‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 168 sur 595 · DES, ACCIDENTS ET DES CAUSES DE DESTRUCTION DES POISSONS · texte numérisé non relu

DES, ACCIDENTS ET DES CAUSES DE DESTRUCTION DES POISSONS

Dans l'automne, on connaît à l’épervier si la carpe et la tanche ont produit beaucoup de feuilles, et si elles ont bien profité. Suivant qu'il y a beaucoup ou peu de pose, on met dans l'étang, depuis 15 jusqu'à 30 et même 40 têtes de brochet par cent, soit 80 paires d’empoissonnage mis la première année. La grosseur des brochets est de 500 grammes en moyenne, qu'on augmente ou diminue suivant la force de la feuille.et de l'empoissonnage. Il est essentiel que les brochets ne soient pas assez gros pour manger la première pose des carpes. On donne à cette pêche le nom de péche folle, parce que son succès est moins assuré que celui des pèches régulières; mais en cas de réussite son produit est considérable. Elle offre un brochet moins gros, il est vrai, que les pèches réglées, mais il est plus gras et s'y trouve, pour l'ordinaire, en plus grande quantité; la carpe est bien en chair, et elle supporte facilement le transport. Quant à la tanche, il en reste assez peu ; le brochet en est tellement avide qu'il la poursuit à outrance et la préfère à tout autre poisson; mais comme elle est nécessaire au succès du brochet, au risque d’en pêcher peu, on doit empoissonner en tanches. On retrouve encore à la pèche de gros empoissonnages de la pose de mai de la première année qu’on nomme panneaux, et qui se vendent jusqu'à 80 francs le cent pour empoissonnage à un an, puis des carnaussiers, ou plus petit empoissonnage, qui appartiennent à la pose d'août. Le produit de cette pèche est faible lorsque la pose de la première année n’a pas été abondante; alors on n’y retrouve que de la carpe et du brochet. Il est faible encore lorsque le nombre des brochets n’a pas été suffisant ou qu'il s’en est beaucoup perdu. On y voit alors un grand nombre de poissons; mais la carpe et la tanche, affamées par la quantité d’empoissonnage, sont maigres et petites; les empoissonnages ont peu de valeur, et les brochets qui restent, quoique beaux, sont trop peu nombreux pour indemniser de la perte. Ce cas arrive assez souvent, parce que peu d’étangs ont leurs grilles assez bien en état pour reténir le brochet qui s'échappe de toutes parts à l'époque du frai. La pècue à deux ans tourne quelquefois en mauvaise pêche folle, lorsque le brochet ÿ a manqué par l’une ou l’autre des raisons qui viennent d’être exposées.

Secrion XI. — Des accidents et des causes de destruction des poissons.

Le poisson craint beaucoup la neige, et même l’eau de neige. Après quelques instants qu'on l’a placé sur cette substance, le sang sort de dessous ses écailles, et il meurt promptement. Les hivers neigeux, accompagnés de beau coup de glaces, lui sont funestes. L'hiver de 1789 en a fait périr dans les étangs une grande quantité. On a beaucoup disserté sur la cause de ce phénomène, mais on ne parait pas l’avoit trouvée. Depuis ce temps, toutes les lois que la glace couvre les étangs, on la casse vis-à-vis les places plus profondes qui servent de retraite au poisson; et pour lempècher dé reprendre et permettre Pintroduction de l'air, on met dans le trou une botte de paille ou de chenevottes. Ce moyen parait utile, mais n'est point un spécifique ; il renouvelle bien l'air nécessaire au poisson, ét qui se trouve entre la glace et l'eau, mais 1l est incertain que la cause de mortalité soit tout entière dans l'air vicié. Si cela était, les lacs du Nord perdraient tous les ans leurs poissons, emprisonnés dix mois sous la glace : ce qui n’a cependant pas lieu.

Pendant l'été, le poisson souffre souvent beaucoup des oräges. Lorsque la foudre a éclaté sur un étang on dans lé voisinage, on en trouve un grand nombre de morts, mais surtout des brochets; cette année, nous avons perdu de cetté manière presque tous ceux d'un étang de 10 hectares, La grèle est aussi fatale au poisson. Peut-être cela tiént-il à une niême cause, à l'état électrique de l’atmosphère.

Les loutres sont aussi de dangereux ennemis des poissons. Cet animal amphibie va les attaquer jusque dans leur élément et en fait un grand carnage. On prend les loutres avéc des filets, on les tue à coups de fusil. Des chiens les poursuivent dans les terriers qu’elles se sont ménagés ; mais leur dent est acérée, et souvent elles les déchirent.

Le renard, dit-on, délruit aussi le poisson, mais on ne sait par quelle industrie. Le héron, les mouettes, et une foule d'oiseaux d'eau s'en nourrissent. C’est à eux qu'on doit d'ordinaire en partie la disparition, à la pêche, d’un quart

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