‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 296 sur 595 · LIV. VII · texte numérisé non relu

LIV. VII

1/4 p. 0/0. Avec ces données on fera le calcul suivant :

x: "10 Fonds d’amortissemen pour 60 ans. 78 33 Intérêt du capital à 5 p. 0/0. . . . 235 »

Frais d'entretien et de réparations

à 1 1/4 p. 0/0. "2 ENS ORSNNPRRNENNRS Frais d'assurance à 1 p. 0/0. -+ … … 47%

Total. 419 08

Ainsi c’est une somme de 419 fr. 08 c. qui doit être portée annuellement en débit au compte de la production végétale, ou une somme de 10 fr. 48 c. par 100 quintaux métriques de céréales récoltées.

Un quintal métrique de foin de prairie naturelle et de diverses plantes fourragères occupe aussi, à fort peu près, une capacité d’un mètre cube.

L'évaluation des frais que les bâtimens d'habitation de l'entrepreneur et de sa famille font peser annuellement sur la production s’élablissent de la même manière que précédemment. On s’informe de ce qu’il en coûte dans le pays pour loger convenablement une famille de même condition et composée du même nombre d'individus que celle de l’entrepreneur, et c’est cette somme qui sert de base aux calculs quand les bâtimens ont l’étendue suffisante. Les frais à la charge de la production sont ensuite répartis par tête d’individus prenant part aux travaux de l’établissement et portés aux dépenses du service dont ils sont chargés.

Si les bâtimens d’exploitation ou d’habitation n’avaient pas l’étendue suffisante, on établit de la même manière que ci-dessus le décomptedes frais annuels auxquels donneraient lieu des bâtimens suffisamment grands s'ils existaient sur la ferme, et on répartit ces frais par tête de travailleur ou d’animal et par quintal de récoltes; puis on ne porte au compte de la production que les frais pour le logement du nombre d'individus, de bestiaux ou de quintaux de récolte que ces bâtimens peuvent recevoir.

Les frais auxquels donne lieu la jouissance des bâtimens sont souvent confondus avec le prix du fermage dans la location à bail des biens ruraux; mais ils n’en sont pas moins à la charge de la production agricole, et on doit savoir les calculer pour ne pas payer cette jouissance au-delà de ce qu’elle vaut.

Secrion If. — De la production animale.

Puisque dans l’économie raisonnée de l’agriculture il ne peut y avoir en général pro-

20 pour les années suivantes , que les intérêts croissans de cette somme. Or, dans l’exemple que nous avons choisi , une somme de 54 fr. 46 c. , placée la 17€ année de la construction , aura au bout de 100 ans , avec les intérêts composés , rétabli le capital primitif ou 7,162 fr. 50 c. La formule que nous donnons pour les personnes qui connaissent les calculs algébriques , et qui fait connaitre la somme x qu'il faut ainsi placer à intérêts com-

OBÉS CS x FE (1+m)r

dans laquelle À est le capital primitif ou le prix de construction des bâtimens,

m le taux de l'intérêt exprimé en 100*, n le nombre d’années de la durée des constructions. La même formule sert à faire connaitre l’intérèt annuel que doit payer la production en lui donnant la forme À = x {1 + m)", où A est alors l'inconnu et æ la somme primitive d'amortissement ou 54 fr. 46 c. En effet , supposons qu'on veuille savoir quel est cet iniérèt au bout de 60 aus de construction de bätimens , on aura par la formule A = 54 46 (1 + ;,)5, où À — 1,022 fr. 20 c., dont l'intérêt à 5 p. 0/0, ou 81 fr. 11 c., est la véritable somme qui doit être portée à la charge de la production. On peut réduire cette formule en table pour connaître la somme à porter ainsi annuellement au fonds l’amortissement,

cuap. 2°,

duction de denrées utiles à l’homme, sans être obligé de rendre continuellement à la terre, par des engrais, la richesse que lui enlèvent les récoltes, il s’agit en définitive de savoir comment on pourra se procurer au meilleur compte possible et en quantité convenable les engrais qui doivent entretenir l'activité de la production. Ce problème est assez facile à résoudre dans certaines localités où l'abondance des engrais permet de les obtenir à bon marché; mais dans la plupart des cas, c’est l’agriculteur lui-même qui est obligé de produire sur le lieu même de son exploitation les engrais dont il a besoin.

