‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 101 sur 595 · ABATTAGE DES BOIS · texte numérisé non relu

ABATTAGE DES BOIS

ainsi quelques pieds sur la longueur. Si c’est un chêne, ses racines latérales ne repoussent pas; mais, si c’est un orme, elles produisent un grand nombre de drageons. Les vieilles souches qui portent des cépées de taillis doivent être ravalées lorsque les dernières cépées n’ont pas été très-vigoureuses. On peut les scier à un pouce de hauteur.

M. MonreaTux. fait disposer les entailles de manière que la souche présente une espèce de cône, pour que l’eau n’y puisse pas séjourner ; mais j'ai remarqué que les souches dont le centre est gâté poussent aussi bien que les autres, pourvu que l’écorce ne cesse pas d’être adhérente à la fibre ligneuse. La saison la plus convenable pour abattre les arbres est donc celle qui précède immédiate.

ment l'apparition de la sève.

On pare aux bûcherons pour l’abattage des arbres à la cognée, par chaque chêne ou hêtre de 2 à 3 pi. de tour, 12 cent. L’abattage des arbres de 5 à 7 pi. de tour coûte de 40 à 50 cent. par arbre. L’abattage à la scie coûte le double, et l'abattage en pivotant coûte le triple de celui qui est fait à la cognée. Ce travail est moins cher pour les bois tendres que pour les bois durs, dans le rapport de 3 à 4.

Nous placerons ici quelques observations relatives à la coupe des bois entre deux terres. Les effets bien constatés de ce mode d’exploitation sur les souches de chêne sont :

1° que les brins nés de souches coupées au collet et au-dessous de la surface du sol sont droits, sains et élevés; 2° que ces brins adbèrent au sol, se forment leurs propres racines el deviennent chacun la souche de nouvelles tiges. Mais une partie des souches ravalées périssent, soit qu’on les coupe au niveau du sol, soit qu'on les coupe au-dessous.

L'ancienne méthode d'exploitation, qui consiste à laisser de grosses souches, fournissait une plus grande masse de taillis que celle produite par des souches ravalées; car les premières étant cicatrisées et les rejets sortant du pied des brins qui viennent d’être exploités, il n’y a contre eux aucune chance de non-réussite ; mais l'inconvénient est que la souche ne laisse rien à sa place lorsqu'elle périt. Il n’en est pas de même lorsque les souches sont ravalées; car si elles ne périssent pas après cette opération, leurs rejetons s’enracinent dans le sol, et chacun d’eux peut devenir une souche nouvelle qui à son tour en produira d’autres. Celte dernière méthode présente un désavantage, puisqu'elle fait périr un grand nombre de souches qui auraient pu porter un beau taillis. Voici ce qu'il convient de pratiquer : le forestier laissera intactes : 1° les souches de hêtre, car elles ne souffrent pas la coupe radicale ; 2° les souches d’aunes qui portent d’énormes cépées lorsqu'on n’entame pas le vieux bois ; 3° les grosses souches de chêne, orme et frêne, qui ont encore produit des brins nombreux et vigoureux. Il soumettra au recépage le charme, qui a le défaut de pousser un trop grand nombre de rejetons; le tremble, qui ne repousse que des drageons; enfin il fera recéper au niveau ou même un peu au-dessous du sol les souches de chêne et

frêne vieilles et usées. Mais, dans ce cas, il aura soin de ne pas offenser le collet des racines. On peut couvrir la souche de terre.

Le meilleur moyen d'assurer la repousse des souches est celui qui prévient l’évaporation de l'humidité du sol après que l’exploitation l'a découvert. Il conviendrait d’arracher les arbres résineux, puisque leurs souches ne repoussent jamais de rejetons.

SECTION vit. — Conservation des arbres après l'abattage.

Les bois devant être enlevés avant la pousse du mois d'août, s’il est possible, il est convenable de désigner dans la forêt ou sur les bords un emplacement où doivent être déposés les planches, l'écorce, les échalas et autres marchandises.

Des observations multipliées et une longue expérience démontrent que l'écorce est préjudiciable aux arbres qui en sont revêtus lorsqu'ils sont exposés à l'humidité ; que la sève fermente sous celte écorce, et que bientôt on voit paraître une multitude de larves d'insectes qui dévorent l’aubier. Les arbres coupés en hiver sont bien moins exposés à cette fermentation que ceux qui ont été coupés au printemps ou en été. Il convient, dans cette dernière circonstance, d’user des précautions suivantes : 1° placer l’arbre abattu à l'ombre, s’il est possible; 2° l’écorcer peu de temps après l’abatiage. Cette règle est soumise toutefois a beaucoup d’exceptions.

Les arbres destinés à être fendus en merrain ou débités en sabots ne doivent pas être écorcés, parce qu'ils deviendraient bientôt trop durs et trop difficiles à travailler.

Si on écarrit les bois de charpente immédiatement après l’abattage, ils se dessèchent promptement, mais on ne tarde pas à voir dans les pièces beaucoup de fentes et de gercures ; On a remarqué qu’elles se remplissent

ientôt si on plonge le bois dans l’eau, el même si on les expose simplement à l’humidilé; mais la valeur du bois n’en est pas moins diminuée. Pour éviter ces inconvéniens, on laisse quelque temps l'arbre dans son écorce avant de l’écarrir. 1l ne faut pas que le terme de cet état soit trop éloigné ; par exemple l'arbre abattu avant le printemps doit être écorcé dans le cours de l’auiomne suivant.

Le meilleur moyen d'enpécher les bois écarris, sciés ou fendus, de se tourmenter, consiste à les empiler les uns sur les autres, en observant de séparer toutes les pièces par de petits tasseaux en bois, de manière que l'air puisse circuler de tous côtés.

Il y a beaucoup de profit 4 débiter les bois dans la forét. On épargne ainsi une bonne partie des frais de transport.

Le bois sec scié en membrures pour les chässis de croisées et autres ouvrages de menuiserie, en feuilles de parquet, elc., est beaucoup plus cher que le bois vert. S'il a 4 ans de coupe, il vaut moitié de plus par pied cube que le bois vert, pour les ouvrages qui exigent une dessiccation à peu près complète.

| et que par conséquent il n’y en ait pas dé

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