'effeciuer. Je regrette de ne pouvoir entrer, dans ce chapitre dont je crains d’avoir déjà dépassé les bornes, en des détails suffisans sur cette importante matière qui se rattache bien plus à une question de culture économique et commerciale qu’à une simple question de culture fourragère. On trouvera sans doute occasion d’y revenir dans le 2° livre de cet ouvrage,

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

NÉ

Le grand Trèfle normand, que M. DE La- QUESNERIE a fait connaître sous le nom de Trèfle du pays de Caux, est une variété du trèfle commun plus élevée et plus tardive qu'elle. « Les semis que j'en ai faits, dit M. Vir- MORIN, m'ont mis a même de reconnaitre cette double vérité. Il ne donne ordinairenent qu'une coupe, mais qui souvent équivaut aux deux coupes du trèfle ordinaire.

Son fourrage est plus gros, et la plante m'a paru étre plus durable. Ce trèfle doit-il être préféré à l'espèce ordinaire? Je ne prendrai pas sur moi de résoudre cette question qui, d'ailleurs, est probablement susceptible de solutions opposées dans des terrains et des circonstances différentes. Cette espèce est encore trop récemment connue pour qu’il soit possible d'en porter un jugement ; mais jai cru devoir l'indiquer aux cultivateurs comme un sujet intéressant d'épreuve et d'observation. »

« Le Tréfle d’Argovie est une autre variété du trèfle rouge, cultivée depuis quelques années en Suisse, el qui parait posséder des qualités importantes. On assure qu’il dure 4 à 5 ans, ce qui lui a fait donner le nom de trèfle perpétuel. Je n'ai pas encore été à même de vérifier ce point; mais ce que j'ai reconnu en lui et qui me parait encore plus intéressant, c'est une disposition très-prononcée à monter en tiges et une précocilé d'au moins 15 jours sur le trèfle ordinaire ; il est d’ailleurs vigoureux et à larges feuilles. Si les caractères que présente en ce moment ceite variété sont confirmés par des épreuves plus nombreuses, et s'ils se conservent sans altération seusible pendant une suite de généralions, ce sera certainement une acquisition précieuse pour l’agriculture.» Vuc- MORIN.

Le Tréfle intermédiaire ( Trifolium intermedium, Lin.), en anglais Hart cloverou Cowgrass, se distingue du trèfle commun par la disposition moins serrée el plus alongée de ses fleurs ; par la longueur plus grande des 3 folioles de chaque feuille, la forme des divisions du calice dont les 2 supérieures sont courtes, les 2 moyennes plus longues et l’inférieure plus longue encore. — Dans le trèfle comwup, les stipules sont glabres, ovales, terminées par un faisceau de poils ; — dans le trèfle intermédiaire, elles sont étroites, longues et garnies de poils épars dans toute leur longueur.

Cette espèce est beaucoup plus vivace que la précédente; on lui a reconnu l'avantage de croître sur des terrains de nature fort diverse et de résister, au moins aussi bien que le trèfle blanc dont je parlerai tout-à-lheure, aux effets des fortes sécheresses. Le fait est qu’on la voit continuer de fleurir dans les herbages lorsque les graminées qui se trouvent près d'elle ont perdu toute leur fraicheur, et qu’elle repousse encore sous la dent des animaux qui en sont avides. J'ai été souvent à même de faire ces remarques chez moi. — Quant à la somme de ses produits et à la qualité nutritive de ses fanes, le trèfle intermédiaire est de beaucoup inférieur à celui des prés. Aussi ne peut-il entrer en concurrence avec lui dans la culture alterne:

| mais, considéré comme plante de pâturage, il

cHAP. 18°,

lui est au contraire incontestablement préférable, tant à cause de sa longévité que par suite de sa rusticité et de la propriélé qu'il possède à un haut degré, de végéter dans les lérrains arides de toute nature , une fois qu’il est parvenu à s’y bien établir.

Le Tréfle blanc (Trifolium repens, Lin.) petit Tréfle de Hollande (fig. 685), vivace, a

Fig. 685. des fleurs blan-

ches portées

chacune sur un pédoncule particulier d'une très-grande longueur; ses trois folioles, dentées en scie, sont plus arrondies que dans les espèces précédentes ; ses liges, presque ou enlièremenL glabres, sont ram antes à leur ase et naturellement couchées sur la terre. Les pédicelles de chaque feuille sont, comme les pédoncules, d’une longueurremar-

quable.