Cette production d'engrais ayant lieu, comme tout le monde le sait, par la conversion en fumier de certaines plantes, racines ou tubercules que le cultivateur produit à dessein pour alimenter un certain nombre d’animaux domestiques qu'il entretient à cet effet sur sa ferme, ceux-ci peuvent être considérés comme de véritables consommateurs étrangers

ui reçoivent du fermier, sous certaines Con-

itions, les plantes et racines fourragères qu'il a produit et qui lui rendent des engrais et des produits en échange.

Envisagée sous ce point de vue, la production des engrais se réduit donc à connaitre quelles sont les espèces ou les races de bestiaux qui offrent les conditions les plus avantageuses pour opérer la conversion des végétaux de la ferme en fumier. Mais comme dans les calculs d'évaluation du produit net d’un fonds rural les engrais ne fournissent pas une recette qu’on puisse porter en ligne de compte, on fait abstraction de leur valeur et du prix auquel ils reviennent, et on établit d’une autre manière le compte de la production animale.

Ce compte se compose nécessairement d’avances faites pour se procurer les animaux, instrumens de la conversion des fourrages en fumier, et des frais que réclame leur entretien et de recettes résultant de la vente de leurs produits ou de leur dépouille; on se sert de 2 méthodes pour balancer les premières par les secondes et connaître le résultat définitif de cette balance. Tantôt on charge, au prix du marché, le compte de la production animale de la valeur des pailles et fourrages consommés, en portant une somme égale au profit de la production végétale; tantôt au contraire on se contente de porter sur ce compte les frais qui résultent des intérêts des sommes avancées pour l’acquisition des animaux ou pour leur éducation, ceux qu’occasionnent les soins jour-paliers qu’on leur donne, tant pour leur santé et leur entretien que pour recueillir leurs produits, enfin ceux de leur logement, etc., et on balance ces frais avecles recettes qu’a procurées la vente de ces produits, en regardant la différence comme représentant la valeur des fourrages consommés. Cette différence sert donc à connaître le prix auquel on a vendu les fourrages àces consommateurs, sauf quelques conditions secondaires qu’il ne faut pas perdre de vue sur cette matière, etque nous ferons connaitre dans un autre endroit de ce livre,et ce sont les bestiaux qui, comme on dit généralement, paient leur nourriture au prix le plus élevé auxquels on doit donner la préférence.

La première manière d'établir le compte de

ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX

la production animale parait être préférable dans le cas où l’éducation du bétail est une spéculation pour ainsi dire en dehors de lagriculture, tandis que la seconde est plus directement applicable quand l’éducation du bétail est une nécessité économique sur un domaine et une condition impérieuse pour le succès de la production végétale. C’est cette dernière méthode que nous mettons en pratique dans nos calculs d'évaluations.

Ainsi, pour faire entrer en ligne de compte la production du fourrage dans l’évaluation du produit net qu’un domaine est susceptible de rendre, il est indispensable d'établir, au moyen des élémens fournis par l'enquête, le calcul du prix auquel les différentes espèces, ou même les races diverses de bestiaux, paieront la nourriture qu’on leur fera consommer, en supposant d’ailleurs que ces animaux sont choisis avec discernement et qu’ils sont gouvernés de la manière la plus favorable à leur bonne économie.

Ces calculs, qui n’offrent pas de difficalté, sont, ainsi qu'on le voit, destinés à résoudre un des problèmes les plus intéressans de l’économie rurale, et qui devra nécessairement se représenter lorsque nous traiterons de l’organisation d’un domaine et du choix des bestiaux qui lui conviennent. C’est aussi là que nous entrerons dans tous les détails et que nous donnerons les formules qui sont propres à en faciliter la solution.

Section III. — De l'évaluation du produit des fabriques agricoles.

Les fabriques agricoles établies quelquefois sur un fonds rural doivent avec plus de raison encore être considérées comme des consommateurs étrangers auxquels on vend des produits agricoles bruts et qui rendent en échange des produits manufacturés. Mais leur économie ne saurait être envisagée pour toutes sous un même point de vue, et il convient peut-être d’en former deux classes distinctes.

