QUANTITÉ QUANTITÉ
ESPACES ESPACES | d'eau vides d’eau vides | afluente. dans les grilles. afluente. dans les grilles.
Mais cette grille se bouche quelquefois par la foule de corps légers que l’eau entraîne avec elle; il faut donc de la surveillance pour la dégager. Pour se donner plus de sécurité, on place au-devant de la grille et à une certaine distance, sur un développement plus grand qu’elle, une fagotée à travers laquelle l’eau filtre et se débarrasse de tout ce qui pourrait faire obstacle dans la grille.
Bien qu’il semble qu'aucune expérience directe des hydrauliciens ne se soit assurée du débit de l’eau par un passage grillé, il est certain cependant, en raison de la position particulière des barreaux, que le débit est plus fort que S'il avait lieu dans un passage dont la largeur serait égale à la somme des vides que laissent entre eux les barreaux, et le débit est plus considérable dans les grilles en bois que dans les grilles en fer, parce qu'il est en rapport avec la longueur entière des grilles; il s’accroît sans doute aussi avec la longueur des évasements eux-mêmes, qui ont 6 centimètres dans les grilles en bois et moins de 2 centimètres dans celles en fer. -
D'ailleurs, ce plus grand débit nous semblerait même tout à fait prouvé par les expériences de Bernouilly, de Venturi et d'Etelwein , desquelles il résulte. que les ajutages évasés à leurs embouchures intérieures et extérieures offrent un débit qui peut souvent être de moitié en sus de celui donné par la théorie. Les mêmes lois naturelles s'appliquent ici et déterminent le plus grand débit dont nous avons parlé. Nous ne proposerons pas toutefois de diminuer la dimension des grilles, parce qu'il arrive trop souvent que des feuilles ou des obstacles de toute nature viennent à les obstruer et diminuent ainsi beaucoup leur débit.
$ 1X. — Dimensions du canal vertical de trop-plein.
Ce canal, qui prend la place de celui qui précède, devant trouver place dans le puits dont les dimensions ne peuvent s'augmenter beaucoup sans inconvénient, ne doit se construire que dans les étangs dont les grandes eaux s'élèvent au plus à 300 litres par seconde. Ses di-
- mensions peuvent se prendre dans le tableau qui précède,
parce que l'écoulement se fait, comme dans le cas précédent, par déversoir au-dessus du bord supérieur. Il faut donc que ce canal ait au moins, pour largeur, l’espace vide de la grille, tel qu'il est déterminé par le tableau, et, pour hauteur, l'épaisseur au moins que nous avons supposée à la lame d’eau dans les grandes affluences sur le déversoir de la daraise, et même plutôt 45 centimètres
. que 40.
AGRICULTURE
DE L'ÉTABLISSEMENT ET DE LA CONSTRUCTION DES ÉTANGS
Mais ce canal doit avoir son embouchure inférieure dans celui de vidange, et il ne doit pas dépasser ses dimensions ; il devient donc nécessaire, pour l'y amener, de lui donner la forme pyramidale ; et comme la vitesse de l'eau, par une chute de 2 à 3 mètres de hauteur, devient presque triple de celle d'introduction, la diminution de dimension est sans inconvénient , et l'eau introduite se débite sans difficulté,
Ce moyen d'évacuation offre toute sécurité, parce que l’eau, avant d'arriver au canal, doit passer par la portion du canal de vidange placée dans l'étang, et remonter dans le puits; elle ne contient donc rien qui puisse faire obstacie à son écoulement; cependant, siie canal horizontal qui conduit l’eau au puits n’est pas grillé, le canal vertical doit être muni, sur son banc-gravier supérieur, d’une petite grille en fil de fer, de 2 millimètres d’échantillon au plus, pour empécher le poisson de s'échapper.
