‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 356 sur 357 · LIV:ET · texte numérisé non relu

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ricots et autres plantes des vergers ; elle s’attache, en automne surtout, aux jambes des passans et à divers animaux; elle leur cause des rougeurs et démangeaisons vives dont on ne se débarrasse bien que par des lotions vinaigrées.(OLIVIER; Obs. dans les Mém. d’agriculé., 1787.)

Les Poux sont des espèces presque aussi nombreuses que les divers animaux qui les portent ; chaque oiseau semble avoir le sien en partculier, et l’on sait combien ils sont fâächeux pour les poules, les pigeons; car ils infestent leurs habitations. La plupart se rapportent à la famille des Acariens (4carus, L. ). Parmi ceux-ci se multiplient aussi les Sarcoptes ou insectes de la gale, non seulement de l’homme, mais de la »lupart des races d'animaux domestiques. On sait qu'ils ont la fâcheuse propriélé de communiquer ces maladies, en se transmettant d’un individu galeux, teigneux, dartreux, ladre, où ils pullulent, à un individu sain. Ces parasites ou épizoïques ont, à l’état complet, huit crampons ou pattes, et un bec acéré pour sucer.

Il parait qu’en distillant dans la plaie une liqueur irritante, ils y font affluer le sang ou ies humeurs. Quelques-uns se nichent sous l’épiderme comme les Cirons, et y pratiquent des chemins couverts.

Parmi les insectes aptères, les plus hideux et redoutables par leur venin, sont surtout les Aranéides.Le Scorpion roux d'Europe(Scorpio occitanus d'Amoreux), ou Scorpion roussätre (fg.776), blesse vivement de son dard caudal recourbé ; une légère cautérisation par l'ammoniaque en est le remède le plus convenable. Il y a de grandes Aranéides, tellesque les Zarentules où Lycoses, ei les Théridions dont les morsures ne sont point exemptes de danger, surtout dans les temps et les pays chauds ; le même moyen de guérison parait le plus efficace. On redoute aussi la morsure de la $colopendre roussätre ( Scolopendra morsitans, Jig. 115), pour les animaux, surtout au nez, aux lèvres, etc. Elle cause uneenflure plus ou moins douloureuse.

Enfin, des insectes deviennent fort nuisibles pour des insectes utiles. Les larves de divers coléoptères des genres Clerus où Trichodes s’insinuent dans les ruches, et font de grands dégâts des larves ou nymphes d’abeilles; tels sont les 7. apiarius Fabr., ou Atte- 4 labus apiarius (clairon des ruches(/2.776). La Chrysomela cerealis,qui vit sur le genêt, paraît nuisible aussi aux édifices de cire des apiaires; les Zrélons s'emparent de leurs trésors.

Des espèces de

Fig. 776,

Tinéides, surtout du genre des Galleria ,

pénètrent dans les ruches; la

nn

criap. 19°.

G. cereana (Galerie de la cire ( fig. 717) ronge et dissout dans son estomac la cire par une action singulière ; il en est de même de la G. alvearia qui altaque jusqu'au couvain et à l’espérance de nouveaux essaims. Le PAilante apivore (fig. 178) tue les abeilles sur les fleurs.

$ VII. — Des insectes et crustacés attaquant les poissons.

Il ne reste plus à dénoncer que les races aquatiques les plus nuisibles dans les viviers et autres lieux où l’on multiplie le poisson. Les ennemis redoutables du jenne alvin ou fretin a vec lequel on peuple les étangs, sont: les écrevisses, Astacus fluviatilis; leurs dures et tranchantes mâchoires où mandibules déchirent facilement ces petits poissons encore si tendres. Il y a, de plus, d’autres crustacés, tels que les Pæcilopodes, qui s’attachent sur de plus grands poissons; ainsi l’Argule foliacé se fixe sur de grosses truites el des carpes ; il parvient même à les tuer.

