‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 348 sur 357 · LIV. it · texte numérisé non relu

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supplément au pâturage, 24 livres de ramée de peuplier de Virginie, elles consommaient chacune en moyenne 11 livres tant bois que feuilles; donnaient autant de lait, et étaient aussi bien entretenues que lorsqu'on les affourrageait de 15 à 18 livres de trèfle !.... — De tels résultats, quelle que soit la manière de les envisager, doivent, ce me semble, engager à éludier, plus qu’on pe l’a encore fait, l'utilité des feuilles d’arbres comme fourrages, el conduiront tr'èsprobablement à étendre leur emploi au-delà de ses limites actuelles.

O. LEccerRc-THouIn.

CHAPITRE XIX. — DES MALADIES ET DES ATTAQUES AUXQUELLES LES VÉGÉTAUX CUL- TIVÉS SONT SUJETS, ET DES MOYENS D’Y REMÉDIER,

Les chapitres précédens, qui développent d'une manière aussi complète et aussi claire qu'il nous a été possible de le faire, les principes théoriques et pratiques de la culture des plantes qui font l’objet principal de l’agricullure européenne, ne suffisent pas encore pour assurer au cultivateur la récompense de ses travaux : les végélaux cultivés sont sujets aux attaques de maladies organiques et d'agens extérieurs qui compromettent plus ou moins gravement leur développement ou leur existence; un grand nombre de plantes parasites, souvent presque imperceptibles, des végétaux plus ou moins inutiles ou nuisibles, non seulement absorbent, au détriment des bonnes plantes, les sucs nourriciers du sol, mais encore développent chez celles-ci des affections maladives fort redoutables ; enfin, une foule d'animaux de toutes les classes vivent aux dépens des diverses parties du végétal, et menacent continuellement de détruire nos récoltes, de-

suis l'instant où le laboureur les a confiées à a terre et même encore après qu'il les a rentrées dans ses greniers. Il faut donc indiquer aux cultivateurs les moyens sanctionnés par l'expérience, que l’état actuel de nos connaissances nous offre, pour nous mettre à l'abri de ces divers agens destructeurs, ou du moins diminuer leurs ravages.

SECTION 1° — Des maladies organiques et agens externes.

Les plantes, aussi bien que les animaux, sont sujettes à des désordres et à des infirmités qui peuvent altérer leur santé, les empécher de remplir le but qu’on se proposait en les cultivant, et mème amener leur fin prochaine. Mais, il faut l’avouer, si la médecine appliquée à l'espèce humaine est encore un art empirique, bien souvent trompé par la variété infinie des maladies, la pathologie végétale est encore tout-à-fait dans l'enfance, aussi bien pour la connaissance des affections maladives que pour celle des moyens curatifs. Les cultivateurs ont recueilli quelques faits isolés, incomplets, ont proposé quelques remèdes empiriques; un petit nombre de physiologisles ont cherché à en

former un corps de doctrine : M. Tessier dans son Traité des maladies des grains, Bosc, dans le Cours d'agriculture, M. DE CANDOLLE, dans sa Physiologie végétale, d’une part; DUHAMEL, PLENCK, WILDENOW, SMITH, RÉ, M. DE Minez, M. Turpix, de l'autre, se sont plus où moins occupés de ce sujet difficile, mais il laisse encore beaucoup à désirer. Réduits à ne point en former un ensemble satisfaisant, nous ne pourrons ici donner que quelques généralités sur les lésions accidentelles, internes et externes des végétaux, et indiquer quelques pratiques suivies de succès dans volusieurs maladies spéciales,

$ 1%.— Des lésions accidentelles.

Les cultivateurs savent combien la succession favorable ou défavorable du temps concourt au succès ou aux mauvaises chances de l’agriculture. À vrai dire, chez la plante, d’une organisation infiniment plus simple

ue l’animal, attachée d'ailleurs au sol qui l'a vue naître, et privée ainsi des moyens de fuir les agens nuisibles, l’histoire des maladies n’est presque qu’une simple conséquence de l'influence des agens extérieurs, tels que le soi, l’eau, l'air, la chaleur, la lumière, l’électricité ( Foir le chap. I de ce livre); et de plus, sous le point de vue pratique, c’est particulièrement sur cette influence qu'il est utile d'appeler l'attention du cultivateur.

