‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 134 sur 595 · L'ESTIMATION DES FORÊTS. LV. V · texte numérisé non relu

L'ESTIMATION DES FORÊTS. LV. V

Nous avons assez multiplié les exemples pour faire comprendre parfaitement la manière d'employer nos tables. La seule atten- | ton qu'elles réclament consiste à bien déterminer, avant touterecherche, le taux d’inté: | rét sur lequel on veut faire l'évaluation.

SECTION H.—Ævaluation de la superficie des |

bois. 4

$ 1°. — Taillis en croissance. 1

Une estimation forestière n'offre pas de ! !

irès-grandes difficultés quand elle s’applique ! aux produits d’une coupe parvenue à l’état | de maturité qui lui est propre, c’est-à-dire au! dernier degré de croissance que permet, soit! la nature du sol, soit laforme particulière de l'aménagement ; cette coupe appartient alorsk à la catégorie des boës exploitables.

Pour évaluer une coupe exploitable, on dés!

termine la quantité de cordes ou de stères de, bois de feu ou de service qu’on peut tirer du taillis ainsi que des futaies; le nombre de fagots que peuvent fournir les branchages et!

les ramilles, etc. On estime ensuite au prix! local et courant les produits matériels pré-w sumés. Cette opération, quoique simple dans ses procédés, n’en réclame pas moins des!

connaissances spéciales; mais comme l’abattage ue tarde pas à mettre en lumière les me: comptes de l’estimateur, celui-ci ne peut manquer d'être bientôt en état de préjuger avec une justesse suffisante, à l’aspect d’une vente sur pied, je volume de combustible et de bois d'œuvre qu’elle doit fournir. Et c’est] en cela particulièrement que consiste la dif-s ficulté de l’estimation des bois exploitables. Il suffit donc à la rigueur, pour ce genre d’ap préciations, des connaissances expérimentales qu’on acquiert toujours en suivant les exploitations.

Mais les données de la pratique, si elles ne sont pas éclairées par la théorie, se trouvent insuffisantes lorsqu'il s’agit d'apprécier une coupe qui n'a pas encore atteint le terme dk l’exploitabilité. I] est évident que cette éva: luation doit être calculée d’après les degrés d’accroissement du bois, et, dès-lors, il devient nécessaire d'étudier la loi suivant laquelle s'opère cet accroissement. Toutefois, les di verses espèces de bois n’acquièrent pas le même volume dans des temps égaux. E!

en supposant même que l’on parvienne à calculer avec précision la somme de pro‘ duits que peut donner le bois à chaque phast de la vie végétale, la question qui nous oc!

cupe ne serait encore résolue qu’à demi. 1 resterait à estimer ces produits d’après leu degré d’utilité, ou, en d’autres termes, d'a! près leur valeur relative. Il faudrait assigne) des prix proportionnels à la corde de tailli! de 6 ans, à la corde de taillis de 10 ans, d' taillis de 15 ans, 20 ans, etc.; car on sait qu pareil volume des taillis de différens âges pré. sentent des valeurs très-diverses. Or, cetti dernière détermination ne serait pas plu praticable que la précédente. |

Ce n’est donc pas sous le point de vue de produits matériels qu’il faut env.sager un bo en croissance dont on veut faire l'estimation c’est uniquement sous le rapport des va/eur exprimées en numéraire, Il est de toute évi|

NL

cHAP. $°, EVALUATION DE LA

dence qu’un taillis de 1, 2 ou 3 ans, ne peut fournir aucun produit matériel utile; d'un autre côté, on sait avec certitude que ce même taillis a une valeur quelconque, plus forte à 2 ans qu’à un an, à 3 ans qu’à 2 ans, et qui augmente progressivement jusqu’à l'instant marque pour l'exploitation; celte valeur, comme nous venons de l’observer, n’est point dépendante de la quantité ou du volume des produits actuels d’un taillis ex croissance, mais des produits qu’on doit recueillir à l’époque de la maturité du bois.

La valeur d’un taillis encore naissant n'existe donc que dans un avenir plus ou moins éloigné; une coupe de 3 ans n’a point de valeur absolue et actuelle; elle a une valeur relative et future. Cette valeur future est connue ou du moins présumée. On sait, par exemple, qu’un taillis de 22 ans a été vendu 560 fr. l’hectare; on en déduira la probabilité qu’une coupe de 3 ans située dans le même sol, composée des mêmes essences, de même nature, en un mot, se vendra également 560 fr. lorsqu'elle sera dans sa 22° année. Et comme on ne peut aller que du connu à l'inconnu, on rattachera à cette donnée extrême l'évaluation graduelle des recrus d’1 an, 2 ans, 3 ans, etc. Nous allons voir comment on parvient à faire cette évaluation pour un cas déterminé.

Un hectare de recru de 9 ans est à vendre

| dans un bois qui n’est exploitable qu’à 22

. ans, etoù l’hectare de taillis ez maturité vaut . 560 fr. On demande quelle est la valeur actuelle de cet hectare de 9 ans?

A l’aide de notre table des valeurs du sol, n° II, nous déterminerons préalablement la valeur du fonds d’un hectare de ce bois, par

l'opération suivante :

Je prends dans cette table, vis-à-vis 22 ans, annee nn Le . '. 0. 730

Je le multiplie par le prix de

hectare en maturité, qui est de 560 fr.

Produit . . . 468,800 Séparant 3 chiffres sur la droite du pro-

à duit, je trouve que le fonds de l’hectare de ce si bois vaut 408 fr. 80 c.. au taux de 4 p. 100. Il À suit de là que l’hectare présentement âgé de

9 ans offrira dans 13 ans, c’est-à-dire lorsqu'il

À aura atteint sa 22° année, une valeur de 560 f.

> la superficie, et de 408 fr. 80 c. pour le

(8 fonds ; au total 968 fr. 80 c.

et

“, Cela posé, nous demanderons combien

vaut aujourd’hui une propriété qui, dans 13

ans, vaudra 968 fr. 80 c., ou, pour nous servir d’une formule équivalente, nous demandeérons quelle somme il faut placer aujourd'hui, à un intérêt de 4 p. 100, afin de constituer dans 13ans,avec les intérêts progressifs, un capital de 968 fr. 80c. Une règle de fausseposition nous apprendra, par une longue - suite de calculs, que la somme cherchée est . de 581 fr. 84 c. L'hectare de bois de 9 ans, tant fonds que superficie, vaut donc en ce imoment 581 fr. 84 c. En effet, l'acquéreur de ce fonds, en déboursant actuellement 581 fr.

84 c., se trouvera avoir accumulé une valeur de 968 fr. 80 c. dans 13 ans; sa condition à

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