MALADIES DES PLANTES
même effet. Pour garantir les arbres de ces inconvéniens, on enveloppe souvent les troncs et les grosses branches de paille ou de toiles grossières ; mais il vaut beaucoup mieux les abriter avec des planches qui préservent des rayons du soleil sans entretenir l'humidité ; l'écorce se rétablit alors plus ou moins promptenent. — On appelle encore brülure le dépérissement des racines, causé par la sécheresse extrème du sol; ce mal atteint les céréales principalement dans les terrains sablonneux ou graveleux, qui ont peu de profondeur, el aux expositions chaudes; on le voit quelquefois s'étendre presque soudainement, se développer sur de grandes étendues, et ruiner les récoltes. Lorsque cela arrive au commencement de l'été, Ja récolte est perdue entièrement, l'épi se desséchant complétement; quand c’est plus tard, le grain est ce qu'on appelle retrait ; dans tous les cas, la paille perd beaucoup de sa qualité, On reconnait le froment brülé à ia blancheur de sa tige et de son épi.
On désigne plutôt sous le nom de brouëissure, l'espèce de brûlure qu'éprouvent les jeunes bourgeons des arbres ou des plantes, par l'effet d’un soleil ardent, d’un vent sec ou des häâles: les bourgeons encore tendres deviennent subitement noirs ; les extrémités des branches se dessèchent et périssent. On peut attribuer cetle affection à l’évaporation qui se fait par les rameaux à l’état de bourgeons et non consolidés ; évaporation qui est très-considérable, et qui n'étant plus rem-
lacée par la même quantité de sève, permet à l’ardeur du soleil de les dessécher, et par conséquent de les frapner de mort, comme l'écorce dans le cas dont nous venons de parler. Les arrosemens, tout ce qui peut activer la végétation, tels sont les remèdes les plus convenables à administrer. — Enfin, on designe encore sous le nom de brûlure, l'effet
roduit par l’eau des rosées et par les gelées re sur les feuilles et les fleurs, et dont nous avons parlé tout-à-l’heure.
Chez les céréales et beaucoup d'autres végélaux cultivés, si, lorsque les jeunes tiges sont tendres el vertes, il survient toul-à-coup de grandes chaleurs et de la sécheresse, au lieu de grossir, elles se dessèchent, les graines mürissent trop promptement, et par conséquent n'acquièrent nileur grosseur,ni leurs qualités.
On ne sait que trop bien que, si pendant la floraison , il tombe des pluies abondantes, continuelles, surtout accompagnées de vent ou d'une température froide, les poussières des étamines sont délayées, dissoutes, en sorte que les fleurs avortent et coulent. Cet accident fait trop souvent disparaitre pour la vigne l'espoir de la plus belle récolte; mais les céréales et beaucoup d’autres plantes n’en sont pas à l’abri, et, malheureusement, on ne peut offrir aucun moyen au cultivateur pour remédier à cette espèce de coulure.
On connait également bien d’autres effets des mêmes agens extérieurs: une pluie froide, persistante, qu pénèlre jusque dans la texture du grain en lait, [ui donne un grand volume, mais 1l n’acquiert ni poids, ni qualité, à cause de l’abohdance de son écorce et de la petite quantité de farine qui n’est pas
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de garde.—Si cette pluie se prolonge jusqu’au moment de la moisson, le grain, au lieu de se perfectionner et d’achever sa maturité, germe et se gâte au milieu des champs.
Les vents umpétueux, accompagnés de fortes pluies, les orages, occasionent aussi un tort considérable en faisant verser les récoltes : les tiges, dans ce cas, plus ou moins ployées, subissent une espèce d’étranglement; la sève,interrompue dans son cours,ne monte plus jusqu'aux épis et aux graines ; les mauvaises herbes prennent le dessus et étouffent les bonnes plantes ; celles-ci, entassées et mouillées, s’échauffent et finissent souvent par fermenter, noircir et pourrir. Il n’est aucun moyen direct d'apporter remède au versement des récoltes ; mais on peut le prévenir, d’abord en multipliant les haies et les plantations d’arbres, ou en plaçant de distance en distance, dans le champ qu’on suppose en danger de verser, des perches transversales attachées à des piquets; en second lieu, comme ce sont ordinairement les récoltes trop fortes qui courent le danger de cet accident, on y obvie en semant deux années de suite des récoltes épuisantes, en ne mettant pas de fumier, en semant clair, ce qui fait obtenir destiges moins nombreuses mais plus résistantes, en coupant les feuilles au printemps, enfin, pour les céréales, en dounant la préférence aux variélés à pelils épis. Lorsque ces précautions n'ont point éte prises, et que le versement a lieu, si c’est peu avant la maturité complète, il est ordinairement avantageux de moissonner sans retard; mais, si cela arrive environ un mois avant cette époque, comme les herbes s’éleveraient au-dessus des tiges, et que la perte pourrait êire complète par suite de la pourriture, il n’y a souvent pas d'autre moyen de salut que de couper immédiatement pour en faire un fourrage abondant et d'excellente qualité.
La gréte cause des ravages semblables et souvent bien plus considérables, puisqu'elle hache les récoltes, meurtrit les tiges et les rameaux, et répand dans le champ un froid glacial qui suspend la végétation pendant un temps plus ou moins long. Pour les plantes annuelles ainsi maltraitées par la grêle, il n’y a souvent rien de mieux à faire que de les retourner et de les enterrer en semant le champ en vesce d'hiver, en navette, en haricots, en navels, etc. — Les moyens proposés pour préveair les ravages de la grêle sont illusoires, à l'exception des {ssurances dont nous avons parlé précédemment (page 303 de ce volume).
Les grains qui ont subi les altérations causées par les accidens dont nous venons de parler, sont menus, chétifs, ridés, et portent des signes qui les font désigner dans le commerce par les noms de bles échaudés, bles maigres, blés coulés, blés stériles, bles verses, etc.
$ IL. — Des lésions internes.
Les affections produites par le dérangement des fonctions de la vie végétale sont les moins connues : les unes paraissent avoir pour cause la faiblesse, d’autres l’excès de la végetation.