Les effets de la température sont les plus importans, parce que les conséquences en sont plus graves. Chacun connait les fâcheux accidens de plusieurs genres qui résultent des gelées, non seulement pour les végélaux exotiquesouimparfaitementacclimatés, mais encore pour les plantes indigènes ou cultivées de temps immémorial. Il existe quelques moyens généraux de diminuer les fdcheux effets de la gelée sur les plantes : 1° On peut, au moyen de paillassons, de toiles, de treillis, de simples canevas, de paillis grossiers en litières ou en fougères, abriter les végétaux du rayonnement nocturne, et par suite du dépôt de la rosée qui, lorsque la température de l'air n’est que de peu de degrés supérieure à 0°, se transforme en gelee

blanche et cause quelquefois la perte des bourgeons et presque toujours la couture des fleurs; cette pratique est susceptible d’un grand nombre d'applications aussi bien dans l'agriculture que dans le jardinage.—On peut avoir recours, dans le même cas, à des arrosemens superficiels avec une eau à la température des sources ou des puits, et qu'il faut avoir soin de répandre avant le lever du soleil : cette eau, en fondant la gelée.blanche, empêche la transition subite de l'état glacé à une température élevée, qui parait être cause de la désorganisation des lissus délicais qu'il s'agit de preserver.— Onaaussirecomimandé, dans le même but, de secouer la rosée, et, pour les blés, de promener une corde assez forte qui courbe les tiges et parait enlever les petits glaçons : deux ou un plus grand nombre de persounes s’alignent dans le champ, de distance en distauce, et marchent en porlaut la corde assez bas pour que les tiges soient fortement abaissées : il est indispensable que cette opération ai lieu avant que les rayons du soleil viennent frapper le champ. — Un autre moyen dont on obtient aussi de bons résultats dans diverses circonstances, c'est de brüler devant les espaliers, les arbres, les champs , les coteaux qu'on suppose frappés de la gelée blanche, du fumier ou de la paille mouiliée dont Ia fumée intercepte les premiers rayons du soleil, et, ea réchauffant Pair, fond les petits glaçons. — 2° Pour les végétaux vivaces ou ligneux qui passent l'hiver en plein air, et redoutent les gelées de nos climats, on peut les en abriter, soit en les empaillant avant l’époque des froids, c’est-à-dire en enveloppant de paille ou de fougère les tiges et les branches ou bien les rameaux seulement, suivant la délicatesse de l'individu; soit en couvrant de litière, de feuilles, etc., ou méme simplement de terre, les basses tiges, les racines ou les tubercules qui restent dans le sol durant l'hiver et pourraient y être détruits par les gelées.— 3: Enfin, pour les arbres et arbustes qui n'ont pas été protégés contre les froids, ou pour lesquels la protection donnée n'a pas suffi, on peut au printemps, quand l’apparition des bourgeons indique bien les parties qui ont souffert, rabattre les rameaux gelés sur les parties saines. — Une dernière lésion, résultat de la fàcheuse influence des gelées, consiste dans la désarticulation des parties, d’où résulte la chute des feuilles, des fruits, et même des jeunes rameaux chez plusieurs végélaux,comme la vigne. On a donné à cette affection le nom de champlure.

L'action de la chaleur occasione aussi des affections dangereuses et communes : on en a désigné sous le nom de brlure ou brouissure, plusieurs de caractères très-différens. On nomme plus particulièrement brälure, la lésion qu'éprouve un arbre exposé contre un mur à toute l’ardeur du soleil, ou transporté d'un lieu abrité, Lel qu'un bois, une pépinière épaisse, etc., à une vive lumière, et dont l'écorce se fend, s’écaille, se sépare du tronc, se dessèche et noircit ; les branches frappées de la sorte ne se nourrissent plus qu'imparfaitement et quelquefois périssent. Les gelées, en soulevant l'écorce, produisent Île

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