‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 29 sur 595 · DE LA TAILLE DES JEUNES ARBRES · texte numérisé non relu

DE LA TAILLE DES JEUNES ARBRES

toutes les branches qui menacent d'attirer par leur végétation vigoureuse une trop grande partie de la sève qu’on veut diriger vers la flèche.

Quant aux autres, si, outrant les conséquences de ce principe, on voulait les rabattre également, on parviendrait en effet à augmenter encore le développement en hauteur de l'arbre, mais on empécherait sa croissance en diamètre; de sorte que bientôt il serait hors d’élat de se maintenir sans tuteur. IL faut donc, à plus forte raison que lors de l'habillage, leur laisser quelques yeux pour appeler et maintenir la végétation à la circonférence.

Là se borne à peu prèsla taille première des arbres forestiers.

Du trop petit nombre d'arbres fruitiers qu'on cultive dans les champs, pour leurs fruits ou les produits qu’on peut en tirer, la plupart sont à haute tige ; — quelques-uns en quenouilles où pyramides ; — quelques autres en espaliers. Selon ces destinations diverses, la taille doit varier dans les pépinières.

Pour les hautes tiges, comme le noyer, le châtaignier, l’'amandier, les pruniers, les abricoliers, quelques pêchers, des pommiers et des poiriers, la taille de première formation ne diffère en rien de le dont je viens de parler. — Mais lorsque les arbres ont atteint de 1 ; à 2 mètres, au lieu de continuer à protéger la croissance de la tige mère au détriment des branches secondaires, on l’arréte au contraire si elle est disposée à s'élever en flèche pour la forcer à se ramifier, ce qui ne manque pas d'arriver dès le printemps.

Le but de cette opération étant moins encore de donner une forme agréable à la tête des arbres que de hâter la production et d'ajouter à la beauté des fruits, en entravant la marche de la sève, on doit la répéter l’année suivante sur celles des branches supérieures qu’on a jugé convenable de conserver. On choisit donc les 3 ou 4 plus belles (Ag. 26), et on les taille de manière que les bourgeons qu’elles produisent s’écartent de plus en plus de l’axe du tronc; et comme au retour du 3° printemps ces bourgeons ont en effet poussé, on répète pour la dernière fois, sur eux, la même opération, après avoir préalablement supprimé entièrement ceux qui croissent dans des directions défavorables. (Voy. fig. 27.)

Fig. 26.

Fig. 27.

Le plus souvent les arbres à liges, qu'on

nomme aussi plein-vents, sont sortis de la pépinière avant cette 3° taille.

Dans les jardins de ferme on ne tarlle guère cn prramide que le poirier, bien rarement le pommier. Plus compliquée pu la précédente, cette taille est basée sur des principes différens. — Loin d’être dénudé de branches à sa partie inférieure, le tronc doit en être garni du bas en haut, sur toute sa circonférence, à des distances à peu près régulières, et calculées de manière que l’air et la lumière puissent circuler facilement dans toutes les directions.

Dès l’année du développement de la greffe, lorsque la végétation est très-vigoureuse, les pépiniéristes en arrêtent une ou même deux fois les sommités en les coupant avec les ongles, afin de transformer en bourgeons, dans le cours de la même saison, les yeux qui n’éaient destinés à en produire que le printemps suivant. — Ils gagnent ainsi un an. — Dans des circonstances moins favorables, s'ils ne peuvent pas pincer, ils taillent pendant l’hiver au-dessus d’un œil bien développé qui devra servir de prolongement à la tige mère, et à une hauteur qu’on peut fixer approximativement de 2 à 4 et 5 décimètres (6 à 18 po.), selon que le scion opéré est de la grosseur d’un fort tuyau de plume ou de celle du petit doigt (/fg. 28).

L'année suivante on taille les branches latérales plus ou moins longues, selon qu’elles sont placées plus ou moins près du sol(4.29), et on arrête de nouveau la flèche, sans jamais perdre de vue les deux règles suivantes: 1° qu'il faut tailler long un individu vigoureux, pour éviter le développement d’un trop grand nombre de branches et la croissance de gourmands presque toujours nuisibles dans les arbres soumis à la taille; — 2° qu’on doit au contraire tailler court un individu peu vigoureux, pour empêcher la trop grande division de la sève ascendante, et la contraindre à développer convenabiement le petit nombre de bourgeons qu’on lui laisse.

La fig. 30 représente la taille de la troisièeme année.

Fig. 28.

Fig. 29.

Fig. 30.

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