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blique; pluselles sont multipliées et sûres, plus la circulation y est facile, directe, prompte, et le prix des transports modérés, plus aussi l’agriculture pourra envoyer au loin ses denrées sans grossir trop sensiblement ses frais de production, agrandir son marché et vendre à des prix avantageux. Les voies de communication entre les divers points d’un pays sont la mer, les fleuves et rivières, les canaux et les lacs, les routes, chemins et chemins de fer.
Le transport des denrees agricoles s’exécute presque toujours très économiquement par la navigation maritime, et cette voie est une de celles qui agrandissent le plus le marché pour ces produits. Les chances qu’on court par ce mode de transport ne sont guère plus hasardeuses aujourd’hui que celles des autres voies, quand on y met la prudence nécessaire.
Les grands lacs, où les bateaux vont à la voile, offrent aussi des moyens sûrs et peu dispendieux de transport pour les denrées agricoles.
Les fleuves et rivières sont des routes liquides très propres à transporter au loin les produits encombrans de l’agriculture, qui peuvent y voyager à moins de frais que sur les routes ordinaires. Il importe d’abord de rechercher quel est le nombre des rivières qui traversent le pays, leur direction, les localités qu’elles arrosent, comment elles débouchent les unes dans les autres; si elles sont navigables ou simplement flottables; si leurs eaux sont rapides, iorrentielles, ou si le cours en est lent, modéré et permet la navigation à la montée aussi bien qu'ala descente; si cecours est libre ou présente des écueils; si elles sont sujettes à des crues, à de basses eaux qui entravent la navigation; à quelle époque celleci a le plus d'activité; si elle est accélérée, lente, sûre ou dangereuse; quels sont les bateaux qui sont employés au transport, les marchés, les lieux de consommation, les centres d'activité commerciale que ces bateaux fréquentent et alimentent; enfin quel est le prix du transport par tonneau (1000 kil.) de marchandises et par kilomètre (1000 mèt.) de distance parcourue.
Les canaux de navigation, véritables rivières artificielles, donnent lieu, sous le rapport agricole, à des considérations analogues aux précédentes; seulement il faut donner plus d'attention à leur état d'entretien, aux péages auxquels ils donnent lieu et au nombre d’écluses qu'il faut franchir pour se rendre dans un lieu déterminé.
Les routes d'un pays doivent être d’abord envisagées sous le rapport de leur nombre, de leurs embranchemens et des portions du territoire entre lesquelles elles établissent des communications; on prend ensuite en considération leur tracé, leur direction et le relief du pays à travers lequel elles sont percées. Une route directe et en pays plat rend le roulage bien plus prompt, sûr et facile qu'une route sinueuse qui traverse un pays fortement accidenté. On examinera ensuite les matériaux qui les composent, leur résistance, leur solidité et la manière dont 1ls sont mis en œuvre; puis l’état de réparation ancien et moderne de ces routes, leur asséchement,
GitAP, {r.
leur viabilité aux diverses époques de l’année, leur entretien annuel, leur police; enfin les dangers, les obstacles ou les inconvéniens qu'elles peuvent présenter dans leur cours.
a s’informe, enfin, des moyens de transport qui y sont en usage, et si ceux-ci se font à dos d'animaux, par le petit ou le grand roulage ou le roulage accéléré, et quelest le prix de chaque moyen de transport par tonneau et par kilomètre.
On peut établir une enquête à peu près semblable, quoique moins étendue, pour les routes de traverse, les chemins vicinaux et communaux, dont le bon état est d’un intérêt immédiat pour l’agriculteur.
Un chemin de fer ou route à ornières en fer ne diffère d’une route ordinaire, sous le rapport des transports, que par la célérilé de ceux-ci, qui ordinairement y est plus grande, et par la diminution des frais de roulage; tou- Les les autres conditions que l’on doit étudier pour les routes communes doivent donc être de nouveau passées en revue pour les chemins de fer et examinées séparément,
Les voies de communication exigent, la plupart du temps, dans leur cours, la construction d'ouvrages d'art, tels que ponts, passerelles, viaductes, souterrains, digues, épis, écluses, etc., dont il importe de connaitre l’état d'entretien; elles nécessitent aussi souvent l’établissement de bacs, de bateaux, de lieux de passage, etc. qui doivent être en tout temps en bon état et offrir toute sécurité.
