LIV. VIT
porte pas l'étendue de cet ouvrage ; nous croyons donc | fenil, chambre au hache-paille, au coffre à avoine,
devoir nous restreindre ici à quelques observations d’un intérêt pratique et d’une application usuelle.
Wauisrezz à qui l'on doit un fort bon traité sur les constructions rurales publié à Londres en 1827, a partagé tous les bâtimens d'exploitation et dépendances en 11 classes suivant le service auquel ils sont destinés ou leur analogie ; nous en ajouterons 2 autres qui formeront ainsi 15 classes distinctes que nous allons passer en revue.
are classe. Granges, gerbiers, aire à battre, logement de la machine à battre. Les granges sont inutiles ou moins grandes dans les pays où l’on met les céréales eu meules; WaïsreLz pense que les granges en forme de rectangle sont proportionnellement plus dispendieuses que celles de forme carrée; cependant. en Belgique, on donne partout la préférence aux granges longues et peu élevées. Il est avantageux que ces bàtimens présentent 2 portes charretières à 2 ventaux pour que les voitures chargées de récoltes entrent par l’une et ea ressortent vides par l’autre. Dans quelques lieux on ne conserve qu'une fenêtre à l’extérieur sous laquelle s’approchent les voitures et qui servent à rentrer ces récoltes.
Nous avons vu précédemment que 3,5 kil. de gerbes occupaient environ 4 pi. cube (1 quint. mèt. environ 4 mèt, cube); cette donnée va nous servir à déterminer la capacité qu’il faudrait donner à une grange dans le cas où il s’agirait de la construire à neuf.
Supposons, par exemple, qu’il s’agit d’engranger par année 50,000 gerbes de 6 kil. chacune ou 180,000 kil. de diverses espèces de grains, dans une grange à laquelle on veut donner 36 pi. (12 mèL.) de largeur et 12 pi. (4 mèt. ) de hauteur; quelle longueur ce bâtiment doit-il avoir? .
Voici le calcul qu'il faut faire:
180,000 kilog. à 3,5 kilog. par pi. cube
exigeront une capacité de. . . .
Deux travées pour l’aire à battre, chacune
de 14 pi. de largeur sur 56 pi. de lon-
gueur et 42 pi. de hauteur ; capacité.
pi. carres.
Total de la capacité de la grange . .
Le corps de la grange à 56 pi. de largeur
et 12 pi. de hauteur, c’est une surface
en coupe transversale de . . . .
Le toit à 56 pi. de largeur et 48 pi. de
hauteur au milieu ; sa surface en coupe
transversale est de 344 pi.
Dont il faut déduire 1/3 pour
les solives des travées ci. . 108 Reste pour la coupe transversale du toit.
452 pi.
Total de la coupe transversale disponible. 648,
Ainsi chaque pi. de longueur de bâtiment donne une capacité de 648 pi. cubes; il faut donc, pour connaitre la longueur de la grange, diviser par ce nombre la capacité totale qu’elle doit avoir, ou 63,524 pi. Le quotient donne pour cette longueur, en nombre rond 99 pi., non compris l'épaisseur des murs des extrémités ou de refend s’il y en a, c’est-à-dire 7 travées distantes environ chacune de 44 pi.
Dans une grange bien construite, les récoltes doivent, au moyen d’un bon système de ventilation, être maintenues sèchement et à l'abri de l’humidité qui peut y causer un dommage considérable, ainsi que de l’attaque des animaux nuisibles (voy. t. I, p. 318).
2° Classe. Greniers ou chambres a grain. La ventilation, la sécheresse et la sécurité contre l'attaque de la vermine sont les conditions principales que doi sent remplir ces sortes de bâtimens; à cet égard nous renvoyons à ce que nous en avons déjà dit, t. 1, p.320.
3* Classe, Ecurie, cour à panser les chevaux,
sellerie ou salle aux harnais. Notre livre consacré aux animaux domestiques contient tout ce qu’il est nécessaire de savoir sur la construction, l'aérage et la salubrité de ces bâtimens. Nous reviendrons seulement sur le détail de leurs dimensions que nous n'avons précédemment donné qu’en gros.
Un bon cheval de taille moyenne exige pour 1° La longueur du râtelier ou mangeoire, non compris les poteaux, barres ou planches de séparation entre les stalles . . . .
