MENUS PRODUITS DES FORÊTS
l’aune pour les conduits d’eau et les corps |
de pompe; les tourreurs, de noyer, buis, fusain, genévrier, merisier, frêne, alisier, cornouiller, sorbier, robinier, tremble, aune, bouleau, ainsi que de hêtre, charme et sycomore. Les graveurs préfèrent le buis à tous les autres bois pour la gravure en relief, qui est destinée à s'allier à la typographie, et le poirier, cormier, alisier pour la gravure des planches employées à l'inpression des indiennes ou des papiers peinis. Les sculpteurs travaillent le chène, noyer, sycomore, aune, tilleul, marronnier, peuplier, saule, etc. Les dessinateurs, peintres, graveurs se servent de bois de saule ou de fusain calciné pour dessiner; du même bois de saule en tablettes pour tracer des croquis, et du bois de marronnier dressé et poli, et connu alors sous le nom de boës de Spa, pour décalquer des lithographies qui doivent orner des boîtes ou petits meubles de goût. Les orfévres font usage du bois de saule pour por l'or et l’argent.
Le tabletier emploie presque tous les bois, soit pour faire le corps de son ouvrage, soit comme placage ou marqueterie. Le coffretier-malletier construit ses boites en hêtre, chêne ou sapin. Le brossier, pour le dos de ses brosses, prend des planchettes minces de hêtre, noyer ou bois blanc. Le paumier-ra-
uetier fait usage de beau bois de frêne en Be refendues en échalas pour le corps des raquettes, et de tilleul ou de bois blanc pour l’étançcon. Le formier fait des formes
* ou des embauchoirs en hêtre, charme ou
noyer. Le /uthier emploie presque tous les
bois, et surtout le hêtre pour la table infé- |
rieure des instrumens à corde, et le sapin
pour la supérieure. Le facteur de pianos se
- sert de tous les bois d’ébénisterie et en outre
du sapin pour les tables d'harmonie, etc.
Dans les ouvrages de varnerie, tels que hottes, paniers, corbeilles, vans, on fail le plus communément usage de l’osier jaune et de l’osier rouge. Les objets les plus soignés en ce genre sont en osier blanc ou saule viminal. On fait aussi des corbeilles et des paniers avec les rameaux de la viorne mancienne, de la bourgène, du cornouiller sanguin, du noisetier, du bouleau et autres, refendus en menus brins. Enfin, les vanniers emploient encore des lattes minces de saule
Imarceau et du bois de peuplier réduit en
lanières minces dont on fabrique aussi des
*. chapeaux.
SECTION 1V. — Menus produits des forêts.
Nous rangerons sous ce litre quantité de produits qu'on peut recueillir dans les forêts, et dont quelques-uns ne sont pas sans
importance pour l’économie agricole et dans les arts. Voici les principaux :
Les écorces. Celles des jeunes chênes se vendent avantageusement pour lanner les cuirs, et nous renvoyons à ce sujet au chapitre qui précède. On sait que l’écorce du chêne-liége fournit des bouchons, des semelles, des chapelets pour les filets des pécheurs, etc. Les cordes à puits se fabriquent avec l’écorce de tilleul. La teinture fait usage de l'écorce de l’aune et du noyer. On retire de l’épiderme du bouleau une huile empyreumatique qui sert à la préparation des cuirs dits de Russie. L’écorce du houx et celle de lif sont employées à la préparation de la glu. On fait des nattes et des objets de vannerie, des cabas avec la deuxième écorce de l’orme, du tilleul et de quelques autres arbres. Enfin, on retire de l'écorce du saule un corps alcaloïde, connu sous le nom de salicine, et dont la vertu fébrifuge est presque égale à celle du quinquina, etc.
Les feuilles. On peut les employer à l’état frais, ou convenablement conservées, pour la nourriture des bestiaux. Les feuilles qu’on estime le plus sous ce rapport sont celles de frêne, érable, tilleul, orme, platane, tremble, cormier; puis viennent celles de chêne, charme, saule, peuplier, coudrier, etc. Dans le Nord on emploie même à cet usage les feuilles des arbres résineux. On peut encore se servir des feuilles, soit comme litière pour les animaux, soit pour former des engrais, des composts, ou bien des couches dans les jardins, etc.
Fruits sauvages et semences. Ceux dont la vente ou l'emploi peuvent procurer des avantages ou des profits sont les glands, qui servent à l’engraissement des porcs; la faire, qu'on destine au même usage ou à la nourriture des dindons, et dont ou retire une grande quantité d'huile bonne à brüler et à manger ; la semence du m#21cocoulier, qui, soumise à la trituration et à la presse, donne également une huile douce et agréable; les noix, les noisettes, les châtaignes, les marrons, dont tout le monde connaît les usages économiques; le marron d'Inde dont on peut reurer plusieurs produits ; les fruits du genévrier, du prunier épineux, du cornouëiller, de l’épine-vinette, du sureau, de la ronce, dont on fait plusieurs préparations utiles dans les ménages rustiques; ceux du cormier, qu'on mange comme les nêfles et dont on fabrique une espèce de cidre; la semence de tous les arbres, et entre autres des conifères, qui peut être récoltée, séchée et vendue avantageusement, etc.
La séve. Avec celle du bouleau on prépare une liqueur fermentée assez agréable; celles du sycomore et de l’érable champêtre contiennent aussi une quantité notable de sucre et peuvent être converties en boissons fermentées. Le pin maritime, le pin sylvestre, auxquels on a pratiqué des incisions, laissent écouler ce corps demi-fluide connu sous le nom de térébenthine de Bordeaux ; les sa pins commun et épicéa donnent par des procédés analogues la térébenthine de Strasbourg, et le mélèze la térébenthine de Venise, tous produits qu’on peut transformer en un grand nombre de corps, connus dans les arts sous
le nom de résine, poix, goudron, noir de fumée, ete. Les merisiers laissent aussi suinter une matière épaisse qui se concrète à l'air, et qui est employée dans divers arts sous le nom de gomme de pays. Ou recueille encore sur le tronc des jeunes mélèzes une substance grasse, connue sous le nom de manne de Briancon, et qui est employée en médecine.
On peut encore ranger au nombre des menus produits des forêts les fruits du merisier, du fraisier, de l’airelle myrtille, du framboisier qu’on mange en nature, dont on prépare aussi des boissons ou qui servent à diverses préparations économiques ; la ronce dont on fait des liens; les églantiers ou rosiers sauvages,sur lesquels on greffe d’autres rosiers dans les jardins; les truffes, les champignons comestibles, les z7ortlles qu’on réserve pour la table; l’agaric chirurgical, le boiet amadouvier; \e genét commun, dont on fait des balais, des hens, de la litière, des bourrées; le genét des teinturiers, employé encore en teinture; les fougères, qui peuvent servir à la nourriture des bestiaux, à couvrir les plantes de jardin pendant l'hiver, et fournissent par leur incinération une grande quantité de potasse; les bruyéres, que les moutons, les chèvres et les vaches mangent volontiers, dont on fait de la litière, des balais, des corbeilles, des cabanes de vers-àsoie, et dont on retire du charbon et de la