TITRE
DES MAMMIFERES NUISIBLES EN AGRICULTURE
Fig. 717.
nous trouvons quatre ou cinq espèces qui font tort aux cultivateurs en France : 1° Le Rat noir (/£g. 718) où commun (Mus ratus, L.), qui vit dans les maisons , tue les poussins et les pigeonneaux, mange le grain, creuse les murs, ronge la paille et le foin, en un mot, qui causerait des dommages incalculables, s'il était aussi multiplié que la souris. Plus gros et moins rusé que celle-ci, il devient plus facilement la proie du chat, qui cependant ne le mauge pas volontiers. On l’empoisonne avec la mort aux rats, c'est-à-dire avec de la graisse mêlée avec du pain et de la graine de ménisperme (coque du Levant) en poudre, qu’on remplace, quand on juge qu’il ne peut y avoir de danger pour les enfans ou pour d’autres animaux, par du verre pilé, du vert-de-gris ou de l’arsenic. On se sert aussi d’une éponge qu'on a fait griller avec du beurre salé; celte préparation excile chez le rat qui l’a dévorée une soif ardente, et l’eau qu'on met à sa disposition devient elle-même une cause de mort pour lui. On le prend aussi avec des piéges de diverses sortes, notamment avec de grandes souricières ou ratières, qu'on amorce avec du lard, du fromage, des noix rôties,etc.—Deux méthodes pour le faire tomber dans un réservoir d’eau où il se noie, sont indiquées par M. Loupox. 1'° : On accoutume les rats à venir manger sur un tonpeau peu élevé, mais large et couvert d’un plancher de bois; au bout d'une semaine, on le remplit d’eau à une hauteur de 6 pouces environ, on place au milieu un morceau de 2 pos ou de pierre qui s'élève d’un pouce ou deux au-dessus de la surface de l’eau, et l’on remplace le couvercle de bois par une peau de parcheinin à laquelle on fait plusieurs incisions croisées au centre, el sur laquelle on place l'appât. Les rals qui tombent à travers ces ouvertures s'empressent de se réfugier vers la pierre, et leurs lamentalions, qui ne tardent pas à être suivies de combats, atlirent vers le lieu fatal tous les rats du voisinage. —2° : La trappe inventée par M. Paul pe STARTON (#g.719 et 720) est très-. Fig. 719. Fig. 720.
ingemeuse. On l’établit sous quelque appentis
: qu'on sail élre fréquenté par les rats, où dans
lequel on les a habitués à se réunir, et l’on en rend les abords séduisans en l’entourant de fagots, de menu bois, de paille, etc. Le piége se réduit essentiellement à une auge 77, à une trappe 2c qui y est pratiquée, à une sorte de vase en cône renversé à sur lequel s’ouvre la trappe, à un petil conduit ce qui part du fond de ce vase, enfin à un tonneau où le conduit cc aboutitet qui est enfoncé en terre.Ce tonneau est en partie rempli d’eau; à sa paroi est adaptée une bascule qui, en s'abaissant momentanément, laisse glisser dans l’eau le rat qui a cru y trouver ua refuge. La trappe est dans une sorte de défilé LJ au-delà duquel est placé l’appât; elle ne doit pas céder à la première pression que fait la palte du rat; c’est pour cela que le bout opposé au contre-poids k est garni d’une lame de fer el appuie sur un petit rebord de forme courbe.Comme leurre, on emploie de la drèche peu colorée qu’on oint d'huile de carvi, et de la paille de froment.
% Souris (Mus musculus, L.). Nous n'avons rien à dire de particulier de cette espèce (/g. 721), qui ne vit guère dans les champs et que
kig. 721.
l’on combat avec les armes employées contre les rats.
3° Surmulot (Mus decumanus, Pall.). Plus grand que le rat noir qu’il détruit partout où il pénètre. Vorace, hardi et recherchant moins les grains que la chair, il fait la guerre à tous les petits animaux et se bat contre les chats. Il est des lieux où l’on ne peut sauver de sa dent les couvées de toute espèce qu'avec des précautions sans nombre, car il perce les murs. Il habite volontiers dans le voisinage des cimetières, des voiries, des rivières et des grands établissemens; on le fait sortir de son trou en y versant de l’eau ou l'enfumant pour l’assommer à coups de bàton dans des sacs placés à l’entrée; on lui dresse des piéges de toute espèce, on le poursuit avec des chiens dressés à cette chasse, et on l’empoisonne. Il faut varier souvent les appâts.
4° Mulot (fis.722) où grand rat des champs
Fig. 722.
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LIVE
(Mus sylvaticus, L.). Un peu plus gros que la sourisetle campagnol.Il vit dans le voisinage des forêtset dans les pays de montagnes, d'où ilse répand dans les champs à l'époque des semailles et des moissons pour y dévorer autant de grains qu’il le peut. Il fait de grandes provisions pour l'hiver. Il est très-commun dans certains cantons, et sa multiplication, habituellement moindre que celle du campagnol, est parfois étonnante; elle devient alors un fléau. Il est moins nuisible aux plantes cultivées dans les champs qu'aux arbres dont il ronge l'écorce et endommage les racines. Il ne fouit pas volontiers et se réfugie dans les trous pratiqués par d’auires animaux. Mêmes moyens de destruction que pour le campagnol.
Vraisemblablement cette espèce est souvent confondue avec le Rat champétre (Mus campestris, Fr. Cuv.) et le Rat des moissons (us messorius).
Genre Campagnol(Arvicola).Le Campagnol ou petit ratdes champs(#£g.723), vit principa-
Fig. 723.
lement de grains qu’il sait mettre à sa portée en sapant les tiges ; il se tient donc surtout dans les champs; mais il se jette aussi dans les prairies hautes où il ron;e des racines, ainsi que dans les jardins et dans les bois, où il consomme des fruits. Il fait de grandes excursions pour se procurer sa pourriture, mais il revient toujours à sa première demeure. Au rebours des mulots, il creuse sans cesse de nouveaux trous et ne fait pas de provisions. Les oiseaux de proie, les nocturnes surtout, les petits mammifères carnassiers, les chats, détruisent beaucoup de campagnols; quelques chiens les chassent avec fureur. Ils périssent aussi par milliers dans les inondations et après les grandes pluies ; néanmoins leur nombre est toujours trop considérable pour le cultivateur. On les combat donc par différens procédés : dans les terrains forts, par l’ouverture de fosses
rofondes de 18 à 20 pouces, plus larges en
as qu’en haut, et dont on aplanit bien les parois ; par le forage, c’est-à-dire, en pratiquant des trous dans le sol au moyen de tarières; par les fumigations sulfureuses répétées sur les trous ouverts dans l'intervalle d’une nuit, après qu'on a bouché tous ceux qu'on avait trouvés ouverts la veille; dans tous les terrains, en inondant leurs demeures, en y introduisant des bâtons ferrés, en faisant fouiller le terrain par les cochons, ou suivre la charrue par des enfans qui iuent tous les animaux que le soc amène au jour, en dressant des chiens pour les chasser, en recourant aux préparations empoisonnées, etc.
cHAP. 19°.
Lérot (Wyozxus Nitela, Gm.). Nos vergers, el surtout nos espaliers de pêchers ou d’abriuoliers, sont quelquefois dévastés par le Lérot, espèce qui appartient au même genre que le Loir, mais qui n’est pas de la même espèce, quoiqu'on lui donne souvent ce nom.
On le chasse la nuit pendant qu’il mange, en portant devant soi une lumiere artificielle, et à coups de bâton. On lui tend des piéges lorsqu'il sort de son sommeil d'hiver, parce qu'alors il est affamé; on l’attire avec des fruits huileux, ou de la viande. Son habitation se fait reconnaitre à la mauvaise odeur qui er sort, et aux excrémens qui sont à l'entrée.
© Hamster (Cricetus). Le Hamster commun, qu'on appelle aussi cochon de seigle, marmotte de Strasbourg, n’habile en France que l’Alsace ; il creuse en terre des trous qui ont jusqu’à 5 ou 6 pieds de profondeur, et il les remplit de grains dont il peut à chaque voyage apporter jusqu’à 3 onces dans ses abajoues. On n'indique pas de méthode particulière pour sa destruction.
Nous croyons inutile de parler ici du lièvre, du daim, du cerf, du chevreuil et du sanglier, animaux qui sont lobjet de la chasse proprement dite, et qui ne peuvent pas causer de grands domimages au cultivateur.
