LIV. V
SECTION vi. — De la taiile aës jeunes arbres.
La taille des arbres de pépinières comprend quatre opérations principales : l’Aabillage ou la préparation des plants à l’époque du repiquage ou de la transplantation; — /a taille vulgairement dite en crochets, ou de première formation des tiges ; — de recepage et l’élagage.
$ 1°. — Habillage.
L’habillage du plant se subdivise en deux opérations; l’une relative aux racines, l’autre aux jeunes troncs. Il ne s’opère pas dans tous les cas de la même manière.
Pour les arbres forestiers à racines pivotantes, particulièrement pour ceux qui doivent s'élever beaucoup, la plupart des théoriciens ont recommandé de laisser intact le pivot, et il est certain qu’on trouve de l’avantage à suivre un pareil conseil toutes les fois que cela se peut. — Le pivot n’est pas seulement destiné à maintenir la sommité des tiges contre les efforts du vent; il va chercher à de grandes profondeurs l'humidité et les sucs nécessaires à la nutrition du végétal. — On a pu remarquer, dans bien des circonstances, que sa suppression arrête sensiblement le développement du tronc. — Malheureusement il est rarement possible de le conserver dans les pépinières, parce que généralement il y acquerrait en peu d’années une longueur si considérable qu'il deviendrait extrêmement difficile de l’arracher, et que si on le brisait, passé un certain âge, un pareil accident entrainerait souvent la perte de l’arbre.
Cet inconvénient est si bien reconnu, qu’il forcera toujours de recourir aux semis en place pour tous les arbres à racines pivotantes, tels que le chêne, par exemple, qu’on destine à former des futaies ou des plantations d’alignemens. é
D'un autre côté, la suppression du pivot a des avantages incontestables. — Elle occasione le développement de plusieurs racines latérales qui se bifurquent, se couvrent d’abondans chevelus, et contribuent ainsi efficacement, non seulement à faciliter l’arrachage et à assurer le succès des transplantations futures, mais encore à en diminuer les frais. l
Afin d'obtenir plus sûrement un tel résultat, les pépiniéristes ne se bornent pas à raccourcir le pivot, ils rognent les principales racines qui l’accompagnent ou leremplacent, et comme cette opération diminue pour quelque temps le nombre des bouches nourricières du végétal, ils sont dans oblig tion de supprimer aussi une partie des branches.
Lors du repiquage, ils taillent donc à un ou deux yeux toutes celles qui croissent latéralement sur la tige principale , et le plus fréquemment {s l’arrétent elle-même à une certaine hauteur, quoique les avantages de cette dernière pratique aient été vivement contestés, et qu’ils l’aient été, ce me semble, avec raison dans les applications à la culture des arbres de haute croissance }
La suppression de la tête peut occasioner chez eux des maladies qui abrégent leur
existence et dont les effets se font sentir, mème après la mort, sur la qualité du bois.
— Elle est d’ailleurs le plus souvent inutile, car, pour peu que la diminution des branches soit proportionnée à celle des racines, il est du reste assez indifférent qu'elle porte sur telle ou telle partie du tronc, et le cultivateur a conséquemment toute latitude pour bien faire. ]
Les espèces dont les racines ont plus de tendance à se prolonger qu'à se multiplier, qui n’en produisent que difficilement de nouvelles et qui ont peu de chevelu, exigent à l'habillage plus de soins que celles qui poussent de nombreuses radicules, et qui reprennent avec facilité de marcottes ou de bouture.—Onfera bien pourles premières de recourir à la serpette ou au sécateur, et d’opérer isolément sur chaque individu. — Quant aux autres, pour abréger, on a coutume dans les pépinières de les réunir par petits paquets; on les place sur un billot, et, au moyen d’une serpe bien tranchante, on iaille d'un premier coup les racines , d’un second la sommité des tiges. Cette méthode, tout imparfaite qu'elle est, n’a pas pour les très-Jeunes plants des inconvéniens aussi graves qu'on pourrait le craire. ;
Les arbres verts, comme les pins, les sapins, les mélèzes, etc., etc., ne veulent être privés ni de leur pivot ni de leur tige principale , parce que, sauf dans de rares circonstances, leurs racines nese régénèrent pas plus que leurs branches aux endroits où elles ont été détruites ou blessées. Aussi la culture première de ces sortes de végétaux a-t-elle pour principal but de multiplier le plus possible leurs grêles et délicats chevelus, tout en empêchant l’extension démesurée de leur
ivot.
1 Quant aux arbres fruitiers, la préparation de leur plant pour le repiquage ne diffère de celle du plant des arbres forestiers à feuilles caduques, qu’en ce que, pour tous ceux qui pivotent, la suppression partielle du pivot est plus profitable que nuisible, puisque, si, d'une part, elle diminue leur vigueur, de l’autre on a cru remarquer que, par cette même raison, elle les dispose à fructifier plus tôt. Le noyer seul, à cause de l’abondance remarquable de sa moëlle, redoute particulièrement la moindre atteinte de la serpette sur sa tige principale, et doit être pércé plutôt que taillé sur les branches latérales.
$ II. — Taille en crochet ou de première formation des tiges.
Depuis que le plant a quitté le carré des semis, surtout si on lui a coupé la tête, il a dû se garnir de beaucoup de branches latérales que leur position plus ou moins verticale, plus ou moins rapprochée de la sommité de la tige, et plus ou moins favorisée par le contact de l’air et de la lumière, a fait se développer avec une vigueur plusou moins grande. — Souvent 2 ou 3 de ces branches, égales en force, se disputent la prééminence qu’une seule doit obtenir pour devenir la tige principale. — On doit supprimer rez trone, non seulement celles qui sont le moins avantageusement disposées. mais en genéral