‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 183 sur 595 · Des péages et octrois de navigation · texte numérisé non relu

Des péages et octrois de navigation

Avant de terminer tout ce que nous avons à dire sur le marché national et sur les voies de communications terrestres et liquides, nous devons nous occuper encore à rechercher les avantages et [es inconvéniens qui s’attachent au système des péages.

On nomme péage un droit qui se paie soit à l'Etat, soit à quelques particuliers ou compagnies, en vertu de l’autorisation du pouvoir législatif, pour le passage des hommes, des bestianx ou des marchañdises sur un pont, upe route, un bac, un chemin en fer, une rivière, un canal, etc.

Adam Smra pense qu'il est impossible d’inventer un moyen plus équitable de payer les dépenses occasionnées par de pareilles constructions, que l'établissement de droits de péages. « Lorsqu'ils sont bien assis, aJoute-t-il, ils réunissent toutes les conditions exigées par l'équité, car, quoique avancés par le producteur, ces droits sont en définitive soldés par le consommateur qui profite de ces voies de communication, et, comme la dépense du produit, malgré ces droits de péage, est en définitive moins considérable qu'elle n'aurait été si ces moyens économiques de transport n'avaient pas existé, il en résulte que le consommateur lui-même est celui qui profite le plus de ces constructions, puisqu’elles ont nécessairement pour effet de dimiouer le prix de l’objet de consommation.

» Lorsque les routes, ports et canaux, sont construits et entretenus par le commerce ou ceux qui en font usage, 11s ne peuvent être faits que là où le commerce les réclame.

Leur grandeur, leur magnificence est nécessairement en proportion de l'importance du commerce qui doit payer la dépense ; si le commerce est étendu, ces constructions pourront être faites à grands frais ; mais si elles sont destinées aux communications de districts pauvres, elles seront nécessairement faites avec économie, et c'est encore un nouvel ayantage de ce mode de construction. »

220 ÉCONOMIE PUBLIQUE DE L'AGRICULT. : DÉBOUCHÉS DE L'INDUSTRIE. Liv. VI.

Au surplus, la facilité des communications elant une wesure d'ordre publie, il faut que les voies de communication restent soumises à la surveillance de l’autorité, lors même qu’elles ont été concédées à des entrepreneurs. Pour être équitables, les taxes ne doivent jamais être calculées de manière à excéder les frais de construction et d'entretien ; si elles sont plus pesantes, c’est un impôt injuste et dangereux mis sur le commerce.

En Angleterre, où ces droits de péage ou colls existent sur presque toutes les routes, leur état parfait constate aux yeux du voyageur la bonté de ce système. Cependant ce système, excellent dans les pays où il règne une grande activité commerciale, et même dans ceux où celte activité est moindre, lorsqu'il n'existe pas d’autres moyens d'ouvrir de voies de communication, serait intolérable au commerce sil était établi dans des pays et sur des routes ouvertes depuis longtemps, où les frais d'entretien ont toujours été payés par le trésor publie. Un pareil impôt porterait nécessairement la perturbation dans les relations commerciales. Partout où la liberté de la circulation existe, il faut la maintenir, à moins qu’il n’y ait pas d’autres moyens qu’un péage, pour conserver la viabilité de la voie de communication ; mais là où la nécessité de favoriser la circulation se fait sentir; là où il faut faire des consiructions nouvelles qui, en définitive, tourneront au profit du commerce et du consommateu, ilne faut pas hésiter à établir une construction avec péage, lorsque tout autre mode d'en couvrir les frais serait impossible où pourrait paraitre injuste.

SECTION 11. — Du marché étranger.

De même que le marché intérieur d’un pays est l’ensemble de tous les lieux où s'opère une transaction quelconque de commerce intérieur, de même une nation commerçante a pour marché étranger tous les points du globe avec lesquels elle entre en relation commerciale.

