SOLS TOURBEUX
duire dès 1a première année, non seulement une récolte de pommes-de-terre, de navets, elc., mais de toute espèce de blés.
Le meilleur moyen d'entretenir ensuite sa ferulité, est de continuer l'emploi des calcaires, et de donner de loin à loin quelques fumures. — On contribue mécaniquement au même buten faisant passer à la surface du sol,afin de diminuer sa porosité trop grande, un rouleau de pesanteur moyenne, autant de fois que le comportent l'état des cultures etlesfrais demain-d'œuvre.—Nous donnons, d’après Lounox, l'idée d’un rouleau triple de bois (fig. 27), Fig. 27.
fort convenable D pour cette destination.
Les tourbieres, simplement égouttées jusqu'à une certaine profondeur, se couvrent spontanément d’une foule d'herbes, en général d'une assez mauvaise nature pour les bestiaux. qui produisent cependant des pâturages recherchés, parce que leur végétation tardive au printemps, se prolonge pendant une grande partie de l'hiver.
Sans aulres frais que quelques écobuages et l'emploi de la chaux, j'ai vu de parerts terrains quintupler de valeur. Sous l'influence de ce double stimulant, les plantes marécagerses disparaissent successivement et font place d'autant plus sûrement et plus premptement à des herbages d’une excellente qualité, qu’on répand au hasard à la surface du sol quelques boisseaux de graines ramassées pêle-mêle avec la poussière d’un grenier à bon foin.
De tous les végétaux, les arbres sont les derniers à prospérer dans les tourbières.
M. le comte n'Ourcxes rapporte qu'il a vu en Souabe, près de Memmingen, dans une plaine à surface tourbeuse, deshoublonnières d'une beauté remarquable, et qu'il a depuis obtenu en France, sur des terrains analogues desséchés par d'étroites saignées, des houblons magnifiques, des plantes oléagineuses d'un grand produit, et des asperges d’un volume considérable. Sans doute, il a voulu parler de tourbières déjà améliorées par une culture préalable.
IT. Zerrains uligineux. —Les sols auxquels Bosc a donné ce nom ont de l’analogie avec les tourbes proprement dites et avec les simples marais, quoiqu'’ils diffèrent essentiellement des uns et des autres. «Un terrain en pente ( /g. 28 ) et inférieur à des sommets susceptibles de laisser facilement infiltrer les eaux des pluies, est toujours wligineux, lorsqu'il est formé d’un banc d’argile ou de marne très -argileuse, surmonté d’une couche de terre tourbeuse au plus d’un pied d’épaisseur,lorsque l’eau qui le rend marécageux est celle de la
luie tombée sur les sommets et arrêtée par [ submergés, ils deviennent complètement e banc argileux, laquelle s’épanche par filets | impropres à toute culture. Deux plantes imperceptibles et très-nombreux, de sorte usuelles y croissentcependant spontanément: que la totalité de la couche supérieure en est le cresson et la macre ou châtaigne-d’eau à peu près également imbibée.» (Bosc). (Trapa natans, fig. 29). Le fruit bizarre de ce
Explication de la figure : À, montagne gra- Fig. 29. veleuse susceptible de laisser infiltrer l’eau des pluies et qui repose sur un lit d'argile; — B, B, B, fentes qui se trouvent dans l'argile et direction des eaux qui la pénètrent; —C, terrain uligineux.
Les terresuligineuses diffèrent de la tourbe des lieux submergés, en ce que celle qui les compose est toujours mêlée d’une certaine 4 quantité d'argile, de sable et même de terreau dû à la décomposition des diverses parties des végélaux qui a eu lieu à la superficie du sol, et par conséquent en présence de l’air.— Aussi est-il plus facile de les amener promptement à l’état de terre végétale, et ne faut-ii pour cela que les soustraire aux effets toujours agissans des infiltrations, les exposer en couches minces aux influences atmosphériques pendant quelques mois, où leur donner de la chaux.