Comme moyen de destruction pour tous les animaux qui se cachent dans des trous ou des terriers, M. THÉNARD a indiqué l'emploi de l'hydrogène sulfuré : on mêle exactement dans un mortier ou un poélonu 4 onces (en général 4 parties en poids) de limaille de fer et 3 de fleur de soufre ; on place ensuite le mélange dans un auire vase et on l'humecte partout d’eau bouillante en le remuant ; il se forme presque aussitôt du sulfure noir; quand l’action commence à s’affaiblir, on ajoute 4 nouvelles parties d’eau en 2 fois, à 7 minutes d'intervalle, et quand ja matière couverte d'une couche du liquide n’est plus qu'à la température de la main, on l'iutroduit dans des flacons au moyen d’un entonnoir et d’une cuiller de fer. Ces flacons doivent avoir 2 tubulures, l’une pour lintroduction de l'acide sullurique, l’autre pour donner issue au gaz hydrogène sulfuré. On ajoute l'acide par portions, après avoir engagé l'extrémité du tube qui passe par la 2° tubulaire dans le trou qu'on veut infecter, et en lassujettissant par du plätre ou de la terre glaise. Si quelque fente du sol ou du mur laisse échapper du gaz, on y versera quelques gouttes d'acide sulfurique faible sur une très-petile quantité de chlorure de chaux. JF
ART. II. — Des oiseaux nuisibles.
C’est surtout à l’égard de cette classe d’animaux qu'il convient d'agir avec précaution dans les attaques qu'on doit lui porter, et même, en France où il existe une conspiration permanente contre la geut volatile, nous avons peut-être plus besoin de faire valoir les services qu’elle rend, que d'indiquer les moyens de la combattre. On connait ce fait arrivé dans le Palatinai, où, une prime ayant été offerte par tête de moineaux dont les cul-
DES OISEAUX NUISIBLES EN AGRICULTURE
tivateurs se plaignaient beaucoup, après leur destruction, les dégâts bien plus redoutables causés par les. insectes devinrent tels, qu’on se hâta d'offrir une prime pour l'importation des oiseaux qu'on avait considérés comme des ennemis, tandis qu'ils n'étaient que des serviteurs un peu dispendieux.
Les oiseaux ne sont guère zuistbles. à l’agriculture que par la consommation qu'ils font des graines et fruits pendans par racines ou confiés à la terre pour semences. Quelques-uns cependant arrachent les jeunes plants en cherchant leur nourriture dans les terres fraichement remuées, et d'autres coupent ou déchiquètent les jeunes bourgeons naissans ; rails ces dégâts sont peu graves et ne méritent point à leurs auteurs une guerre à mort.
Quant aux ofseaux granivores, On range parmi eux les Corbeaux, les Corneilles, les Freux, les Pies, les Geais, les Grives, les Merles, les Etourneaux, les Alouettes, et bien d’autres; mais c’est à Lort, car tous sont omnivores, C'est-à-dire qu'ils se nourrissent de substances animales et végétales : en sorte que, s’ils sont nuisibles au cultivateur en été eten automne, parce qu'ils déciment les graines qu'il était sur le point de récolter, ou lui ravissent une partie de celles déposées dans le sol pour la germination, ils lui rendent en compensation, pendant toutes les saisons, de signalés services en détruisaut partout d’immenses quaniités d'insectes Faisons remarquer que plusieurs semblent préférer cette dernière nourriture, et qu’en tous cas, les insectes, par la destruction desquels ces oiseaux sont utiles au cullivateur, deviennent leur seule nourriture pendant la saison où les provisions sont rares, tandis que nos grains ne sont à leur portée qu’à des époques où les vivres de toui genre abondent. Depuis quelques années, les cultivateurs semblent élever plus de plaintes sur les ravages que leur causent les insectes, et beaucoup de personnes pensent qu'on peut attribuer leur multiplication à la destruction irréfléchie des oiseaux. M. Loupox, la Société d’horticulture de Berlin, celle d'histoire naturelle de Gorlitz qui soutient que la diminution des fruits est en raison de celle des oiseaux ; les Sociétés de Metz et de Mâcon, ont publié des Ménioires sur l'utilité des oiseaux. « De l’autre côté de la Manche, dit un de ces écrits, nou ne détruisons pas ces oiseaux enlon:ovores,aucontraire nous lesprotégeons; le paysan méme les respecte et ne permet
| point à ses enfans de s’en emparer. Nos cam-
pagnes en sont plus vivantes; en hiver nos bois et nos bosquets sont peuplés de ces animaux, et en élé les insectes ne pullalent pas au point d'être nuisibles. On voit, pendant les travaux des champs, des volées de corneilles s’abattre sur les sillons, fouiller ia terre fraîchement remuée et se repaitre des larves d'insectes qu’elle renferme; lorsqu'on tue ces oiseaux, l'ouverlure du gosier prouve qu'ils ne mangent pas de blé, mais seulement les insectes. »
Au reste, ces oiseanx sont utiles ou nuisibies au cultivateur à des degrés fort divers.
Les Perdrix ( Perdix cinerea et rufa), les Cailles (Perdix cothurniz), les Bruans (Em-
berisa, Lin.), les Alouettes ( Alauda ), vivent bien un peu aux dépens denos récoltes, mais elles consomment une bien plus grande quantité de fourmis si funestes aux champs et aux jardins, et de graines des plantes agrestes qui, sans les oiseaux, couvriraient bientôt le sol de leurs produits inutiles ou nuisibles.
Ces oiseaux nous rendent donc des services, et, dans notre pays où la chasse est libre, ce moyen suffit grandement pour en limiter la reproduction.
Il n’en est pas de même des Pigeons ( Columba), qui vivent en très-grande partie aux dépens du cultivateur. Mais les Pigeons ramiers (Columba palumbus, Lin.) sont peu nombreux, et les Pigeons de nos colombiers ( Columba Livia, Lin.) sont des oiseaux domestiques dont lamultiplication peut convenir dans la basse-cour, devanttoutefois être limilée dans de justes proportions par le cultivateur et réglée par la loi dans l’intérêt général. Pour éviter leurs déprédations dans les champs récemmentensemencés, on doit y poster des enfans ou des chiens comme gardiens, el n’ensemencer que la portion de terre qu'on peut presque immédiatement recouvrir.
Le Corbeau commun( Corvus corax, Lin. ), le Corbeau corbine ( C. corrone, Lin.), le Freux, la Corneille (C. cornix, Lin.), vivent de tout, même des pelits animaux vivans, des charognes, insectes, graines, etc., elc.; mais ils paraissent préférer les vers de terre, les larves de hannetons (vers-blancs), les mulots, les crapauds, Lous les animaux nuisibles à l’agriculture ; ce sont eux qui suivent souvent le laboureur pour profiter de ce qu'il met à découvert. C’est dans les terres ensemencées qu'ils causent des dégâts, soit en fouillant le sol meuble, soit en déterrant les graines de pois, de haricots, de vesces, et même le blé. Il en est de même des Pies ( Pica) et des Geais ( Corvus glandarius, Lin.), qui mangent cependant davantage les fruits des vergers.
Les Grives ( Turdus musicus, Lin. }), les Etourneaux ( Sturnus vulgaris, Lin. ), ne sont guère nuisibles qu’au jardinier et au vigneron, par la grande consommation de fruits rouges el de raisins qu'ils font; car, en général, ils vivent d'insectes et rendent ainsi à l’agriculture un grand service. Les étourneaux suivent même les troupeaux pour les délivrer des taons, des asiles, des stomoxes, des mouches et autres insectes qui les tourmentent.
Les Pics et notamment le Pévert où Pic- Vert( Picus viridis ), creusent des trous profonds dans les troncs des arbres pour y faire leurs nids; ils causent ainsi un tort assez grand aux forestiers; mais, en compensalion, combien ils détruisent d'insectes qu'ils vont chercher jusque sous les écorces les plus dures! Et les fourmis, combien ils en avalent en leur tendant pour appt leur longue langue rétractile el gluante qu’elles prennent pour un ver et à laquelle elles viennents’attacher!
Les Gros-Becs (Loxia coccothraustes, Gm.), et les Zouvreuils ( Pyrrhula vulgaris, Briss. ), sont généralement nuisibles, et les cultivateurs peuvent leur faire la chasse, parce que, pendant l'hiver et suriout au printemps, ils
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om
vivent de boutons et font ainsi quelquefois beaucoup de tortaux arbres fruitiers ; ils sont au reste assez rares. 11 n’en est pas ainsi des Pinsons (Fringilla cœlebs, Lin.), des Chardonnerets (F. carduelis, Lin.), des Linotes (F. cannabina ), des Ferdiers (F. chloris, Gm.), etc. qui vivent bien principalement de graines, mais recherchent surtout celles peu volumineuses des plantes sauvages.
