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forestier de savoir quels sont les emplois qu'on peut faire des différentes espèces de bois, et quelle est la manière la plus avantageuse de les débiter. Plusieurs parties de cel ouvrage offrent sur ce sujet les indications les plus précises. Dans le chapitre IT consacré à la description des arbres foresliers, on à signalé les usages économiques auxquels ces arbres sont propres. Plus loin, dans le chapitre V, on a traité en détail de l'exploitation et du ‘débit des bois. Il ne nous reste donc qu'à récapituler ces utiles notions, en les présentant sous un nouvel aspect. Nous avons jusqu'ici dénombré les emplois dont chaque sorte de bois est susceptible; actuellement nous énumérerons, au contraire, les différeutes espèces d'arbres, propres à tel ou tel usage économique.
Usages des différentes espèces de bois.—Dans la nomenclature qui va suivre, nous placerons en 1° lieu les bois qui sont de meilleure qualité pour chaque usage, et ainsi de suite. jusqu’à l'espèce de moindre qualité.
Charbon : pin-silvestre, charme, sycomore, frêne, hêtre, chêne, bouleau, orme, mélèze, épicéa, sapin commun, tremble, tilleul, aune. Bois de chauffage : sycomore, pin, frêne, hêtre, charme, alizier, chêne, mélèze, orme, épicéa, bouleau, sapin commun, tilleul, tremble, aune, peuplier noir, saule, peuplier d’Italie. Marine : chène,sapin, pin, mélèze, hêtre et orme. Grande charpente : chêne, châtaignier et pin. Agrés d'usines : orme, cormier, alizier, pommier et charme. Charpente ordinatre : chêne, châtaignier, arbres résineux, orme, cormier, alizier, merisier, ypréau, tremble et peuplier. Merrain : chêne et hêtre. Lattes : chêne, châtaignier et bois blancs.
Boëissellerie : chêne, hêtre, sapin, tremble. Treillage : chène, châtaignier et frêne. £chalas : chêne, châtaignier, frêne, pin, saulemarceau et tremble. Paisseaux ronds : chàtaignier,genévrier,cornouillier, chêne, frêne, pin, coudrier, érable, bois blancs. Scrage :
chêne, hêtre, orme, platane, châtaignier, noyer, mélèze, sapin, pin, merisier, tilleul, ypréau, marronnier, peuplier noir, peuplier commun, tremble, peuplier d'Italie. Racterte : le hêtre. F’aissellerie : hêtre, sapin, pin et tremble. Ætaux et tables : orme, hètre et noyer. Pilots : chêne, aune. Charronnage ordinaire : chêne, frêne, orme, charme. CAarronnage de luxe : frêne, orme, chêne, hêtre et noyer. Conduites d’eau : pin et aune. Cercles: châtaignier, frêne, saule-marceau, merisier, bouleau, coudrier, chêne, saule blanc et tilleul. Bois à 1ourneurs : frêne, noyer, fauxacacia, prunier, aune el buis. Bots à sabots : hêtre, noyer, ypréau, bouleau, aune, peuplier commun, tremble, tilleul, peuplier d'Italie.
Bois à sculpteurs : chêne, hêtre, platane, til- Jeul, marronnier.
Ev appréciant la valeur relative de chaque bois, par la variété des marchandises qu'on en obtient, ou par le nombre d’usages auxquels il est propre, on trouve que nos essences forestières se présentent dans l’ordre décroissant ci-après : chéne, hêtre, frêne, orme,
Char. 8°.
châtaignier, charme, arbres résineux, tilleul, tremble, ypréau, bouleau et aune. Toutes les autres essences ne sont que d’une utilité secondaire.
Ces détails peuvent guider le marchand de bois dans le débit et la vente des produits d'une coupe; mais dans une estimation de bois sur pied, ces élémens n’ont plus la même importance. On ne considère plus guère alors les emplois du bois, quelque variés qu'ils soient, que sous deux points de vue principaux; suivant que le bois se présente, ou en taillis ou en futaie.