Les Caliges (Monoculus piscinus), quoique petits, attaquent, comme le précédent, même les brochets et les perches, et leur nuisent beaucoup. On peut ajouter que d’autres A0noculus, des Cypris et diverses espèces parasites pénètrent dans les branchies des poissons, les tourmentent et contribuent, par la destruction de ces organes respiratoires, à faire périr les meilleurs poissons.

Nous terminerons cette revue générale en signalant ce petit crustacé décrit par M. Leach (Æncyclop. Edinburgh; tom. vu, p. 433) comme très-dangereux, parce qu'il perce avec une promptitude prodigieuse, quoiqu'à peine long de deux lignes, les bois dans la mer, et que ni les dijues les plus épaisses, ni les navires les mieux calfatés n'ont été Jusqu'à présent à l’abri de ses petites dents destructives. C'est la Zimnoria terebrans.

Ce n’est pas tout, sans doute; mais ce Lableau doit suffire pour montrer combien la classe entière des insectes abonde en races nuisibles à toutes les branches de l’économie rurale el domestique.

PARTIE 1. — Description des espèces les plus nuisibles et des moyens qu'on peut opposer à leurs ravages.

$1°°.—De la Calandre du blé, ou charancçon.

On distingue ce coléoptère en ce qu’il a, comme les autres chäarançcons,un bec alongé, des tarses à quatre articles, des antennes coudées, insérées à la base du bec, formées dehuitarticles dont le dernier prend la forme de massue. Les élytres sont durs, l'abdomen finit en pointe, les pieds sont terminés par des crochets avec lesquels l’insecte se cramponne fortement.

C’est de tous le plus redoutable par ses ravages dans notre principale nourriture, le froment, car il se multiplie parfois en si grande abondance dans les masses de blé des greniers, qu’il ronge tout et ne laisse exactement que le son ou l'enveloppe du grain. Chaque larve, en effet, toujours isolée en chaque grain, s’y loge et grossit à mesure qu’elle en dévore toute la farine: alors elle

DESCRIPTION DES INSECTES LES PLUS NUISIBLES

prend la forme de nymphe pour devenir insecte parfait.

La calandre à l’état de larve se présente comme un ver mou, alongé, très-blanc; son corps a neuf anneaux saillans, arrondis ; sa longueur ne dépasse guère une ligne; sa tête écailleuse, Jaune el arrondie, est armée de mächoires rongeantes. La nymphe qui lui succède est également blanche, mais transparente, et l’on distingue déjà sous son enveloppe la trompe, les antennes et les membres de l'animal. En cet état, il ne mange pas. Apres huit à dix jours de cette somnolence immobile, l’insecte rompt la coque dans laquelle il se tenait emmaillotté, soulève une calotte du grain, et la Calandre parait au jour.

Sous cette forme dernière, le Charançon du blé cherche à s’accoupler, puis la femelle pond bientôt ses œufs et les dépose sur les tas de froment; mais il paraît qu’alors l’insecte est moins destructeur qu’à l’état de larve.

La chaleur atmosphérique hâte beaucoup les développemenset les dégâts des calandres, tandis que pendant un froid vif elles s’engourdissent et restent incapables de nuire.

Dès le mois d'avril, sous nos climats tempéres, les calandres pondent et se propagent jusqu’à la mi-septembre; mais sous les climats chauds, elles s’accouplent même plutôt et plus tard encore. On les trouve accouplées si longuement, et avec tant de tenacité, qu’on peut les balayer et les transporter en cet état sans qu’elles se séparent. Les reproductions des calandres ont lieu plusieurs fois dans l’année (quoique chaque individu meure après sa génération ); il s'écoule de 40 à 45 Jours entre l’accouplement ou le dépôt d’un œuf el sa transformation en insecte parfait.

D’après une table formée par la multiplication des calandres, une seule paire de ces insectes, pondant à la fin d'avril des œufs dont les individus se multiplieront jusqu’au milieu de septembre, ou pendant cinq mois, par une température moyenne de 15», il doit en naiître six mille quarante-cinq calandres. Qu'on juge de l’immensité de ces insectes, sous des températures plus chaudes, et combien de monceaux énormes de blé disparaissent sous les mâchoires de ces armées de rongeurs!

