‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 121 sur 595 · LIV. V · texte numérisé non relu

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potasse; les mousses, qu’on peut employer comme litière ou pour faire des composts, des matelas, ou emballer des marchandises ; les Lerbages et foins, etc., qu’on peut récolter en temps opportun ou faire pâturer par les animaux domestiques; la viorre obier (viburnum opulus ), dont on fait des baguettes de fusil, des tuyaux de pipe, de petits ouvrages au tour; la »iorne cotonneuse ( ». lantana), qu'on emploie à faire de petits cercles, des liens, des paniers, des corbeilles ; le daphne mezereum, dont on fabrique des chapeaux d’un blanc éclatant et du papier imitant celui de Chine; la clématite des haies (clematis vitalba L.), qui sert à faire des liens, des paniers, des corbeilles, des ruches ; le brou de noix, qu'on emploie en teinture ; les œufs de fourmis, dont on nourrit les jeunes faisans; les cuntharides, employées en pharmacie; les œufs des oiseaux sauvages; enfin nne foule de plantes, de semences et de fruits employés dans les arts industriels, l’art de guérir et l’économie domestique, etc.

Il faut encore mettre au rang des produits des forêts le r1el, qu'on peut enlever aux abeilles sauvages, et les animaux sauvages, soit quadrupèdes, soit oiseaux, dont la poursuite ou la destruction fait l’objet de la chasse, et dont la dépouille et la vente peuvent procurer des bénéfices assez importans. F. M.

La science forestière ne consiste pas seulement à connaitre les essences qui profiteront le mieux sur le sol dont on peut disposer, les meilleures méthodes de semis, plantation, culture, aménagement et exploitation des bois et forêts, elle apprend encore à défendre ces sortes de propriétés contre toute sorte d’agens destructeurs, et à les garantir des attaques d’ennemis auxquelles elles sont plus exposées que toutes les autres.

Les moyens de conservation ou de défense doivent varier suivant la nature des agens de destruction ou l'espèce d’ennemis qui attaquent nos forêts. Ces agens ou ces ennemis sout l’homme, les animaux, les végétaux et quelques phénomènes physiques.

Des forestiers distingués de la France et de l'Allemagne oct étudié avec soin cette partie intéressante de la science; nous citerons entre autres MM. DRALET, BECHSTEIN, BurGs- DORFF, COTTA, HArTIG, MEYER, PFEIL, SCHIL- LING et Laurop. Ce sont les travaux de ces savans, surtout ceux des derniers, qui vont nous servir de guides dans ce chapitre.

SECTION I'°. — Dommages causés par l’homme.

L'homme peut porter préjudice aux forêts de bien des manières es pri prévues la lupart par les réglemens forestiers ou les ois de l’Etat, et classées par celles-ci, suivant leur gravité, en contraventions, délits ou crimes.

Les dommages causés par l'homme peuvent avoir lieu par suite d'une attaque immédiate contre la propriété, ou être le résultat d’actes médiats préjudiciables aux forêts, ou enfin celui de l'ignorance ou de l'abus.

$ I. — Attaques immédiates contre la forestière.

propriété

Ces attaques portent atteinte soit au sol forestier, soit à ses produits.

1°On porte atteinte au sol forestier quand on déplace, bouleverse ou supprime les marques, bornes, poteaux, fossés, pieds corniers, etc., qui établissent la limite des héritages. Les fontaines, ruisseaux, rivières, chemins, montagnes sont souvent employés pour fixer les limites forestières, mais on leur préfère au- Jourd’hui les pierres , qui ont en effet plu-” sieurs avantages. Pour assurer ces limites, il faut y établir, dans un lieu apparent, des.

bornes en pierre d’un assez fort cubage pour. qu’on ne puisse les renverser facilement. On enfouit sous ces bornes d’autres pierres plus

petites ou des matières incorruptibles, telles |

que du charbon, qu'on appelle témoins, et qu’on retrouve quand les bornes ont été déplacées. Un plan cadastral bien fait, une des-

cription précise de la propriété, des recole- |

mens de bornage faits de temps à autre avec le plan à la main et en présence des propriétaires riverains et dont il est dressé procès-verbal,

enfin, une surveillance active de la part des

ŒuqnS ou pue es

agens chargés de la garde des bois et forêts, sont les moyens les plus propres à conserver et à garantir leurs limites.

Avant d'aller plus loin, nous dirons un mot des qualités nécessaires à de bons agens forestiers, en prenant pour guide le portrait qu’en a tracé M. Harric. Un bon garde doit être d’une constitution robuste, d'ure bonne santé, bon marcheur, doué d’une bonne vue, de l’ouiïe fine et de beaucoup d'activité et de persévérance. Il est indispensable que sa moralité soit irréprochable. Il doit avoir un certain degré d'intelligence et de capacité, et être brave pour réprimer l'audace des délinquans et des brigands dont les bois sont souvent le repaire. Il doit savoir lire et écrire et être en état de faire un rapport clair et méthodique, connaître l’arithmétique, savoir un peu de géométrie, avoir une idée générale de l’administration, de la science et de l’économie forestières, enfin, connaître tout ce qui concerne les délits forestiers, la chasse et la | conservation du gibier.

2° Les produits forestiers sont très-difficiles à défendre contre les attaques de l’homme.

Le bois est un-de ceux qui donnent le plus fréquemment lieu aux délits. Une surveillance active et les peines portées par nos lois ne le mettent pas toujours à l’abri des dépee On y parvient quelquefois en dé-

ivrant à très-bas prix ou même gratuitement les broussailles, ramilles, copeaux et autres combustibles d’une faible valeur aux pauvres des communes voisines, en maintenant à un prix très-modéré dans les environs tous les menus bois qui servent dans l’agriculture, tels que perches, échalas, gaulettes, liens, rames pour les légumineuses ou le houblon, etc.; en redoublant de vigilance au moment des coupes; en rassemblant autant que possible les bois coupés en grandes mas- + ses, toujours plus faciles à surveiller; en vi-

dant les coupes le plus promptement possible, etc.

Il n’y a aussi qu’une surveillance active qui puisse prévenir certains délits qui ont pour objet de #2utiler ou d’estropier, avec des 1nstrumens tranchans, les arbres sur pied ou + les jeunes plants. Ces attaques, quelquefois + très-désastreuses pour les forêts, ont .. la plupart du temps dans le but de se procurer

des harts pour les fagots et les gerbes en coupant de jeunes brins dans les taillis, d’en- : lever des marcottes et des boutures, de faire + des balais avec les pousses du bouleau, de recueillir de la sève en perçant les arbres ‘+ résineux , des écorces pour la vannerie et la + sparterie, de la nourriture ou de la litière + pour les animaux, en enlevant les fruits fo- + restiers, ou en coupant des branches de co- …nifères, en moissonnant à la main ou en fai- + sant brouter aux bestiaux les herbes, gazons “et autres plantes dans les semis ou planta- “tions, en dépouillant les arbres de leurs “feuilles ou bien en enlevant les feuilles sè- …ches, mousses, genêts, bruyères dans les lieux s où ces objets sont utiles à la culture et au repeuplement de la forêt.

: Nous regardons encore comme préjudiciables aux forêts une foule d'actes qui, si on ne s’y opposait pas par une bonne garde, finiraient par avoir des conséquences

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