‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 161 sur 595 · AU SN · texte numérisé non relu

AU SN

nal d'agriculture de l'Ain ; nous croyons utile de résumer ici les détails nécessaires pour diriger des constructions de cette espèce.

Les thous anciens et nouveaux sont construits dans le même but et avec les mêmes moyens mécaniques ; pour les uns et les autres, il s’agit d'établir et de suspendre à volonté l'évacuation des eaux des étangs retenues par les chaussées ; et dans les uns comme dans les autres cette évacuation se fait par un canal qui traverse la chaussée. Ce canal reste ouvert au dehors de l'étang, mais se ferme à volonté dans l'intérieur par un bouchon rond dit pilon, qui s'engage dans un trou de même forme et intercepte le passage de l’eau. Sur cet œil, dans le nouveau système, on établit un puits en maconnerie qui renferme le mécanisme, et ce puits, dans son pourtour, se couvre de terre qu’on bat avec soin ; il n'y a donc de différence entre l'ancien et le nouveau système, qu’en ce que dans les thous anciens toute la construction est en boïs et reste à découvert, pendant que dans les nouveaux la maçonnerie rem-

lace le bois, ét tout le mécanisme est mis à l'abri des injures de l'air; mais les premiers ont vingt-cinq ans de durée et demandent beaucoup d’entretien, pendant que les seconds, établis avec soin, dureront indéfiniment, sans avoir besoin de réparations.

Les puits se monte au-dessus de l'œil du canal qui en occupe le centre; on peut toutefois, en ne plaçant pas l'œil au milieu du puits, restreindre ses dimensions, par le double motif de diminuer d’abord la dépense et ensuite la saillie du puits dans l'étang: on laisse sur la gauche, et du côté de l'étang, un intervalle de 13 à 16 centimètres entre l'œil ou bonde et le côté intérieur du puits ; on se ménage ensuite sur la droite un espace double pour pouvoir permettre à un homme de manœuvrer à l'aise avec ses bras dans l’intérieur ; il en résulte alors qu'un puits, pour un œil de 50 centimètres de petit diamètre, peut n'avoir qu'un peu plus d'un mètre le diamètre intérieur.

Le puits communique avec l'étang par un canal qu'on recouvre de terre. Ce canal a { mètre et demi de longueur et une largeur suflisante pour qu'un homime, en s'y engageant, puisse prendre sans se gêner le soin nécessaire pour boucher hermetiquement la bonde, ce qui se fait en

garnissant de mousse le joint circulaire du bouchon avec l'œil, et en recouvrant de boue ou d'argile cette espèce de calfat, On garnit avec avantage la partie supérieure du puits d’un collet de pierre de 3 à 4 pouces d'épaisseur ; ce collet se recouvre de plateaux de chêne ou d’une dalle qui s'engage dans une feuillure, On recouvre le tout de terre, soit pour le conserver, soit pour le mettre à l'abri des curieux ou des malveillants.

L'œil de la bonde se met dans sa place ordinaire, c’està-dire dans l'étang, au-delà du terre-plein de la chaussée, afin que la clave conserve toute son épaisseur et que le puits lui-mème ne l’entame pas. On met cet œil dans le bois ou dans la pierre ; mais après avoir essayé de l'un et de l’autre, comme il est assez difficile et très cher de trouver pour de grandes bondes des plateaux de dimension suffisante, nous pensons qu’il y a avantage à employer une dalle en pierre qui coûte moins cher et doit durer indéfiniment , pendant que le bois périt par ses nœuds, par des gelivures inapercues, et par le temps enfin, quoique placé à l’abri.

Fig. 204.

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