‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 23 sur 595 · MANIERE D'EFFECTUER LÈS SEMIS · texte numérisé non relu

MANIERE D'EFFECTUER LÈS SEMIS

tout-à-l’heure, de faire cette opération sur la radicule même à une époque où, selon moi , elle offre le moins d’inconvéniens.

Dans les pépinières forestières, on stratifie : — soit en plein air : on dispose alors les graines par lits alternalifs avec du sable fin, et on les recouvre ensuite d’une couche de terre assez épaisse pour prévenir les effets de la gelée (J£g. 2);— soit dans des pots, des Fig. 2.

lerrines ou tous autres vases, en employant comme précédemment le sable, et en renfermant ces vases en un lieu protégé également contre l’excès de la chaleur et du froid, de la sécheresse et de l'humidité.

Le premier mode peut être utilisé pour de grandes quantités de graines , le second devra toujours être préféré pour de petites.

Il procure seul les moyens de hâter la ger- Mination Jorsque la température extérieure est assez froide pour l'empêcher. au commencement du printemps, et d'avancer ainsi trés-sensiblement le développement du plant pendant la première année.

Pour les graines qui ne conservent pas leurs propriétés germinatives, le moment des sermus Ou de la stratification varie en raison de celui de la maturité : — celles de l’orme,

ar exemple, tombent avant l’entier déveoppement des feuilles. Dans le centre de la France, on peut les mettre en terre dès le mois de mai, et obtenir ainsi de jeunes arbres avant le retour de l'hiver. Divers autres KéECHEx sont dans un cas à peu près semblable. — Les graines des arbres foresüers de la famille des amentacées, tels que le bouleau, le charme, le hêtre, le châtaignier, le chêne , ne mürissent qu’à la fin de l'été ou dans le courant de l’automne.— On séme Je plus ordinairement les deux premières espèces; on sème ou on stratifie les trois autres avant le moment des gelées.

Mais, pour les graines qui se conservent bonnes plus long-temps, l’époque des semis doit êlre en général déterminée d’après la nature du sol et la disposition particulière du climat. — Ceux d'automne sont préférables dans toutes les terres qui ne pêchent pas par un excès d'humidité, parce que la plupart des semences des grands végétaux ligneux, si elles n’ont pas été long-temps humectées, rompent difficilement leurs enveloppes, et qu'un printemps sec peut retarder parfois d’un an leur germination. — Dans les sols saturés d’eau, surtout à des exposi- Uons plus que d’autres sujettes aux froids tardifs , il est nécessaire d’attendre le printemps.

$ IV.— Manière d’effectuer les semis.

La plupart des semis des pépinières se font ar planches et à la volée. — C’est le moyen e plus expéditif. — On répand les graines à

la main, le plus également possible, à des

À AGRICULTURE FORESTIÉRE : PÉPINIÈRES.

distances proportionnées au développement plus ou moins considérable que doivent prendre les jeunes plants.

Pour les graines volumineuses et pour celles d’une grosseur moindre, telles que les pépins, qui ont été stratifiées et qui doivent ètre répandues, en partie germées, avec lesable auquel elles sont mêlées, dans le but de les espacer plus convenablement, ou afin de ménager leurs radicules naissantes, on sème er de petits rayons creusés parallèlement entre eux, à la binette ou au plantoir.

Enfin pour certains végétaux délicats, pendant leur grande jeunesse, Lels que divers arbres verts, on choisit des pots ou des terrines.

Les semences d’une certaine finesse veulent être peu recouvertes. Il en est, comme celles du bouleau, de l'orme, qu’on trouve de l’avantage à abriter seulement par de la mousse.

Celles de la grosseur des semences de l'érable, du fréne, etc., peuvent être enterrées au râteau ou à la pelle, à la profondeur d’un centimètre (3 à 4 lig.) environ.

Les chüätaignes, les glands doivent l'être de 2 à 3 centimètres (1 pouce) et plus, selon la nature du sol.

En général, il ne faut pas perdre de vue que la profondeur nécessaire pour assurer le succès du semis est, toutes choses égales d’ailleurs, moins grande danslesterres compactes que dans les terres légères et dans celles qui sont humides et froides, que dans celles qui jouissent de la propriété contraire.

Le plombage, complément des semis, consiste à comprimer légèrement le sol sur les

raines, de manière qu’elles se trouvent

e toutes parts en contact avec l'humidité qu'il contient.Cette opération se fait dans les É soit avee le dos d’une pelle ou la

atte, qui permet de ne fouler le sol qu’autant qu'on le juge à propos, soit avec les pieds.— Pour les semis en pot, on emploie simplement le revers de la main.

Presque tous les arbres forestiers de nos climats lèvent et réussissent de préférence, pendant leur première année, à une exposition fraîche, ombragée et dans ur terrain maintenu constamment un peu humide à l’époque de la germination.Lorsqu'on ne trouve pas dans les pépinières une situation qui présente naturellement ce double avantage, on cherche à en approcher le plus possible en abritant la surface du sol par une couverture légère de terreau ou de fumier de vieilles couches, quiale double avantage de diminuer les effets de l’évaporation, et d’empêcher les pluies de battre le sol; — en donnant quelques arrosemens, lorsque le besoin s’en fait impérieusement sentir, cas, du reste, assez rare au printemps.