Celles qui fournissent des résidus abondans, propres à la nourriture du bétail ou à servir immédiatement d'engrais, peuvent être assimilées, sous le rapport de leur économie, aux bêtes de rente ; elles sont comme elles une nécessité pour la production des engrais, et doivent par conséquent comme elles payer leur consommation au plus haut prix possible , qui est bien souvent fort inférieur à celui du marché. Nous formerons une première classe des fabriques agricoles qui sont dans ce cas.

Dans la 2. nous placerons au contraire les fabriques agricoles qui ne fournissent pas d’engrais ou derésidus propres à l’alimentation des Pestiaux et qui ne sont établies que pour varier les sources du revenu de la ferme , et mettre ses produits sous une forme nouvelle, plus marchande, plus avantageuse ou plus transportable. Celles-ci, pour être exploitées avec profit, doivent payer les denrées agricoles qu’elles consomment à un prix au moins égal et ordinairement supérieur à celui qu'on obtiendrait communément de ces mêmes denrées. à l'état naturel et chargées de tous leurs frais de production, sur les marchés du pays.

1! faut donc avoir égard à cette considération dans l'évaluation du produit d’un domaine. Dans le {+ cas, on porte en ligne de compte le produit net de la fabrique agricole, ou, ce qui est la même chose, le prix auquel elle paie les denrées consommées ; dans le second , au contraire, on ne peut rien porter qu’autant que les produits industriels créés

euvent être vendus avec plus d'avantage que É produits bruts.

Les frais à la charge de ce genre de production se calculent avec facilité, et nousen donuerons des exemples dans le titre qui traitera de l'organisation d’un domaine rural.

Division Il°. Des principes de l'estimation de la valeur vénale des bâtimens ruraux et objets mobiliers.

Nous ne nous sommes occupés dans la division précédente que de l’évaluation du produit des diverses branches d’un établissement rural, afin de parvenir à la détermination de sa valeur foncière; mais un établissement de ce genre contient souvent des objets sujels à un dépérissement qui est graduel jusqu’au moment où ils cessent de pouvoir rendre des produits ou un service quelconque, et où ils sont par conséquent sans valeur pour le producteur agricole.

La somme qu’on peut offrir pour l’acquisition des objets de ce genre qui garnissent un fonds passe donc successivement par toutes les valeurs, depuis le moment de leur établissement à neuf ou de leur création où elle est à son maximum, jusqu'à celui où ils périssent et où elle devient nulle.

Il importe à celui qui veut acquérir ou prendre à bail un fonds garni de ces objets de savoir comment on parvient à déterminer leur valeur au moment où il veut entrer en jouissance, afin dene pas les payer ou les louer au-delà de ce qu’ils valent en réalité.

Les objets périssables dont un fonds peut être pourvu sont : 1° des bâtimens ruraux.

2 des objets mobiliers, tels que bestiaux et instrumens de travail.

Secrron Ire. — De l'estimation des bâtimens ruraux.

Dans la division précédente, nous avons fait connaitre les principes qui doivent guider l’administrateur dans l'appréciation de la valeur locative des bâtimens ruraux ; ces mêmes principes doivent servir de base pour l’estimation de ces mêmes bâtimens. En effet, dès qu’on a déterminé soi-même directement où par analogie, ou bien par expert, ce qu’il en coûterait pour établir dans le pays un bâtiment propre à tel ou tel service, avec l’économie qui doit présider à sa construction, et qu’on sait quelle doit être, avec un bon mode d’entretien , la durée présumable d’un pareil bâtiment, on a à peu près tous lesélémens du cal cul de l'estimation de celui-ci, en supposant

w’il perd exactement avec le temps une partie de sa valeur proportionnelle au nombre d’années qu’il a déjà subsisté.