La calandre femelle ne dépose qu’un œuf sur chaque grain de blé, entre la pellicule et la farine; la larve qui en naît reste parfaitemeut à l'abri; ses excrémens servent à boucher le trou par lequel l'œuf a été introduit. Les monceaux de blés attaqués ne le sont pas à la superficie, mais bien à quelques pouces de profondeur, afin que l'insecte soit plus à l'abri; on n’aperçoit rien qui le décèle extérieurement; le grain paraît entier : seulement son poids est moindre, et il surnage l’eau, parce qu'il a été vidé par l’insecte.

La calandre n'aime pas à être remuée par le crible ou la pelle; alors elle déloge et quitte le grain. Elle le quitte aussi dans les temps froids, pour chercher un abri plus chaud dans les fentes du plancher ou des murs des greniers. Ce ne sont guère que les œufs, ou les larves qui restent engourdie, qui passent l'hiver.

On a cru qu'en mettant le blé dans des caves planchéiées, pendant l'hiver, on le garantirait des calandres ; mais outre l’inconvéaient de l'humidité capable de faire pourrir ou germer le blé, le repos et l'obscurité, à l'abri du grand froid, seraient au contraire favorables à la conservation des calandres. Le criblage est plus efficace; il peut séparer les larves;cependantles œufssonttrop bien collés aux grains pour qu'ils se détachent par cette opération. Les fumigations de tabac brülé, es odeurs fortes, comme celles d'essence de térébenthine, les décoctions d'herbes puantes, dont on a conseillé d’arroser le froment, elc., n'ont rien produit d’efficace ; enfoncées dans les tas de blé, les lärves n’ont pas lâché prise, et même la vapeur acide et pénétrante du soufre brûlant n’a pu asphyxier ces insectes qui ont besoin de trèspeu d’air pour respirer.

L'expérience a constaté qu'une chaleur subite de 39° Réaum. peut faire périr lescalandres, mais on ne peut communiquer assez subitement cette température à de grandes masses de blé pour en suffoquer les calandres. Il a fallu jusqu’à 70° d'échauffement à l’étuve pour les faire périr ; mais à ce degré, qui tue larves, insectes,œufs, le germe du blé, trop desséché, peut perdre sa faculté germinative.

Le froid étant cause de l’engourdissement des calandres, on a proposé un ventilateur capable d'entretenir dans les greniers un air assez frais pour arrêter la multiplication des calandres; ce moyen a été efficace en plusieurs circonstances.

D’autres économistes ont proposé, au retour du printemps, d'établir de petits tas de blé à portée des grandes masses. On remue fortement et souvent à la pelle ces masses ; les calandres aimant beaucoup la tranquillité, fuient cette agitation, elles courent se réfugier dans les petits tas laissés en repos ; ou si elles fuient vers les murailles et les fissures des planches, on les ramasse à l’aide de balais. Par ces moyens on en peut détruire une forte quantité. Quand on a réuni le plus possible de ces calandres dans les petits tas de blé,on échaudera ce blé à l’eau bouillante. Ainsi, l’on étouffera les calandres, et on criblera ce blé échaudé pour en séparer les insectes morts. Cette opération faite dès le printemps, a l'avantage de détruire les calandres avant qu’elles pondent; car les œufs, une fois multipliés, ont mille chances pour de nouvelles reproductions.

Ces procédés peu dispendieux et peu difiiciles méritent la préférence sur beaucoup d’autres que nous passons sous silence et dont l'utilité n’est pas aussi bien constatée.

$ II. — De l’Alucite des grains.

Deux larves de teignes sont principalement devenues des fléaux pour les blés recueillis «ans les greniers, el elles ont causé parfois de tels ravages qu'elles ont excité le zèle du gouvernement pour chercher les moyens de les détruire. L'une est l’A/ucite appelée aussi Pou volant où Papillon des grains ( OEcopaora granella, Latreiile ). Elle fut l'objet d'un ouvrage spécial de Dünauez et TrLLET,

AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES

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