Le Moineau ( Fringilla domestica ), le plus commun de tous nos oiseaux, semble frappé de réprobation. On regarde comme certain qu'il mange annuellement plus d’un demiboisseau de blé; mais, en compensation, Richard BrADLEY a calculé qu'il détruit dans une semaine 3,360 bruches ou autres insectes. On peut donc considérer comme douteux s'il est plus nuisible qu'utile. Néanmoins, Comme sa hardiesse est extrême el qu'il vient piller nos produits avant la récolte, dans les granges, les greniers, les cours et Jusque dans les habitations ; comme sa mulüplication est très-rapide, il semble convenable de laisser à son égard aux chats et aux enfans toute latitude de destruction. Ce moyen suffit le plus souvent, mais il en existe un grand nombre d’autres plus prompts et plus efficaces encore. Ainsi, comime les moineaux se couchent ordinairement daus les haies, un homme se place, lorsque la nuit est close, à une des extrémités de cette haïe, tenant étendu un Rafle ou filet contremaillé, composé de trois rets les uns sur les autres, de 6 pieds de large, attaché à 2 bâtons; un autre homine se place derrière avec une lumière, et un 3° va attaquer la haie à l’extrémité opposée et revient doucementretrouver les autres en frappant légèrement la haie avec un bâton; les moineaux effrayés se sauvent du côté de la lumière et s’'embarrassent dans le filet où on les prend; cette chasse, surtout à certaines époques, est extrêmement destructive.— On peut aussi disposer un grenier de manière qu’il n’yait que deux fenétres,dont l'une est garnie d'un filet contremaillé fixé à demeure, et l’autre de volets croisés qu’on puisse fermer à volonté de la cour ou de l’intérieur, à l’aide d’une poulie de renvoi et d’une corde; on attire les moineaux dans ce grenier par de mauvaises graines, et lorsqu'ils y sont entrés en foule, on ferme la fenêtre à volets; tous les moineaux se jettent aussitôt vers celle fermée du filet el s’y prennent.— Les pots, que dans beaucoup de lieux on présente aux moineaux pour faire leur nids, permettent la destruction d’un grand nombre; on peut disposer ces pots sur les branches d’unarbre sec,ou le longdes murailles.— Du reste, les /anztômes et divers épouvantails sont d'une faible défense contre les moineaux, qui s'y accoutument et les bravent très- promptement. Plusieurs enfans ne suffisent pas tonjours pour les empêcher de marauder dans les chenevières elautres récoltes dont ils sont très-avides. Les moineaux attaquent moins les seigles et les fromens barbus que les autres espèces. :
Quantauxoëseaux enticrementinsectivores, teis que le Martinet ( Hirundo apus, Gm.), l'Hirondelle ( Hrundo rustica, Lin. ), les Fauvettes, lourtlots ele. (Sylvea hortensis et orphea, 5. lrotwnotarius, Lin.), les Rortelets
cuapr. 19°.
(S. regulus, et S. troglodytes, Lath.), le Rossignol (Motacilla luscinia, Gm.), le Rouge- Gorge ( Motacilla rubecula ), \a Mésange ( Parus mayor, Lin. }), et une foule d’autres à becs effilés ou très-larges, non seulement on ne doit pas chercher à les détruire, mais au contraire le cultivateur doit les protéger; il serait même à désirer que le gouvernement proposàät des mesures législatives qui missent un terme à la destruction que les petites chasses et les enfans font de ces serviteurs tout-à-fait désintéressés,qui ne cessent de travailler pour nous sans rétribution.
L’échenillage exécuté avec soin pourrait détruire un grand nombre de chenilles sans doute, mais pas assez pour faire disparaitre leurs ravages ; il ne détruit guère que les œufs déposés avant l'hiver. Mais les chenilles des pontes printanières qui naissent peu après ces pontes, et dont le nombre est 1mmeuse, lui échappent; à côté de ces chenilles marchent les innombrables cohortes des insectes de toutes les classes et de leurs larves, qui dévorent le bois, l'écorce, les racines, détruisent les fleurs, les embryons des fruits et s’'établissent à demeure dans le fruit même. Quelles mesures de police rurale, quelles lois pourraient être efficaces contre de tels ennemis? Les lois de la nature qui, toujours bonne, toujours prévoyante, a placé le remède à côté du mal; ce remède, nous le trouvons dans les oiseaux que nous venons de citer, qui vivent presque exclusivement d'insectes, et ne peuvent se nourrir de graines. À côlé d’eux il en est d’autres, tels que les Pics { Pict), les Torcols ( FYunx torquilla, Lin.), les Grémpereaux ( Certhia famuliaris, Lin.) etc., qui, doués d'un instinct partilier, s’attachent de préférence aux larves cachées dans les écorces et dans l’intérieur même des arbres: ils enfoncent leurs becs effilés dans ces galeries pour surprendre le mineur, ou frappent sur l'arbre à coups redoublés pour le faire sortir.
Et c'est à ces petils êtres si industrieux, si inoffensifs, si utiles, destinés par le Créateur à conserver, à animer nos forètssilencieuses, nos bosquets, nos plantations, qui récréenit à Ja fois la vue par la vivacité de leurs couleurs et l’ouïe par l'agrément deleurs chants; c’est à ces petitsétres, disons-nous, que nous permettons à une jeunesse imprévoyante el inconsidérée de déclarer une guerre cruelle, scharnée, constante, capable enfin d’anéan- Ur les espèces si l'on ne se hâte d’y mettre un terme! Déja l’Ecosse tout enticre n'entend plus le chant du rossignol! Mais un mal beaucoup plus grave qui nous menace, c'est la multiphcation excessive des insectes malfaisans. Pouvons-nous ne pas le craindre lorsque nous voyons nos enfans fureter sans obstacles jusqu’au moindre buisson pour dé- «ouvrir les nids, déranger les couvées, pren- ‘re à pure perte les jeunes à peine éclos, attendre ceux qui échappent, secondés alors par une foule de chasseurs, à l’abreuvoir, à la pipée, à la tendue, leur dresser enfin des piv2es de toute sorte ? C. B. »E M.
DES MOLLUSQUES NUISIBLES EN AGRICULTURE. 553
ART. ur. — Des Mollusques nuisibles.
Parmi les mollusques, deux genres seulement sont sensiblement nuisibles aux intérêts de l’agriculture : ce sont les Helces où Limacons (Helix),et les Limaces (Limazx) appelées lockes dans diverses contrées.
Le genre Limacon, trop connu des cultivateurs pour que nous cherchions à le décrire, appartient aux coquillages de la classe des univalves; il comprend un grand nombre d'espèces qui toutes vivent aux dépens des végétaux et dont quelques-unes sont tellement multipliées qu’elles causent de grands désastres dans les champs et surtout les Jardins. Le grand escargot, connu vulgairement sous le nom d’Æscarsot des vignes (Helix pomatia, Lin.), est de ce nombre; sa coquille, ordinairement de plus d'un pouce de diamètre, est d’un gris fauve avec des bandes plus pâles et des stries. L'animal est gris. L’Aélice chagrinée où La jardinière (Helix adspera, Mull.}est de toutes peut être la pluscommune; sa coquille, moins volumineuse que celle de l'espèce précédente, est Jaunâtre, rugueuse, avec des bandes brunes; elle a l'ouverture blanche; l'animal est verdâire.L’Hélice livrée (Helix nemoralis, Lin.) est encore plus petite ; sa coquille est jaune, unie, rayée de bandes brunes, ou brunâtres. plus ou moins nonibreuses, avec le bord interne de son ouverture de couleur foncée. Enfin, dans le midi on cite également, parmi les espèces les plus répandues et les plus dévaslatrices, malgré leur petite taille, l’Hélix rodostome (Helix pr sara, Mull.), dont la coquille est globuleuse, blanche, rayée et tachetée de bandes et de points jaunes.
Tous les limaçons restent cachés, soit dans le sol même, soit aux pieds des murs de clôture ou dans les anfractuosités des rochers, pendant la partie la plus chaude des journées de la belle saison. C’est la nuit,ou lorsque le temps est doux et sombre, qu'ils sortent de leurs retraites et qu'ils se jettent avec avidité sur les jeunes végétaux. C'est donc le soir, un peu tard, le matin de bonne heure, ou après la pluie, qu'il faut leur faire la chasse. Pendant l'hiver ils se retirent également dans les trous les mieux garantis des gelées, ils ferment l'ouverture de leur coquille par une substance d'un aspect cartilagineux. et passent ainsi jusqu'à 5 el 6 mois saus manger. Cette époque est celle où il est le plus facile de les détruire, parce qu'on les trouve en grand nombre dans les mêmes cavités.