2° Lalongueur de la stalle, y compris la largeur de la mangeoire ou du râtelier et un passage derrière l'animal." ee AMI 2
5 pi. carres.
Ce qui fait pour chaque cheval à Pécurie. 60
30 Le magasin à fourrage, sellerie, chambre au coffre à avoine, au hache-paille, etc., en supposant une écurie de 8 à 16 chevaux pourAchacune. NE D
Au total, pour chaque cheval . ." , , de surface de bâtiment.
75 pi. carrés.
Il est avantageux d'établir des séparations entre les chevaux. Ces bâtimens ne doivent pas avoir moins de 8 à 9 pi. de hauteur et le plus souvent 10 à 12. 11 faut éviter de placer au-dessus les greniers à fourrages avec plancher à claire voie. La ventilation doit s’opérer par des fenêtres suffisamment spacieuses ct par de petites ouvertures, qu'on peut fermer au besoin et qu'on établit à diverses hauteurs. Le plancher doit être légèrement en pente, et en matériaux imperméables pour que l’urine ne s’infiltre pas et ne s’y corrompe pas. Il serait avantageux que le bas des murs fût recrépi en ciment hydraulique.
4e Classe. Vacherie, étables pour les bœufs de trait ou à l'engrais, les animaux malades, cellier, si- Los, caves ou magasins & racines fourragères, fenil, chambre aux machines à nettoyer et couper les racines, hacher les fourrages et cuire les alimens, fosse à urine. Ces constructions doivent, ainsi que nous le disons dans le livre de l'éducation des animaux, satisfaire à peu près aux mêmes conditions que les précédentes. Voici le détail de l'étendue qu’il convient de leur donner pour chaque tête de gros bétail.
A. Une vache, ile taille plutôt grosse que petite, nourrie constamment à l’étable ou en partie au pâturage exige pour 10 La longueur de la mangeoire ou râte-
lier. jetés tr di CRE LES ETES 20 La longueur du la stalle, y compris le
passage derrière les animaux et la lar-
geur de la mangeoire . . . . . 11
4 pi. 1/2 carrés.
Ce qui fait par vache à l'étable . . 49 30 Magasin à fourrage, au hache-paille,
etc., en supposant réunies de 15 à 30
vaches ; par tête. . . , . . . 11
Au total pour chaque 1ête d'animal.
de surface de bâtiment.
B. Pour un bœuf de trait plutôt fort que de petite taille. 19 Longueur de mangeoire, , . . + 4 pi. carrés. 2° Longueur de lastalle. ,*,. , tnt
Ce qui fait par bœuf à l’eétable . . . . 44 30 Le magasin à foin, la salle au hache-paille,
etc, pour une étable de 15 à 30 bœufs
pour chacun. . . . « «+ . . 12
61 pi. carrés.
Au total pour un bœuf de trait. . . 56 pi. carres. de surface de bâtiment.
C. Pour un bœuf d’engrais de forte taille, comme uue vache ou 60 à 62 pi. carrés de surface de bâtiment. D. Pour de jeunes betes à cornes.
Un jeune animal au-dessous d'un an 25 à 30 pi. carrés. de 1a%ans 30 à40 de2à3ans 40 à 50 N En moyenne, 40 pi. carrés de surface de bâtiment par tête d'animal.
cuap. 8°.
En Angleterre, dans beaucoup de fermes à laiterie des districts à pâturages, on donne aux bètes à cornes une largeur de mangeoire supérieure à celle que nous indiquons et que nous regardons comme suffisante, et qui est quelquefois du double plus grande.
Dans les étables belges, où on pratique un passage en avant des bêtes à cornes pour distribuer les alimens, et derrière elles un espace large et enfoncé dans lequel se rendent les urines et où on accumule le fumier, il faut, par tête d'animal, une longueur double de celle que nous venons d'indiquer.
Dans les grands établissemens, il est avantageux d’avoir des étables séparées, soit pour les animaux de différentes races, soit pour ceux d’àges divers ou pour les bêtes qui n’ont pas la même destination.
Les endroits où l’on déposele foin et les racines doivent être secs et très propres, afin que ces alimens ne contractent pas de mauvaise odeur ou des qualités qui dégoûtent les bestiaux et leur font constamment rejeter une nourriture qui leur répugne.
La salle à cuire Les alimens doit être à portée des magasins à foin ou celliers à racines et pommes de terre.