Cette espèce serait peu propre à remplacer le trèfle rouge, comme prairie artificielle sans mélange; mais son mérite n’en est pas moins bien connu des cultivateurs; on le retrouve plus ou moins abondant dans presque tous les pâturages; à peine visible dans les terrains arides ou privés des élémens calcaires qui lui conviennent à un si haut degré, il se développe et apparaît toutà-coup au milieu des graminées à la suite d'une fumure ou d’un simple amendement à base de chaux, ce qui, par parenthèse, a donné lieu plusieurs fois à d’étranges conjectures sur la croissance spontanée des végétaux. — Sa racine centrale pivote à une profondeur telle qu'il résiste tres-bien à la sécheresse, même sur les sols les plus légers; d’un autre côté, les tiges latérales se couvrent de distance en distance de racines fibreuses qui pompent leur nourriture à une beaucoup moindre profondeur. De là sans nul doute la propriété du trèfle blanc de croître dans les argiles comme dans les sables, quelle que soit l'épaisseur de la couche végétale.

On emploie fort avantageusement cette plante pour former le fonds des prairies et des pâturages sur lesquels dominent les graminées. Dans quelques lieux on la sème seule à raison de 5 à 6 kil. au moment de leur formation, et on abandonneà la nature le soin de faire le reste. On sait combien il est préférable de former en entier le mélange. — Le trèfle blanc est une des meilleures légumineuses connues pour regarnir les herbages vieillis, d’après le procédé qui a été indique page 479 de ce chapitre.

Le Tréfle incarnat { Trifolinsn incarnatum,

AGRICTLTURE,

DES PRAIRIES

Lin.), Farouch, Farouche, Ti réfle de Roussillon (#3. 686), a des fleurs rosées ou purpurines, Fig. 686.

disposées en long épi conique, non accompagné de feuilles ; son calice, dont les divisions sont égales, est très-velu et marqué de côtes ; les folioles sont arrondies, en forme de coin à la base, à pédicelles fort courts, surtout vers le haut.

«La culture de ce fourrage annuel , longtemps limitée à quelques-uns de nos dépar-temens méridionaux, s'est étendue depuis dans plusieurs de ceux du nord, et deviendra probablement , d’ici à peu d’années, générale en France. Quoique le trèfle incarnat ne donne qu'une coupe, et que son fourrage sec soit inférieur en qualité à celui du trèfle ordinaire, cependant il est peu d'espèces qui puissent rendre d'aussi grands services à l’agriculture, attendu que presque sans frais, sans soins et sans déranger l’ordre des cultures, on en peutobtenir d’abondantes récoltes de fourrages. Il a de plus le mérite d’étre très-précoce, et, soit en pâturage, soit coupé en vert, d'offrir au printemps des ressources pour la nourriture du bétail, presqu'avant aucune autre plante. On sème ee trèfle en août ou au commencement de sep- Lembre, ordinairement sur les chaumes, après les avoir retournés par un très-léger labour à la charrue ou à l’extirpateur. Cette facon ou du moins l’ameublissement de la surface du sol par des hersages répétés, est nécessaire Sels graiue mondée qui a besoin d'être recouverte à la herse; mais lorsque l’on a de la graine en gousse, il suffit de Ja répandre sur le chaume sans aucune préparation préalable, et de passer ensuite le rouleau ; elle réussit presque toujours très-bien ainsi, surtout lorsqu'on s’est pressé de semer aussitôl après l’enlèvement de Ja moisson. On voit par là avec quelle facilité les pays dépourvus de fourrages, ceux surtout qui suivent l’assolement triennal, pourraient améliorer leur situation agricole. Qu'un fermier, par exemple, sème ainsi une portion de ses chaumes d'avoine, je supposerai le quart, dans les premiers jours de mai s’il veut couper en vert, du 15 au 25 s’il récolte en sec, tout peut être débarrassé. Il est encore à temps de lever les guérets sur cette portion de sa sole, et de lui donner toutes les facons de jachère. Ainsi, sans dérangement aucun, il aura obtenu de cette partie de ses chaumes une forte provision de fourrages, entre la récolte et l'époque où naturellement il y aurait mis la charrue. Le trèfle incarnat offre une ressource précieuse pour regarnir un trèfle manqué, en jetant simplement de Ja graine en gousse sur les clairières, ou même, au moyen de hersages ou ratissages suffisans, de la graine mondée.

Presque toute terre à froment ou à seigle,

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