‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 80 sur 357 · IL. Engrais produits par les parties mortes , ou desséchées · texte numérisé non relu

IL. Engrais produits par les parties mortes , ou desséchées

Les plantes, en séchant, ont perdu de leur qualité nutritive. Aussi ne les emploje-t-on guère en cel état à l’amélioration des terres, qu'après les avoirtransforméesenlitière.Elles font alors le plus souvent partie des engrais mixtes dont | sera parlé ci-après. Les tiges de maïs, de seigle, les chaumes des céréales, les pailles, les joins avartiés sont particulièrement dans ce Cas.

Les feuilles qui puisent une grande partie de leur nourriture dans l'atmosphère, fertilisent à la longue de leurs dépouilles les fonds les plus ingrats S'il est impossible d'imiter avec avantage dans la pratique de la grande culture, en couvrant de feuilles des champs entiers , les procédés que la nature emploie dans les bois, il est au moins fort ordinaire d'utiliser, dans les jardins, ces précieux produits des arbres. — On les transforme de diverses manières en terreaux légers favorables à la végétalion de plantes délicates. — On les mêle aussi aux autres fumiers pour en augmenter et enaméliorer la masse, et je connais telles localités voisines de vastes plantations de conifères, où cet usage n’est pas un des moindres avantages de pareilles cultures.

Les fougères dans les terrains où elles abondent; — les fanes de toutes les mauvaises herbes détruites dans les champs ou sur les bords des chemins avant la maturité de leurs graines qui saliraient le sol en se développant; — Les mousses; — Les feuilles qu'on peut se procurer en abondance et à si peu de frais en employant des enfans à les ramasser dans les taillis ou les futaies, procurent dans quelques lieux et pourraient fournir dans beaucoup d’autres, par les mémes moyens, d'importantes ressources.

Malgré la fécondité du terreau végétalqu'on trouve dans les vieux troncs pourris, Je ne ferai que l'indiquer ici parce que son emploi ne se rattache pas à l’agriculture. — Il en est de mème de la sciure de bois que sa lente décomposition rend très-propre à entrer dans la formation des terres de bruyères artificielles.

Quant aux écorces extraites des fosses des tanneurs où elles ontperdu, en grande partie du moins, leurs principes astringens, il est reconnu qu'elles sont néanmoins, par ellesmêmes dans cet état, peu favorables à la végétalion.Parfois on les mêle à la poudrette, mais c’est une fraude doublement condamnable ; car en augmentant la masse elles diminuent la qualité. —Comme la lannée est presque entièrement composée de fibre ligneuse, pour la faire entrer plus facilement en fermentation, Davy arecommandé l’usage de la chaux.

Les balles qui se détachent des épis pendant le battage. les ckenevottes, résidus de la préparation des chanvres ou du lin, peu-

vent aussi, quoiqu’elles contiennent peu de substances nutritives, être converties en engrais. Dans presque toutes nos campagnes on les jette sans précaution sur les fumiers. Il parait qu’on n’est pas partout aussi insouciant. — Dans le Frioul on les fait ramollir quelque temps dans l’eau avant de les réunir en tas. Elles fermentent ainsi beaucoup plus promptement. — Dans le Bressan on les répand sur les prairies naturelles dans la proportion de 15 à 30 charretées par hectare. — Ailleurs on s’en sert pour fumer les vignes et les arbres fruitiers.

III. Engrais produits spécialement par les graines et les fruits.

Parcrxppo RÉ rapporte qu'il a vu meitre dans des fours des graines de lupin pour leur faire perdre leur propriété germinative et les employer ensuite comme engrais au pied des orangers et des oliviers. L'effet de cette substance devient très-promptement sensible, et l’on doit d’autant moins s’en étonner, qu'après les matières animales, les graines sont probablement de toutes les parties végétales celles qui Jouissent, sous un moindre volume, de la plus grande faculté engraissante. — Dépouillées même de plusieurs de leurs principes, elles conservent cette faculté à un haut degré.

Tous les marcs de fruits, lorsqu'on ne leur trouve pas un emploi plus avantageux, peuvent donc devenir des engrais. — Celui de raisin, après avoir fermenté quelque temps en masse et à couvert, sert à féconder ies vignes, les vergers, les prairies et même les cultures de céréales dans le midi de l’Europe. On l'utilise presque partout en jardipage. | É

Le marc de pommes et de poires, quoique moins actif, peut être employé en partie aux mêmes usages. Mis à pourrir, mêlé ensuite par moitié à de la terre et porté sur les champs secs et arides, il y produit un bon effet. En Normandie on lui reconnait surtout la propriété d’améliorer les prairies et les jeunes plantations de pommiers.

Le marc de drèche, que son emploi à l’engraissement des bestiaux et son peu d’abondance en France ne permet guère de classer parmi les substances végélales fécondantes du sol dans nos contrées, aux environs de Londres où sa production est immense, est recherché presqu’à l’égal des meilleurs fumiers, puisque la quantité qu'on en répand par arpent n'est que de 26 à 39 décalitres.

On peut expliquer cet effet par la proportion de matière azotée qu'il retient.

Enfin les marcs de graines ou de fruits oléa-

ineux font surtout d’excellens engrais. Ceux-

à méritent ici une attention particulière.

Dans le département du Nord, les tourteaux sont devenus pour ainsi dire une des conditions de la bonne culture du pays. On les emploie sur les terres légères et franches, principalement pour les cultures de céréales et pour celles des colzas et du lin. Là il n’est pas rare de voir les fermiers répandre sur moins de 20 hectares, indépendamment de tout autre fumier, au-delà de 8,000 tourteaux de colza et de cameline qui leur coùû-

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