Dans les étables où l’on établit des réservoirs à urine, il faut calculer que claque bête à cornes de taille ordinaire, nourrie constamment à l’étable, soit en vert, soit en sec, donne, terme moyen, un pi. cube (54 déc. cube ) d'urine en 24 heures.
8e Classe. Bergerie. Les moutons de forte taille, dont 1/4 à 1/3 consistent en brebis portières et qui ne sont soumis à la tonte qu'une fois par an, exigent 13 po. de crèche chacun et occupent, en moyenne, 10 pi. carrés de surface ; ceux qui sont tondus 2 fois par an, 13 po. de crèche et 9 pi. carrés de surface, les agneaux de 4,6, ouy mois, 9, 10 et 11 po. de crèche. On comprend dans cette estimation l'emplacement nécessaire aux crèches, aux claies de séparation, au passage et aux agneaux.
Les portes et les fenètres d’une bergerie doivent être vastes, d’une élévation de 14 à 15 pi, le sol et le bas des murs cimentés et imperméables; il serait convenable qu’il y eût auprès une petite cour où les moutons pussent prendre l’air à volonté. Un magasin de 12 à 143 Pi. de largeur, 38 à 40 de longueur et 15 à 14 de hauteur, suffit au service journalier des fourrages ct racines, pour #00 à 800 bètes, et au temps dela tonte, pour tous les travaux de cetle opération.
6e Classe. Tous ou réduits à porcs, poulaïllers, cabanes pour les oiseux et autres petits animaux domestiques , elc. Ces bätimens doivent être placés de facon qu’on y puisse communiquer facilement de la cuisine ou de la maison d’habitation, mais toutefois sans nuire à la salub'ité de l'air de celles-ci. Il ne faut pas les entasser dans un seul endroit, ni les faire trop surbaissés ou en contre-bas du sol, etc,
7e Classe. Cours, appentis, abris pour les bestiaux, cours à fumiers, bassins à purin, etc. Les cours à bestiaux doivent ètre exposées au midi et abrilées des vents froids par les bètimens les plus élevés de la maison de ferme ou par des arbres. Les appentis sont établis plus économiquement contre les murs de ces bâtimens que quand il faut les construire exprès. Ils ne doivent pas avoir moins de 7 pi. de hauteur à l’entrée. Les cours où sont les dépôts à fumiers se placent commodément à peu de distance des étables ; elles doivent être pavées, glaisées ou cimentées pour en rendre le sol imperméable aux urines, et creusées en fond de chaudière, c’est-à-dire un peu enfoncées au milien où se trouve un puisard ou réservoir qui sert à rassembler le purin. Quelques fermiers les chargent de terre meuble ou de débris qui, en absorbant les urines, forment des composts qu’on enlève de temps à autre pour
AGRICULTURE
répandre sur les champs. On éloigne de ces cours les eaux pluviales et courantes qui en lavant le fumier lui enlèvent son activité, et, quand cela est possible, on recouvre le dépôt de celui-ci par un toit, ou au moins on l'abrite contre le soleil et le préserve d’une trop forte évaporation ou du dessèchement par des plantations d'arbres. Les voitures doivent pouvoir en approcher facilement.
8° Classe. Hangars, appentis pour les véhicules et les instrumens, salle à outils, magasin à serrer les laines. Toutes ces constructions doivent étre très légères et avoir au moins 7 à 8 pi. à l’entrée ; quelquesunes doivent ètre fermées par des portes, et entre autres le magasin aux laines qui, de plus, doit être sec, éloigné de toute cause qui pourrait causer un incendie et à l’abri des larcins ou des animaux destructeurs. Souvent on construit au-dessus de ces bâtimens des greniers à fourrages ou à grains qui s’y trouvent bien placés. Dans un grand établissement il estutile d’avoir une salle fermée pour déposer tous les vieux objets qui, sans cette précaution, disparaissent quelquefois ou sont perdus par suite de négligence ou d’infidélités.
9e Classe. Salles à chauler les blés, à abattre les animaux, à saler les viandes, etc. Une seule salle peut suflire à ces divers services, mais il faut qu’elle soit dallée, mastiquée dans le bas des murs et qu’un robinet y fournisse de l’eau en abondance.
