CHAPITRE III. — ORGANISATION DU SERVICE DU FONDS
Nous désignons ici sous le nom d’organisation du service du fonds, toutes les opérations, tous les travaux qui sont nécessaires pour rendre productif un fonds inculte jusque là ou au moins pour accroître sa faculté productive et faciliter son exploitation. Ces opérations ont été désignées sous le nom d’améliorations foncières, pour les distinguer des améliorations agricoles, dont nous parlerons dans un autre chapitre.
La majeure partie des propriétés rurales en France sont déjà dans un état plus ou moins
arfait d'exploitation, ou ont recu des amé- Écratbts plus ou moins importantes. et il n’est pas toujours nécessaire de procéder à une organisation fondamentale, mais il en
est un bien petit nombre parmi ces dernières qui ne soit susceptible d'améliorations pour compléter cette organisation et augmenter leur produit net.
Dans nos départemens où les baux n’ont qu’une durée très limitée , c’est la plupart du temps le propriétaire qui se charge de mettre le fonds en état et de l’organiser ; mais dans les pays où ces contrats ont une plus longue existence, en Angleterre par exemple, on voit très souvent des fermiers prendre à bail des fonds en friche ou en mauvais état, et y faire à leurs frais toutes les améliorations pour les rendre exploitables ou plus productifs. Le fermage. est alors diminué proportionnellement aux améliorations stipulées dans le bail
chap. $e.
ou bien le propriétaire fait remise au fermier de 2 ou 3 années de loyer, ou bien enfin le fermier abandonne au propriétaire, à l’expiration du bail, les améliorations qu'il a faites dans l’état où elles se trouvent, à des conditions arrêtées à l’avance dans les clauses mémes de ce contrat.
Quelquefois aussi des compagnies ou sociétés se chargent à leurs risques et périls de certaines améliorations qui, comme des dessèchemens de vastes marais , le défrichement de landes considérables, exigent detrès fortes avances de capitaux; ces avances sont faites moyennant le sacrifice de la part des propriétaires d’une partie des terres améliorées au profit des compagnies , on à des conditions variables suivant les localités ou la nature des travaux.
Enfin, on a vu dans ces derniers temps , des associations de propriétaires se livrer en commun à de vastes améliorations qui ont tout à coup transformé des cantons presque incultes en de riches contrées.
Avant de nous occuper d’une manière générale des améliorations qu’on peut opérer sur les fonds, nous croyons utile de parler de l’étendue qu’il convient de donner à une exploitation rurale.
SECTION Ire. — De l'étendue à donner & un fonds rural.
Disons d’abord un mot de ce qu’on entend par petite, moyenne et grande ferme. Ces termes désignent dans chaque pays des établissemens bien différens les uns des autres sous le rapport de l'étendue superficielle; une grande ferme en Belgique, de 30 à 36 hect., est à peine une ferme moyenne dans la Bauce, et les grandes fermes de ce dernier pays ne seraient guère regardées en Angleterre et en Allemagne que comme des fermes moyennes,
Il semble, dit un auteur, qu’en tout pays on peut donner le nom de petites fermes à celles où le fermier est obligé, pour vivre, de faire lui-même et avec sa famille, ou un très petit nombre de serviteurs, tous les travaux manuels de son exploitation; celui de grandes fermes à celles où le fermier est uniquement occupé à diriger et surveiller les travaux de nombreux serviteurs et a même besoin de surveillans , et de réserver le nom de fermes moyennes à celles où le fermier, tout en employant et surveillant lui-même un certain nombre de serviteurs , prend une part directe aux travaux manuels de son exploitation.
En France, les établissemens auxquels on peut donner le nom de grandes fermes ont, terme moyen, de 120 à 200 hect. et au-delà; les fermes moyennes sont celles qui exploitent de 50 à 120 hect.; au-dessous, les établissemens peuvent être rangés parmi les pettes fermes.
Parmi les causes qui tendent à faire varier l'étendue que doit recevoir un établissement rural, les unes sont purement locales , les autres tiennent à l'individu qui se propose de l'exploiter ou au mode d’exploitation qu’il mettra en usage.
1 Causes locales. Partout.où le terrain est à bon marché et où le travail est cher, il y a
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