$ X. — Des moyens d'empêcher les fuites d’eau,
Lorsque l’eau coule à travers la chaussée par des infiltrations, le moyen d'y obvier consiste à refaire la clave vis-à-vis des points où elles ont lieu. On la rétablit avec la même précaution qu’on a mise à la construire, et on a soin, de plus, de lier les parties nouvelles aux parties anciennes, Lant dans le fond que sur les côtés, en battant et pisant ensemble leur point de contact. Lorsque les infiltrations sont nombreuses, on la refait sur toute la longueur où elles se montrent. Lorsque l’eau coule par le canal d’évacuation, ou autour, on fait, derrière la chaussée, avec des fascines et de la terre, une digue cireulaire qui s’y rattache et enveloppe l'embouchure du canal. On monte cette digue jusqu’au niveau de la chassée, en battant la terre aussi rapidement qu’on le peut, afin de ne point se laisser gagner par l'eau. Si la fuite était assez forte pour rendre trop difficile la construction, on peut metre dans la digue un tuyau en bois pour donner passage à l’eau, et, quand elle est construite, on bouche ce tuyau par un tampon. Si on n’a pas de tuyau, que la fuite soit trop considérable, et qu’elle ait lieu par le canal d'évacuation, on fait dans la chaussée , derrière la clave, vis-à-vis du thou, un fossé perpendiculaire au canal; et lorsque le fossé arrive au canal, on enlève un ou deux des plateaux de recouvrement : on place en travers, dans son intérieur, l’un des plateaux qu’on garnit, autant que possible, de terre et de mousse ; puis, avec autant de promptitude qu’on le peut, on remplit le canal et l’excavation faite dans la chaussée de terres argileuses qu'on corroie à mesure qu’on les jette, afin de remplir l'excavation faite; par ce moyen, l’eau se trouve tout-à-fait ou en plus grande partie tarie. Si le canal , au lieu d’être en boïs, élait eu pierre, on enfoncerait la voûte ou on lèverait une des dalles qui le recouvrent, pour faire la mème opération. Si le passage de l'eau était à côté du canal , lorsqu'on y arriverait, on y jetterait promptement de la terre préparée bien battue et mouillée, avec laquelle on remplirait aussi le fossé. Enfin, si la fuite avait lieu sous le canal, on n'aurait pas d'autre moyen que le premier que nous avons indiqué, d’arrèter les eaux par une digue circulaire derrière la chaussée.
Il pourrait être tres utile, contre les chances de grands accidents, qu'une portion de la chaussée prise à l’une de ses-extrémités, bien gazonnée et d’une vingtaine de pieds de large, fût tenue 6 pouces plus bas que toutle reste; on la garnirait du côté de l'étang d’une claie (à claire-voie) qui permettrait le débit de l'eau et défendrait le passage du poisson. Les grandes eaux sont la circonstance la plus à craindre pour les étangs; quand la chaussée est surmontée, le poisson s'entraine, la chaussée se détruit en plusieurs points, et, si les étangs renferment un grand volume d’eau, tous les fonds inférieurs sont submergés et entrainés ; on ne saurait donc prendre trop de précautions contre de pareils accidents.
C’est, le plus souvent, au défaut de bonnes grilles qu'il faut attribuer la rareté des brochets qu’on rencontre dans beaucoup de pèches. Le brochet est l'espèce de poisson qui*s’échappe le plus facilement par les moindres ouvertures, surtout aux époques du frai. Le peu de solidité et de durée des grilles en bois est cause que beaucoup d'etangs en sont privés à l’entrée et à la sortie; on les sup-
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plée mal par des fascinages auxquels on donne le nom de fagotées, qui ne permettent qu'un débit très lent aux eaux et causent par là de fréquents accidents que préviendraient les grilles en fer que nous avons proposées.
$ XI. — Rivière de ceinture.