Le commerce extérieur est une industrie qui consiste à acheter des marchandises produites dans l’intérieur, pour les envoyer et les faire vendre à l'étranger, ou bien à acheter des marchandises dans l’élranger, pour les revendre dans l'intérieur. Ordinatrement on fail de suite ces deux opérations, c’est-à-dire qu'on fait revenir en marchandises du dehors la valeur des marchandises indigènes qu’on a envoyées; on appelle cela faire des ezvois et recevoir des retours. Les négocians qui font le commerce extérieur ajoutent toujours à la valeur du produit en le mettant à la portée du consommateur. On comprend fort bien, en effet, que le blé accumulé dans les greniers du cultivateur a une moindre valeur que le blé apporté sur le marché ; et lagriculteur ou le négociant, lorsque le blé a été acheté par Jui, ne manque jamais d’ajouter à la valeur du produit, les frais de transport sur le marché et le bénéfice raisonnable que cette opération doit lui rapporter. C’est ainsi que deux 7ations qui font ensemble le commerce, s’enri-

chissent réciproquement par ces échanges, | ment doit au commerce extérieur

car le produit trausporté acquiert une nouvelle valeur aussitôt qu’il se trouve sur le marché étranger. Cemécanisme et ces résultats si simples du commerce n'ont été malheureusement compris que dans ces derniers temps. Des jalousies nationales, des guerres, et de longues souffrances eussent élé sans doute évitées si l’ignorance n'avait pas fait méconpailre ces principes. Il est reconnu aujourd’hui que plusunenation s'enrichitpar le commerce qu’elle fait avec une autre nation, plus le commerce est également avantageux pour cette dernière nation, puisqu’un pays ne peut jamais payer ce qu’il tire de l’étranger qu'avec ses propres produits.

Il est vrai que le plus souvent les marchandises envoyées de l’étranger se soldent par des Lettres de change; mais en général une lettre de change n’est autre chose que le transport d’une somime due par un négociant à un autre négociant, pour paiement de valeur équivalente. Or, ces sommes dues ne sont presque toujours que le prix de marchandises fournies aux négocians étrangers, nous avions donc raison de dire que les produits importés par une nation se soldent toujours par les produits qu'elle a créés et exportés.

Le commerce extérieur a encore pour résultat de donner une activité nouvelle à La production nationale qui est le moyen le plus puissant d’enrichir le pays.

Le commerce extérieur dépend beaucoup de la position géographique du pays; sous ce rapport nous avons vu que la France n'avait rien à envier aux autres nations. Il dépend aussi de l'activité, de l'esprit de suite et d'entreprise de ses habitans, et il faut reconnaitre que, sous ce point de vue, nous sommes placés. par nos mœurs nationales, dans une position d'infériorité, comparativement à quelques autres pays, l'Angleterre et l'Amérique du nord, par exemple, mieux doués que nous sous ce rapport.

Enfin, le commerce extérieur dépend encore de la protection que lui accorde le gouvernement, non pas des primes d'encouragement données à l'exportation d’us produit indigène, car, ainsi que le fait observer SMITH, c'est payer les étrangers pour qu'ils nous accordent la faveur de nous acheter les objets de leur consommation, qu'ils aurasent achetés ailleurs sans l’encouragenmient de la prime, opération détestable pour une nation comme pour un parliculier, mais par to protection efficace donnée au comureree © térieur dans tous les pays avec lesqueis 1!

entre en relations. Le gouvernement pu donc aider le commerce extérieur, um useulement par des stations navales, mal: en core par des expéditions marilimes, en €xplorant des plages inconnues, des passages et des fleuves non encore étudiés. Les sacrifices faits en ce moment par le gouvernewent anglais, pour explorer lEuphrate et les pays qu'il parcourt, et ouvrir à travers la Syrie, la Turquie d’Asie, le golfe Persique et la mer d'Oman, un passage plus court au commerce de l’Inde, méritent les plus grands éloges. C’est un exemple à imiter de la protection el du concours qu’un bon DRE

u pays.

Chat. 8.

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