‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 37 sur 357 · FAR À · texte numérisé non relu

FAR À

transtormer en étangs.—Nous verrons dans un des chapitres suivans comment il est possible, et dans quels cas il est profitable de faire l’un ou l’autre. Les marais une fois convenablement égouttés, sont ordinairement d’une fertilité d'autant plus grande et plus durable qu'il est facile de leur procurer un degré d'humidité convenable, et qu’ils conservent long-temps quelques débris des végétaux encoreimparfaitement décomposés, dont les générations se sont succédé jadis inutilement à leur surface.

Les marais salés, lorsqu'on parvient par des digues à les soustraire aux effets des hautes marées, peuvent devenir fertiles dès que le sel dont ils sont imprégnés a été en grande partie entrainé par les eaux pluviales, ou décomposé par la végétation de quelquesunes des plantes dans lesquelles on retrouve particulièrement des muriates ou hydrochlorates, et qu'on cultive parfois pour en extraire la soude; telles sont celles que j'ai déjà citées en pariant des dunes.

Les anciens marais salés donnent des foins pour lesquels tous les herbivores montrent une avidité remarquable.—Sur les bords submersibles de la basseTamise, ilexiste, tout près de Londres, des prairies marécageuses, légèrement salines, dans lesquelles on envoie, moyennantun prix très-élevé, les chevaux fatigués ou malades, pour les rétablir promptement en état de santé. et dans lesquelles aussi les animaux destinés à la boucherie ne manquent jamais d’acquérir en peu de semaines une qualité supérieure, sur laquelle spéculent avec grand avantage les propriétaires de ces sortes de pâlurages.—Nous pouvons citer en France, comme exemple des bons effets des herbagessalins, lesmoutons de la plupart

des côtes de Normandie ; les bœufs des mémes contrées; ceux d’une partie de la Charente-Inférieure, des îles de Ré et d’Oleron ELC:, ELC. Oscar LEcLERc-THouIn.

SECTION 1V. — Propriétés physiques des sols.

Les sols arables varient bien plus en raison des propriétés physiques des substances qui les composent, que par la composition chimique de celles-ci. — En effet, toute la masse du sol, à quelques centièmes près, ne sert que mécaniquement, soit à loger et maintenir les racines, soit à tenir interposés l’eau, les gaz, 1es solutions alimentaires ou stimulantes, etc., véritables agens de la végétation. —Ces fonctions du sol dépendent évidemment surtout de ses caractères physiques, et d’ailleurs ceux-ci sont souvent indépendans de la composition intime, et peuvent varier sans que la nature de leurs composans change.

Citons quelques exemples : L’argile plastique (terre glaise), mélée avec cinq ou six centièmes de craie, contient tous les élémens d’un bon sol (sauf les engrais et les stimulans); mais ce mélange est tellement compacte, lourd, difficiie à diviser, qu'il ne saurait être mis en culture.— Qu'’oz le calcineaurouge vaissant, puis qu'on Île pulvérise, il offrira, au contraire, une sorle de sable léger, poreux, tropsec, propre à rendre plus meubles et meilleures les terres trop compactes.— La chaux carbonatée en parcelles dures, telles que les menus débris de marbres, d’aibâtres, de diverses roches, de puerres de taille , elc., ne retiendra que 25 à 30 centièmes de son poids d’eau, tandis que la même substance, en pou dre beaucoup plus fine, retiendra de 80 à 99

centièmes d’eau. — Nous renconirerons d’autres faits de ce genre tout aussi remarquables. en traitant desamendemens; enfin, nous dirons que Le soufre, le charbon, le sable, et tous les corps insolubles dans un état pulvérulent convenable, avec de l’eau et un engrais organique azoté, peuvent développer et soutenir une très-belle végétation.

6 1°. — Densité ou poids spécifique des terres.

