‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 162 sur 595 · MAMAN · texte numérisé non relu

MAMAN

La plus grande dimension de la dalle doit se placer

dans le sens de la longueur du canal, en sorte que le mur

du puits du côté de la chaussée repose en entier sur elle.

Le fond du canal sous la bonde se garnit d'une pierre

plaie où d’un plateau pour résister a la chute des eaux

qui se précipitent en ce point, et pourraient causer des dégradations,

Le puits (fig. 204), comme nous l'avons précédemment

in

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dit, se monte au-dessus de l'œil ; il est rond quand il ne’ renferme qu'une seule bonde : pour deux ou un plus grand nombre, on le fait ovale, avec son grand côté parallèle à la chaussée, pour ménager les matériaux, laisser à la chaus= sée elle-même le plus d'épaisseur possible, et enfin pour que le puits fasse une saillie moindre dans l'étang.

Le pilon ou bouchon est en bois; il est traversé par une lige ou montant de fer plat qui sert à le hausser on le baisser. Ce montant est maintenu dans sa direction par deux anneaux plats fixés sur deux traverses en fer scellées dans les murs du puits. Pour manœuvrer, soulever et fixer à volonté.le bouchon, le montant porte sur un de ses côtés des dents dans lesquelles s’engrène un cliquet qui s’y accroche par son propre poids, et qui est fixe à la traverse supérieure. Un fil de fer qui monte jusqu’au-dessus du puits sert à soulever ce cliquet pour pouvoir, à volonté, abaisser ou élever le bouchon. Le montant a une longueur telle, que lorsque le bouchon est soulevé et l’étang en assec, le puits reste encore bouché. Il est essentiel que la face inférieure du pilon soulevé pendant l’assec soit plus élevé que la partie supérieure du canal qui amène l’eau de l'étang. L'expérience nous a prouvé que le choc des grandes eaux qu’amène le canal, lorsque le bouchon se trouve dans leur direction, le tourmente et l’agite, en lui imprimant un mouvement saccadé qui déplace les barres transversales scellées dans le puits, et par suite ébranle la construction. L’extrémité supérieure du montant porte un anneau qui est plongé dans l’eau quand l’étang est plein; pour soulever le pilon, on a une autre tige en fer, munie d'un crochet à l’un de ses bouts, et à l’autre d’un large anneau. On engage le crochet dans l'anneau du montant du bouchon, et dans celui de la tige‘un levier, à l'aide duquel on soulève le bouchon. Cette tige se conserve à la maison et peut servir de clef à tous les étangs de même construction.

Lorsque l'étang est grand et la quantité des eaux affluentes considérable, comme la manœuvre d’un bonchon de plus 50 à 60 centimètres de diamètre serait assez pénible, que dans un étang de 3 mètres de profondeur ce bouclon est chargé d’un poids de 6 à 800 litres ou kilogrammes d’eau, que le bouchon scellé se gonfle et exige, pour être détaché, un effort encore beaucoup plus considérable, il est tout-à-fait convenable de ne pas outrepasser cette dimension pour la bonde ; lorsque cette bonde peut suffire, on fait alors un thou à double bonde, et pour cela on agrandit son canal autant que le volume des eaux l’exige; on le recouvre d’une dalle percée de deux yeux aussi voisins que possible, sans trop affaiblir la pierre, et on donne au puits qui les recouvre une forme ovale dont le grand diamètre est parallèle à la chaussée ; on a alors un puits à deux bondes. Si ces deux bondes étaient insuffisantes, rien n’empécherait qu'on n’en ajoutât une troisième et même une quatrième ; il suffirait d'augmenter les dimensions du canal et du puits; toutefois il serait bien rare d’avoir besoin d’un puits à 4 bondes de 18 pouces de diamètre; dans ce cas, il faudrait à la dalle où devraient se creuser les yeux, 3 mètres au moins de longueur ; mais ces quatre bondes donneraient passage à une énorme quantité d’eau de plus de 3,000 litres par seconde, débit qui représente celui d’une assez forte rivière et qui évacuerait nos plus grands étangs en très peu de jours.

