DES MALADIES ORGANIQUES ET AGENS EXTERNES
et
mités de la vieillesse; l’écorce des arbres est sillonnée d’érosions cancéreuses; leur tissu abonde en matières Lerreuses etsalines ; leurs branches se dessèchent; enfin leur tronc se dégarnit, ou, comme on le dit, se couronne.
Une bonne appropriation des végétaux que l’on cultive aux diverses natures de terre qu'on a à exploiter, l'amélioration du sul par des amendemens et des engrais convenablement choisis, tels sont les moyens d’éviter les inconvéniens qui résultent de ces affections presque aussi variées que les genres et les espèces du règne végétal, et dont le nombre se multiplie à mesure que les observations deviennent plus exactes.—Les arbres surtout sont sujets à une foule d’affections de ce genre. Ainsi, les propriétaires de Peupliers, dans beaucoup de contrées de la France, se plaignirent récemment du dépérissement d’une mullitude de ces arbres, chez lesquels on n’observait à l’extérieur que quelques taches noirâtres produites par un écoulement de sève. Ainsi encore, en Angleterre et en Ecosse, on a depuis peu remarqué deux maladies très-fâcheuses qui se sont emparées des Mélèzes; la 1'° est une plaie qui se forme à l'écorce, à deux pieds environ au-dessus du sol, et de laquelle exsude une grande quantité de résine : ces plaies se forment d'ordinaire des deux côtés de l'arbre alternativement jusqu’à ce qu’elles atteignent le sommet; alors l’arbre meurt du haut en bas ; quelquefois les plaies sont opposées, et dans ce cas le vent brise l'arbre, ou bien elles entourent une branche qui tombe au bout de peu de temps. L'autre maladie est la destruction du cœur du bois, que M. Srepuens attribue à la mort du bois parfait, survenant lorsque les sucs élaborés dans l'écorce et les feuilles sont empêchés, d’une facon quelconque, de passer en quantité sutfisante par les rayons inédullaires, de l’aubier au bois. M. ne CANDOLLE pense que l’humidité habituelle de l'atmosphère et le défaut d'une lumière assez intense sont les causes de ces maladies, et qu’on pourrait les prévenir en plantaut les mélèzes sur les pentes, surtout à l'exposition du nord, et eu les espacant davantage. suis
Nous pourrions multiplier beaucoup, mais sans grande utilité, les citations d’exemples analogues pour d’autres végétaux.
$ IIL. — Des lésions externes ou blessures.
Les affections qui sont le résultat de lésions externes ou de blessures peuvent provenir de causes très-diverses : le mouvement de la sève interrompu, gêné ou trop abondant, produit, comme nous venons de le voir, des ruptures et des écoulemens qui deviennent quelquefois sanieux, d'où naissent des érosions qui minent peu-à-peu la substance organique et dégénèrent souvent en u/céres plus ou moins dangereux. — Le dépôt de matières qui seconcrèlent, l'introduction, sous l’épiderme ou à la surface, de plantes ou d'animaux parasites, interceptent la transpiration ou la détournent à leur profit. — Enfin, les plaies, qui vont nous occuper, résultent de blessures, et sont souvent compliquées de contusions, de déchirures, de fractures, qui les aggravent. Ces lésions,
très-souvent mortelles pour les plantes herbacées, sont en général peu dangereuses pour les végétaux ligneux, qu'on guérit ordinairement sans diificulté en rendant la plaie nette, ou y appliquant un emplâtre. Ce qui va suivre ne sera donc applicable qu'aux arbres et arbustes.
Les fractures occasionées par les vents, par la foudre, par la chute d'arbres voisins, les déchirures provenant &e la dent des animaux, sont les plaies les plus dangereuses ; il n'y a souvent pas de meilleur remède que de rabattre au tronc si ce sont les branches qui ont été brisées, et rez-terre si le tronc luimême a souffert.
Les fentes qui se produisent naturellement à l'écorce en raison de la croissance, ou qu'on y fait quelquefois pour favoriser l’accroissement, sont des accidens rarement suivis de lésions. Il n’en est pas de même des fentes longitudinales considérables qu’éprouvent les arbres par suite des grands froids, et qui altèrent profondément le bois lorsqu'elles ne font pas périr les individus. On y a quelquefois remédié, pour des végétaux précieux, en rapprochant les parties désunies au moyen de liens très-forts, tels que des cercles de fer, etc. Ces fentes sont quelquefois rayonnantes, partant du centre et suivant à peu près la direction des rayons médullaires; on leur donne alors les noms de cadran ou cadranure. La maladie appelée roulure consiste en ce que la partie celluleuse de chaque couche ligneuse se désorganise d’une manière analogue aux gelivures, d’où résulte dans ces couches des intervalles vides ou peu remplis de tissu cellulaire. On nomme ge/ivures quand elles sont anciennes, faux-aubier quand elles sont récentes, les couches d’aubier désorganisées en partie par la gelée, et qui, revêtues d’une nouvelle zone ligneuse, peuvent se conserver quelquefois dans les vieux troncs; si l’arbre a éprouvé durant sa vie deux ou trois fois le même accident, on trouve alternativement dans sa coupe des zones de bois sain et de bois gelé : c’est ce qu'on appelle gelivures entrelardées. On peut facilement reconnaitre la date des gelivures en comptant le nombre des couches. « C’est ainsi, dit M. pE CANDOLLE, qu’on trouve souvent dans les vieux troncs des traces de l'hiver de 1709. » Le plus ordinairement on ne s'aperçoit de ces accidens que lorsqu'il n’est plus temps d'y porter remède.
Les plaies transversales produites en cas- Sant ou coupant une branche, ne Sont pas toujours sans danger, la nature ne présentant aucun moyen direct pour les recouvrir; telle est l’origine des cavités ou gouttières qui se creusent dans le bois et réduisent souvent à l'écorce les gros et vieux arbres qu'on dirige en télards, tels que les saules, les chàtaigniers, les peupliers, etc.; l'olivier taillé est fréquemment soumis au même accident.
Les moyens de guérir où diminuer les inconvéniens des plaies, aussi bien dans les cas d’élagages que dans la coupe des taillis et l’abattage des arbres, consistent à ne pas laisser ces plaies baveuses, et à leur donner une coupe oblique qui procure l'écoulement de l’eau, et fait que s’il se développe un bourgeon du côté supérieur, l’écorce, se trouvant