C’est aussi celle où les limacons sont le plus recherchés des personnes qui les aiment. 1] parait que les Grecs et les Romains en faisaient beaucoup d'usage comme aliment. On retrouve dans leurs auteurs qu'ils construisaient des espèces de garennes où ils les engraissalent. Ils estimaient surtout ceux qui venaient des îles de Sardaigne et de Chio, de la Sicile, des Alpes, de la Ligurie el de l’Afrique. En Silésie, aux environs de Brunswick, et dans d'autrescontrées, on est encore dans l’usage de garder les limaçons qu'on à ramassés pendant l’élé, dans des fosses failes exprès, recouvertes en treillage, et dans lesquelles on les nourrit avec des herbes partu-
culières dont font partie le thym et le serpolet, pour les manger à l’époque des froids. On sait que les Brabancons et les Liégeois en forment une espèce de hachis dont ils sont trèsfriands; que les Suisses, les Bourguignons.etc. les fontcuire avecleurs coquilles dans de l’eau de fontaine à laquelle on ajoute parfois du vin, et qu’on les assaisonne ensuiteaprès les avoir extraits de leur coquille, avec du bouillon, des épices, quelques tranches d'orange ou de citron et du beurre frais. « On en fait aussi, dit VALMONT DE Bomare, de petits pâtés très-estimés des gourmands. Nous avons vu, ajoute-t-il, aux environs de La Rochelle, des paysans occupés dans les campagnes aramasser une très-grande quantité de petits limacons à coque bigarrée de jaune et de noir,
ue l’on mettait dans des barriques remplies
e branches croisées çà et là, afin que les limaçons pussent s’y disperser sur des surfaces multipliées. Cette récoile de limaçons était destinée pour l'Amérique, et il y a des années où les négocians du pays font commerce de ces animaux vivans. Ces limacons se collent contre les branches ou les parois de la futaille, et de cette manière ils peuvent faire le voyage sans périr de faim, parce qu'ils ne dissipent que peu de leur humeur visqueuse. Il y a des pays où on les fail cuire dans leur coquilles, sur la braise, et on les mange ainsi. »
Nous avons cru devoir entrer dans ces courts détails, pour faire voir que si la chasse aux hélices est accompagnée de quelque ennui, et exige, par sa lenteur, un certain emploi de temps, elle ne laisse pas, d’un autre côté, d’être assez fructueuse. Il y a donc une double raison pour ne pas la négliger. Ajoutons que de tous les moyens proposés pour détruire ces animaux, c’est aussi le plus sûr. Malheureusement, ce qui est praticable en jardinage et sur de petits enclos, cesse de être en grand. Dans les champs et les bois, les blaireaux et surtout les hérissons suppléent à l’homme; la multiplication de ce dernier animal complètement inoffensif pourrait devenir un bienfait dans un grand nombre de localités, car les hérissons non seulement détruisent les escargots, les limaces, les vers de terre, el en général tous les insectes, mais on les a vus se nourrir de laupes, de mulots et même de jeunes rats.
Les Limaces (Limax) sont des mollusques nus dont l’organisation, à la coquille près, puisqu'elles n’en ont pas, se rapproche beaucoup de celle des limaçons. Les espèces les plus destructives sont la Limace rouge, les Limaces noire et cendrée,et la Limace agreste, qui est d’un blanc sale.
Couime on l’a fort bien dit dans tous les livres : « Les limaces mangent la plupart des
lantes que l’homme cultive, presque tous es fruits qu’il préfère. C’est principalement dans les semis qu’elles font de grands ravages, parce que les herbes tendres leur plaisent davantage, et que chaque coup de dent est la perte d’un pied. Dans certains Cantons et dans certaines années elles sont un véritable fléau. »
C’est la Limace agreste qui, par sa désolaute multiplicité, cause, malgré sa petite taille, le plus de dommages aux cultures
AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES
champêtres et jardinières. Presque toutes les plantes cultivées conviennent dans leur jeunesse à sa voracité. Cachée pendant le Jour près des räcines où sous les petites mottes
ui lui procurent de l'ombre, et ainsi à l’abri
es recherches de ses ennemis, elle se répand le soir à la surface du sol, et, d'un semis qui donnait la veille les plus riches espérances, il ne reste souvent lelendemain matin aucune trace.
On connaît et on met en usage plusieurs moyens pour détruire les limaces. Comme il serait difficile de faire la chasse aux petites espèces autrement qu’en leur tendaul des piéges, dans les jardins on dispose çä et la des planches, des ardoises ou toutes autres pierres plates qui laissent entre elles el le sol un léger intervalle; dans les champs on répand sur le terrain infesté un grand nombre de feuilles de choux sous lesquelles ces animaux se retirent et s’attachent de préférence. Le lendemain dans le courant du jour, on enlève ces feuilles pour les donner aux cochons qui les mangent avec d'autant plus d’avidité que le nombre des limaces est plus considérable, ou aux volailles qui les recherchent et les détruisent en fort peu de temps jusqu'à la dernière. Dans certains cantons on regarde comme le meilleur moyen à employer pour se débarrasser de ces mollusques, de laisser les dindes parcourir dès le matin les champs de blé, de colza, de navette, de carottes, etc., etc., qu'ils commencent à dévaster. « Je les ai vus, dit Bosc, disparaître en peu de Jour d'une ferme qui en était infestée, par l'acquisition que fit le propriétaire d un troupeau de ces animaux. Les poules, les canards, rendent le même service, mais il est plus difficile de les conduire. Au resle, il est rare que ies limaces (je veux dire les jeunes, car les vieilles ne sont jamais très-nombreuses) soient communes deux années de suite. Un été sec et chaud, un hiver très-froid, leur sonL également funestes ; elles périssent alors par mil- Bons. Un hiver très-doux ne leur est guère plus avantageux, parce qu’alors elles sortent de leurs retraites, et que les corbeaux, les plus dangereux de tous leurs ennemis, en font une grande déconfiture. » Il est vrai que ces animaux redoutent beaucoup les intempéries des saisons ; cependant nous Connaissons des localités où 1lous les ans ils sont plus ou moins à craindre.
Plusieurs substances minérales qu'il est ordinairement assez facile de se procurer, font périr les limaces ou tout au inoins les éloïgnent efficacement des terrains sur lesquels on les répand. Tels sont la chaux, les cendres, le sable très-fin, ele. Lorsqu'on les met en contact avec la première de ces substances, on les voit immédiatement se contracter, rejeler en abondance une maère visqueuse qui entraine avec elle les molécules alcalines. et si l'effet se prolonge, elles changent de couleur, se raidissent et nreurent. Les cendres non lessivées produisent à un moindre degre des effets analogues ; aussi partoutoù l’on peutsaupoudrer la surface dela terre de l’une oudes autres, n’a-t-on à peu près rien à craindre des lhnaces tant qu’une pluie où un arrosement n'a pas éteint la chaux ou
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aggloméré les cendres, auquel cas il faudrait “ecommencer l'opération. Le sable fin, tant qu'il n’est pas mouillé, s'attache au corps toujours glutineux de l'animal et paraît opérer sur lui, soit en gênant ses mouveinens de progression, soit de toute autre manière, un effet si désagréable,qu'il rebrousse immédiatement chemin dès qu’il rencontre un pareil obstacle. ET
ART. IV.— Des insectes nuisibles.
PARTIE 1.— Tableau des insectes nuisibles dans . l’agriculture et l’économie rurale.
Quoiqu’on décrive spécialement aux articles de la vigne, de l'olivier et des prineipales cultures, les divers insectes qui ravagent ces végélaux, l’agronome n’en doit pas moins étudier avec soin les races malfaisantes qui dévastent ses productioæs les plus essentielles, comme les céréales et frumentacées,les planteslégumineuses,les hérbes polagères, les arbres fruitiers, enfin qui attaquent les comestibles en général, ou les bestiaux et autres anjmaux domestiques. Non seulement il s’agit de rechercher les procédes les meilleurs pour La destruction de ces petits et dangereux assaillans, mais encore comment on doit s'opposer à leur mulliplication. En effet, si l’on ne connaît pasles habitudes ou mœurs des insectes, on ne pourra point les anéantir aussi avantageusement, puisque les méthodes doivent étre appropriées aux genres d’ennemis que l’on veut combattre avec succès.
$ I. — Insectes destructeurs des céréales.
Les graminées, en général, sont infestées par trois principales classes d'insectes : 1° des Coléoptéres ; 2° des Lépidoptéres ; 3° el des Dipteres.
Parmi les premiers, le Taupin strié ( Elater striatus, Fabr.), dans l’état de larve, cause de grands dégâts en rongeant les racines du froment:; mais personne n'ignore que la famille des Charancons où Becmares, et surtout la Calandre (Calandra granaria), ne détruise immenseéement de grains, en dévorant, à l’état de larve surtout, l'intérieur farineux du blé. Sa forme est assez conuue pour nous épargner sa description. La tête de l’insecte parfait porte un bec ou trompe longue, cylindrique, un peu courbée, vec des mandibules dentelées, des màâchoires velues. Le corps est de forme elliptique, déprimé, dur; les pattes sont robustes et avec des crochets pour se cramponner. La couleur de l'animal est brune, très-ponctuée. On à remarqué que même moulue et mêlée au pain, la calandre w’a pas les qualités vésicantes attribuées aux autres coléoptères; elle contient plutôt du tannin. Tous les moyens préconisés pour la destruction de cet insecte dans les greniers sont insuffisans ; seulement le froid arrête leur multliplication et leurs ravages; aussi une ventilation frequente et l'agitation par le crible et la pelle sont avantageux, car ces iusectes ai-
DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
ment le repos et la chaleur. Par le mouvement on force plusieurs de ces larves à fuir; on les amasse alors avec des balais en un tas... et on les tue avec del’eau bouillante, ou on les écrase. — Le riz est également attaqué par une Calandre ( Curculio oryzæ ).