Pour empêcher le poisson de s'échapper au moment de la pèche, on peut griller l'embouchure du canal dans létang; on supplée à cette grille, qui doit rester à demeure, par une auire amovible en fil de fer, clouée sur un cadre de chène. Cette grille peut se porter à chaque étang qu'on veut pêcher; on la descend devant l'entrée du canal, en la laissant glisser le long de la chaussée, le fil de fer tourné du côté de l’eau : elle est soutenue par une corde attachée à deux angles du cadre qui sert à la descendre et à la relever, pour la nettoyer si elle vient à s’engorger. Comme une seule grille peut suffire pour tous les étangs, ce moyen est peu dispendieux et satisfait à tous les besoins. ,

Cela posé, il peut être utile d'entrer dans les détails et les dépenses d’une pareille construction. Pour cela , admettons que nous ayons à construire un (hou pour un

Cap. 9.

étang pourvu d’une bonde de 50 centimètres de petit diamètre et de 3 mètres et demi de hauteur de chaussée; par suite, le puits aura 1 mètre de grand diamètre. Cette dimension de bonde peut convenir à un assez grand étang de 15 à 20 hectares, puisqu'avec une charge moyenne de 2 mètres d’eau elle peut, en vingt-quatre heures, en débiter 60,000 mètres cubes qui sont à peu près le tiers de l'eau que contient un étang de 20 hectares et de 3 mètres de profondeur ; un pareil étang avec cette bonde se viderait donc en trois jours, évacuation aussi prompte qu’il est convenable de la faire.

Maintenant estimons 8 francs 50 centimes le mètre cube de pierre rendue sur place, 5 francs 50 centimes le tonneau ou les 2 hectolitres de chaux; le sable, assez ordinairement pris sur place, a peu de valeur ; cependant portons-le à 1 franc le tombereau. Comptant au prix ordinaire la façon du macon, le mètre cube de maçonnerie reviendra à peu près à 15 francs 50 centimes, prix dont un cinquième au moins est pour la voiture.

En supposant à l'étang 3 mètres de profondeur vers la chaussée, la chaussée aura, suivant les plus grandes dimensions, 7 mètres de terre-plein et 14 mètres de base ; ce sera donc 14 mètres de longueur de canal à construire.

Supposons le canal de vidange rectangulaire de 50 centimètres de largeur sur 40 de hauteur; en le couvrant d’une voûte à laquelle on donnera 10 centimètres de fleche, la hauteur du sommet de la voûte sera de 40 centimètres au-dessus du fond du canal, et les murs de côté, ou pieds droits, auront 30 centimètres de hauteur, auxquels on en ajoutera 10 pour les fondations. En admettant que chacun de ces murs ait 30 centimètres d'épaisseur, ce qui est au delà du besoin, les murs d’à-côté cuberont 3,36 mètres cubes et coùûteront par conséquent 52 francs ; la dalle portant l'œil de la bonde, de 10 à 12 centimètres d'épaisseur et de 1 mètre sur 1 mètre 30 centimetres, pourra coûter 20 francs.

Quant à la voûte, il y aura économie, comme nous l'avons précédemment dit, à la faire en briques placées sur leur longueur ; il faudra pour un mètre de longueur

de voûte à peu près trente-trois briques. En les mettant.

à 5 francs le cent, prix ordinaire dans les pays où les fabriques sont presque partout à portée, le metre courant de voûte, chaux, facon et cintre compris, reviendra à peu près à 2 francs 50 centimes, ce qui met les 14 mètres de voûte à 35 francs, ou en tout, le canal voûté coûterait, avec la dalle de la bonde, 107 francs, soit 120 francs en revêtissant en pierre de taille l'entrée et la sortie du canal.

Le puits de 1 mètre de diamètre, qui s’élèvera à 3 mètres de hauteur, soit à 50 centimètres au-dessous du niveau de la chaussée, cubera à peu près 3 mètres, en supposant au mur 30 centimètres d'épaisseur : à cause de l'ébauche des pierres, nous porterons sa construction à 50 francs.

Le collet en pierre qui recouvre le puits coûtera, avec la feuillure, 15 francs ; et la dalle fermant le puits avec un petit anneau scellé, destiné à recevoir une corde pour la soulever, pourra valoir 7 à 8 francs ; en tout, le puits s'élèvera à 73 francs.

La ferrure du pilon avec ses traverses coûtera 24 francs, facon comprise ; le pilon lui-même, pour lequel il faut un morceau sain et choisi, sans aubier, de 60 centimètres au moins de diamètre, et de 30 à 33 de hauteur, peut coûter, avec sa facon, 10 francs.

Nous ne compterons pas tous les terrassements à faire dans cette construction ; comme nous devons la comparer à l'ancienne, il nous suffira de porter en compte le surplus de terrassements qu’elle nécessite et qui peut s'élever au plus à 5 francs.