Ainsi, pour déterminer sa valeur actuelle, on retranche de sa valeur primitive et réelle, lorsque le bâtiment a été établi avec l’écono-

mie convenable, ou sa valeur fictive et ramenée à celle qu’il devait rigoureusement avoir s’il a été établi sur une ‘trop grande échelle et avec trop de solidité et de luxe, tout ce qu’il a perdu de cette valeur par suile des détériorations du temps. Par exemple, je suppose un bâtiment qui a coûté 6,000 fr. à l’origine, mais qui est de 1/4 trop vaste pour les besoins du domaine et qui aurait dû être établi pour 4,700 fr. Sa construction, aureste , a été aussi économique qu’on puisse l’obtenir avec les matériaux du pays; il a été entretenu avec soin , et sa durée, à partir de l’année où il a été construit , sera, d’après l’expérience, d’environ 60 années, dont 40 sont déjà écoulées.

Ce bâtiment ne vaut donc plus quelé tiers de ce qu’il valait à l’origine, ou 1,566 fr. 66 cent., et c’est le prix qu’il convient d’en offrir avec la perspective d’être obligé de le reconstruire à neuf dans 20 ans.

Il ne faut pas croire qu’en ne payant le bàtiment que 1,566 fr. 66 cent. on diminue les sommes qui sont à la charge de la production, ce serait une erreur ; seulement l’acquéreur doit calculer autrement que le vendeur, et établir sa prime d'amortissement comme sile bâtiment était neuf et ne devait durer que 20 ans ; ainsi il dira :

Fonds d'amortissement pour un bâtiment

ui ne doit durer que 20 ans, sur un capital e 4,700 fr. .' 20. OPERA 17e:

Intérêt du capital avancé ou de 1566, 66 à 5 p. 0/0. .« . + . 73 33

Frais d’entretien à 1 1/4 p. 0/0 58 73

Frais d'assurance à 1 p. 0/0. . 47 »

Total. 419 08

Somme égale à celle trouvée à la page 348.

Eneffet, l’acquéreur doit, pendant les 20 ànnées de sa jouissance, prélever pour l’amortissement une somme non pas proportionnelle à celle qu’il a déboursée pour un bâtiment déjà vieux, mais bien à celle qui sera nécessaire our le construire à neuf, ou 4,700 fr. Quant à l’intérêt il ne porte que sur la somme réellement déboursée; mais les frais d’entretien et ceux d'assurance sont absolument les mêmes que dans le cas d’un bâtiment neuf.

Il est bien entendu que si le bâtiment était dans un mauvais état d'entretien, sa valeur actuelle en serait encore diminuée, et qu'on établirait alors celle-ci soit dans l’hypothèse d’une durée moindre, soit en déduisant de la valeur trouvée par la méthode précédente celle quiserait nécessaire pour mettre les lieux en bon état de réparation.

Secrion II. — De l’estimation des objets mobiliers.

Les objets mobiliers qui garnissent quelquefois un domaine ne peuvent avoir pour le fermier ou l’acquéreur d'autre prix que celui auquel on consentirait à les payer sur un marché où on les exposerait en vente et où existerait une libreconcurrence.

Il faut en excepter toutefois des bestiaux d'une race précieuse et améliorée, et des instrumens perfectionnés qui, dans un pays où l’agriculture serait arriérée, pourraient bien ne pas être appréciés sur les marchés à leur juste va-

sn pa

CHAP, 2e,

leur, et qu'il ne serait pas équitable d’estimer d’après ce principe.

Pour estimer ces objets , la méthode la plus simple est de s'informer de leur valeur vénale sur les marchés du pays, lorsqu'ils sont neufs et lorsqu'iis ont atieint leur plus haut prix; mais dans un établissement rural un peu étendu et en activité, les objets mobiliers dont il est garni sont la plupart du temps arrivés à des points de dépérissement fort divers, et il est assez difficile d'établir pour chacun d’eux le prix que la concurrence en offrirait, ou quelle est leur véritable valeur, qui peut varier depuis la plus élevée qu'ils puissent atteindre jusqu’à la plus mince où ils peuvent tomber.