Le Curculio sanguineus est aussi ennemi du seigle, et l’orge est atteinte par une Æ/4ca cærulea.
En Provence, il est une autre larve qui endommage beaucoup les grains, et qu’on nomme Cadelle (Tenebrio mauritanicus, X., rangée parmi les 7rogossita.Fabr).Cette larve grosse et vorace, ronge également le pain, les noix, et n’épargne pas même les écorces d'arbres ; mais à l’état parfait, l’insecte ne touche plus au blé. En le tenant dans des sacs, on le met à l’abri de la cadeile ou 7rogossite mauritanique ( fig. 724).
Fig. 726. 724. 727.
Fig. 725.
Parmi les Lépidoptères funestes anx frumentacées, l’A/ucite des grains où teigne des blés (fig. 125) ( Alucita granella), qui jadis causa lant de ravages dans l’Angoumois, et sur laquelle DunameL et TiLer ont publié un trailé en 1762, est la plus connue. On sait que cette fausse teigne parait offrir plusieurs espèces, car celle qui exerça tant de destrucüon sur les seigles et même l’orge en 1770, a été rangée dans le genre Æcophora,Latr.; et upe autre,aussicommupe sur les fromens, est rapportée par ie même entomologiste, parmi les Yponomeuta. Ces larves ou chenilles grises - blanches s'insinuent une seule en chaque grain, y dévorent toute la farine, puis lent plusieurs de ces grains ensemble, et forment des tuyaux d’une soie blanche, dans lesquels elles passent à l’état de nymphe pour se transformer en teignes. L'œuf de ce lépidoptère est insinué dans le grain par un Lrou imperceptible, à sa partie la plus tendre; la larve se tient renfermée dans l’enveloppe du grain, c’est la mesure de sa nourriture et de sa taille, puis elle soulève une calotte tégumentaire dt son pour sortir.— On n’a encore trouvé aucun moyen bien efficace de faire périr ce dangereux ennemi dont la propagation est si énorme, sinon par la chaleur de 36 à 40 degrésRéaum.,qui peut le faire périr sans altérer le germe du blé. Les saisons chaudes favorisent la multiplication des alucites; elles fuient le grand jour et le mouvenent; c’est pourquoi 1l convient de remuer souvent les tas de blé et de ramasser toutes les larves qui s'en échappent pour les dé-
truire. La Phalænasecalina faitavorter aussi les épis de seigle. dl
ParmilesDiptères, on avait fait peu d’attention à ces petites espèces de r7ouches qui causent desravages secrets dans les moissons, avant OLivier. Ce savant entomologiste a commencé cette importante recherche, quoique déjà LiNNé avait dit (Acta Stockholm, 1750, p.182 ) que la seule espèce décrite par lui sous le nom de Musca frit détruisait, chaque année, la cinquième partie de toute la récolte d'orge du royaume de Suède, ou plus de cent milles tonnes, d’une valeur de plusieurs millions. OLIVIER s’est assuré que diverses mouches du genre Oscina (les Osc.
pumilionis, lineata, etc. de FABRICIUS) piquent, soit les collets des tiges, soit le chaume tendre du blé, y déposent leurs œufs,etles Jeunes larves dévorant la substance internezinterceptent ainsi la sève nourricière, en sorte que l’épi demeure sec et stérile. On ne saurait direcombien les moissons perdent ainsi de grains. Il parait que la Tephritis strigula, Fasr., cause les mêmes dommages. Quant aux espèces de Sapromyza (de FALLEN et MEIGEN), mouches trèspetites, noires ou cendrées, lisses, avec de fortes pattes et de gros yeux, leurs larves s’insinuent aussi dans le chaume des céréales et d’autres graminées, à l’époque de la sève sucrée, où avant la fructification qui est ainsi empêchée. Cette étude n’a pas été encore bien approfondie, car on doute même si l’ergot du seigle n’est point une maladie engendrée par l'effet de la piqûre d’une mouche, comme L. MARTIN, agronome anglais, l’a pensé.
Nous pourrions joindre à ces faits ceux concernant d’autres graminées, soit des pays chauds ( comme la Canne-à-Sucre, attaquée par des Coléoptères, etc.), soit de contrées tempérées et même froides qu'infestent les Phalæna calamitosa, mesomela, panthera, secalina, ec.
On sait aussi que les sorghos, millets, les semences des panics et autres framentacées, sont la proie des Azobium paniceum et minutum, FAsR., que les Zénébrions,les Blaps détruisent les farines ( Blaps mortisaga, ( fig. 726); la larve du Tenebrio molitor est fréquente dans les moulins, y dévore la farine et le son; elle est recherchée pour nourrir les rossignols. L’Hispa atra concourt à disséquer aussi diverses tiges de graminées.
Enfin nous n’énumérons point ici les funestes passages des sauterelles qui, loin d’épargner les moissons, semblent les dévorer avec plus de prédilection que les autres végétaux. Nous devons renvoyer ce genre de calamité aux causes générales qui mulliplient imimensément, en certaines années, les insectes, surtout dans les climats secs et chauds, comme après des hivers trop doux, qui en ont épargné les larves, ou chenilles et œufs : il en est parlé plus loin.
D'ailleurs, les graminées produisent deux principes essentiellement nutritifs, la fécule, dans leurs graines ou périsperme, et la matière sucrée dans leurs tiges les plus succulente. Si elles président surtout à l’alimentation de l’homme, elles attirent pareillement un grand nombre d’autres animaux qui en
AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES
LEVS LR",
extraieut leur substance. On ne doit donc pas être surpris que la plupart des insectes phytophages les dévastent de préférence.
Nous en verrons encore des exemples en traitant des espèces qui saccagent nos autres comestibles, également farineux ou féculens:
genre de trésor dont chaque être prétend tirer sa partaux dépens del’avare dépositaire.
$ II. — Insectes attaquant les cultures potagères et autres.
Nous sommes loin de vouloir exposer ici l'histoire complète de la multitude de ces ennemis; cependant il importe d'appeler l’attention journalière sur des espèces d'insectes qu'il serait dangereux d'ignorer, puisqu'on leur livrerait en quelque sorte le champ de bataille sans défense.
Ce qu'on nomme plantes oléracées consiste en herbes dont les racines, les tiges et feuilles, non moins que les fruits ou fleurs, servent à notre nourriture. Elles sont également ravagées sous terre, dans ieurs racines, par les Courtilières où Taupes-grillons (Grytlus gryllo-talpa(fig.127), et par les vers-blancs des Hannetons (Melolontha vulgaris), comme par une foule d’autres scarabéides. Tous les agriculteurs connaissent ces races si délestables pour les jardins. On ne peut y porter remède qu’en s’efforcant d’en écraser le plus possible. Les Scarabeides lamellicornes (à antennes en feuillets ) sont particulièrement dangereux aux plantes potagères; les Géo-
trupes fouillent les fumiers et terreaux; le Læthrus cephalotes, FABr., avec ses mandibules tranchantes, coupe les jeunes pousses, les germes des plantes;les Scarabæus stercorartus etvernalis, \eTrox horridus, Fabr.; Y Oryctes nasicorne (Oryctes nasicornis, fig.128), sous
Fig. 728.
Fig. 729.
Fig. 731. Fig. 730.
les couches detan, ne biessent, ne déchirent, n’arrachent, ne rongent pas moins de Jeunes plantes que les autres Phyllophages et Aylophiles ; les Scarabæus fullo, Melolontha villosa, farinosa, des Trichius, des Cetonia,coupent les feuilles et fleurs ; les Passa/us charpentent de grosses patates, les Zucanus; les Sinodendrum ( Sinodendron cylindrique) (Ag. 729), taillent, avec leurs fortes mächoires, les tiges printanières des arbres. Ce sont les fumiers et autres engrais où malières excrémentitielles qui amassent surtout une multitude d'espèces de Zousiers, Copris; l’4phrodius fimetarius, les Coprophages el Coprobies, Onthophages (Onthophage taureau ) (fig. 730), de la même famille, ne se bornent pas à placer leurs œufs et leurs larves dans
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ces débris de végétaux ou dematières en décomposition, ils nuisent au développement des plantes qu’on y sème; tels sont encore les Escarbots (Hister unicolor) (fig. 731) et les Bostriches (Bostriche capucin) (fig. 732).
Fig. 732.
Dès l’état cotylédonaire, la plupart des légumes de nos jardius sont dévorés par les AZtises, qu’on appelle Puces, parce qu'à l'aide de leurs grosses et longues cuisses, elles sautent.
(Telles sont les CArysomelæ saltatoriæ de Lin.) Le dommage est d'autant plus grand que les cotylédons, en périssant si tendres sous la morsure de ces petilsinsectes, laissent mourir la plante qu'ils étaient destinés pour ainsi dire à allaiter dans son enfance.