S'il s’agit de taillis, le bois destiné au chauffage ou à la carbonisation étant, de toutes les marchandises que l’on retire des forêts, celle dont la société a le plus besoin, c’est cette sorte de marchandise que l'exploitant fabriquera en plus grande quantité. C’est aussi le prix local de cette espèce de produit qui servira de base à l’estimation du taillis.
Quant à la valeur de la futaie, on compte tes arbres à abattre dans une vente, on en nesure la grosseur, on en estime la hauteur, et on évalue ensuite la charpente ou le gros bois de chauffage que ces arbres peuvent fournir : Le prix de ces deux espèces de produits dans la localité, sert encore de base'‘à l'estimation.
Ainsi, l’évaluation des bois exploitables se réduit à la solution de ces deux questions :
1° Combien un hectare de taillis donné peut-il rendre de cordes ou de stères de bois de chauffage, ou de bois à charbon; et quel est le prix local de la corde ou du stère de l'une et de l’autre de ces espèces de bois ?
2° Combien de solives ou de stères peut
ÉVALUATION DE LA SUPERFICIE DES BOIS
produire une futaie donnée, el quel est le prix local de la solive ou du stère, tant en baie de charpente qu’eu gros bois de feu?
Tels sont les objets que nous allons traiter dans les deux articles suivans. Les’ mesures de solidité que nous énoncerons seront empruntées à l’ancien système. Nous n’admettons, pour plus de clarté, que 2 sortes de cordes ; la 1°* pour les taillis, de 8 pieds de couche sur 4 pieds de hauteur et 2 pieds 1 2 de longueur de bois, ce qui fait en solidité 80 pieds cubes; la 2°, pour le gros bois de feu, de 8 pieds de couche, 4 pieds de hauteur et 4 pieds de longueur de bois, ce qui fait en solidité 128 pieds cubes. Nous donnerons plus loin le rapport de conversion de ces anciennes mesures en mesures mélriques.
1° Evaluation du produit des taillis.
La valeur matérielle d’un taillis dépend de 3 circonstances principales : l’âge du recru, la qualité du sol, et lu nature des essences. Nous présenterons, dans le tableau suivant, une indication aussi approximative que possible des produits d’un hectare de taillis sous futaie, de 5 années en 5 années, en mesurant ces produits d’après les trois donnees précédentes, dont le concours détermine nécessairement la consistance d’un bois. Pour atteindre ce but, nous rangerons les bois en six classes, que nous caractériserons par la considération du sol et celle des essences dominantes ; nous supposerons que le taillis est convenablement garni, et que les futaies dont 1l est parsemé ne sont point assez nombreuses pour nuire au recru.
Tableau du produit moyen d’un hectare de taillis sous-futaie, en cordes ( de 80 pieds P 3 ; P cubes) et en stéres.
1'€ Classe.
2° Classe.
Pleine fertile,
ee Plaine féconde, terrain propre à faire £ | després de première ë.
de tres-bonnes terres labourables.
qualité.
: Essences dom nantes:
| 4 Orme, Frène et Chène, Hètre et Î
Chëne. Tremble.
et Auue.
Ans. | Cordes. Stères. Cordes Stères. | Cordes,
3° Classe.
Plaine médiocre, tesrain propre à faire |lerrain propre à lacul- eu ture ordinaire, fouds uu peu froid.
Essences dominantes: | Éssences dominantes:|Essences dominantes: |Essences domirantes: Charme, Tremble
Sières.
4° Classe. 5° Classe. 6° Classe.
Bon terrain Terrain médiocre [Terrain de montagne
et sec, en coleau, pierreux colteau a ou
exposé au nord. diverses expositions. sablonneux.
Éssences dominantes:
Chène, Charme Alizier et Cornouillier
Hêtre, Charme et Chène.
