TOME I
grand secret de la réussite; car il est bien reconnu qu'avec moins de frais, la somme des fumiers restant la même, on peut tirer davantage de produits sur un champ de moyenne que de grande étendue, et qu'il est infiniment préférable de bien cultiver l’un que de cultiver l’autre en entier.
$II.— Des divers procédés de défrichement.
Trois obstacles matériels peuvent rendre les défrichemens d’une exécution parfois fort difficile et toujours assez dispendieuse. Ce sont : Zes racines qui occupent le sol, les
terres qui en pénètrent la masse de manière ë entraver les labours, ou enfin les eaux stagrantes qui en recouvrent la surface.
Lorsqu'ils ont lieu sur d'anciennes pétures ou des landes couvertes de sous-arbrisseaux d’une faible consistance, on connaît plusieurs moyens de les effectuer. Un des plus en usage, et dans beaucoup de cas des meilleurs, est d’écroûter d’abord le sol et de brüler ensuite les produits végéto-terreux ainsi enlevés, comme on le dira ci-après en traitant de l’écobuage.
Un second moyen, recommandé avec raison par Taazr, consiste également à enlever, jusqu’à une faible profondeur, la surface du terrain, comme pour l’écobuage; à diviser les gazons en morceaux irréguliers, et à les mettre en tas avec des fumiers d’étable ou de la chaux, puis à les laisser en cet état jusqu'à ce que leur décomposition soit accomplie. Pendant ce temps, on donne plusieurs labours au champ écroüté, on y répand ensuite le compost, et on l’enterre en semant sous raie ou par un fort hersage.
Cette méthode, d’après le même auteur qui l’a éprouvée plusieurs fois, procure des récoltes très-abondantes, et met le sol dans un état de prospérité admirable, parce qu’il en résulte la décomposition absolue du gazon, sa transformation en humus, et une aération plus complète que cela n'aurait lieu de toute autre manière. Mais il est évident qu'un tel moyen est très-coùteux et ne peut être mis en pratique que sur des espaces peu étendus.
$ IL. — Défrichemens à la charrue.
D’autres fois on se borne à donner, pendant un an et même deux ans, plusieurs labours successifs, combinés de manière à détruire aussi complètement que possible la végétation des plantes adventices. Le premier de ces labours doit être assez profond seulement pour ramener à la surface la majeure partie des racines, et mettre les autres dans l'impossibilité de repousser. On le donne dans le courant des mois de décembre, janvier, février et mars, lorsqu'il ne gèle pas trop fort, et que la terre est suffisamment pénétrée et amollie par les eaux pluviales, ce qui contribue à diminuer la résistance qu'offre le labour.
Le défrichement se fait par larges planches et dans la direction la plus convenable à lécoulement des eaux vers des fossés dont, presque toujours, il convient d’entourer le terrain avant de commencer le travail.
Dès que les gazons renversés sont suffisamment desséchés ou pourris, vers le mois
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