LIV. Vil
5o La froideur aes pranies est surtout un des effets d’une surabondance d'humidité. Les sols argileux, compactes et tenaces, peu riches en humus, donnent presque toujours des prairies froides. La couleur pâle et claire du sol indique toujours cette absence d'humus. Une prairie où la couche meuble , mélangée d'humus , est peu épaisse , où le sous-sol est imperméable et où les eaux sourcillent, est toujours humide et froide. Dans les prairies froides la végétation est tardive et lente ; les fourrages y sont moins abondans, d’une qualité inférieure et moins nutritifs que dans les prairies chaudes.
60 La chaleur, La faculté de conserver la chaleur est due en grande partie à l'abondance d’un humus de bonne qualité et d'une quantité notable d'argile. Toutes les prairies hautes, toutes celles qui sont plutôt sèches qu’humides, dont le sol est profond et riche en humus, sont chaudes et fournissent d’excellens fourrages. Cette qualité et l'abondance de leurs produits dépendent de leur état presque constant de sécheresse et d'humidité moyennes. La couche impréagnée d'humus y est toujours épaisse et le sous-sol perméable.
7° La richesse en humus. La quantité d'humus est, comme nous venons de le dire, la cause de la chaleur du sol des prairies , et celle-ci est d’autant plus considérable que la couche qui en est imprégnée est plus épaisse. Une prairie a besoin d’être plus riche en humus qu'une terre arable; celles qui se rapprochent , sous ce rapport, des terres pauvres , tenaces et froides, sont très peu productives et ne fournissent que des carex en petite quantité. Le sol alors n’est pas noir, mais d’une couleur plus claire qui ne s'étend que quelques pouces de profondeur.
B. Classification des prairies. Les prairies peuvent être rangées dans 2 grandes divisions: les prairies basses et les prairies moyennes et hautes (voy. t. Ie, p. 484), qu’on partage ensuite en 4 classes suivant la quantité du produit moyen qu’elles donnent. Ce produit est évalué, quant à la quantité, en quintaux métriques et pour une surface d’un hectare ; quant à la qualité on la réduit à celle d’un bon foin de prairie qu’on peut regarder comme contenantsous le même poids une quantité de principes nutritifs égale à celle du foin de trèfle.
Pour opérer cette réduction on peut avoir recours aux expériences de M. BLocx qui lui ont démontré que tous les foins des prairies, récoltés dans une saison favorable et avec les soins qu’ils exigent, pouvaient être, sous le rapport de la qualité, rangés sous 6 classes suivant la quantité de principes nutritifs qu'ils contiennent ; et qu’en les comparant au bon foin de prairie pris pour unité, il fallait, pour représenter ce dernier, les quantités suivantes.
{re classe 100. 4s classe 160.
3° — 140. ie og 200.
Quand la saison n’a pas été très favorable ou qu’on a mis quelque négligence dans la récolle, tous ces foins diminuent de valeur de la manière suivante:
re classe 120. 4e classe 180.