Les terrains uligineux sont très-communs végétal, très-répandu dans les eaux slasur divers points de la France. Il en existe gnantes d'une partie de l’ouest de la Frantout près de Paris, autour de la plupart des | ce, contient une pulpe farineuse, nourbuttes à plâtre ; il en existe aussi dans la fo- rissante et d’un goût assez aGrAblé qui le rêt de Montmorency, et on peut les aller | fait rechercher par beaucoup de personnes étudier dans le voisinage du château de la | à l’égal de la châtaigne, et qui mérite d’être Chasse, non loin du tombeau vénéré de l’ex- | plus généralement SO DrÉGE cellent homme qui les a décrits. — En gé- Lorsque les terrains marécageux ne sont néral, comme les véritables tourbières, ils | sxbmergés qu’une partie de l’année, ils se se couvrent exclusivement de plantes qui | couvrent d’une végétation qu’on pourrait leur sont propres. — L'aune, le saule aquati- | appeler mixte, dans laquelle, à côté des que, le frène et le bouleau sont à peu près | jones, des scirpes, des souchets, etc. (voy., les seuls arbres qui puissent, non pas y pros- | £g. 30), on reconnait d’autres plantes qui appérer , mais y vivre languissamment. partiennent aux prairies. Aussi donnent-ils
Les obstacles que la culture rencontre dans | dans les années favorables des Joins que de telles localités sont donc de plusieurs | Zeur mauvaise qualité n'empêche pas d'utilisortes, puisqu’à une humidité permanente et | ser pour la nourriture des ruminans, quoipresque toujours froide, se joint la qualité qu'ils soient fort peu de leur goût et sousemi-tourbeuse du sol et son peu de profon- | vent assez malsains. Il est telles localités où deur.—Pour obvier au premier inconvénient, | les bœufs perdent toute énergie et se couilest indispensable de creuser à la partie supé- | vrent de poux, dès qu’on est obligé de les rieure du terrain uligineux un fossé assez | nourrir d’herbages de marais. profond pour couper la nappe d’eau qui filtre Dans ces sortes de terfains quelques arbres sur le sous-sol, et de diriger cette eau dans | peuvent croître assez bien sans dessèchement d’autres fossés, jusqu’au fond de la vallée. — | préalable, pour peu que l'argile du fond soit J'ai dit plus haut comment on peut parer au | à une assez grande profondeur. Cependant second; j'ajouterai cependant qu'à l'emploi | beaucoup manquent à la transplantation ou réitéré de la chaux ou, à son défaut, de tout périssent de ses suites, même parmi les esautre amendement calcaire, on fera bien de | pèces quiréussissentle mieux après la reprise.
oindre de loin en loin la pratique de l’éco- | En beaucoup de cas, les plantations du prinuage, dont les excellens effets, en pareil | temps, si elles étaient possibles, remédiecas, ne peuvent être contestés. — Enfin, | raient en partie du moins à ce grave inconquant au peu de profondeur de la couche la- | vénient.—Au nombre des arbres qui peuvent bourable, on peut y remédier en défonçant | croitre avec profit dans les marais ét conet en mélangeant l'argile ou la marne argi- | tribuer à-la-fois à leur attérissement et à leur leuse du fond avec la tourbe de la superficie; | assainissement, il faut citer en première opération coûteuse à la vérité, mais d’un ef- | ligne les saules, les peupliers, puis laune fet certain et durable. à le bouleau, qui a l’heureuse prérogalive de
IL. Sols marécasgeux.—Ts se confondraient | prospérer sur les sables arides des coteaux avec les précédens, si, comme eux, ils avaient | et dans les fonds vaseux, le cyprès dysti ue de la pente el élaient susceptibles de s’égout- | qui deviendra peut-être un dés grands a ter. — Ce sont des terrains sensiblement ho- | taux ligoeux les plus utiles en pareil cas rizontaux, couverts d'eaux stagnantes, au | enfin le frêne, etc., etc. J moins une partie de l’année, et qui ne peu- Les contrées marécageuses ne sont pas seuvent en être naturellement débarrassés que | lement improductives, elles sont surtout #7par les effets de l’évaporation. salubres. Sous cé double rapport, il est égale-
Lorsqu'ils sont totalementet constamment | ment désirable de les dessécher ou de les
cHAP. 2e.