Depuis le moment de la germination jusqu'à celui des repiquages, le principal soin à prendre est d'empêcher l’envahissement du terrain par les mauvaises herbes. — Quelquefois on éc/aircit le plant. —On arrose, si faire se peut, après le coucher du soleil, pendant les sécheresses excessives. — On couvre de paille longue, aux approches de l’aiver, pour empécher l'effet des premières gelées sur les tiges imparfaitement aoûtées, ou sur les racines des espèces délicates.

LiV. Ÿ, SECTION II. — Des marcottes.

$ 1°".— Avantages et inconvéniens.

Bien qu’on fasse un usage fréquent des marcottes dans les pépinières, on les emploie rarement en grand pour les arbres forestiers. Je viens de dire que presque tous se multiplient le plus souvent de graines, et nous verrons bientôt que, parmi ceux qui se préteni le moins à ce mode de propagation, la plupart réussissent aussi sûrement et plus facilement de bouture. Enfin, pour les arbres fruitiers, on a recours à peu près exclusivement aux greffes.

Cependant, dans certains cas,les marcottes peuvent être utilisées concurremment avec l’un ou l’autre de ces moyens, et parfois à l’exclusion de tousles autres sur quelques arbres exotiques assez robustes pour supporter nos hivers, mais qui ne donnent pas, ou qui donnent encore rarement et en petite quantité de bonnes graines dans nos climats. — A ce double titre, nous devons nous en occuper ici.

Dans l’acception la plus étendue de ce mot, une marcotte est une lige à laquelle on fait pousser des racines;ouune racine à laquelle on fait pousser une tige avant de la séparer de l'individu dont elle fait partie, pour la planter ensuite comme on plante les végétaux venus de semis.

$ II. — Des divers marcottages.

D'après cette définition, les drageons et les rejetons sont de véritables marcottes naturel- Les.— Sans le seccursde l’art, il est des arbres, tels que l’acacia, certains peupliers, des pruniers, le broussonétier, etc., etc. qui donnent successivement naissance a un si grand nombre de ces rejetons qu'ils envahissent bientôt à eux seuls tout un terrain. — Mais il en est d’autres qui n'en produisent ordinairement que lorsqu'ils y sont amenés par des moyens artificiels. — Leurs racines incisées, blessées sur divers points, à une petite profondeur dans le sol, se couvrent de nodosités qui donnent naissance à des bourgeons adventices, comme on le remarque fréquemment sur l’orme, le planera, l’alisier, l’aylanthe glanduleux et beaucoup d’autres.

Le marcottage simple, par butte ou en cépee (fig. 3), est, après celui-ci, le plus facile, -et dans beaucoup de cas Fie. 3 le plus avantageux de “dA tous, pour les arbres robustes qui se prétent facilement au recépage.—Il se borne à rabattre, avant le printemps, la tige principale tout près du collet, et à recouvrir de terre le tronc ainsi mulile. Les nombreux bourgeons qui se aéveroppent par suite de cette opération s’enracinent presque aussitôt à

car. 1°.

leur base, et peuvent être séparés et plantés, pour la plupart, dès l’année suivante. Beaucoup de pépiniéristes recourent de préférence à ce moyen pour obtenir lessujets de conassierqu'ils destinent à recevoir les greffes e poiriers. — On peut l'employer avec succès pour les mûriers, et notamment le mürier multicaule; pour le cyprès distique qui donne encore fort peu de bonnes graines en France, et qui reprend difficilement de bouture ; pour le gincko, dont j'ai lieu de croire w’on obtiendrait ainsi des individus mieux osé à s'élever verticalement, et pour beaucoup d’autres arbres étrangers ou des variétés d'arbres indigènes qu'on est dans l'usage de multiplier de greftes, et dont il peut être préférable, dans certains cas, d’obtenir des individus francs de pied.

Le marcottage simple, par provins ou en archet (fig. 4), présente à peu près les mêmes

Fig. 4.

avantages. Cependant il demande plus de temps et occupe plus de place sur le terrain. On l'emploie communément pour la vigne,

our regarnir les clairières des bois, et, dans es pépinières, pour remplacer, sur les végétaux d'une reprise difficile, les marcottages par cépées.

Les branches de 1 ou 2 ans, ainsi disposées, manquent rarement de s’enraciner à l’époque de la sève descendante. — Cependant il arrive parfois qu'une seule année ne suffit pas, et parfois encore on est dans l’obligation de provoquer l'émission des racines en tordant, en comprimant par des liens ou en

incisant de diverses manières les portions de tiges qui doivent les produire.

Ces opérations préparatoires, dont la fig. 5

Fig. 5.

donne une idée suffisante, constiluent /e marcottage compliqué. — Plus de détails me feraient passer du domaine de la grande dans celui de la petite culture, et ne se rattacheraient plus, par conséquent,qu’indirectement à mon sujet.

A plus forte raison, Je ne ferai qu'indiquer le marcotlage qui se fait en des paniers , des pots ou autres vases, parce que le temps, les appareils et les soins qu'il exige le rendent peu propre à la multiplication de toutes autres espèces que celles dont la rareté fail le prix.

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