Afin d’éluder cette difficulté, on forme 3 classes parini ces objets, suivant leur qualité ou leur état de conservation. Les caractères qui servent à établir ces classes doivent être faciles à saisir, à constater ou à contrôler, et être basés sur l’utilité que peuvent avoir les objets sous le rapport agricole ou industriel. Dans la f"° de ces classes se trouvent rangés tous les objets qui ont pour l’agriculture la

lus haute valeur d'utilité ou de profit, dans a 2° ceux qui ont une valeur moyenne, et dans la 3e ceux qui n’ont qu’une valeur inférieure et minime.

$ 1°'. — Des animaux de trait ou de rente.

Les chevaux ont atteint leur plus haute valeur dans l’âge de 4 à 8 ans, quand ils sont d’une grosseur et d’une vigueur convenables et sont exempts de défauts. Leur valeur moyenne est entre 2 et 3 ans , et 9 et 12 ans, quand des travaux excessifs n’ont pas dans le dernier cas ruiné leurs forces et leur santé. Leur valeur moindre est au-dessus de 12 ans, ou à tous les âges quand ils sont ruinés par la fatigue. Les poulains qui n’ont pas atteint leur 2° année, et qui ont de graves défauts ou qui sout estropiés, appartiennent à celte dernière catégorie ; autrement ils peuvent former une classe à pari.

La 1'e classe s’estime au prix le plus élevé que des chevaux de même race ont communément dans le pays, valeur qu’on établit sur une série de prix de plusieurs années; la 2° classe n’a que la moitié ou au plus les deux tiers ; la 3°, ainsi que les poulains, le 6° ou même le 8 de la valeur de la 1re.

Les bétes à cornes exemptes de défauts ont leur plus haute valeur entre 5 et 10 ans; leur valeur moyenne de 2 à 4 ans, et de 11 ans jusqu’à ce qu’elles cessent d’être propres au serviceauquel elles sont destinées ; etleur moindre valeur quand elles sont dans l'enfance jusqu’à 1 an, et qu’elles ont passé l'âge où elles rendent des services ou des produits.

La 1r° classe est estimée au prix le plus élevé que des bestiaux de cette race et de cette taille ont dans le pays, la 2. classe aux deux tiers, et la 3° au tiers seulement de la première. Les veaux jusqu’à un au n’ont que le 8° de cette valeur.

Les bêtes à laine exigent d’abord: qu’on établisse avec un soin particulier la race à laquelle elles appartiennent et la qualité de leur produit; ensuite on range dans la 1r° classe toutes les bêtes qui sont âgées de 2 à 5 ans et sont complètement exemptes de défaut; la 2°

ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX

classe comprend les antenois et les bêtes audessus de 5 ans qui peuvent encore servir -à la propagation ; la 3° classe est consacrée aux agneaux et aux bêtes de réforme, autant qu’elles ne sont plus propres à aucun service. La 1re classe est évaluée au plus haut prix courant , la 2° à la moitié, et la 3° au quart.

Les porcs sont classés d’après leur âge, de façon qu’un animal de 3 ans a 3 fois, et un animal de 2 ans 2 fois la valeur d’un porc d’un an. Pour des fractions d’années on peut partager la différence d’une année à l’autre en 12 parties, une pour chaque mois. Les bétes qui n’ont pas reçu une nourriture suffisante descendent dans la classe immédiatement inférieure.

$ IT. — Des instrumens et ustensiles.

Les instrumens d'agriculture sont aussi rangés dans une série de classes pour faciliter leur estimation, en 3 classes, par exemple, Dans la ir classe on place les instrumens neufs, dans la 2° ceux qui sont en bon état, mais qui ont déjà servi au moins pendant une saison, et dans la 3 ceux qui ont été déjà réparés. La fre classe est évaluée au prix qu’il faudrait payer pour seles procurer, la 2° à un tiers et la 3° à 2 tiers de moins.

SecrTion III. -— De l'estimation des fabriques agricoles.