Enfiu,il ne faut pas oublier que les frais de transport sont souvent accrus par des droits de navigation, de circulation, de péage ou de passage qui ont été établis dans certaines parties de ces voies, ou par des droits d'octroi à l'entrée des villes, et qu’en outre la circulation y ést souvent retardée par des formalités administratives. On cherchera donc à connaitre le montant de ces droits dans les diverses parties de chaque route, et on tiendra compte des pertes de temps que les formalités causent à la célérité des transports.
2° Il importe beaucoup à celui qui veut fonder un établissement agricole d’avoir des renseignemens précis sur la population du pays qu'il veut Dibitee et de l’étudier sous le rapport du nombre des individus qui la composent, de son industrie, sa répartition, sa condition, ses mœurs, son état physique et moral, son éducation et ses usages.
En règle générale, plus une population est en même temps nombreuse, active, éclairée, industrieuse, dans l’aisance et douée de l'esprit d'association, plus aussi elle éprouve de besoins et consomme de produits agricoles.
Une population apathique, misérable, ignorante, sans industrie, n’'éprouve au contraire que des besoins circonscrits, et, à nombre égal, ne consomme pas souvent la dixième partie des produits que la première désire et parvient à se procurer par son travail et ses richesses.
Rien au reste n’est plus aisé à distinguer, sous ce rapport, que le caractère de la population d’un canton. Si elle est nombreuse, active et riche, tout yrespire l’aisance, la santé, l’abondance et le contentement ; les habitations sont saines, étendues, bien disposées et décorées avec une sorte d'élégance ; le sol v a
CHOIX D'UN DOMAINE RURAL
une grande valeur'et est travaillé partout avec le plus grand soin; tout y est dans un mouvement continuel par suite des échanges nombreux, des rapports commerciaux et industriels très fréqueus qui s’établissent entre les hommes. Un pays pauvre et misérable offre un tableau entièrement opposé.
La répartition de la population sur la surface du pays est aussi utile à connaître. Des villes populeuses présentent à l’agriculture de grands avantages, en assurant l’écoulement d’une grande quantité de produits variés. En revanche, de nombreuses et grandes villes enlèvent à l’agriculture les hommes les plus valides et les plus actifs; leur voisinage nuit souvent à la moralité du peuple des campagnes, ce qui rend l’exercice de lagriculture plus difficile, élève le prix des fonds et celui du travail, mais ii accroît souvent aussi les profits dans un plus grand rapport.
Quant à la condition de la population des campagnes, THAER s'exprime ainsi :
« La population des campagnes peut être composée de telle sorte que les agriculteurs qui cultivent pour leur propre compte y dominent, où que ce soient ceux quitravailient pour autrui ou la classe ouvrière proprement dite.
« Dans le premier cas, les immeubles sont très divisés et les propriétés petites; les fonds. en général, ont atteint un haut prix et donnent de forts produits. Rarement on pourra espérer de grands avantages d’un grand établissement dans une telle localité, parce que non-seulement le sol y est plus cher et produit une haute rente, mais aussi parce que la main-d'œuvre y est ordinairement très coûteuse et l'écoulement des produits difficile. Chacun, en effet, s’y procure par la culture ce dont il a besoin et a un excédant qu’il conduit au marché. De là résulte une concurrence qui abaisse les prix souvent au-dessous des frais de culture.