On désigne ainsi le poids d’un volume de terre comparé au même volume d’eau.—Pour le trouver, il suffit de constater le poids de la terre bien séchée que l’on emploie en remplissant un vase déjà à demi plein d’eau.

Ainsi, supposons que dans un flacon À

Fig. 31 GÉED) contenant exactement 2 liires-#on ait versé d’abord 1 litre d’eau exactement mesuré, qu'ensuite on ait employé pour le remplir entièrement B, 2 kil. 75, ou 2750 gramm. de sable terreux ; il est évident que ces 2750 gramm. de sable occupent ie même volume où tiennent autant de place qu’un litre d’eau, puisqu'il manquait seulement un litre pour remplir toute la capacité. Or, on sait qu'un litre d’eau, à latempérature où l’on opère, pèse 1 kil. ou 1000 grammes, donc le sable pèse sous le même volume 2750 gramm.

ou 2 fois 3/4 davantage. Ainsi 2750 est le poids spécifique du sable comparé à celui de l’eau qui est 1000.

En opérant ainsi, le docteur ScaugLer a trouvé les poids spécifiques suivans pour les diverses substances qui forment les sols.

Se ——

2 Lit.

I Lait.

Substançes terreuses, Poids Poids

= spécifique, de l’eau, Sable{calcaine fuir RE 6082 NT A000 Sable siliceux.44t1teu 0012753141 1000 Glaise maigre (sableuse). 2700 . 1000 Glaise re rasser.) 0) CPR TANt,26591 04 1000 Terre'areMeuse-4.12084800/2603 201000 Argile privée de sable. . 2590 . 1000 Terre calcaire fine... . 2468. 1000 Terre defardin: :%702:409339 4 1000 + AUUERE 2400 . 1000 Terres arables: #4: N NE F0 Magnésie carbonatée. . . 2232 . 1000 ÉUMUS ee PRES 20 SN 2 000

Le poids spécifique des terres donne des indices Sur leur nature et leur composition; mais 1l est en sens inverse de la compacité des sols pour l’argile et le sable. — Ainsi, les sables forment la partie la plus lourde des terres, et abondent cependant sur les sols légers, secs et chauds. — Les argiles, qui constituent les sols compactes, humides et froids, sont d'autant plus légères qu'elles contiennent moins de sable. — La terre calcaire, le calcaire magnésien en poudre et l’humus diminuent la densité et rendent les sols légers, pulvérulens et secs.

$ Il. — Ténacité et qualité plastique.

La ténacité d’un sol peut se reconnaître approximativement d'une manière fort simpie : on humecte la terre avec assez peu d’eau pour que, tassée et roulée entre les mains, elle forme une boule dure d'environ un pouce de diamètre, on la laisse sécher au soleil ou sur un poêle, puis on l’examine comparativement. — Pour Les sols trés-sableux et légers, la consistance sera si faible que les boules s’écraseront sous une pression faible, ou même spontanément sous leur propre poids. — Les bonnes terres arables résisteront plus où moins à la pression entre les doigts, mais s'écraseront en poudre sous un certain effort ou un léger choc.— Les glaises, terres argileuses fortes, exigeront le choc d’un corps dur, et resteront en fragmens que l’on ne pourra mettre en poudre sous les doigts.

St l’on fait chauffer au rouge cerise toutes ces boules, qu'on les laisse refroidir, puis qu'on les mette dans l’eau, les terres sableuses se désagrégeront instantanément. — Les terres trés-calcaires se délaieront plus lentement où même exigeront une pression entre les doigts. — Les argiles et terres argileuses fortes conserveront leurs formes, et même seront beaucoup plus dures qu'avant d’être chauffées. — $7 l’on chauf- J'ait au rouge presque blanc, les terres calcaires donneraient dela chaux ou se vitrifieraient. — Les argrles et terres argileuses deviendraient de plus en plus dures.

