LIVRE
peu d’adhérence de leurs parties, entrainées par leur propre poids , elles se laissent aller sur elles-mêmes, et glissent parfois à des distances considérables.
Les sols marneux sont peu fertiles. Lorsque l’argile domine dans leur composition, ilsrentrent dans la classe desterres glaiseuses ou argilo-calcaires; — quand c’est la chaux carbonatée, ils se rapprochent plus ou moins de la craie.
$ IV. — Des sols magnésiens.
La magnésie combinée au gaz acide carboniquesemontrecà et là danslesterres arables, unie, daps la plupart des cas, à la chaux carbonatée. Quand elle est saturée de ce gaz, elle n’exerce sur la végétation aucune action défavorable, ainsi qu’on peut en acquérir la preuve plutôt en Angleterre et en Allemagne qu'en France. Loupon rapporte au’elle existe en proportion très-notable dans le Lizard, l'une des parties les plus fertiles du Cornwal.— Il serait facile de citer des exemples analogues sur plusieurs autres comtés, tels que le Leicestershire, le Derbishire, l’Yorkshire, etc., elc., dans lesquels on trouve d’abondans calcaires magnésiens.
Mais, lorsqu'elle à été artificiellement dépouillée de son acide carbonique par la calcination, ou lorsqu'elle a été simplement ramenéeà l’état de sous-carbonate(et elle existe parfois ainsi dans la nature), elle exerce une influence des plus fâächeuses, que Davy attribue à son affinité moins grande que la chaux pour le gaz précité. — Elle devient alors un véritable poison pour une foule de végétaux. — Je me vois de nouveau forcé, afin d'éviter des répétitions, de renvoyer le lecteur au chapitre des amendemens pour de plus amples détails.
Les cultivateurs anglais ont constaté, par plusieurs faits, ainsi que l’indiquait la théorie, que le meilleur moyen de neutraliser l’action delamagnésie, c’élait d’une part de la mettre en contact dans le sol avec des tourbes ou des engrais qui pussent lui procurer une quantité suffisante de gaz acide carbonique, et de l’autre, d'éviter complètement l'emploi &e la chaux sur les terres dans lesquelles elle surabonde.
$ V. — Des sols tourbeux et marécageux.
Lorsque les végétaux se décomposent à la surface du globe sous l'influence de l’oxigène de l'air, ils donnent naissance à du terreau. Quand ils fermentent et s’altèrent dans l’eau, ils forment la tourbe qui s’en distingue par des propriétés chimiques fort différentes. — Tandis que l’un est d’une fertilité, on peut dire excessive, la seconde est complètement impropre à la végétation de toutes plantes autres que celles que la nature a fixées par exception sur les tourbières. Ce dernier fait, qu’on le regarde comme la suite d’une fermentation acide particulière, de la transformation du mucilage en une substance huileuse que les tourbes paraissent contenir en quanüté plus considérable que les terreaux, de l’'acuon probable, dans quelques cas seule-
fondeur, par suite de leur gonflement et du 1 ment: des pyrites, ou de toute autre cause, ce
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fait, dis-je, est démontré par toutes les expériences connues.
I. Terrains tourbeux.— Ils ont un aspect qui dénote au premier coup-d'œil leur origine. On reconnait facilement dans leur masse les détritus diversement agglomérés des végétaux qui les ont produits. — Iis sont spongieux et élastiques. — En se desséchant, ils perdent la majeure partie de leur poids.
— Leur couleur est d’un brun noirâtre. — Ils s’échauffent cependant et se refroidissent avec une égale lenteur, de sorte qu'on pourrait encore les reconnaître en été à leur fraicheur; en hiver, à une température plus élevée que celle des terres d’une autre nature. »
Il n’est pas toujours avantageux de transe former les tourbières en terres labourables ; car, partout où le bois a une grande valeur, la tourbe peut, jusqu’à un certain point, le suppléer, et la mise en culture de ces sortes de sols n’est rien moins que facile. Cependant, dans certaines circonstances, on peut trouver profitable de la tenter, ainsi que l’atteste la pratique des habitans des r100rs hollandais, et des peat-mosses de diverses parties des iles Britanniques. HA
Après un desséchement prealable, indispensable dans tous les cas, sur quelques points de l’Ecosse, on recouvre à grands frais les tourbières de terre végétale. — Quelques pouces de sable ou de graviers, de calcaires coquilliers, de vase de mer,et principalement d'argile, ont transformé des tourbières improductives en terrains d’un très-bon rapport.
D’autres fois on bräle Le plus complètement possible toutes les herbes qui recouvrent la surface du terrain. —On donne ensuite un premier labour destiné à détruire les racines de celles qui repoussent avec une grande facilité, telles que les £riophorum, les Nardus, etc., etc. —On les réunit en tas avec la tourbe soulevée par la charrue; on les brûle quand elles sont suffisamment desséchées, et on en répand également les cendres. — Cette opération terminée, après un second labour,on transporte sur le solune quantité de marne, qui n’est pas moindre de 200yards cubes par acre (l’yard cube correspond à 0 *:, 7645 cubes; l’acre anglaise à 402, 467 ).— Puis quand elle a été répandue en temps opportun, on ajoute une quantité raisonnable d’engrais. Une tourbière ainsi amendée peut pro-
Fig. 28.