« Au contraire, une nombreuse population dans la classe ouvrière est très désirable, surtout pour le grand cultivateur; elle facilite beaucoup l'exploitation d’un grand établissement et permet une culture plus soignée, lors même que le prix du travail n’y est pas très bas. Si en tout temps et moyennant un salaire convenable ilest facile d’avoir un choix d'ouvriers, on peut appliquer en agriculture la di-
| vision du travail, autant que celle-ci se prête à
cette division. »
Lorsqu'on s'occupe de la recherche d’un domaine, il ne faut pas négliger l'examen des mœurs, de la manière de vivre, de la moralité, du caractère des différentes classes d’habitans et des usages locaux.
Une population de mœurs pures, économe, loyale, d’un caractère franc et animée de sentimens d'honneur, de délicatesse et de bienveillance réciproques, est celle au sein de laquelle on doit aimer à se fixer.
L'état moral et physique des individus de la classe ouvrière, leur vie privée et leurs mœurs méritent surtout une attention sérieuse. Leur force corporelle, leur activité, leur adresse de-
endent de leur bien-être relatif, et il en est à peu près de même de leur moralité et de leur fidélité. Les hommes probes et moraux ontune valeur inappréciable pour l’agriculture.
Le développerent intellectuel des gens de celle classe a loujours une grande importance pour le cultivateur. Ce développement ainsi que la moralité est dû en grande partie à l'éducation el aux impulsions reçues dans la jeunesse, et, à cet égard, il est de l'intérêt de celui-ci d'examiner si la population n’est pas plongée dans l'ignorance et imbue de préjugés grossiers et difficiles à déraciner, si elle n’opposera pas un obstacle insurmontable aux tentatives d'améliorations les mieux conçues, si où pourra parvenir à Jui faire comprendre la dignité de sa profession et la pratique des arts agricoles, à la rendre docile aux instructions de ceux qui veulent l’éclairer et lui faire apprécier les avantages du travail, de l’ordre et de l’économie.
Enfin les usages ou les coutumes d’un pays, qui ont souvent plus d’empire sur les popula- Uons que les lois positives, doivent être examinéset étudiés avec soin, parce qu’ils peuvent réagir d'une manière tantôi funeste tantôt heureuse sur des tentatives d’améliorations en agriculture. À
3° Nous avons vu dans le livre précédent
uels étaient les devoirs de l’administration pohtique relativement à l'établissement de certaipes institutions publiques ou particulières qui rendent d’éminens services à l’agriculture.Sous ce point devue,unentrepreneur s’informerade ce qui a élé déjà fait et de ce qui existe dans le
ays. 11 s’attachera ainsi à connaître le nombe des sociétés d’agriculture, des comices agricoles, et appréciera leur activité, leurs lumières, leur zèle et leur influence; il prendra des informations précises sur les sociétés d’assurances contre l’incendie, la grêle ou sur la vie des bestiaux, et recherchera quelle est la solvabilité, la moralité de ces établissemens et la prime qu’ils exigent pour garantir le cultivateur contre les fléaux. Il agira de la même manière relativement aux compagnies d’assurances sur la vie des hommes et aux caisses d’épargnes, qui exercent déjà uneinfluence si heureuse sur la moralité et le bien-être des populations de nos villes et de nos campagnes.
4° Le dernier point de vue économique sous lequel on envisagera le pays sera celui des capitaux; ainsi on s’assurera de leur abondance ou de leur rareté, de la manière dont ils se trouvent répartis chez la population, du taux courant de l'intérêt, des conditions auxquelles on peut les emprunter, des garanties exigées dans ce cas ainsi que des termes et modes ordinaires de remboursement; enfin on aura soin de s’informer s’il existe une ou plusieurs banques publiques, des conditions que ces établissemens imposent aux emprunteurs ou dépositaires, de la nature des effets qu’ils mettent en circulation, des statuts qui les régissent, des garanties qu’ils offrent. etc.
$ 1V.— Etat industriel du pays.
Les trois industries agricole, manufacturie et commerciale, doivent faire chacune l'objet d'une enquête séparée.