10° Classe. Forge, ateliers, magasins aux matériauz de construction. La (orge, dans les établissemens qui en ont besoin, doit être séparée des autres constructions de crainte du feu ; les autres bâtimens, sous le rapport des dimensions, seront proportionnés à l'activité qui règne dans les ateliers ou à la consommalion des matériaux et placés suivant les besoins du service, en veillant toutefois à ce qu’en les desservant on ne puisse nuire à l’activité ou à la facilité des travaux agricoles.
1e Classe. Chambres aux grosses provisions de ménage. I] faut, pour cet objet, un bätiment ou portion de bâtiment placé à la portée de la maison d’habitation et qui soit sec, frais, suffisamment spacieux et pourvu d’eau.
12e Classe, Puits, citernes, lieux d’aisance, etc. Dans les petites exploitations, les puits, citernes ou pompes seront placés près de la maison d'habitation; dans les fermes plus étendues, où il ÿ en aura plusieure, on les placera près de cette maison et près des écuries, des étables, des bergeries et des bàätimens où s’exercent quelques arts agricoles, Dans toute ferme il devrait y avoir 2 cabinets d'aisance au moins pour les gens de service, l’un à l'usage des femmes près de la maison d'habitation, et l’autre pour les hommes, non loin des écuries ou des étables; ceux de la maison d'habitation devraient de même être doubles, l’un pour la ménagère et les jeunes enfans et l’autre pour le fermier, les amis et les visiteurs.
13e Classe. Bdtimens où s'exercent un ou plusieurs arts agricoles. Il en est un très grand nombre qu'il est indispensable de séparer de la masse des autres bâtimens, tant pour les rapprocher des moteurs naturels ou les placer et les exposer convenablement que pour éviter les incendies que quelques-uns d’entre eux pourraient allumer et qui pourrait se communiquer à la totalité des bâtimens d’exploitation. Au reste, ils doivent être à portée des magasins, silos, celliers ou caves qui leur fournissent leurs matières 4r°* ou qui servent à emmagasiner leurs produits, et le plus souvent être pourvus d’eau en abondance.
2° Exemples et modèles de bâtimens ruraux.
Nous allons présenter dans ce paragraphe TOME IV. — 55
quelques modèles de plans de bâtimens ruraux, d’après les principes qui ont été posés précédemment; nous commencerons par les plus simples el nous passerons successivement à ceux qui sont plus composés et où il importe de remplir un plus grand nombre de conditions. Nous rappellerons, relativement à ces exemples, ce que nous avons dit au paragraphe précédent, savoir ; que ces bâtimens doivent nécessairement recevoir des modifications très variées, suivant les mœurs, les usages et la nature des matériaux du pays, la manière de mettre ceux-ci en œuvre, les progrès de l’agriculture, etc. Nous prévenons également so nous n’avons pas jugé à propos d'indiquer les matériaux à employer ou donner des devis de prix qui n’ont en général d’intérêt que pour les lieux où ils ont été dressés. Maison de journalier à un seul étage.
Fig. 215.a, cuisine dans laquelle on entre du dehors (4 mètres X 4 mèt.); — b, chambre à eoucher aA9lits(4mX 3m); — c, chambre à coucher d'enfant (4m xX 2m); — d, petite buanderie avec une porte sur le derrière (3m X 1m); —e, petit garde-manger (1 X 1}; —f, latrines; —o, petit bûcher ou lieu fermé pour conserver les outils.
Fig. 216. Vue en elevation de la maison qui a 8 mètres de face, 5 de
rofondeur et qui occupe :
ar coudre SR oo Fig. 216.
de superficie dans œuvre (1), avec une hauteur de 3 mètres à la naissance du toit.
Maison de journalier avec un étage audessus. ;
Fig. 218. Fig. 217.
ES
2 ANNNNSNANS 2 ANNEE SE
\ DCI À
EEZe
Fig. 219.
Fig. 217. Plan du rez de-chaussée : — a, cuisine (5m X 5m).—b, buanderie ( 3m X 3m); — c, petit garde-manger; devant est un espace pour placer quelques outils ; — d, escalier à l'étage supérieur et sous lequel on peut placer une petite provision de bois; — o, latrines. e
Fig. 218. Plan du 1°r étage: —e, chambre à coucher à 2 lits et 1 lic d'enfant , et avec une cheminee; — /, autre chambre à coucher; — h, armoire ou tambour ferme.
Fig. 219. Vue en élévation de la maison qui a 8 mètres de face sur 5 mètres de profondeur et occupe une surface de 40 mètres carrés; hauteur à ja naissance du toit, 6 mètres.