Si l'on veut faire la construction toute en pierre, il en faudra un peu moins d'une toise; si l'on voute le canal et si l’on construit le puits en briques, combinaison qui semblè la meilleure , une demi-toise de pierre suffira avec onze ou douze cents briques; et si l’on fait tout en briques, deux milliers et demi suffiront.

Dans ce cas, il n’est pas sans importance de se procurer de la pierre pour l'entrée et la sortie du canal, parce que

DE L'ÉTABLISSEMENT ET DE LA CONSTRUCTION DES ÉTANGS. 169

ces deux points sont, dans toute la construction, les seuls exposés aux gels, dégels et aux alternatives d'humidité et de sécheresse. IL serait encore convenable que le couronnement du puits, sujet à dégradation, fût en pierre ; il y aura, en général, en employant les briques, moitié à peu près d'économie de main-d'œuvre, parce que la brique, pour le puits, le canal voüté et toute la maconnerie, se met en place sans préparation, pendant qu'il faut beaucoup de travail pour ébaucher les pierres,

Mais un soin auquel il faut astreindre sévèrement les ouvriers, c'est de tremper dans l’eau chaque brique avam de l’employer, parce qu'autrement la brique sèche à l'in- Stant le mortier et lui ôte par là les moyens de faire bonn2 prise,

Il est aussi fort essentiel d’avoir de bonne chaux, c’està-dire de la chaux hydraulique ou chaux maigre. Pour toute maçonnerie en terre, dans l’eau ou à couvert, pour de la maçonnerie surtout qui a besoin de faire promptement prise, la chaux hydraulique a un avantage incontestable. Le dernier thou que nous avons construit a été, le lendemain de son achevement , assailli d’une grande abondance d’eau ; il en est sorti sans aucun dommarse, et il est à peu près sûr qu'avec de la chaux ordinaire il eût été entrainé, et avec lui peut-être une partie de la chaussée. Cette chaux doit être employée vive; sa prise est plus forte et plus prompte; d’ailleurs, quatre à cinq tonneaux de chaux suffront pour la construction en question.

On doit prendre soin, encore plus que dans toute autre maçonnerie, que les matériaux soient placés à bain de mortier pour boucher tout passage aux eaux et faire de toute la construction un seul ensemble.

On couvrira de mortier les reins des voûtes et le horsd'œuvre du puits; ce mortier de chaux hydraulique se lie bien avec la terre, à laquelle il fait faire une demi-prise.

En récapitulant les prix ci-dessus établis, on aura pour la dépense entière du thou en pierre d’un étang à bonde de 50 centimètres de diamètre, 232 francs, ou, pour parer aux événements, 260 francs, prix dont un cinquième à peu pres se compose de frais de transports.

Si nous voulons maintenant comparer cette dépense à celle de la construction en bois, nous remarquerons d’abord que, dans l’état actuel des choses, il serait difficile, ou tout au moins excessivement cher, d'établir des bachasses creusées dans le bois, comme le sont toutes les anciennes. Nous supposerons donc que, pour plus d'économie, on fasse un canal de 50 centimètres de largeur sur 40 de bauteur, en plateaux de 10 centimètres d'épaisseur ; mais des plateaux de cette dimension ne se rencontrent pas; il faudra donc, pour le fond, employer deux plateaux goujonnés, moussés et goudronnés, mettre en travers les plateaux de la couverte, et, si on ne peut en avoir de 40 centimètres pour les à-côtés, on augmenterait la largeur du canal en réduisant sa hauteur. L’un des inconvénients des bondes en bois, c’est de ne pouvoir être faites que dans les dimensions assez restreintes de la largeur des bois; aussi on a été obligé de les multiplier; dans les grands étangs, on ne les a le plus souvent que de 30 à 36 centimètres de diamètre, ce qui donne 33 centimètres à l'œil : or une bonde de 33 centimètres offre 85 centimètres de débouché, pendant que celle de 50 centimètres en offre 1 mètre 96 centimètres, ou une section d'écoulement plus que double.

Il faut aussi, pour cela, avoir des plateaux de choix, sans nœuds et sans aubier, qu'on trouverait difficilement à moins de 9 francs le mètre carre. Les quatre faces du canal donnant 2 mètres de développement de plateaux en bois travaillé, il faudra au moins 7 pieds de plateaux par pied eourant de canal, en ayant égard aux pertes, aux fausses coupes, au dressement des plateaux ; le bois reviendra donc à 21 francs, soit, si l’on veut, à 20 francs le mètre courant, et, par conséquent, les 30 pieds (16 mètres) auxquels se réduit le canal, parce qu'il ne se fait qu’à travers la chaussée, coûteront 200 francs de bois, non compris la facon.

