‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 350 sur 357 · EI. ST · texte numérisé non relu

EI. ST

L'abondance des sucs séveux cause parfois des dérangemens plus ou moins graves, principalement chez les végétaux ligneux. Pour toutes les plantes, nous voyons généralement la stérilité, c'est-à-dire l'avortenient des fleurs et des fruits, être la suite d’une trop grande vigueur. L’abondance excessive des engrais ou leur mauvaise qualité altèrent la marche des sucs végétatifs, et par suile les fonctions organiques Jusque dans leur essence : les organes deviennent difformes, changent de couleur, exhalent une odeur insolite qui nuit à la qualité des produits ; les plantes poussent trop en feuilles et pas assez en fruits; enfin, dans certains cas, il se développe de véritables maladies. C'est ainsi que les muüriers blancs, placés près des fumiers ou dans des sols trop engraissés, sont sujets à la gangrène humide, sorte d’ulcères d'où découle une sanie âcre et noirâtre qui accélère souvent leur mort.— Dans les années très-pluvieuses, beaucoup de végetaux éprouvent une sorte de pléthore ou d’Aydropiste : l'eau ne s’élabore plus dans les vaisseaux ; les huiles, les résines ne peuvent se former; les fruits sont sans saveur; les graines ne mürisseni pas, el sont sans fécule ; les feuilles tombent; les racines se couvrent de moisissures et pourrissent.

— Lorsque cette humidité coïncide avec une température élevée, elle détermine les plantes à pousser trop en feuilles ou en pousses herbacées, état considéré comme heureux lorsqu'il s’agit de la culture des prairies, et commeune maladie lorsque ce sont les fleurs ou les fruits qui étaient l’objet principal des soins du cultivateur. — On conçoit que, pour ces affections, écarter leur cause, lorsque cela est au pouvoir de l’homme, voilà le seul moyen d’y porter remède.

Dans les arbres, les flux des sucs séveux sont parfois considérables et donnent naissance à des affections très-dangereuses. Un mauvais élagage, lorsqu'on coupe de grosses branches latérales, notamment aux ormes, aux marronniers, et en général aux arbres des routes et promenades, cause, au printemps, un écoulement de séve ascendante ; elle coule sur l'écorce, y dépose des matières terreuses ordinairement blanchâtres, qui obstruent l'action superficielle de l’écorce, et tendent aussi à désorganiser celle-cien s’infiltrant entre elle et le bois ; elle détermine, par suite, des ulcères plus où moins graves dans les parties inférieures. — L’écoulement appelé pleurs de la vigne est du même genre, mais ne parait pas altérer gravement la santé de ce végétal. — Ces flux paraissent avoir pour cause la succion trop forte des racines, alors que les feuilles ne sont pas assez développées pour en absorber ou exhaler les produits.

— On observe aussi chez plusieurs végétaux des extravasations de sucs propres : telle est la gomme des cerisiers, pruniers, elc., rarement nuisible à leur santé, si ce n’est en causant des obstructions, lorsqu'elle s’insinue dans les vaisseaux de la planie. Cette affection est ordinairement le résultat d’un sol, d’une exposition, où d’un climat mai appropriés aux végétaux : le meilleur moyen d'y remédier serait de choisir une meilleure situation; on peut aussi couper la partie attaquée, et y apposer un emplâtre. — Quand

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la sève monte trop abondamment, il arrive souvent qu’il se forme à l'intérieur, dans les parties solides, des fissures où la sève s’épanche et altère profondément les tissus en s'y corrompant.

Toutes ces affections passent souvent à l’état gangreneux et dégénèrent en ulcéres, terme analogue à ce qu'il exprime dans le règne animal, et qui désigne des plaies compli-

uées d'accidens particuliers dus à la nature de sucs spéciaux qu'elles transsudent.— Les uns laissent suinter des sucs âcres et corrosifs qui désorganisent les bords de la plaie, et, en empêchant l'écorce de s’élendre,maintienuent cette plaie ou même l’augmepntent : c’est ce que nous voyons chez les ormes, les müriers, que ces ulcères peuvent faire périr. —M. pe CANDpoLLeE fait observer que ces accidens semblent plus graves chez les végétaux qui vivent près des fumiers et dans les terrains gras. — D’autres ulcères sont occasionés par les coztusions qu'éprouvent les végétaux, lesquelles, en rompant la continuité du tissu interne de l'écorce, y déterminent des dépôts de sucs âcres; ceux-ci, lorsqu'ils ne peuvent se frayer uu passage à l'extérieur, se glissent, par leur poids et la corrosion qu'ils exercent, entre l’écorce et le bois, et désorganisent ainsi les parties les plus essentielles à la vie. Il résulte de là des gouttéres ulcérées très-dangereuses,

Le seul remède connu et appliqué uniformément à tous les ulcères, c'est de couper toute la partie ulcérée ou pourrie jusqu’au vif, et de transformer ainsi la plaie compliquée en plaie simple qu’on traite comme nous le dirons tout-à-l’heure.

Les affections produites par débilité dans la végétation peuvent provenir de la faiblesse des organes ou du défaut de sucs nutritifs.

Un des plus remarquables est l’étiolement total ou partiel, auquel on donne aussi les noms de cAlorose et péleur, produit par l’absence ou l’action trop faible de la lumière, et qui a pour e(fet l’alongement, la décoloration et la tendreté des uges et des feuilles, ce dont le cullivateur, le Jardinier surtout, ont su tirer parti dans beaucoup de circonstauces.

Une affection du même genre est l’ictére ou Jaunisse, qui arrive natureliement au milieu de l'automne, maisaccidenteliement par suile de la suspension de l’activité orgauique, annouçant, dans ce cas, des changemens analogues à ceux qui s’opèrent à l'époque de la chute des feuilles.

Le dépérissement des feuilles et des tiges, que PLENCK appelle phthisie végétale, et qu'on désigne aussi sous le nom de consomption, est le résultat d’un grand nombre de causes très-diverses : comme la privation de sucs nutritifs, la végétation daus un sol aride ou contraire à la plante, ou bien sous un climat défavorable, une transplantation mal faite, une blessure profonde, des érosions chancreuses à la racine, la défoliation pendant l'été, un excès de floraison et de fructification, l'invasion de plantes ou d'insectes parasites. — La nature du sol parait étre une des pie causes des affections de ce genre :

Jn sol maigre ne porte que des plantes chéüves; elles y éprouvent avant l’âge les infir-

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