Les plants d’asperges sont non seulement desolés par le Crzocerus asparagt, d'un rouge ponceau, et rendant un petit cri lorsqu'on le saisit, mais encore par le €. duodecim punctatus.
Parmi les A/tica, si funestes ‘aux fflantes potagères, la plus nuisible de ces puces de Jardin est la CArysomela oleracea, d'OLivier. Les plantes semi-flosculeuses sont également désolées par la CArysormela sericea (rangée sous le genre Cryptocephalus), et les artichauts éprouvent les plus grands dommages delaCassida viridis,L.(Casside verte) fig.733). Les plantesliliacées elles oignons recoiventde graves atteintes de Ja CArysomela merdigera et d’autresCrioceris de GEOFF.( Lema de F8.) Des Donacies,ou Lepturus,ont des larves qui s’enfoncent jusque sous les eaux pour ronger les racines de la berle (Siurm latifolium). La même plante nourrit une espèce de Caranconite, le Lixus paraplecticus, FABR. (Curculio, L.), auquel on attribue la cause de la paraplégie des chevaux qui l’avalent. Ce même insecte habité aussi sur le PzAellandrium aquaticum, autre ombellifère, mais vénéneuse par elle-même.
D'autres Chrysomelides, les Chr. helxines et remorum (Chrysoméle sanguinolente) (/i8.734), n’épargnent pas non plus les herbes des Jardins, comme celles des prairies; elles s altaquent surtout aux jeunes feuilles les plus tendres, au lieu que les Curculionides recherchent les tiges et les sommités. On trouve les laitues et autres syngenèses attaquées spécialement par les CArysométes.
Les plantes de la famille des crucifères, comme choux, raves, etc., sont moins ravagees par des coléoptères (excepté le Psylliodes napt, les Thrips, les Cistèles (Cistèle sulfureuse) (fig. 735), le Curculio alliariæ, que par des lépidoptères particuliers à cesvégélaux, et dont les chenilles montrent une prédilection dans leur goût pour cette classe de saveur spéciale. En effet, les papillons dits Brassrcaires (Papil. raparia elnaparia, brassicaria); plusieurs Phalenes (Phal. oleracea, Ph. caja,
INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
la Noctua 2amma, funeste aux potagers, etc.) à l’état de larves, rongent nuit et Jour leurs feuilles; d'autres espèces, les PAal. brumata, urticata, cæruleo-cephala, etc., partagent leur choix sur d’autres herbes de nos jardinages ou sont moins exclusives. Le houblon est rongé par une Pyrale et par l’Hepiala humularta (Hépiale du houblon) fg.736);le cerfeuil,
Fig. 736. Fig. 737. Fig. 739.
Fig. 740.
Fig. 738.
parlaPhalæna umbettaria,\a capucine par des Brassicaires, l'œillet par une Chenille arpenteuse, les pois par la Phalæna exsoleta, les laitues par la PAal. togata, le trèfle par la Phal. antennulata, etc. On connait peu de moyens de se garantir contre ces ennemis, si ce n’est un échenillage assidu et le secours de quelques oiseaux insectivores; car toutes les lotions et liqueurs fétides préconisées contre ces insectes nuisent également aux plantes potagères.
Il est, parmi les hémiptères, plusieurs races de Punaises terrestres ou Géocorises pentatomes, qui fréquentent les végétaux crucifères ; Lelles sont les Cimezx oleraceus et or. natus des choux. Une autre grosse espèce, le Lygæus où Cimex apterus (Lygée aptérc) (fig. 737), infecte également les Jardins.
Les diptères offrent des espèces très-malfaisantes pour nos potagers; ce sont les grandes Tipulaires terricoles, dont les larves s’enfoncant sous le terreau, le tan, les engrais, pénètrent jusqu'aux racines des plan- Les, et causent des dommages d'autant plus grands qu’on ne les aperçoit pas d’abord pour y remédier. Ainsi la Zpula oleracea, commune également dans les prairies, et la ruffa des asperges, ravagent les légumes de toute sorte. La Z'ipula hortulana abonde au privtemps. On connaît les Bibions précoces (Bibio, GEOFFR. où Airtea, FABr.), dites mouches de Saint-Marc et de Saint-Jean : le mâle est noir, la femelle présente un thorax rouge. On regarde sa larve et celle de la Teresa (Bibio plebeia,FA8r.), avec celle du Nemotelus hirtus, comme pernicieuses aux bourgeons des plantes qui en périssent. D’autres tipules passent l'hiver dans nos maisons (les 7richocera de MEIGEN) ou se cachent sous de vieux champignons (les Mycetobia, Boleto- Phila); enfin, un autre genre de diptères ou mouches, l’£risthalis narcissi,Fagr.(Merodon de Me1cEn), à l'état de larve, se niche dans
le cœur des bulbes de rarcisse pour le dévorer.
6 III. — Insectes dévastateurs des arbres fruitiers.
Le nombre en est si considérable que nous -Insisterons peu sur ceux qui n’attaquent que les troncs ou parties ligneuses; on en traite d’ailleurs à l’article des arbres forestiers ; nous ferons observer toutefois qu’on a passé sous silence des Buprestides et Elater creusant fortement les bois, comme le dermestoides, la Lampryris cærulea, V Omalisus suturalis, es Lymexylon navale (Lymexylon naval) (fig.738), si pernicieux aux chantiers; des Hisler, des Erotylus, des Mordella, des Dendrophagus, les Cerambyx, Leptura (Lepture éperonnée) (fig. 739), etc. On ne peut negliger la larve de Saperda où Cerambyx carcharias, qui détruit si souvent les plus belles plantations des peupliers ; ni celle du €. Anearts, qui ravage les jeunes coudriers; ni les Necydalis, rongeant les saules (Wécydale fauve) (fig.740), ni la Chrysomela populi, ni la Galeruca catmariensis (Galéruque de la tanaisie) (fig. 741), Fig. 743. desiructive des char-
£ milles, etc.
Aux premiersjours du printemps,unearméeimmense de CAenilies assiégent nos arbresà fruit, s’y promènent pour les ravager, et menacent toutes nos espérances ; telles sont les
Processionnaires
743. (Bombyzx neustria), les Phal.castralis,hiemalis, geometra, etc., sur les abricotiers, pruniers,cerisiers, et les Pyralis pomana
\741 (Pyrale des pommes)
( fig. 742), vitis, Phal.
antiqua , brumata, etc., sur les arbres
à pepins, pommiers, poiriers, etc.; la Pha/.
grossulariata, sur les groseillers ; la Tinea
(Fponomeuta) padella, en société nombreuse
sur les arbres à noyaux; les Cossus ligniperda, les Pithyocampa, les espèces poilues, sur une foule d’autres végétaux.
Sans doute nos fruits courent les plusgrands risques en présence de tant de rongeurs ; mais ceux ci ont aussi pour ennemis, outre les oiseaux, des races vengeresses, les larves d'Ichneumonides et de Chalcides, qui détruisent bon nombre de ces chenilles en les per-cant de leurs dards, et en les chargeant de leurs œufs. Ainsi le Calosoma sycophanta fait une grande consommation des processiounaires ; une armée de légers coureurs, d’autres coléoptères carabiques, avec les Cicindèles, les Staphylins, se régalent chaque Jour de cette abondante pâture; mais cela n'empêche pas les soins indispensables de l'échenillage. :
Ensuite arrivent les immenses générations des Pucerons et antres Aphidiens. Peu de jeunes végétaux en sont exempts, et ces hémiptères en extraient une sève sucrée qui,
AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES
LIV,. jar.
exsudant ensuite de leur corps, attire les Fourmis nuisibles à leur tour par leur acidité et leur instinct déprédateur.
On a tenté diverses lotions amères ou fétides contre les pucerons et les fourmis qui les suivent. Ces moyens sont préférables aux fumigations étouffantes du soufre brülant qui tuent les jeunes pousses, et aux corps gras ou résineux qui fatiguent également les végétaux. C’est ainsi qu'on a conseillé des lotions avec de l’eau imprégnée d’essence de térébenthine délayée avec de la terre, selon de Tuosse ; depuis peu l’on a découvert un moyen plus efficace dans des aspersions faites avec de l’eau chargée d'essence de houille fétide; c’est ainsi qu'on parvient à écarter le Puceron lanigére, si funeste aux pommiers de la Rod Res qui s’est tant répandu depuis l’an 1812, et que l’on croit originaire de l'Amérique. Toutefois, il ne faut pas moins laisser multiplier les larves des Coccinella, dites ions des pucerons, parce qu’elles en font un énorme carnage sans toucher aux végétaux. Les Ærotyles leur ressemblent dans d'autres contrées (Ærotyle bigarré) (fig. 743). Il en est de même des larves de Syrphus et autres fuscides (Musca, L.), qui sucent avec une étonnante rapidité ces pucerons, espèce de bétail nourricier pour ces races carnassiè. res, et pour des Némotéles, des Hémérobes.