Mais il est un moyen d'assurer le produit de Pétang en eau et en assec, et qu’on ne doit pas négliger lorsque cela est possible. Ce moyen consiste à faire passer les eaux qui affluent à l'étang, quand ilest plein, dans un fossé appelé rivière de ceinture, qui en contourne les bords. Ce fossé offre le grand avantage de débiter sans grille et sans obstacle une bonne partie deseaux dans les cas d'inondation, et surtout lorsque l'étang est en assec; il est encore très utile dans les temps ordinaires, lorsque l'étang est en eau. Il est de remarque que le poisson se nourrit mieux et grossit d'avantage quand l'étang est plein et que de nouvelles eaux ne viennent pas s'y mêler encore. Ce fait, admis par tous les praticiens, est tout-à-fait certain quoiqu'on l'explique peu; cependant on conçoit que les insectes et peut-être les végétations qui nourrissent le poisson peuvent se multiplier plus facilement dans les eaux tranquilles que dans celles renouvelées et agitées sans cesse par de nouveaux affluents.
Toutefois nous devons dire que les rivières de ceinture, avec tous leurs avantages, offrent un grand inconvénient; dans la retraite des eaux, les bords marécageux de l'étang, dont les effluves sont funestes aux habitants du pays, grandissent chaque jour par l'effet de l'évaporation, de l'infiltration et des chaleurs de l'été; l'étang ne retrouve des eaux que dans celles des pluies qui tombent immédiatement sur sa surface. Dansles étangs sans rivière de ceinture, au contraire, l'étang recoit en outre toutes les eaux de son bassin ; le marais des bords se recouvre en partie, et en diminuant d’étendue devient moins dangereux pour la contrée.
Secrion VII. — Dépense de construction d'un étang.
La dépense de construction d’un étang est très variable. Nous allons prendre un cas simple et qui pourra servir à remonter à d’autres plus complexes. Supposons ün bassin favorable et tel qu’en le barrant par une seule chaussée transversal, on puisse couvrir d’eau une surface de 10 hectares ; en admettant que l'étang ait une fois plus de longueur que de largeur, la chaussée aura 3 ou 400 mètres, soit 350 mètres de longueur. Si le terrain a, depuis l’entrée de l’eau, ou la queue, jusqu’au point le plus bas vers le milieu de la chaussée, 3 metres de pente, l'étang aura 3 mètres de profondeur, et la chaussée 3 mètres 50 centimètres de hauteur; la base inférieure vers le thou sera de 10 mètres, soit plus convenablement encore de 12; la base supérieure aura 3 à 4 mètres, et plus encore si un chemin y passe. Or le cube de cette chaussée, en supposant la pente uniforme, est de plus de 100 mille pieds ou 3,700 mètres cubes, parce que le fond du bassin a toujours une partie peu pentueuse qui nécessite une chaussée élevée sur une assez grande étendue,
La construction à forfait des chaussées se conclut de deux manieres différentes. La première consiste à payer au déblai 15 centimes en moyenne par toise carrée de 7 pieds et demi de côté sur une pointe de pelle de 4 pouces de profondeur. Ce prix porte la toise cube à 3 francs 50 centimes environ, ou le mètre à 25 centimes, prix sans doute peu élevé pour le mètre cube de terre qu'on doit charrier à quelque distance avec la brouette, bien travailler dans la clave, conduire et régaler sur tout le reste de la chaussée. Mais dans cette manière d’apprécier le travail, on trouve souvent des ouvriers peu consciencieux qui prennent leurs témoins de déblai dans les endroits les plus hauts et savent au besoin les surcharger. Pour n'être pas trompé et n'avoir point de difficultés, il est préférable de payer au remblai de 4 à 5 francs la toise cube, de 30 à 35 centimes le mètre cube. La chaussée reviendra, à ce prix, à 1,200 francs. Le pionnier aura fait en même temps la pécherie et une pelile partie du bief dont il a conduit les terres sur la chaussée. Ce bief et la rivière de ceinture auront 600 mètres au moins de longueur, chacun; la rivière de ceinture, de 1 mètre