1° L'industrie agricole est celle qui attirera de préférence l'attention de l’administrateur. 1j jettera d’abord un coup d'œil d'ensemble sur le pays, pour voir d’apres quels priuci-
LIV,. Vii.
pes elle y est généralement dirigée, et s’assurer si elle appartient à la petite, à la moyenne ou à la grande culture, ou si ces divers genres s’y rencontrent à la fois, dans quel rapport ils sont répartis sur la surface du territoire , ainsi que des avantages particuliers à chacun d’eux dans Ja localité. Il passera ensuite aux systèmes de culture généralement en usage, et étudiera ceux qui lui paraîtront le mieux adaptés au climat, au sol, à la localité, et qui donnent les bénéfices les plus forts et les plus certains; il discutera la possibilité d'améliorer ces systèmes, de les modifier sans éprouver trop d'obstacles ou faire de trop fortes avances, de diminuer les frais de production qu’ils nécessitent et d’ouvriraux produits
w’ils fournissent communément ou à des pro-
uits nouveaux des débouchés plus étendus ou un écoulement plus prompt et plus facile.
L'aspect des cultures, l'examen attentif des travaux et des instrumens qui y sont empue le nombre, la race et l'entretien des
estiaux , la multiplicité des établissemens industriels quise rattachent à l’agricullure ,etc., lui donneront aisément la mesure du degré de perfectionnement et de la prospérité de celle-ci; et il complétera les notions qu’il acquerra ainsi par des informations précises sur le produit moyen soit brut, soit net, des terres dans le pays, le rapport de la production animale à la production végétale, la répartition des cultures diverses, ainsi que la proportion réciproque des denrées agricoles de toute nature créées par les cultivateurs.
Cela fait, il recherchera avec diligence quels sont les modes de (re valoir ou d'exploitation usités dans la localité, et ceux qui paraissent présenter le plus d'avantages réels. Il s’informera ensuite du prèx des terres et de celui des fermages. Relativement à ces derniers, il aura à examiner la longueur des baux, les améliorations qui y sont stipulées, les charges, clauses, restrictions et conditions particulières qu’on y introduit communément , celles qui sont favorables au développement de l’industrie ou qui lui nuisent, celles qui accordent une part suffisante au propriétaire du fonds et des bénéfices raisonnables au fermier ; il n’oubliera pas non plus d'acquérir des notions exactes sur la sécurité de ces sortes de contrats, sur la manière dont on les passe, et sur les usages locaux et les coutumes relatives aux entrées en Jouissance, aux fins de baux, aux sous-locations, aux remises pour fléaux, enfin sur la moralité des propriétaires ou des fermiers, etc.
Un des objets qui doit appeler une sérieuse attention, parce qu'il influe d’une maniere notable sur les frais de production, c’est le prix du travail dans le pays et la facilité de se procurer les bras dont on aura besoin. Le prix du travail dépend d’une part du nombre de travailleurs et de leur concurrence, et de l’autre de l’habileté, de la force, de lénergie, de la capacité, de la docilité et de la moralité deces travailleurs.Ce sont ces divers élémens qui servent à établir la comparaison | entre le taux des salaires et la valeur du travail exécuté. Dans tous les cas, il ne suffit pas de savoir si les travailleurs sont actifs et multipliés, il faut encore connaître, d’après les usages et les habitudes du pays, Fépoque à la=
cuaP. 1%.
quelle leurs bras sont disponibles, et si cette époque s’accorde-avec celle des travaux d’un bon système de culture alterne et d'économie agricole.
On recherchera ensuite quels sont les bêtes de trait et les bestiaux qu’on peut se procurer dans le pays; on examinera ces animaux sous le rapport de leur race, de leurs qualités, de leurs produits et de leurs prix d'acquisition. On calculera le prix de leur entretien, de leur nourriture, leur valeur vénale à différens âges, les bénéfices qu’on peut retirer en tout temps de la vente de leurs produits et le facile écoulement de ceux-ci. On s’attachera à reconnaître si les races sont perfectionnées ou si elles sont communes et rustiques; les sacrifices qu’il faudrait faire dans ce dernier cas pour anoblir ces races ou pour introduire dans le pays des animaux doués de qualités supérieures et d’un produit net plus élevé.