Maintenant, pour les deux colonnes, le chapeau et l'éparre inférieure, il faut du bois d’un pied au moins d’écarrissage, soit 36 pieds à 2 francs, qui font 72 francs; le

pilon doit avoir {$ pouces de diamètre, 13 pieds de longueur et ne peut coûter moins de 36 franes, en supposant ième qu'on enleve à la scie et qu'on emploie utilement le bois qu'on détache de la tige; pour revêtir l’archerie, il faut à peu près 200 pieds de plateaux de 2 pouces d'epaisseur, à 35 centimes le pied carré, qui fond 70 francs.

Derriere le pilon, on double toute la construction en travons de 5 pouces d'écarrissage sur une hauteur de 10 pieds et une largeur de 5, soit, pour cet objet, 120 pieds, à 25 centimes, 30 francs. Comptant ensuite 120 pieds de bois de 6 pouces sur 5, pour faire le bâtis de l’archerie, recevoir le platelage, tenir tout l’ensemble lié en terre et hors de terre, et comptant ce bois à 40 centimes, on aura encore 48 francs.

Le charpentier, à cause du canal, demandera, non compris les terrassements , au moins 80 francs de façon ; soixante livres de crosses, soit 24 francs, suffiront à peine à cause du canal qui en exige au moins moitié; nous ne compterons point de frais de voiture parce que les bois sont d'ordinaire à proximité.

Nous ne parlerons pas des terrassements, parce qu'ils sont à peu près les mêmes que dans les thous couverts, où nous n'avons porté en compte qu’un supplément, parce qu'effectivement ils y sont plus considérables.

Récapitulant tous ces différents articles, nous aurons pour la dépense d’un thou en bois 560 francs, prix auquel, dans beaucoup de localités, les charpentiers refuseraient de l'etablir.

Ainsi une construction suivant l’ancien système, construction à la merci de la malveillance, sujette à des engorgements qui entrainent souvent la perte du poisson ; qui, au bout de douze à quinze ans, demande des réparaüons, et, après vingt-cinq ans, une reconstruction enlière, à l’exception du canal, coûte plus du double d’une construction en pierre , fer et briques, d’une exécution facile, d’un service commode , d’une durée indéfinie , et à l'abri de toutes les injures de l'air, de toute mauvaise volonté,

L'ancienne construction pouvait convenir dans un temps ou les bois étaient communs, peu chers et à portée, et la pierre presque partout hors d’usage ; maintenant que les bois sont rares, chers et manquent à beaucoup de domaines, que la pierre et la brique peuvent partout arriver au moyen de chemins meilleurs, la construction nouvelle doit prendre la place de l’ancienne,

$ V. — Des grilles.

Nous arrivons maintenant aux moyens de conserver le oisson dans l'étang et d’empècher qu’il ne s'échappe par te canaux d’introduclion et de sortie des eaux, Pour y parvenir, on place à l'entrée et à la sortie des grilles faites en‘bois avec des barreaux quadrangulaires de 2 pouces et demi (68 millimètres) d’écarrissage, placés diagonalement à 8 lignes (18 millimètres) de distance entre eux. Ainsi construites, ces grilles sont chères, durent peu longtemps et sont faciles à se déranger et à se détruire ; nous les avons remplacées avec avantage et économie par d’autres en fer de petit échantillon, de 13 millimetres de côté. On place diagonalement ces petits barreaux de fer et on les assemble dans trois traverses de même métal placées au-dessus, au-dessous et au milieu de la grille ; la traverse du dessous se noie dans un banc-gravier en pierre de taille, qui supporte deux montants dans lesquels se scellent les deux autres traverses de la grille. En donnant à ces grilles en fer la moitié de la largeur de celles en bois, elles offrent un beaucoup plus fort dégorgement que celles-ci, car chaque barreau de bois offre 18 millimètres de passage d'eau pour un espace de 105 millimètres plein et vides compris; le barreau en fer donne la même issue pour un espace de 36 millimètres ; la grille en fer offre donc 50 pour {° de passage dans sa largeur, pendant que celie en bois n’en offre que 17. Par conséquent, une grille en fer donnerait à peu près autant de passage qu'une grille en bois trois fois plus grande. On emploie pour cet usage le fer laminé, et la grille peut s'établir à froid. Une grille de 1 mètre 50 centimètres de large, sur 84 centimètres de hauteur, pèse 50 à 60 Lilogrammes, et présente un vide de près de deux tiers en sus de la grille en bois et doit procurer un écoulement