On a essayé de soumettre à des essais rigoureux la ténacité des terres ; nous indiquerons les moyens employés et les nombres obtenus. -- On devait aussi chercher à 77esurer à l’état humide \a consistance plastique, la résistance à la division et le frottement sur les instrumens aratoires, pour mieux apprécier les qualités des terres fortes ou faciles à travailler, ou trop légères. — Les agriculteurs s’en rendent à peu près compte à la quantité en surface et profondeur de terrain humide labouré, pour une égale force employée. En général, une terre est d'autant plus consistante, plus adhérente aux outils, qu'eile renferme plus d'argile plastique. Nous indiquerons les données expérimentales y relatives.

La ténacité el la consistance du solont une très-grande influence sur la végétation et sur les procédés de la culture. Ce sont surtout ces propriélés que les cullivateurs désignent par les dénominations de so/ léger ou pesant; il convient donc de les soumettre à un examen approfondi, soit à l’état sec, soit à l’état humide.

Pour éprouver la ténacité des terres à l’état sec, on a fait de chaque terre en particulier, dans son état d'humidité moyenne, des morceaux longs (parallélipipèdes), au moyen d'une forme en bois de la longueur de 20 lignes (45,2, millim.), 6 lignes de largeur (13,5 nullim.), et autant de hauteur. Dès qu'ils étaient parfaitement secs, on les posait sur deux points d'appui éloignés l’un de l’autre de 15 lignes (33,6 millim.), puis on

| les chargeait peu-a-peu de grains de plomb

cHaAp. 2°.

suspendus au milieu des morceaux de terre, au moyen d’un plateau de balance, jusqu à ce qu'ils vinssent à casser. Le poids qu'ils avaient supporté servait de mesure à leur tenacité. F

La quantité de poids dont on est obligé, pour les rompre, de charger les terres contenant de l’argile, est énorme. Elle s’est montee, pour l'argile pure, à 11 kil. 100 gramm.; la chaux fine et pure, au contraire , ne supportait que 1 kilogramme 720 grammes.

Alors, prenant la ténacité de l'argile (11,10 kilog.) pour mesure commune de 100 degrés, ou compare à celte mesure les ténacilés des autres terres, comme on le verra dans la table qui va suivre.

Cahésion du sol dans l'état humide, et son adhérence aux instrumens d’agriculture.—En travaillant une terre dans l’état humide, il ne faut pas seulement vaincre sa cohésion, mais principalement son adhérence aux instrumens d'agriculture. On s'est servi du moyen suivant pour déterminer la résistance en ce sens des différentes espèces de sols :

deux disques d’une égale grandeur, de fer ou de bois de hêtre (ce sont les 2 substances dont on se sert le plus souvent pour confectionvner les instrumens de culture }, sont attachés aux deux extrémités des bras d’une balance, en ayant soin qu'ils y soient en équilibre. Alors on met un de ces disques en contact, le plus exact possible, avec la terre à examiner, et l’on charge l’autre disque de poids , jusqu'à ce que le premier se détache de la terre; la quantité des poids ajoutés indique l’adhérence de la terre avec l'autre disque.

Afin de comparer les terres dans un état également humide, ce qui est très-important, on les emploie chaque fois dans l'état où elles se trouvent quand elles sortent des tamis ( 7. page 42), au moment où elles ne laissent plus dégoutter d’eau.

Les résultats différens obtenus par les deux modes d’essais précités sont réunis dans le tableau suivant :

Adhérence à l'étet hamide aux iustrumens de griculture

sur décimètre carré. à

Espèces de terres. P

‘oor juvj9 alt

-10,[ 2P 21109 24oas “sptod ua g1nru?L

de fer

| de bois, |

CACCIR | 2p ÉAIQUIES à

f Sable siliceux

HISable calcaire, . . . . .

{Terre calcaire fine, . . .

| Humus

! Magnésie carbonatée.. .

| Glaise maigre

J'Glaise grasse. . . . . .

Î Ci)

Co ©

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sable par

Terre de jardin.. . .

Terres arables, . . .

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