Cet examen terminé, on passera à celui des machines et instrumens de travail en usage dans le pays, et on les étudiera sous le rap-
ort ri forme, de leur structure et de eur application aux besoins locaux. On s’informera si l’on peut s’y procurer des instrumens perfectionnés ou des machines nouvelles, et s’il existe à proximité des ouvriers capables de construire ou au moins de réparer ces instrumens.
Des informations quelquefois assez minutieuses apprendront ensuite si l’on peut se Lin en abondance et à des prix convena-
les une foule d'objets dont l’exercice de l'industrie agricole rend l'emploi nécessaire, tels que des engrais de diverses espèces; des amendemens, comme marne, plâtre, chaux, craie, glaise, sable, cendres pyriteuses ou autres, tangue ou vase de mer; des semences, des plants; des combustibles, comme houille, bois , tourbe; des matériaux de construction de bonne qualité; enfin les divers objets qui servent à la consommation et dans l’économie du ménage, et dont le bas prix procure une économie sensible sur les dépenses domestiques, et permet d'améliorer la condition de tous les travailleurs.
Un dernier examen portera enfin sur la production et l'écoulement des denrées agricoles. Pour procéder ici avec régularité, il sera nécessaire de connaître et de visiter les lieux où se vendent et se consomment les produits du
ays, de s'informer de ceux qu’on y demande
e plus communément, de ceux qui s’y soutiennent constamment au meilleur prix, ou de ceux qu’on pourrait introduire avec avantage. Cela fait, il sera nécessaire de connaitre les quantités des denrées vendues annuellement et leur rapport avec la production du pays, laconsommation ou l'écoulement de ces denrées à chaque époque de l’année et même la valeur totale des affaires qui se font à chaque marché pour chacun d'eux. On recherchera aussi l’époque à laquelle la vente a le plus d'activité, celle où elle languit et le moment le plus opportun pour écouler les produits. On s’assurera de la distance relative de ces marchés , de la qualité des denrées qu'on y porte , de leur prix moyen depuis une épo- : Mg qu’on étendra aussi loin qu'on le pourra,
es usages qui y sont en vigueur relativement aux ventes, aux achats, aux crédits,
CHOIX D'UN DOMAINE RURAL
aux échéances , aux échanges, aux modes de paiement , à lasécurité de ces sortes de transactions, etc.; enfin si on y publie régulièrement des mercuriales qui permettent de connaître les variations de prix qui surviennent dans les denrées et servent de régulateur et de base dans les spéculations.
2° L'industrie manufacturière et les arts industriels consommant en général une quantité considérable de denrées agricoles, il importe que l’agriculteur ait des indications précises sur l’activité qui règne, à cet égard, autour de lui. Dans tous les pays où l’industrie manufacturière a pris beaucoup de développement, tels que l'Angleterre, la Flandre. la Lombardie, etc., J’agriculture a fait aussi elle-même de grands progrès. Il sera donc utile de savoir où sont placés les grands centres d’activité industrielle, et l'importance et la solvabilité des établissemens qui s’y trouvent réunis, leur consommation annuelle, la nature des produits qu’on y met en œuvre, la qualité de ceux-ci, etc.
3° Dans ses vastes spéculations l’industrie commerciale embrasse tous les objets qui peuventavoir une valeur échangeable quelconque:
elle les reçoit des mains de celui qui les a créés et les transporte au loin, soit au compte du producteur, soit à ses risques et périls, pour les mettre à la portée du consommateur. Cette industrie ouvrant ainsi un vaste champ à l’écoulement des produits agricoles, il devient très intéressant pour l’agriculteur de connaître quelle est la nature et l’importance de ses spéculations, le genre de produits auxquels elle donne la préférence, quels sont les marchés, villes, ports, etc. , où ces spéculations se font le plus communément, les conditions réciproques auxquelles les transactions ont lieu entre les commerçans et les producteurs, ainsi que la solvabilité, la moralité et l’industrie des premiers.