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plus considérable ', En estimant la pierre et la main-d’œus vre cherement, l'établissement d’une grille en pierre ét fer revient en tout à 100 francs, et dure toujours, pendant qu'une en bois coûte à peu près autant et dure à peine vingt ans. Dans le Dauphiné, quelques étangs, diton, ont des grilles de cette espèce,

M. Périer, député de l'Ain, s'est bien trouvé de remplacer le système de grilles de barreaux rectangulaires en bois, qui prennent trop de place, par un assemblage de petites lames paralièles, en chène, placées comme des lames de persiennes ou d’abai-jour ; ces lames sont éloignées entre elles de 18 millimètres, et leur inclinaison est parallèle à celle de la chaussée.

On peut remplacer la grille de trop plein, d’une manière simple et que nous croyons avantageuse. Pour cela, dans le mur du puits dont nous avons parlé, et du côté de la chaussée, on construit un canal vertical rectangulaire, dont le grand côté est parallèle à la chaussée, et qui débouche dans le canal d'évacuation, Ses dimensions doivent être proportionnées à la quantilé d’eau à évacuer. On doit le construire, pour le côté du moins qui lui est mitoyen avec le puits, en briques et choux hydraulique, ou ciment de Pouilly, afin qu'il ne se fasse point d'infiltration. Nous donnerons plus tard un tableau des dimensions de ce canal, assorties aux volumes d’eau à évacuer.

Nous dirons, avant d’aller plus loin, que le bord supérieur de ce canal vertical, qui doit servir de déversoir aux eaux, doit être placé au niveau du banc-gravier de la daraise ou grille dont il prend la place, et que le fond du canal de vidange où viennent aboutir ses eaux doit être garni depuis son origine sous le débouché de la bonde et du canal vertical, et 50 centimètres au-delà, d'une dalle engagée sous la maçonnerie, afin que les eaux qui se précipitent avec une grande vitesse, soit par l'œil, soit par l'embouchure du canal, ne ravinent pas-et ne creusent pas eu sous-œuvre le canal de vidange.

Ce canal intérieur, que nous proposons pour remplacer la daraise, est simple, peu dispendieux, facile à exécuter ; on ne lui prévoit point de dérangement ; il ne peut s’engorger comme les grilles; bien plus, comme le tropplein de l'étang s'écoule alors par le canal de vidange, il dispense d’une rivière de trop-plein qui prend de la place, demande du travail pour son entretien et intercepte les chemins; enfin, il se trouve, comme le reste du thou, renfermé à l'abri de toutes les entreprises, des injures de l'air, et il est, comme tout son ensemble, d'une durce indéfinie.

$ VL — Thous piémontais et prussiens,

Les thous piémontais dont nous avons précédemment parlé ressemblent à ceux que nous venons de décrire, mais le bouchon, au lieu d’être en bois, est en pierre ; il est garni d’un plateau qui reçoit un cuir sous sa face inférieure. On le manœuvre au moyen d’un treuil placé à la partie supérieure de la chaussée, et autour duquel s'enveloppe une chaine qui soutient le bouchon. Cette chaine, à 18 pouces de la bonde, se divise en trois chaï-

nons qui aboutissent à trois points de la circonférence du

(1) Il semblerait au premier apercu que, les grilles en fer offrant de vide le triple de celles en bois, on pourrait ne leur donner qu’un tiers de la largeur de celles en bois; mais l’'évasement des barreaux, à l'entrée et à la sortie de l’eau, augmente beaucoup le débit, et on peut admettre, d’après les expériences des hydrauliciens, que la grille en bois, avec les dimensions que nous venons de donner, débite presque autant qu’un vide du tiers de sa largeur totale. Un avantage analogue se rencontre, il est vrai, dans les grilles en fer; mais le rapprochement des barreaux diminue beaucoup l’espace laissé à l’eau, à l'entrée et à la sortie; et les surfaces d’évasement étant relativement beaucoup plus petites que dans les grilles en bois, il en résulte que l'avantage qu’elles produisent pour le débit est beaucoup moins sensible. Nous pe copnaissons, sur cette question, que les expériences citées par Daubuisson, qui ne se rapportent pas à des grilles mais à des tubes isolés; mais nous avons lieu de croire que deux tiers en sus de vide de plus donnés aux grilles en fer compensent et au delà l’avantage que donne aux grilles en bois la largeur de leurs barreaux.

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