Outre les pucerons, il y a des Psylla, des Kermes, qui fatiguent d'autres végétaux, comnæ le Kermès du figuier, celui du chàtaignier, etc.
Les Cochenilles où Coccus se multiplient aussi de préférence dans les serres d’orangerie, sous les feuilles des hespéridées, surtout par la chaleur humide; il faut les en délivrer le plus qu’on le pourra.
Enfin, dès avant la maturité de nos fruits, ils sont déjà rongés au cœur par une foule de larves appelées des vers, et qui appartiennent à plusieurs races d’insectes.
D'abord, les fruits farineux ou féculens sont recherchés par les Bruchus, GEorr., les Ptinus fur, et P. latro, P. scotias, P. sulcatus, les Anobium où Frillettes ( Frillette marquetée) ( fig. 144), les Byrrhus pilula et autres à l’état de larve, les 4rthrenus qui n’épargnent rien; ainsile Bruchus pist se niche dans les pois et vesces ; plusieurs Anthribus ou Rhinomacer, et des Rhychænus attaquent beaucoup d'autres semences légumineuses (Rhinomacer curculionoïide) ( fig. 745). Les
Fig. 746. Fig. 749. Fig. 745.
Fig. 747. Fig. 748.
Forficules auricularia et minor causent de grands dégâts parmi les fruits de nos jardins (Forfieule biponctuée, mâle) ( fg. 746).
La plupart des prétendus vers qui se trouvent dans les fruits pulpeux, les cerises, les framboises et fraises, viennent de zerones; cependant il en est aussi beaucoup qui sont dus à des œufs de mouches des genres Carpomyza, Tephritis (Fasr.et LaTR.) et Ortalis de FaALLEN. Ainsi, à l'Ile-de-France, presque tous les jeunes citrons sont percés par la larve du Tephritis citri; nos bigarreaux contiennent fréquemment celle de lOrtalis (Musca) cerast; les noyaux, les pépins des autres fruits, dès leur naissance, renferment des œufs déposés par ces genres de diptères vucore peu étudiés dans leurs espèces. Les mouches à ailes vibrantes, qui planent sur les fleurs, appartiennent à cette famille.
Les fruits oléagineux, noix, noiselles, au contraire, voient leur coque percée par des Curculio nucum (Charancon des noisettes) ({2. 747) ou des Attelabus (Attelabe du coudrier, fig. 748); il n'est pas jusqu’à des 4carus Où Mites qui ne s’y recelent. D'ailleurs, chacun connait assez ies insultes des Guepes, des Fourmis, des Bourdons, contre les fruits les plus sucrés, et les piqûres de quelques Cyrips sur les figues; des Diplolépes élevant des galles sur plusieurs rosacées (Diplolépe de la galle (fg. 749), et celles de diverses Punaises, Tingis pyri, elc., qui en sucent les sucs en mème temps qu’elles y répandent leurs odeurs fétides ou dégoùtantes.
Les Mouches à scie (Tenthredo), sans attaquer les fruits eux-mêmes, sont fort nuisibles à beaucoup d’arbustes, notaminent aux rosiers, en perçant, rongeant. trouant, à l’aide de leur instrument dentelé, les jeunes tiges et les feuilles de plusieurs arbres de la même classe, les pruniers, les poiriers, etc. Ainsi ces hyménoptères ont des larves à pieds nombreux, simulant des chenilles, qui dévorent le feuillage de nos arbres à pépins et à noyaux, et qui s'opposent aussi à la multiplication de leurs fruits.
$ IV. — Insectes pernicieux aux prairies.
La grande calamité pour celles-ci vient de ia famille des Sauterelles et Criquets. Personne n'ignore les déplorables deprédations du passage des Sauterelles (Gryllus migratorius, Gr. apricatorius, Gr. lineola et autres espèces), qui, après avoir tout ravagé, fiuissent par se devorer elles-mêmes. On a vu des milliards de ces insectes entassés par les vents sur certaines contrées, à tel point qu'ou les ramassait par boisseaux et dans de grands sacs. Les Gryllus campestris et notre Grullon domestique, faisant entendre son cri nocturne près des foyers, dans les chaumières, viennent fureter dans nos provisions ; tous ces insectes rongent les herbes, comme les autres Criquets (Acridium), et les Truxales (Gryllus acrida), notamment le 7.
à grand nez (fig.150), les grandes Sauterelies, Locusta viridissima des campagnes, la Sauterelle grise ( fig. 751).
C'est encore à l’état de chenilles que les Phalæna calamitosa, \a Noctua graminis, les Tinéides du genre des Crambus, désolent surtout les meilleurs pâturages et se mulüplient au milieu des foins. Ces insec2s
DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
Fig. 753.
sont en même temps dégoûlans pour les bestiaux, qui ne peuvent pas s'empêcher d'en avaler. Plusieurs de ces petits papillons
qui en naissent, et qui, d'ailleurs, sont fort jolis, ont été décrits et figurés par Hubner, par Germar, elc. Il faut y ajouter aussi d'autres Alucites que celle du froment, oudes Adela, des Æcophora, dont le nombre et les espèces font même le désespoir des plus habiles entomologistes.
Les Cicadaires où Cigales et Ranûtres, le Cercope écumeux (Cicada spumaria, Cercopis sanguinolente (fig. 152), si remarquables au printemps dans les prairies, par l’écume qu'elles y déposent, épuisent de sève ou font faner plusieurs glumacées dans leur fructification naissante. Tous ces épis blanchissans et stériles de seigle et d’autres céréales ont été atteints, soit par la PAa- {æna secalina, soit par les Cicadaires, tandis que les larves des 7ipules travaillent dans les racines, que des Tanypus, autres tipulaires culiciformes, se creusent des demeures dans des galles, que diverses mouches déjà notées, eu traitant des céréales, n’épargnent pas les autres graminées. Il faut citer encore le Sepsis cynipsea, espèce de mouche altaquant les fleurons des syngenès:s, elc., et diverses Cétounes rongeuses, comme la C.
dorée (fig. 751), et la C. à deux cornes (fig. 154).
$ V. — Insectes attaquant les provisions auimales et végétales, ou comestibles.
1° Les substances végétales.— Deux fléaux en ce genre nous opt élé communiqués avec les substances commerciales des deux mondes; ce sont les”Blattes et les Termites. La Blaita orientalis et la B. americana, L. où Xa-
| ferlack, Blatte américaine (fig. 751), est corm-
mune aussi dans les régions septentrionales.
On ne peut conserver aucun genre de camestible qu’elle ne dégrade e! n'infecte ; elle : butine de nuit dans les habitations, ronge particulièrement les farines, le pain dans les boulangeries, les moulins, les cuisines, etc. ; de plus, elle répand une odeur détestable ;
560 AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES
rarement elle se sert de ses ailes, maïs elle court très-vite et fuit l’éclat du jour, dans ‘des fentes et des trous, ce qui empêche qu’on ne détruise ce malfaisant orthoptière.
Fig. 757. Fig. 756.
Fig. 755.
Fig. 758.
Les Termites sont des névroptères plus particuliersaux climats chauds,également ennemis du jourcommetous les voleurs. Ainsi le T'ermés lucifuge (fig.756 et 757) qui représente la larve, Termes lucifugum), malheureusement multiplié dans les chantiers de Rochefort, y a déjà causé les plus grands dommages parmi les magasins de la marine.
Les Termites,appelés aussi fourmis blanches, ont plusieurs rapports avec les fourmis, et vivent en sociétés composées de trois ou quatre sortes d'individus à l’état de larve, de nymphe et d'insecte parfait; également laborieux , voraces, et d'autant plus dévastateurs qu'ils sont omnivores, ils se creusent des routes souterraines dans les objets qu'ils rongent. Le T'ermés atroce, le mordant, le belliqueux, le destructeur où le fatal, le pou de bois, le voyageur, sont autant d'espèces ravageuses ; celui à cou jaune (Termes flavicollis) altaque, en Provence, les olives.
Parmi les Lépidotères, nous avons signalé déjà ceux qui ravagent le blé dans les greniers; mais la farine nourrit spécialement une espèce de larve de Tinéide (Phalæna, L..; Aglossa farinalis, Latr.), Phalène de la farine (fig.158),ainsi désignée parce que l’insecte parfait n’a point de trompe, et ne mange plus en ce dernier état, tandis qu’il est fort vorace et gras à l’état de ver. Parmi les Coléoptères à longs becs, plusieurs Ayrchènes et autres Curculionides se multiplient dans les fécules, comme le Curculio palmarum qui vit de sagou. Divers Hélasomes nocturnes, outre les Blaps déjà signalés, viennent saccager les substances alimentaires; tels sont les Prmélies, es Erodies, les Nyctélies, \ous privés d'ailes. Il faut y joindre des Opatrum, les Tenebrio culinaris et cadaverinus de Fabr., 7énébrion de la farine où des trogossites (fig. T5). D'autres fourragent dans les meilleurs champignons comestibles, comme les Boletophagus taxicornes.