Il est utile de s'assurer qu’il existe des moyens de transport prompts, surs et faciles vers les centres d'industrie commerciale où résident les négocians, marchands ou spéculateurs, et qu’on peut presque en tout temps faire voyager des produits avec cette célérité quele commerce exige aujourd'hui, et qui en rendant les spéculations plus actives, grossit les bénéfices par la répétition fréquente des mémes opérations.
Le commerce qui s'exerce avec l'étranger ne se contente pas de porter nos produits au dehors ; il importe souvent en outre des denrées agricoles des pays voisins. Sous ce dernier point de vue un agriculteur doit prendre connaissance des tableaux statistiques, publiés
ar l'autorité, qui lui feront connaître le nom-
re, le volume ou le poids des denrées que le commerce a importées dans la localité qu'il se propose d’habiter et sur les marchés où il pourrait espérer un écoulement avantageux des siennes. Ces données acquises, il appréciera les qualités des objets importés, le prix anquel ils sont vendus, les causes qui les. font rechercher, pourquoi ils peuvent, malgré des frais de transport quelquefois considérables, faire encore concurrence aux produits nationaux: si on ne pourrail pas réussir à faire cesser cette concurrence et à rendre l’nportation désavantageuse ou impossible. ou mème
à faire rechercher ses propres produits à l’étranger, etc., et enfin il entrera dans une foule d'autres considérations économiques qui le conduiront à des résultats remplis d'intérêt, et très propres à l’instruire sur toutes les spéculations qu’on peut faire sur les produits agricoles.
Le commerce des denrées agricoles s'exerce aussi parfois dans certaines localités peu industrieuses par des courtiers ou entremetteurs qui recueillent la plupart des bénéfices que evrait faire l’agriculteur, s’il était plus industrieux et plus actif et connaissait mieux les ressources locales et l'étendue du marchéquw'il a devant lui. Ces courtiers ont souvent assez d'influence sur les prix et sur les marchés pour qu'il soit difficile de lutter avec eux, el pour créer des embarras réels à ceux qui veulent se soustraire à leur patronage ou à leur avidité.
Secrion II. — Des conditions particulières dans la recherche d’un domaine.
Nous donnons le nom de particulières à toutes les conditions que doit remplir un domaine , soit relativement aux objets qui l’entourent immédiatement, soit en lui-même.
Ces conditions exigent un examen encore plus scrupuleux que les précédentes, parce qu'elles touchent plus directement aux intérêts de l'entrepreneur, et qu’elles influent d'une manière plus matérielle pour lui sur ses succès el ses revers.
Un domaine situé dans un pays où se trouvent réunies des conditions favorables, telles que nous les avons étudiées ci-dessus, doit être maintenant envisagé sous le point de vue des objets qui l’environnent immédiatement, sous celui du fonds à son état naturel, celui des valeurs capitales qui ont été répandues dessus pour le rendre exploitable, celui de son état où de son mode d’exploitation au moment où on veut entrer en Jouissance, et enfin sous le rapport de son prix d'acquisition ou de la rente qu’on en demande.
$ Ier. — Des objets qui environnent immédiatement le fonds.
Le fonds est en contact immédiat par toute sa surface avec l'atmosphère, et par conséquent tous les phénomènes physiques qui peuvent se manifester dans celle-ci réagissent plus où moins directement sur sa faculté productive et sur sa fécondité; il importe donc de constater de quelle manière ce fonds, dans sa position relative, est affecté par ces phénomènes, en examinant successivement pour chacun de ceux que nous avons signalés dans le & 1-r de la section précédente, l’influence directe qu’il exerce sur la végétation.
Voyons maintenant, parmi les objets naturels et terrestres, ceux qui peuvent être nuisibles ou avantageux au fonds.
Des eaux torrentielles, des rivières qui débordent, des cours d’eau qui creusent, morcellent ou entament le terrain, ou le recouvrent d’un ensablement ou d’un depôt d’alluvion infertile, ou qui, par leur grande bauteur, mettent des obstacles à l’asséchement complet des terres du domaine, sont autant de