CHAPITRE VI. — PRODUITS DIVERS DES BOIS ET FORÊTS
Nous sommes entrés, dans article intilulé Culture et aménagement des foréts, dans tous les détails nécessaires sur la croissance des arbres, et dans celui de l’exploitation; nous avons fait connaître la destination qu'on peut donner aux produits d’une coupe, le prix de la façon et du transport des bois; il ne nous reste donc ici qu’à traiter d'une manière générale des produits variés que donnent les forêts et de l'usage auquel on peut les destiner. Ces produits sont le bois de chauffage, le charbon, les bois d'œuvre et quelques menus produits, uliles dans l’économie agricole ou industrielle.
La forme sous laquelle il peut être Ze plus avantageux aux propriétaires de débiter les produits de leurs bois et forêts, est une question purement économique, dont la solution dépend la plupart du temps des localités.
Les objets qu’il importe le plus d'examiner pour la résoudre sont l'essence, l’âge, la quantité et la qualité des bois qu’on veut exploiter, la nature du terrain où ils ont végété, leur prix marchand à l’époque fixée, la demande et la consommation sous telle ou telle forme dans les environs et jusqu’à une certaine distance, la facilité des débouchés, tels que rivières flottables ou navigables, routes, chemins, canaux, etc. Enfin le mode adopté d'aménagement et d'exploitation.
SecrTion 1°. — Bois de chauffage.
La majeure partie des bois qu’on exploite et qu'on recueille dans les forêts est employée au chauffage, soit des foyers domestiques, soit des fours, fourneaux ou feux des usines et établissemens industriels. On fait usage comme bois de feu de presque toutes les essences d'arbres, quoique toutes ne donnent pas un combustible de même nature et de même valeur. La différence qu'ils offrent sous ces rapports sert tantôt à fixer leur valeur vénale, tantôt à les faire rechercher dans quelques industries et dans plusieurs arts particuliers.
La qualité la plus importante dans le bois de chauffage est la combustibilité, c'est-à-dire la faculté de dégager par l’acte de la combustion une certaine quantité de calorique, pen-
dant un temps plus ou moins long. Cette faculté n’est pas identique pour tous les bois, etl varie même dans un même bois suivant di-i verses circonstances, parmi lesquelles les suivantes exercent le plus d'influence : !
1° La pesanteur spécifique. D’après les ex-#) périences de M. HarTiG, la pesanteur spéci-kl fique des bois ne règle pas exactement l’or-}; dre de leurs qualités pour le chauffage ; maisky généralement parlant, et surtout dans une“ même essence, les bois qui ont une pluss grande pesanteur, c’est-à-dire les plus den-+ ses, sont ceux aussi qui donnent une chaleur! plus intense et plus durable. Les causes qui paraissent le plus influer sur la pesanteur des bois, sont le climat, la nature, la situation et l’exposition du terrain, l’état libre ou serré dans lequel les arbres croissent, le degré de desséchement ou d'humidité de ces bois, la partie de l’arbre où le bois est pris, l’âge et l’état de vigueur et le dépérissement: du sujet, la saison dans laquelle il est abattu, l’état de l’atmosphère au moment où l’on fait usage du bois, etc. a
2° L’éve. La qualité des bois de feu varie} avec l’âge ; mais, ainsi que nous le verronsk plus bas, cette variation n’est pas la même pour chaque essence. Les expériences ont prouvé que dans les arbres à feuilles cadu-M ques c’élaient les bois d’un âge moyen où qui ont acquis un accroissement parfait, sans être sur le retour, qui donnaient, à volume égal, la plus grande quantité de chaleur, tandis que, dans les arbres résineux, les bois de l’âge le plus élevé dégagent constam:
ment plus de chaleur que ceux d’un âge moindre.
3° Leterrainet l’exposition.Tous les terrains et toutes les expositions ne conviennent pas aux différentes essences; le chêne se plail dans les terres fortes, dans les fonds d’argilt mélés de terre végétale, de sable, de pierraille ; il aime les revers de montagnes, les expositions au nord et les plaines. Le hêtre croit de préférence dans un bon terrain frais inêlé de sable et de gravier, et dans les mêmes expositions que le chêne; le frêne el:
l’orme se plaisent particulièrement dans les fonds humides, le châtaignier, dans les ter.
rains sablonneux, etc. Le hois d’uu arbre &
er
cap. 6°,
d'autant plus de qualités que celui-ci a végété dans une situation plus favorable à son essence. En général. dans les terrains fort humides, le bois, à l'exception de celui des
» arbres aquatiques, est léger, tendre et poreux, et au contraire il a d'autant plus de densité et de qualités, que les arbres ont végété dans des fonds dont la terre était substantielle et non sujette à être inondée.
4° Le climat. Les arbres crus dans les pays
chauds ont plus de densité et sont plus durs et plus solides que les mêmes arbres qui ont végete dans des pays tempérés ou froids ; il y a aussi une différence notable entre les bois qui ont vétété en masse ou bien isolés, et entre ceux des pays plats et des montagnes, etc. ;
5° La saison de l'abattage. L'usage est d’a-
battre les arbres en hiver. A cette époque le bois n’est pas en sève; il sèche plus promptement, et, à poids égal, donne un meilleur combustible.
6° La dessiccation du bois. Plus un boisest “sec, plus , à poids égal, il est susceptible de “dégager une quantité utile de calorique en “brülant. Dans un bois vert et gorgé de sève, “une portion notable de ce calorique est em- -ployée à vaporiser l'humidité du bois, et est ainsi dissipee en pure perte. À ce sujet "M. HarrTiG a trouvé que du bois de tronc de “hêtre de 80 ans, coupé hors sève parfaitement “sec, donnait, quand on le brülait, une quanmtité de chaleur représentée par 1557, tandis “que le même bois brülé vert ne donnait “plus qu'une quantité de calorique reprémsentée par 1226 ou un peu plus des 2/3 du n bois sec.
Nous devons à M. ScaügLer la table suimyante de la quantilé moyenne d’eau, va- “riable suivant les espèces, l’âge et l’époque Mde l'abattage, que les bois contiennent à l’état “vert et qu'ils perdent en grande partie par ». la dessiccation à l’air.
100 parties de boisnouvellement abattu contiennent en essence de
Eau. Bois sec.
Bironek, MONNAIE 18,6 81,4 Saule marseau. . . . . 26,0 74,0
HILL Sycomore. . .+ «+ « . 27,0 73,0 “| Sorbier des oiseaux. . . 28,3 2157 M Frêne. . . . css 28,7 71,3 4 MNIGAU- 7 0 +0 che 30,8 69,2 SIN Alizier des bois. . . . . 32,3 67,7 js Chénerouvre.. + + - « 34,7 65,3 ÿ Chéne pédonculé. . . 35,4 64,6 Mn. - .- - : - . 37,1 62,9 Marronnier. . . . . 38,2 61,8
Pin sylvestre. . . . . . 9,7 60,3 ne + 39,7 60.3 ee se 41,6 58,4 Dremble- 020. - . . . 43,7 96,3 Re MST ST. 44,5 55,5 re 45,2 54,8 RC 2e. . 47,1 52,9
, Peuplier d'Italie. . . . 48,2 51,8 Re - - 48,6 51,4
| Peuplier blanc. . . . . 50,6 49,4 #9} Peuplier noir.. . . . . 51,8 48,2
| Les bois séchés à l’air contiennent encore