L’estimation des fabriques agricoles se fait toujours à part; on évalue d’abord les bâlimens d’après les principes que nous avons établis jusqu'ici, puis on estime le matériel et les objets mobiliers destinés à l'exploitation qu’elles peuvent contenir, en les divisant si on veut en 3 catégories comme les instrumens d’agriculture. Seulement on doit observer que quand cette estimation porte sur des fabriques que nous avons rangées dans la 1re classe ou sur celles de la 2° qui donnent des profits, les bâtimens et le matériel sont estimés suivant leur véritable valeur d'utilité; mais que, relativement aux fabriques de cette 2e classe qui consomment les produits de la ferme à un taux inférieur ou même égal à celui du marché, les bâtimens sont sans valeur aux yeux de l'acquéreur, à moins qu’on ne parvienne à les employer utilement dans l'exploitation et à leur donner une autre destination. Quant au matériel de ces derniers établissemens, il ne vaut souvent que le prix qu’on peut offrir du poids brut des objets qui le composent.

Division Ille. — Exemple de l'estimation d'un domaine.

À fin de faire mieux comprendreles principes que nous avons établis ci-dessus, nous allons les appliquer à l’estimation d’un domaine. Pour cela nous ferons d’abord connaître les résultats que l’enquête préparatoire a dù fournir, puis nous passerons aux calculs des recettes nettes du domaine, puis à ceux nécessaires pour établir le fermage ou le prix d’acquisition de ce domaine.

SEecrion Ir° — Résultats de l'enquête préalable.

Le domaine de M... ; situé dans ie département de

C...., arroudissemeut de À... cantun de D....., commune de P.....,se compose de 200 hect. de terre, plus 2 hect. 28 ares de bàtimens et jardin potager. D'après le plan topographique et l'examen agronomique des terres, celles-ci sont réparties et classées de la manière suivante :

hect. ar.

à froment de 1r° classe. . . . 10 »

Terres id. ELEC EME T7 50 arables. |à-seiclerde Ar DE TERROMNN "45 »

à céréales de printemps de fre cl. . 7 50

basses del ICE PR ROULE 5 01 10 60

Prairies ONCE PS TEE TL 7 50 id. 4€ ci. . . . . : 5 »

PAtOrA NUE IEC NDS 0 NES RE ITAE 4e DER NME Ne de aie ne fe NL. 10 Hot e ee 00S

Les terres arables ct les prairies ne forment qu’un seul morceau de forme rectangulaire , à surface unie, légèrement inclinée vers le midi; elles sont entourées de haies vives et abritées du côté du nord-ouest par un rideau d’arbres.

Les pâturages de 4"e classe touchent au corps du domaine ; mais ceux de 2e en sont séparés, ct placés à 1,200 mèt, environ de distance des bâtimens, sur une élévation de 130 mèt., en pente douce , couverte de broussailles et exposée au sud,

Les terres à froment et à seigle sont sans défaut ; mais celles à céréales de printemps souffrent un peu en hiver de la surabondance de l'humidité. Toutes ces terres sont dans l’état d'ameublissement, de richesse et de fécondité que leur classe comporte.

Les chemins ruraux sont dans un bon état d’entrelien et d’un facile accès pour les animaux et les voitures.

Le prix moyen des principales denrées agricoles a été, d'après une moyenne des 50 dernières années , savoir :

Froment. . 18 fr. l’hectol.

Sel te Ne. NA Modeste its te OMAN 0": Poinete re SRE 50

BAICHONME. DOLNNS Bonn: 4. 47

On se procure aisément en tout temps les bras nécessaires pour loule espèce de travaux ruraux.

Le nombre des jours de travail dans l'année est, dans le pays, de 500 , savoir :

Pour les longs jours d'été. AIS OS Pour les jours courts d’hiver , , . 120.

Celui du travail avec les attelages de chevaux est en moyenne de 250, savoir :

Vour les travaux d'été, . . . .. 170 Pour les travaux d'hiver . . . . «© 80

Et avec les bœufs de labourage, de 120 jours seulement.

Le prix moyen du travail d’un aide agricole , c’està-dire son salaire, sa nourriture , son logement , éclairage et blanchissage, est:

Pour un domestique màle , de 445 fr. ou 1 fr. 22 c, par jour.

Pour un domestique femelle, de 350 fr. ou 96 c. par jour.

Le travail des manouvriers est payé , savoir :

Pendant les longs jours été, pour les hommes, 1 fr. 25 c.

Pour les femmes , 95 c.

Pendant les jours d’hiver, pour les hommes , 1 fr,

Pour les femmes, 80 c.

le quint. mét.

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