Clhène, Charme, Alizier et Erable,
Cordes. | Sières. Cordes. Stères. Cordes. Sières,
50 137 45 123 38 104 20 55 18 49 Al :87. |: 238 65 178 60 164 51 140 2e 76 23 65 |
| 30 | 107 | 293 80 | 219 75 | 205 64 175 35 | 96 28 36 er | 348 95 | 9260 90 | 246 76 | 208 41 | 112 33 90 40 | 147 | 402 | 110 | 301 | 105 288 87117238 47 |'198 | 38 104
Nota. — Le produit de la vente des ramilles suffit pour couvrir les frais d'exploitation dans les pays de plaine, et pour en payer un tiers environ, dans les localités montagneuses, où le bois est ordinairement plus abondant qu'ailleurs ; un hectare peut donner de 1100 à 1400 fagots, après la fabrication de la charbonnette.
A l’aide des chiffres contenus dans ce tableau, il est aisé de déterminer, au moins à très-peu près, le produit d'un taillis sur pied ; mais si on n’a aucune habitude de ces sortes d'opérations, on peut, afin d'éviter touic méprise, contrôler les indications du ; à évaluer, une petite étendue teile qu'uu are
tableau,par les exploitations d'essai indiquées page 110,ou par un procédé moins certain, mais plus expéditif, le comptage d'essai :
voici en quoi consisie ce dernier moyen.
On mesure en plusieurs endroits du bois
166 AGRICULTURE FORESTIÈRE : DE L'ESTIMATION DES FORÈTS
ou le carré du décamètre. On compte exactement tous les brins renfermés dans cet espace,on en mesure la hauteur moyenne, afin de pouvoir calculer combien il faudra de ces brins pour remplir une corde ou un stère. Il estentendu qu’au préalable, on aura reconnu par une expérience très-facile la quantité de morceaux dont se compose une corde, ou un stère de taillis de même âge et grosseur que celui qu’il est question d'estimer. 11 n’y a pas de bois dont la consistance soit uniforme sur tous les points; il faut donc, pour approcher le plus près possible de l'exactitude, faire le comptage d'un certain nombre d’ares; le mieux serait d'en compter autant que la coupe contient d'hectares.
Non seulement il est nécessaire de multiplier les ares d'essai, mais il importe encore d'en bien choisir l'assiette. Après avoir examiné l’état du bois avec attention, on le divise en parties d'une composition uniforme, on opère dans chacune de ces divisions en y prenant un nombre d’ares d’essai égal autant que possible à celui des hectares; le terme moyen des résultats devient la base de l'estimation, Si la coupe renferme des vides, il faut en évaluer l’étendue, et la soustraire de la contenance totale, pour avoir l'étendue réelle du bois à estimer.
Lorsqu'on n’a plus qu’à convertir en argent les produits matériels d’un bois, si ces produits sont en maturité ou se rapprochent de cet état, on les estime d’après le prix courant actuel, et d’après une moyenne déduite des années antécédentes, si l'exploitation est encore éloignée. Dans ce dernier cas, on observe la règle que nous avons donnée pour l'évaluation du sol, p. 452.
2° Evaluation du produit des futaies.
De deux choses l’une, ou la futaie doit fournir des pièces de charpente ou de sciage, ou elle doit être débitée en bois pour les foyers. Dans le premier cas, on mesure la solidité, non de l'arbre dans son volume total, mais de la pièce seulement qui en sortira par suite de l’écarrissage ; dans le second, on doit naturellement mesurer la solidité complète de l’arbre qui sera tout entier fabriqué en cordes ou sières; cependant cette dernière méthode, qui paraît si rétionnelle, est peu pratiquée. Nous verrons par la suite qu’elle est d’un usage très-facile, et qu’il est réellement indispensable d’y recourir toutes les fois qu’il s’agit de cuber des bois destinés à subir l’opération du moulage.
Le cubage des arbres a donc deux objets distincts : afin de mettre de l'ordre dans les détails que comporte ce sujet, nous commencerous par le mesurage des arbres ronds ou en grume, puis Dous passerons au cubage des mêmes arbres considérés comme bois d’écarrissage.
A. Cubage des arbres en grume. — On appelle bois en grume l'arbre encore sur pied, ou l'arbre abattu, privé de sa souche, dépouillé de ses branches, et resté d’ailleurs dans la forme que lui a donnée la nature. Un arbre observé sous ce point de vue apparaît comme un cône tronqué plus ou moins régulier; mais dans la pratique, on l’assimile à