2° Rongeurs des substances animales.— Le nombre de ceux-ci est considérable. Parmi les Coléoptères les plus destructeurs, il faut placer en première ligne les Dermestes laniarius, lardarius, trifasciatus, etc., le Dermeste du lard fig. 760); la Frillette (Anobium pertinax), qui, étant touchée, contrefait la morte et se laisserait plutôt brûler que de se
SE fer.
remuer; les Pt nus, les Bruchus déjà signalés; la Mecrobia violacea et les Mitidules (Nitidule biponctuée ) (Æg.761),qui détruisent les chairs salées non moins que les charognes. On ne peut passer sous silence aussi le grand rongeur des pelleteries, Dermestes pellio, les Staphylns, les Silphaet Nécrophores que toute chair attre d’abord.
La famille des Tezgnes est surtout la plus coupable de ces goûts carnivores, à l’état de larves. Telles sont surtout les Botys, qui pénètrent dans les matières les plus grasses, el 1 Aglossa pinguinalis (Aglosse de lagraisse) (Jg. 762), rongeant les cuirs ou peaux à l’état frais. On ne peut pas garantir les tapis et autres tissus en laine ou en poils, contre les ravages perpétuels des Tineatapezana, sarcitella, pellioneila, flavifrontella, etc. (Noctuelle trapeztne (fig.763),et de tous ces vers rongeurs qui se pratiquent des fourreaux de leurs excrémens, avec une si redoutable industrie.
On sait aussi combien plusieurs Diptères , en été, hâtent la corruption et le dégât des viandes , par leurs œufs bientôt transformés en vers ou larves des Mouches créophiles.
Ainsi les Musca vomitoria, grosse espèce bleue ; la Musca carnaria, dite vivipare, car ses œufs éclosent immédiatement ; la Musca cæsar, Si Commune sur les charognes; la usca putris, qui recherche les corps pourris, les ulcères (la piophyla de Fallen), les Houches duvieux fromage (Muscacasei), méritent d'être remarquées. Elles prouvent, par les œufs déposés dans ces matières animales, que les vers ne s’y engendrent point spontanément, comme le suppose le vulgaire. Leurs larves semblent avoir la propriété de hâter encore la putréfaction des matières qu’elles dévorent. On peut ajouter à ces espèces les Scatophaga (Musca stercoraria, L.) et les vers des latrines ou autres lieux analogues, des £risthalis tenax (vers à queue de rat) dont la vie est si dure, Æ. sepulchralis, cryptarum, etc.
Joignons à ces espèces celle qui contribue à faire aigrir le vin ou la bière et le cidre, ia Musca cellaria (Notophila de Fallen); elle dépose ses œufs dans les vaisseaux à vin des caves et celliers; on en accuse également l’Zps cellerier( fig. 766). Enfin, les 4carus (Mite domestique (fig. 7167 grossie à la loupe), se développent par myriades sans nombre dans les vieux fromages, les viandes sèches ou fumées, comme sur toutes les matières ani:
males en putréfaction; la nature faisant ainsi servir les débris de la mort à la multiplication de la vie.
Fig. 763.
cHAP. 19°.
Fig. 766.
$ VI. — Des insectes nuisibles auxbestiaux et autres animaux domestiques.
La grandeur et la puissance des animaux, de l'homme lui-même, ne les mettent point à l'abri des insultes des moindres races, et te “chétif Cousin suffit pour tourmenter ce roi du monde. Aucune race n’est plus importnñe sous tous les climats; car il n’est point de relation de voyages qui n’entretienne des insupportables cuissons causées par Îles nuées inévitables des Moustiques et martngouins (Culex pipiens et pulicartus), non seulement sous les climats brûlans, mais Jjusque sous les cieux glacés des Lapons et des Esquimaux, et non pas uniquement pour la peau nue de l’homme, mais pour les bestiaux qui ne peuvent se soustraire à leurs dards acérés et brûlans. Il y a plus : d’autres moustiques encore plus petits et noirs se multiplient sous les humides cmbrages des forêts ; décrits sous les noms de Ahagio par Fabr., et de Sémulium par Meigen, leur piqûre imperceptible est tellement fatigante lorsqu'ils pénètrent même dans les parties génitales si sensibles des bestiaux, qu'ils excitent une sorte de rage et jettent ces animaux dans des états convulsifsde fureurquiles font périr.
On sait quelle frayeur causent les Zaons, Tabanus bovinus,etc.(Taon des bœufs, fig.766), à des troupeaux de bœufs ; 1ls les mettent en fuite Une espèce appelée tsaltsalya en Nubie, est redoutable même au lion, et poursuit les hommes avec férocité. Une autre espèce, le Chrysops cæcutiens,s’'attaqueaux yeux des chevaux et les aveugle au milieu des campagnes sans qu’ils puissent retrouver leur chemin.
Joignons à ces insultans Diptères tant d’autres espèces piquantes, le Stomore (Stomoxe piquant) fis.767), le ConopsCalcitrans,Conops rufipède (fig.768), qui, suçant le sang des
Fig. 769. jambes à l’homa me, dans les tempsorageux, et surtout aux bestiaux, ne leur laisse aucun repos jour et nuit; el ces Syrphus qui ressemblent à des bourdons velus, dont la seule approche, annoncée par la sibilalion de leurs ailes vibrantes, fait frissonner toute la peau du "corps qu'ils menacenL.
DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
Les plus dangereux des Diptères Athéricères sont les OEstres, sans contredit. Leur famille semble instituée pour vivre dans la peau et le corps même de nos bestiaux, le bœuf, le cheval, l'âne, le chameau, le mouton, lerenne(OEstre du renne (fig.769). le cerf, les antilopes, le lièvre, ou la plupart des herbivores ; l'homme lui-même n'en est point exempt en Amérique. Le genre entier desOEstrus présente l'aspect d'une grosse mouche velue, dont les poils colorés par zones imitent ceux des bourdous; ils ont les ailes grandes; les femelles portent à l'extrémité de leur abdomen un stylet perçant, composé de plusieurs lames pour ouvrir la peau dure d’un animal, et pour y faire péuétrer des œufs qui doivent s’y changer en larve rongeante; ces larves, en effel, creusent leur nid dans les ussus cellulaires, pompentlessues et forment une sorte de cautère naturel sur le dos des bestiaux, qui ne peuvent s’en garantir, et à tel point que des oiseaux du genre Buphaga viennent en quelques pays extraire avec leur bec ces dangereuses larves. M. CLARK, savant vétérinaire anglais, qui a fait un ouvrage sur ces œstres, en énumère trois familles d’après le lieu d'habitation qu’elles choisissent sur les bestiaux . les œstres qui vivent sous la peau y forment des Lumeurs ou bosses remplies de pus dont ils s’engraissent ; tels sont les cucicoles purivores ; ceux qui s’insiauent dans le nez, les sinus frontaux et l’arrière-bouche ou pharynx, comme chez le mouton, sont les cavicoles lymphivores ; enfin ceux qui, déposés vers l’anus du cheval, ou pénétrant par les voies digestives jusque dans l'estomac et autour du pylore, sont les gastricoles chylivores : il est à remarquer que la nature à donné à ces larves, non des pattes, mais des poils épineux qui leur permettent de s’accrocher aux intestins des bestiaux ; elles ne se laissent expulser, avec les excrémens, qu’à l'époque de leur deruière métamorphose, pour se reproduire dans une vie libre et extérieure ; en ce dernier état, ces œstres ne mangent point. On les trouve fréquentant les bois et les pâturages; ils font quelquefois entrer leurs œufs par centaines dans un animal qui n’en périt pas; cependant Valisneri et d’autres auteurs ont attribué aux œstres des accidens graves et même des causes d’epizoolie. Les œstres du lièvre et d’autres rongeurs appartienneul au genre Cutebera.
Après ces lusecles, il en est sans doute de moius dangereux, les Tanystomes, où Asilus (4. crabriformis et A4. forcipatus ), les Anthrax, dont la piqûre inflammatoire cause une sorte de furoncle ou charbon; les F’olucella, les Mulio, les Empis, les Bombylus, des VNemnotelus, etc. Toutefois, 1l n’en resulte que des tourmens passagers, cComine On pourrait le dire des Bourdons el Guépes ; mais il est une autre classe plus dommageable.
Lesancieusont appelé Bupreste l'insecte auquel ils atiribuaient la mort ou le gonflement des bœufs quand ils Pavalaient. Ce n'est point notre genre Bupreste qui produit cet accident attribué plutôt de nos jours à une sorte d’empansement ou d’enflure, d'indigestion d'herbes et contre laquelle on a préconisé l'emploi du vinaigre ou du sel; mais il parait vraisemblable que des insectes vésicans, tels