‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 27 sur 595 · DES GREFFES. J · texte numérisé non relu

DES GREFFES. J

lanières d’écorce qu’on a laissées sur le su- Jet et qu’on relève après l'opération, de manière toutefois à ne pas couvrir les yeux de la greffe, offre quelques chances de succès de plus.

$ II. — Choix des sujets.

Le choix des sujets est d’une grande importance. Non seulement il doit exister entre eux et les greffes une analogie naturelle aussi complète que possible, et celte analogie, si l'on veut opérer sur des arbres. forestiers surtout , doit s'étendre à l'élévation, à la grosseur, aux époques de la végétation, au mode de développement, à la durée même de l’existence; mais il faut encore avoir égard à la propriété particulière à chaque espèce de croître dans tel ou tel terrain, à telle ou telle latitude, telle ou telle position, etc., etc. Il faut rejeter rigoureusement tous les individus mal constitués, et ne faire usage que lorsqu'on y est forcé de ceux qui ne proviennent pas de semis.

Les greffes herbacées réussissent particulièrement sur les conifères, qui offrent entre eux, par le nombre de leurs feuilles, le plus de ressemblance : — Le laricio, le weymouth reprennent à merveille sur le pin sylvestre d’Ecosse; — le pin à pignon, sur le pin maritime; — le cimbro, sur le pin du lord; — les sapinettes, sur l’épicéa, — les giléads, sur le sapin argenté, etc., etc.

L'amandier se greife sur lui-même ; — le

êcher, sur amandieretsur prunier, particuièrement sur le damas noir et le saint-julien; — l’abricotier et le prunier, sur ces deux dernières espèces et sur la cerisette; — le cerisier, sur franc, c'est-à-dire sur des sujets venus de semence, quand on veut qu’il s'élève ; sur griottier pour obtenir des arbres d'une moyenne croissance, et sur mahaleb si l’on désire qu’il forme des basses tiges.

Le poirier se greffe aussi sur franc ou sur cognassier. Dans le premier cas il s'élève davantage, vit plus vieux, mais se met moins promptement à fruit; dans le second cas, c’est le contraire. — Le pommier sur franc est aussi plus vigoureux et moins précoce ; sur doucin, il Rene un développement moyen; sur paradis, il reste nain. :

Le figuier, l'olivier, l’oranger, pe réussissent que sur eux-mêmes.

$ IV.— Choix des greffes.

Les personnes qui greffent annuellement beaucoup d’arbres fruitiers ont dès longtemps fait la remarque que le choix de la greffe influe , généralement au moins, d’une manière bien positive sur son développement ultérieur; — elles savent que les scions ou les gemmes séparés de branches faibles donnent des pousses 720ëns belles que ceux qu’on prend sur des branches mieux développées ; — que certains arbres cultivés en espaliers forment difficilement une tige droite pour pyramide, si l’on choisit les greffes sur les branches basses ou inclinées de l'espalier, tandis que si on les détache de 7ameaux qui s'élèvent perpendicularement au sol, à la sommité des plein-vents, on obtient presqu’à coup sûr un effet contraire ; — que

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des yeux separés de vieilles branches peu disposées à se mettre à fruit, se développeront, toutes choses égales d’ailleurs, avec moins de vigueur que d’autres, et produiront des arbres qui conserveront la même disposition à la stérilité.

De pareils faits ont une importance que d’habiles praticiens méconnaissent rarement, mais qui n’est pas assez généralement appréciée.

Comme il importe que les sujets soient plus en sève que les greffes lors de l’opération, on peut couper celles-ci quelque temps d'avance, les réunir en paquets, et les enterrer ainsi par le gros bout, au nord, dans un lieu frais sans excès d'humidité.

$ V. — Temps propre à effectuer les greffes.

Deux époques conviennent particulièrement à la reprise de la plupart des greffes : le printemps, au moment de l’ascension de la sève, lorsque l'écorce a cessé d’être adhérente au bois et que les gemmes sont sur le point de s'ouvrir ; — les approches de l'automne, pendant le cours de la seconde sève. — Les greffes herbacées et en ramilles se font seules entre ces deux époques.

Les greffes de printemps se développent immédiatement. Presque toujours celles en fente et en couronne sont de ce nombre. — Les greffes de la sève d’août doivent être exécutées à une époque telle que la reprise puisse encore avoir lieu convenablement, sans toutefois que les yeux trouvent le temps dese développer, parce que les bourgeons auxqueis ils donneraient naissance seraient le plus souvent saisis par les gelées avant d’être aoûtés. — Ces sortes de greffes s'appellent & œil dormant par opposition à celles qui poussent dès qu’elles sont faites, el qu’on a en conséquence nommées & œil poussant. — On greffe de l’une et l’autre manière en flûte et en écusson.

$ VI. — Manière d’assurer le succès des greffes.

La végétation d’accroissement en diamètre des arbres se faisant entre l’aubier et l’écorce. et la soudure des greffes ne pouvant avoir lieu qu’au moyen des parties herbacées ou du liber, il en résulte qu’il faut faire coïncider le plus exactement possible le liber de la greffe avec celui du sujet, comme dans les greffes en fente, ou le mettre en contact direct avec l’aubier de ce même sujet, comme dans les greffes en écusson , en flûte et en couronne. — Pour les greffes herbacées, la vie active étant encore également répartie dans toute la jeune tige, elle jouit en entier de la propriété de s’unir à une autre tige dans le même état.

Dès que les greffes sont placées, on les consolide par une ligature de laine, et on les abrite du contact de l’air par de la cire à greffer ainsi composée: 1/2 cire jaune, 1/4 poix commune el 1/4 poix de Bourgogne, dans laquelle on ajoute souvent un peu de suif, et qu'on fait fondre toutes les fois qu’on veut l'employer.— Pour des tiges d’un certain âge, ce simple enduit peut suffire sansaucune ligature.

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